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Stupidocratie

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Le terme stupidocratie désigne un système politique ou un régime politique où le pouvoir est aux mains des plus bêtes, des plus idiots, des plus imbéciles, des plus stupides, et des plus sots. Il a une connotation péjorative et sert en général à déprécier un système politique ou régime politique existant ou proposé.

Définition

En français, le terme stupidocratie est plus courant que crétinocratie, idiocratie ou imbécilocratie[1]. Le concept de stupidocratie[2] est trop flou pour qu’on puisse déterminer s’il s’agit d’un système politique ou d’un régime politique, ou si c’est un mode de gouvernement, une forme de gouvernement ou un type de gouvernement.

Comme la cacocratie, la stupidocratie peut être considérée comme un antipode de l’aristocratie.

Un régime politique peut être à la fois une stupidocratie et une cacocratie quand le pouvoir est aux mains de gens bêtes et méchants. Des gens bêtes mais pas méchants aux manettes d’une stupidocratie seront certainement mauvais, ce qui en fera quand même une cacocratie. Inversement, une cacocratie peut être aux mains de gens méchants, mais pas bêtes, ce qui peut lui assurer une certaine longévité.

On considère vivre sous une stupidocratie quand on accuse le parti au pouvoir d’être « la droite (ou la gauche, au choix) la plus bête du monde ».

Clemenceau et la stupidocratie

Le 3 décembre 1887 Sadi Carnot avait été élu président de la République par le Congrès, c'est-à-dire la Chambre des Députés et le Sénat réunis. À cette occasion, Georges Clemenceau avait lancé comme une boutade « Je vote pour le plus bête »[3]. Il est presque certain qu’il voulait dire qu'il voterait pour le candidat le plus inoffensif et le plus manipulable, ce qui correspondait à son opinion de la Présidence (« Il y a deux organes inutiles en France, la prostate et la présidence de la République »)[4]. En déclarant que « en politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables », Clemenceau, qui ne se prenait ni pour un imbécile ni pour un incapable, montrait qu’il pensait que la république était une alternance de stupidocratie et de cacocratie, interrompue par sa propre présence au pouvoir. Il est également possible qu’il souhaitait la cacocratie à l’Académie française quand il déclarait « Donnez-moi quarante trous du cul et je vous fais une Académie française ». À moins que ce ne soit de l’humour.

Coluche, stupidocratie et cacocratie

Il est possible qu’il y ait eu des partisans (réels ou simulés) de la cacocratie et/ou de la stupidocratie parmi les 16 % d’électeurs prêts à soutenir la candidature de Coluche[réf. nécessaire] lors de la campagne pour l'élection présidentielle française de 1981, Coluche s’étant - entre autres - présenté comme « candidat nul » et étant soutenu par Hara-Kiri, journal « bête et méchant ». Mais, pour la plupart, les motivations étaient toutes autres (voir l’article Candidature de Coluche lors de l'élection présidentielle française de 1981 et le film .Coluche, l'histoire d'un mec).

Jacques Attali et la stupidocratie

En 2008, un député français (Claude Goasguen, UMP) dénonçait l'émergence d'une "République des experts" après que le président de la République a avalisé le rapport de la Commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali. Ce dernier rétorquait sur Europe 1 que ledit député aurait fait bonne figure dans une "République des imbéciles"[5].

Jacques Attali a également représenté le fonctionnement de la Commission européenne comme une variante de la stupidocratie, estimant que « les dirigeants politiques européens sont ravis d’envoyer les plus médiocres d’entre eux à Bruxelles parce que, comme ça, ils conservent le pouvoir réel dans les pays »[6].

Défense de la stupidocratie

La stupidocratie est rarement défendue comme type de gouvernement souhaitable. On pourrait par exemple considérer que voter pour le (ou la) candidat(e) le(a) plus nul(le), le(a) plus incapable, le(a) plus bête, c'est voter pour la personne la plus représentative de l'électorat, la plus participative en quelque sorte, c'est aussi voter pour la plus inoffensive. Ce qui suppose qu’on a une opinion peu flatteuse de l’électorat et qu’on ne craint pas les conséquences d'un tel système[7].

Le soutien à la stupidocratie (et, plus encore, le soutien à la cacocratie) peut aussi être une forme de « politique du pire ». Porter au pouvoir les candidats les plus bêtes peut être vu par des extrémistes de droite ou de gauche comme un moyen de provoquer un contrecoup révolutionnaire qui permette de renverser le système.

Notes

  1. À ces concaténations de deux racines grecque et latine on pourrait préférer un terme comme blaxocratie (de blax ( βλαξ ), « imbécile », « crétin », « lâche », « mou » (qui a donné « blasé ») et kratos (κρατος) « pouvoir », « souveraineté »), très peu usité. Dictionnaire étymologique des mots françois dérivés du grec.
  2. Voir [1].
  3. La réalité de cette apostrophe a été contestée.
  4. Georges Clemenceau lors d’une opération à la clinique de la rue Georges-Bizet, à Paris. Voir Françoise Giroud Cœur de tigre, Plon, 1995, 227 pp., (ISBN 2259180671)
  5. Source : Herodote.net Attali et la « République des imbéciles », 2 février 2008.
  6. Source : Euronews, Interview de Jacques Attali, 6 juin 2009. Ce dernier a poursuivi : « Mis à part Jacques Delors, nous n’avons jamais eu depuis trente ou quarante ans de président de la Commission qui soit quelqu’un de haut niveau. Tout simplement parce que chaque fois qu’un pays a envoyé quelqu’un à Bruxelles, tout le monde s’est assuré qu’il soit assez médiocre pour ne faire de l’ombre à personne et pour que la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie conserve son autonomie et ne soit pas concurrencée par une vraie puissance bruxelloise forte ».
  7. Soubiran, Hector Faut-il mettre la bêtise au pouvoir ? Les yeux dans les yeux, Bulletin de réflexions des Jeunes pour la France, n° 5, janvier -février 2007.

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