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Simon Badinter

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Simon Badinter
Naissance
Telenești (en), (Moldavie)
Décès ~1943
camp d'extermination de Sobibor
Nationalité Drapeau : France Française (1927)
Pays de résidence France
Diplôme
Descendants

Simon Badinter, né le à Telenești (en), raion de Telenești, Moldavie[1],[2], [3],[4],[5]. Il est le père de Robert Badinter, garde des Sceaux durant le premier septennat de François Mitterrand[6].

Jeunesse

Simon Badinter est né le à Telenești, raion de Telenești, Moldavie. Il est le fils d'Abraham Badinter né à Poltava (en Ukraine) en 1853 et décédé à Telenești en 1914. Abraham Badinter élève des bovins et fait le commerce de cuirs et de peaux. Le grand-père de Simon Badinter, qui s'appelle aussi Simon Badinter, est né à Poltava en 1825. Il fait la guerre de Crimée comme sergent et est tué durant le siège de Sébastopol en 1855. Le tsar Nicolas II fait don à sa veuve de 56 hectares de prairies à Telenești. L'arrière grand-père de Simon Badinter est Vladimir Badinter qui est né à Poltava vers 1785 et décédé en 1860. C'est un agriculteur. Il participe à la campagne de Russie en 1812.

Simon Badinter a deux soeurs: Melia Badinter et Mara Badinter.

Il étudie au lycée de Kishinev puis à l'Université de Moscou où il suit les cours à la Facultés de Sciences Economiques.

Il épouse Charlotte Rosenberg née à Edivietz en 1899[7]. Elle est la fille de Shoulim Rosenberg né en 1871 à Edivietz. Shoulim Rosenberg fait son service militaire à Vladivostock (Sibérie) et participe à la guerre russo-japonaise de 1904-1905.

Charlotte Rosenberg ne sait ni lire ni écrire[réf. nécessaire].

Première Guerre mondiale

Simon Badinter est mobilisé en 1915 avec le grade d'aspirant. Blessé, il est évacué en lors de l'offensive Broussilov et reçoit la croix de saint Georges.

Il retourne au front en . Il est démobilisé en 1917 lors de la Révolution russe.

Nancy

Entré en France en 1919 avec l'autorisation spéciale du Président Georges Clemenceau, Simon Badinter étudie à l'Université de Nancy où il obtient le diplôme d'ingénieur commercial.

À Paris

Simon Badinter est naturalisé français en 1927.

Il devient pelletier[8] en gros à Paris. Il ouvre un atelier de confection, Rue du Docteur-Charles-Richet, dans le 13e arrondissement de Paris[9].

Simon Badinter et Charlotte habitent, dans le 16e arrondissement de Paris, avec leurs deux enfants, Claude et Robert, né le à Paris.

Arrestation à Lyon et déportation à Sobibor

En 1940, Robert Badinter est collégien au lycée Janson-de-Sailly.

Réfugiés à Nantes au moment de l'attaque allemande de 1940, la famille Badinter regagne Paris à l'automne. Recensée comme juifs, Simon Badinter subit le séquestre de son commerce de fourrure.

Simon Badinter part à Lyon en zone sud en .

Après un été en Normandie, Charlotte Badinter et ses fils, Robert et Claude, le rejoignent en .

La famille Badinter habite 7, quai du Maréchal Joffre à Lyon.

Le 9 février 1943, lors de la Rafle du 12 rue Sainte-Catherine à Lyon, trente personnes, dont Simon Badinter qui y était employé bénévole, sont arrêtées dans les locaux de l'Union Générale des Israélites de France. Selon les archives allemandes, le comité de la rue Sainte Catherine aurait aidé des Juifs à passer illégalement la frontière franco-suisse[10]. À la fin de la journée, les Allemands auront arrêté 84 personnes.

Elles sont transférées dans un premier temps à la maison d'arrêt de la Wehrmacht à Chalon-sur-Saône, mais cette prison étant déjà pleine, elles sont acheminées vers Fort Lamothe où elles sont casées dans deux pièces. 84 personnes, dont 60 hommes et 24 femmes (dont 15 ont entre 15 et 20 ans) sont transférées le 12 février en train pour Paris et dirigées vers le camp de Drancy.

Simon Badinter est déporté par leconvoi 53[11], le 25 mars 1943 depuis Drancy au camp d'extermination de Sobibor, dans le Gouvernement général de Pologne où il est décédé[12],[13].

Simon Badinter était président de la communauté juive de Lyon[14].

