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That Summer

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That Summer est un groupe de rock/post-rock français.

Créé au début des années 1990 comme le projet d’un seul homme, David Sanson, That Summer a évolué, au fil des albums, d’une musique atmosphérique proche de la dark-folk à un rock volontiers expérimental, en passant par à des compositions plus électroniques. A partir de Clear, album paru en 2005 chez Talitres, That Summer commence à donner des concerts et devient un véritable groupe composé, autour de son fondateur, d’Etienne Bonhomme, Olivier Cavaillé et Nikolu Jorio : c’est en quatuor qu’a été enregistré, à l’été 2008, l’album Near Miss, qui paraît en septembre 2010 chez Talitres Records. En marge de sa discographie, That Summer a régulièrement collaboré avec des plasticiens contemporains.

Biographie

Pré-That Summer

Né en 1970, David Sanson grandit, au sein d’une famille de mélomanes, à la campagne, non loin de Châteauroux. Il étudie le piano et les percussions au conservatoire de cette ville, et n’écoute alors pratiquement que de la musique classique. Lorsqu’il découvre le rock vers l’âge de 13 ans, il se prend très rapidement de passion pour la scène post-punk, cold-wave et expérimentale et des groupes comme The Cure, Joy Division, Bauhaus, Cocteau Twins, Siouxsie & the Banshees, The Chameleons ou Einstürzende Neubauten. À 15 ans, il reçoit son premier synthétiseur, avec lequel il commence à expérimenter, s’enregistrant sur un petit radio-cassettes. Après quelques expériences peu fructueuses au sein de divers groupes de lycée, et une première collaboration, déjà, avec le futur plasticien Rainier Lericolais, comme lui originaire de Châteauroux (avec lequel il fonde l’éphémère formation Par Les Douceurs Du Verger), il compose à l’automne 1988 son premier « vrai » morceau, au piano et au chant.

Jusqu’en 1992, s’ensuivront plusieurs dizaines de compositions enregistrées, dans des conditions souvent précaires, sous le nom de Sub Specie Aeternitatis, et documentées sur une série de cassettes audio. Parallèlement, David Sanson, entre-temps installé à Paris, poursuit son immersion dans la scène musicale et crée, avec Bertrand Dermoncourt et Christophe Taupin, l’association Adiaphora, destinée à promouvoir les artistes qu’ils aiment par l’organisation de concerts (The Legendary Pink Dots, Sol Invictus) et l’édition de disques : leur première référence, enregistrée dans la maison d’enfance de David Sanson transformée pour l’occasion en studio, sera La Croix, premier album solo de l’Anglais Tony Wakeford, leader du groupe dark-folk Sol Invictus et ancien membre de Death In June. C’est en 1992 que celui-ci, après avoir entendu par hasard une cassette d’instrumentaux au piano de sa composition, suggère à David Sanson d’enregistrer un disque.

Les années 1990

Drowsiness Of Ancient Gardens (1994)

Enregistré en une semaine et en 8-pistes pendant l’été 1993, dans un petit studio du quartier de Belleville à Paris, Drowsiness Of Ancient Gardens reprend bon nombre des morceaux de la cassette originale, auxquels s’adjoignent plusieurs compositions chantées (dont une sur le texte Grodek, du poète expressionniste allemand Georg Trakl). Avec cet album, David Sanson rode la méthode de travail qui sera la sienne jusqu’en 2008 : il compose et écrit tous les morceaux au clavier, invitant ensuite des musiciens à venir donner forme à ses idées et l’aider à les arranger en studio. En l’occurrence, ce sont principalement le violoncelliste Laurent Delage (avec qui David Sanson avait pu donner un premier concert, en 1991, sous le nom de The Angelhood) et Tony Wakeford, qui joue de la guitare, de la basse, et chante sur le titre d’ouverture, Dies Irae. En 1996, Wakeford adaptera même Sadness of Beauty, l’un des instrumentaux du disque, sur son second album solo, Cupid & Death : sur Heaven & Hell, il ajoute ainsi une partie vocale à l’enregistrement de piano original de That Summer.

