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Shroud of Turin Research Project

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Image complète du Suaire de Turin prise par le STURP en 1978.

Le Shroud of Turin Research Project (STURP) est la première grande étude scientifique internationale menée sur le suaire de Turin entre 1978 et 1981, année de publication de son rapport final.

Historique

Les origines du groupe remontent aux travaux du physicien John P. Jackson, du thermodynamicien Eric Jumper et du photographe William Mottern, de 1976. Se basant sur les travaux de la NASA visant à construire des modèles tri-dimensionnels de la planète Mars, Eric Jumper élabora un premier protocole pour étudier les propriétés tri-dimensionnelles de l'image figurant sur le suaire. Ce furent là les premières expérimentations menées par des scientifiques sur cette étoffe[1].

En 1977, John P. Jackson, Eric Jumper et William Motten invitèrent d'autres scientifiques à les rejoindre pour former une équipe de scientifiques dans le but d'examiner le suaire de Turin. Leur première réunion se déroula à Albuquerque au Nouveau-Mexique. Le groupe ne disposant alors d'aucun financement se constitua sur une base volontaire. Le groupe parviendra néanmoins à réunir pour plus de 2 millions de dollars de matériel requis pour procéder aux différents protocoles de recherche.

Le physicien nucléaire Tom D'Muhala prit la tête du STURP. En plus de Jackson, Jumper et Motten, l'équipe intégra le chimiste Raymond N. Rogers, Ron London et Roger Morris, membres du Los Alamos National Laboratory. Les autres membres de l'équipe furent Don Lynn du Jet Propulsion Laboratory de Pasadena, le biophysicien John Heller, les photographes Vern Miller et Barrie Schwortz, le physicien optique Sam Pellicori et les experts en électricité John D. German et Rudy Dichtl et l'expert en médecine légale, Robert Bucklin. Le STURP ne comportait en revanche aucun spécialiste de l'art médiéval ou des tissus anciens.

Les travaux du STURP

L'étude commence en à l'occasion d'une exposition du suaire à Turin. l'équipe du STURP soumet le suaire de Turin à des batteries de tests. Ces recherches se déroulèrent dans le palais royal jouxtant la Cathédrale de Turin. Une équipe de chercheurs européens supervisait les travaux, elle était dirigée par Luigi Gonella[2]. Des échantillons furent prélevés sur le suaire au moyen de bandes adhésives et en différents endroits du suaire, notamment en vue d'en étudier les pollens et pour déterminer si des traces de sang y figuraient[3].

Les scientifiques ayant pris part à cette recherche étudient les données prélevées à cette occasion et publient une trentaine d'articles dans des revues scientifiques[4]. Leur rapport final est publié en 1981[5].

« Nous pouvons conclure, pour l'instant, que l'image figurant sur le suaire de Turin est celle laissée par la forme humaine authentique d'un homme flagellé et crucifié. Elle n'est pas le fait d'un artiste. Les traces de sang comportent de l'hémoglobine et réagissent également positivement au test de l'albumine sérique. La façon dont l'image s'est formée reste un mystère et le restera tant que des investigations chimiques plus poussées n'auront pas été faites, peut-être par le présent groupe de scientifiques ou par un autre dans l'avenir[Notes 1]. »

Les protocoles de recherche appliqués au suaire par le STURP

Protocoles des 48 premières heures d'analyses[6]

Heures Type de test Nombre de personnes requises Temps alloué (en heures) Remarques
1-6 Photographie (Bloc I) 8 6 4 1/2 h Photomosaïque
1 1/2 h Analyse spectrale
7-8 Radiographie (Rayon X) 7 2 Test préliminaires
(Clichés)
9-12 Fluorescence sous Rayon X (Bloc I) 6 4 Le sang sur les pieds
13 Infrarouge (Bloc I) 6 1 Photographies sous infra-rouges
14-20 Spectroscopie (Bloc I)
Infra-rouge (Bloc II)
Rubans (Bloc I)
10 7 Spectroscopie puis infrarouges fluorescence sous ultra-violets. Échantillons prélevés au moyen de rubans adhésifs à différents endroits.
21-27 Radiographie au Rayon X (Bloc II) 7 7 Bilan radiographique complet au moyen de rayon X
28-33 Photographie (Bloc II) 8 6 3 1/2 h de gros plans
2 1/2 h Analyse spectrale
34-43 Fluorescence sous Rayon X (Bloc II) 6 10 Sang sur les doigts et sur la face
44-45 Infrarouge (Bloc III) 6 2 Tests thermographiques
46-48 Infrarouge (Bloc IV) 6 3 Photos sous infra-rouges