Le souvenir

Dans Le Monde, Bertrand Le Gendre écrit: "Il [Robert Badinter] avait 15 ans lorsque son père fut arrêté sous ses yeux, à Lyon, par les hommes de Klaus Barbie[15]. Arrivé en 1920 de Bessarabie, pelletier en gros à Paris, Simon Badinter est mort en déportation, à Sobibor. Il avait choisi la France, car "c'était aller à la rencontre des libertés". La précision est de Robert Badinter qui. jamais ne dévia de la route tracée.[16],[17]"

Le dimanche 13 février 2011, Robert Badinter, sénateur, assiste à la Commémoration du 68e anniversaire de la Rafle du 12 rue Sainte-Catherine à Lyon, et au dévoilement d'une nouvelle plaque, qui porte les noms des 84 personnes interpellées et déportées[18],[19],[20],[21].

Un des deux fils de Robert Badinter porte le nom de son grand-père, Simon Badinter. Il dirige, avec son frère Benjamin, Médias et régie Europe, une filiale de Publicis[22].

Bibliographie

Notes et références

  1. Voir, Simon Badinter. Geni.com.
  2. The Central Database of Shoah Victims' Names, Le mémorial de la déportation des Juifs de France, Serge und Beate Klarsfeld, Paris 1978
  3. Grands Entretiens
  4. Voir, Lettre de Claude Badinter, le fils aîné de Simon Badinter. Plus qu'un nom émigre en 1920 depuis la Bessarabie en France où il est naturalisé françaisdans une liste: Simon Badinter. Jewish Traces.
  5. Voir, Robert Badinter - Témoin de la Vie des Juifs dans la France de Vichy.
  6. Voir, Cérémonie de remise du Prix Keba MBaye pour l'Éthique Édition 2012. éDiscours de présentation du Lauréat: Robert Badinter. Par Me Sidi Kaba, président du Centre Africain pour la prévention et la résolution des conflits (CAPREC), président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des Droits de l'homme (FIDH.
  7. Voir, Charlotte Badinter. AJPN.
  8. C'est ainsi qu'il est présenté dans la notice Robert Badinter dans le "Who's Who". Voir, Simon Badinter. Le Monde.fr.
  9. Voir, Grands entretiens. Badinter.
  10. Simon Badinter
  11. Voir, Klarsfeld, 1978.
  12. News du 14/17 février 2011 : La ville de Lyon donne un nom aux 86 déportés de la rue Ste-Catherine
  13. Arrestations 1939-1945: Lyon, Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie dans les communes de France
  14. Voir, (en) JTA. May 13, 1987
  15. Voir, Béatrice Vallaeys. Un épris de justice droit comme un "i". Portrait de Robert Badinter. Libération. 27 décembre 2013.
  16. Voir,Bertrand Le Gendre. "Robert Badinter, un juriste en politique", de Paul Cassia: Badinter, l'épris de justice. Le Monde des Livres, 24 septembre 2009.]
  17. Voir, Corinne Chabaud. Rencontre. Robert Badinter: une vie contre l'injustice. La Vie. 10/04/2008. Voir, "Né Juif, Je Mourrai Juif".
  18. Voir, Commémoration du 68ème anniversaire de la Rafle de la Rue Sainte-Catherine à Lyon. Licra.org. 13 février 2011. (http://www.licra.org/vie-section/lyon/commemoration-68eme-anniversaire-rafle-rue-sainte-catherine)
  19. Voir, Lyon-Commémoration de la rafle de la rue Sainte-Catherine. france 3-Rhône-Alpes. (http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/2013/02/10/lyon-commemoration-de-la-rafle-de-la-rue-sainte-catherine-197387.html)
  20. Voir, 2014. A Lyon, Serge Klarsfeld soutient Gérard Collomb. Lyon people. 31 janvier 2014. (http://www.lyonpeople.com/politique/municipales-2014-lyon-serge-klarsfeld-soutient-gerard-collomb-2014-01-31.htmlMunicipales)
  21. Voir, La ville de Lyon donne un nom aux 86 déportés de la rue Ste-Catherine. LyonMag.com. 14 février 2011. (http://www.lyonmag.com/article/21753/la-ville-de-lyon-donne-un-nom-aux-86-deportes-de-la-rue-ste-catherine) qui publie une photo de Robert Badinter à cette cérémonie et qui note: "Robert Badinter, présent en tant que fils de déporté, est resté parmi la foule recueillie, sans prononcer de mot à la tribune."
  22. Ils ont une soeur, Judith, psychologue.

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