L’année suivante, David Sanson enregistre, dans un studio 16-pistes, un morceau complémentaire, plus rock, avec le guitariste Philippe Thiphaine (futur Héliogabale, This Side Of Jordan) : Winter Gardens. Des interludes, composés par Rainier Lericolais et Bertrand Dermoncourt, font le lien entre les morceaux – un procédé fréquemment utilisé sur les albums de That Summer – et renforcent la dimension ambient et la tonalité élégiaque de ce disque aux arrangements minimalistes. L’album est enfin prêt : son titre sera emprunté à une mélodie du compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos, et David Sanson abandonne son pseudonyme en latin pour adopter le nom de That Summer, référence à un album de Death In June, The World That Summer.

Lorsque le disque sort, fin 1994 sur Adiaphora, David Sanson se trouve en ex-Allemagne de l’Est, à Leipzig, où il effectue son service militaire en tant que coopérant. Grâce à l’engouement dont bénéficient à l’époque Tony Wakeford et toute la mouvance « dark-folk » (Death In June, Sol Invictus, Current 93…), Drowsiness Of Ancient Gardens fait l’objet d’une certaine attention, en particulier hors de France (et surtout en Allemagne), dans les milieux « gothiques ». Bien accueilli par la critique, qui cite parfois à son propos le nom de This Mortal Coil, cet album a acquis, avec les années, une aura vaguement culte. Considéré comme précurseur de la scène dark-folk française, il vaut à That Summer de fig'urer aujourd’hui dans deux ouvrages consacrés à cette musique : Carnets noirs. Musiques, attitudes, cultures gothiques, électroniques et industrielles, acte II (ouvrage collectif, éditions e/dite, 2006) et Looking For Europe. Néofolk & underground, tome II (Andreas Diesel et Dieter Gerten, éditions Camion Noir, 2009). That Summer s’est cependant toujours gardé de cultiver l’ambiguïté visuelle et sémantique d’une scène fréquemment critiquée pour ses accointances avec l’extrême-droite.

De l’Allemagne à la France

Malgré cet accueil favorable, David Sanson va rester relativement silencieux pendant près de 7 ans. Silencieux, mais pas totalement inactif. Si la musique, qu’il poursuit en marge de son activité professionnelle, n’occupe qu’une petite portion de son temps (du fait également du manque de matériel, et notamment de ce piano sur lequel il aime composer), il fait la connaissance, en Allemagne, de Wolf-Eike Müller, musicien de scène et ingénieur du son : c’est en compagnie de celui-ci qu’en 1995, il enregistre, sur le piano de l’université de Potsdam et en prise directe, le morceau Some Stations, pour l’éphémère projet On lancé par le label Tursa de Tony Wakeford – une revue accompagnée d’un CD compilation.

Wolf-Eike Müller ayant entre-temps ouvert son propre studio à Berlin, tous deux y réaliseront ensuite plusieurs sessions d’enregistrement, donnant lieu à quelques démos influencées par la musique électronique (du label Warp à Underworld, en passant par le trip-hop et l’electronica allemande d’Oval ou Tarwater) et le post-rock (Mark Hollis, Tortoise, Ulan Bator) que David Sanson découvre à l’époque. Si ses sessions n’ont jamais été publiées, plusieurs morceaux se retrouveront sur les quelques compilations auxquelles David Sanson participe autour de 1999-2000 : c’est le cas de That Summer et Different Rains.

