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Théâtre caché

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Le théâtre caché, écrit THéâTRe CaCHé, est un dispositif théâtral créé en France en 2009 par la réalisatrice et metteur en scène hongroise Gabriella Cserháti, dans un premier temps pour y développer ses propres créations, dans un second temps pour permettre à d’autres metteurs en scène d’explorer cette forme.

Il devient en 2010 aussi un mouvement théâtral dont l’objectif est de créer une place à l’illusion dans le réel et de donner une nouvelle légitimité au théâtre dans une société surchargée de générateurs d’illusions (le virtuel, internet, l’interactivité et la 3D).

Le dispositif a pour but de brouiller la frontière entre la fiction et la réalité de telle sorte que le spectateur ne puisse pas clairement percevoir ce qui est réel et ce qui est joué.

Le partenaire de développement du dispositif est le collectif de recherche théâtrale français : le GK. (Le GK est activé par Rachel Bi-Hip, Barney Cohen, Gabriella Cserháti, Cécile Dano, Isabelle Hazaël, Hélène Jupin, Maryam Muradian).

Ce dispositif est accompagné depuis 2009 par Juliette Bompoint de Mezzanine Spectacles[1].

Logo THéâTRe CaCHé.jpg

Définition

Le THéâTRe CaCHé est un dispositif théâtral, une forme à l’intérieur de laquelle différentes mises en scène sont possibles et peuvent se décliner à l’infini. N’importe quel spectacle ou pièce de théâtre peut être adapté pour ce dispositif.

Il est aussi un mouvement théâtral, qui dans son fonctionnement peut être comparé à celui du Dogme95 de Lars von Trier et Thomas Vinterberg. Le dispositif THéâTRe CaCHé est décrit par des règles constituant une charte.

Le THéâTRe CaCHé est une action théâtrale cachée (d’une durée minimale de 20 minutes et destinée à une quantité de public variable selon l’action).

Le « THéâTRe » est caché différemment aux spectateurs avertis (participants) et aux spectateurs non avertis (passants, notamment par exemple lorsque l’action théâtrale se déroule en extérieur). Au départ, l’action théâtrale est cachée au spectateur averti qui doit la trouver grâce à son implication, par exemple en suivant les indices donnés dans l’annonce du spectacle. Le spectateur non averti est celui qui regarde cette action théâtrale sans être au courant que ce qu’il regarde est de la fiction. Celui-ci n’en sera pas forcément informé.

Les particularités

Le spectateur fait partie de l’histoire. Il a donc un « rôle ». Étant libre de ses mouvements et de ses actes, comme tout personnage, il peut « participer à l’histoire », mais sa participation n’est jamais forcée, ni obligatoire. Dans ce dispositif théâtral le réel est montré en tant que fiction, et la fiction montrée en tant que réel. La présence du spectateur est prise en compte dans la narration. Le spectateur, en choisissant son niveau d’implication, influence le cours de l’histoire. Par élargissement, ses actes, (s’il décide d’agir), sont aussi pris en compte dans la narration.

(Parallèles différents, mais possibles : in situ, Site-specific theatre, théâtre de l’intime, théâtre participatif, théâtre interactif, théâtre immersif.)

À la différence de ce que l’on retrouve au théâtre immersif, ici l’histoire est obligatoirement ancrée dans l’époque courante et il n’existe pas de quatrième mur, sauf si le spectateur le rétablit lui-même.

À la différence de ce que l’on retrouve dans un jeu de rôle grandeur nature, ici la totalité de l’action sert un propos artistique, son but n’est pas principalement d’être une activité de loisir pour ses participants. Par ailleurs au THéâTRe CaCHé il n’existe aucun moment où le seuil de la fiction est clairement franchi.

À la différence de ce que l’on retrouve dans au théâtre interactif, ici le spectateur n’est jamais contraint de participer.

La charte

Les règles du dispositif sont rédigées en une charte technique.