Membres du Sturp en 1978

Liste des 33 membres du Sturp en 1978. 27 d'entre eux était présents à Turin en 1978, les 6 autres sont intervenus par la suite et travaillèrent sur le matériel et les données prises lors de cette étude.

Controverses sur le Shroud of Turin Research Project

Selon Joe Nickell, le STURP était une émanation de la Confrérie du Saint Suaire de Turin (it), guilde catholique dont l'objectif était de défendre l'authenticité du linceul. Toujours selon lui, le STURP était constitué d'une trentaine de scientifiques pour la plupart croyants et ses chefs faisaient partie du conseil exécutif de la guilde[7].

Il apparaît aussi que le STURP se défit de Walter McCrone (en), docteur en chimie organique et considéré à l'époque comme le meilleur spécialiste mondial de microscopie[8] car il était arrivé à des conclusions qui ne concordaient pas avec les convictions religieuses des membres du STURP. Il avait déterminé que l'empreinte sur le linceul était constituée de pigments dispersés dans une solution de collagène et du blanc d'œuf, liant utilisé au Moyen Âge (les analyses ont révélé de l'ocre, du vermillon, des traces de jaune d'arsenic, de bleu outre-mer, d'azurite, de charbon de bois et de rose de garance[9]). Selon l'interprétation de McCrone, reprise par des scientifiques comme Henri Broch, l'ensemble de l'image avait été peinte selon la technique de la détrempe : on avait pressé un tissu contre un modèle masculin enduit d'ocre rouge puis appliqué du vermillon, fait à partir de sulfure de mercure, sur des parties du corps (poignet, bras, mains, tête et pieds) pour représenter le sang[10].

Sources

Notes et références

Notes

  1. "We can conclude for now that the Shroud image is that of a real human form of a scourged, crucified man. It is not the product of an artist. The blood stains are composed of hemoglobin and also give a positive test for serum albumin. The image is an ongoing mystery and until further chemical studies are made, perhaps by this group of scientists, or perhaps by some scientists in the future, the problem remains unsolved."

Références

  1. Bernard Ruffin, 1999, The Shroud of Turin (ISBN 0-87973-617-8), page 79
  2. Bernard Ruffin, 1999, The Shroud of Turin (ISBN 0-87973-617-8) p. 80-83
  3. The orphaned manuscript: a gathering of publications on the Shroud of Turin by Alan D. Adler 2002 (ISBN 88-7402-003-1), p. 93-94
  4. Bibliography of Published STURP Papers.
  5. A Chemist's Perspective On The Shroud of Turin by Raymond N. Rogers, 2008 (ISBN 978-0-615-23928-6)
  6. John H. Heller, Report on Turin Shroud, 1983 traduit par Léandre Michaud, "Enquête sur le suaire de Turin", France Loisirs, 1988 (ISBN 2724237064)
  7. (en) Joe Nickell, Inquest on the Shroud of Turin, Prometheus Books, , p. 7
  8. (en) Kenneth L. Feder, Encyclopedia of Dubious Archaeology: From Atlantis to the Walam Olum, ABC-CLIO, , p. 242
  9. Jean-Baptiste Rinaudo, Claude Gavach, Le linceul de Jésus enfin authentifié ?, Guibert, , p. 135
  10. (en) Kenneth L. Feder, Encyclopedia of Dubious Archaeology: From Atlantis to the Walam Olum, ABC-CLIO, , p. 241-243.

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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