La rédaction de cette charte permet l’utilisation de ce dispositif par différents metteurs en scène.

Cette charte technique des règles du « jeu » (pour faire une mise en scène labélisée THéâTRe CaCHé) est tenue secrète aux spectateurs. Elle est accessible aux metteurs en scène désireux et leurs équipes.

Quelques points de la charte :

  1. Dès l’annonce, le spectacle a déjà commencé.
  2. Le spectateur est amené jusqu’au(x) lieu(x) où se déroule la « pièce » par des voies qui font partie de la mise en scène.
  3. Dans ces lieux, tenus secrets, nous sommes dans l’intimité des personnages de la « pièce de théâtre.
  4. Tout fait partie du spectacle.
  5. Il n’y a pas de scène identifiable.
  6. Le quatrième mur n’existe pas.
  7. Le spectateur fait partie de l’histoire.
  8. Le spectateur peut participer, mais n’y est jamais forcé.
  9. Le spectateur ne peut pas applaudir, il n’y a pas de salut, la fin du spectacle n’est pas identifiable.
  10. Le nom des comédiens, du metteur en scène et de l’auteur du texte s’il y en a un, ne sont pas connus des spectateurs avant le spectacle, mais leur sont donnés après." [2]

Remarques

Jusqu'aujourd’hui, tous les spectacles THéâTRe CaCHé ont été créés au sein du collectif théâtral le GK.

Il n'y a pas de site internet à ce jour, ni de contact téléphonique.

Quelques critiques sont apparues sur le web et dans des revues théâtrales : The Hacker [3], Ecu Film Festival [4], Le Souffleur [5], Froggy Delight [6].

Le seul moyen de participer à leur spectacle est de s’inscrire par e-mail[7].

En mai 2012, Il y avait 923 spectateurs inscrits[8].

Créations

(par plusieurs metteurs en scène)

  • 2010 : volume 1 , La Liberté à Brême, d’après Rainer Werner Fassbinder
  • 2011 : volume 2, B.B., d'après Barbe Bleue, espoir des femmes, de Dea Loher
  • 2011 : volume 3, Les Biojolistes, création à partir de plusieurs textes
  • 2012 : volume 4, Bulles, spectacle pour un seul spectateur, d’après Le Temps et la Chambre de Botho Strauss
  • 2012 : volume 1.2, En/vie, au Collectif 12[9]
  • 2012 : volume 5, en cours, titre non connu
Comédiens ayant joué au THéâTRe CaCHé

Cyrille Arfeuille, Rachel Bi-Hip, Brisa Caleri, Marie-Bénédicte Cazeneuve, Barney Cohen, Bastien d’Asnières, Jérôme Feigean, Isabelle Hazaël, Hélène Jupin, Hervé Laudière, Gaëlle Malandrone, Jérémy Malaveau, Olivier Marquez, Frank Messica, Maryam Muradian, Philippe Pasquini, Charles Poitevin, Julien Prévost, Antoine Roux, Mélanie Vaugeois.

Metteurs en scène

Gabriella Cserhati (fondatrice), Cécile Dano (associée), Bea Gerzsenyi (invitée pour le volume 3).

Collaborations

Szaida Khaled-Abdo (dramaturge), Fabien Lartigue (dramaturge), Zoltán Moll (dramaturge), Csaba Palotaï (musique), Marine Rozet (assistante de mise en scène), Zsófia Szemző(graphiste).

Notes et références

  1. [1], lien Mezzanine Spectacles
  2. extrait de la Charte THéâTRe CaCHé
  3. [2], critique parue dans The Harker
  4. [3], critique parue dans Ecu Film Festival
  5. [4], critique parue dans Le Souffleur
  6. [5], critique parue dans Froggy Delight
  7. [6], annonce volume 4
  8. Information communiquée lors d’un interview pour le dossier Théâtre Autrement dans la Revue Atelier Théâtre
  9. [7], lien site Collectif 12

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