Rentré à Paris depuis 1997, David Sanson fait l’acquisition d’un ordinateur, « instrument » qui va durablement influencer sa façon de composer, et le voir renouer avec cette pratique du sampling qui l’affectionnait déjà à l’adolescence, lorsqu’il réalisait des versions remixées de ses morceaux favoris au moyen d’un simple radio-cassette. En témoignent notamment les deux titres, réalisés à base de collage et d’échantillonnage, qu’ils enregistre à cet époque avec Rainier Lericolais : Bluebeard’s: Blue et Ecchoing Green (sur un poème de William Blake). C’est sur cet ordinateur, et avec l’aide d’un Minidisc, qu’il réalisera les maquettes de ce qui va devenir son deuxième album.

Années 2000

Home Is Where The Studio Is (1994)

Home Is Where The Studio Is sera enregistré au mois d’août 2000, à Berlin, au studio Bleibeil de Bernd Jestram, moitié du duo Tarwater. Très fan de la musique du groupe, mais aussi de celle de To Rococo Rot, qui réalise également ses disques à Bleibeil – en réalité un appartement reconverti en studio situé sur la Torstrasse, dans un quartier de Mitte alors en pleine effervescence –, David Sanson avait envoyé, quelques mois plus tôt, ses maquettes à Jestram, qui s’était déclaré prêt à travailler avec lui.

Trois semaines durant, tous deux vont s’attacher à développer ces nouveaux morceaux, avec l’appoint, encore une fois, de musiciens extérieurs : outre Laurent Delage au violoncelle, le guitariste Charles-Eric Le Dentu, mais aussi (à distance) Olivier Manchion, bassiste du groupe Ulan Bator participent à ces sessions. Pour les textes, David Sanson s’est également attaché la collaboration de Malcolm Eden, ancien leader du groupe pop britannique McCarthy, puis de Herzfeld. Le résultat est une suite un peu hétéroclite de morceaux à dominante électronique, influencé par les goûts musicaux de David Sanson comme par les sons toujours en vogue dans la capitale allemande : s’y affirme un penchant pour une pop mélodique et mélancolique à la Depeche Mode, en même temps qu’un goût prononcé pour l’expérimentation et les bizarreries, qui se traduit notamment dans les morceaux instrumentaux qui forment la moitié de l’album. Comme son prédécesseur, celui-ci se termine par un titre en français – mais chanté, cette fois : Je t’ai cherchée parmi les ombres, sur un texte de Franck Marguin inspiré du film Le Charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel.

Le disque paraît (en France uniquement) sur Cube Musique, petit label créé par le compositeur et homme de radio Bruno Letort. Si son format peu commercial ne lui permet qu’une diffusion confidentielle, ce disque recueille de bons échos de la part d’une critique qui cite à son sujet les noms de Tuxedomoon ou Robert Wyatt.

Dans le sillage de ce disque, David Sanson noue une collaboration avec Rodolphe Bertrand, jeune cinéaste alors étudiant à l’école Louis-Lumière, qui le sollicite pour composer la bande-son de son premier court métrage, Vera, inspiré d’une nouvelle fantastique de Jules Barbey d’Aurevilly. Vers 2001-2002, il renoue par ailleurs avec la pratique musicale collective, jouant de la batterie et du piano au sein d’un trio informel créé avec Valentine Borlant (basse, membre du duo Genau) et le journaliste et musicien Gilles Tordjman (guitare) : ensemble, ils créent, au cours de jam-sessions toutes enregistrés en live au moyen d’un MiniDisc, mais jamais diffusées jusqu’à présent, un rock instrumental très inspiré de Godspeed You! Black Emperor.

Enfin, à la même période, David Sanson compose également une dizaine de nouvelles chansons, qu’il regroupe sous le titre de travail Between Laziness & Heartache, clin d’œil au titre d’un album du groupe britannique Breathless.

Stratégies obliques et Clear (2005)

En 2003 et 2004, David Sanson continue de s’initier à l’art de la collaboration. Tout d’abord, de nouveau, avec le réalisateur Rodolphe Bertrand : pour le moyen métrage Stratégies Obliques (sorte de transcription en langage cinématographique de la méthode prônée par Brian Eno), il compose une suite de morceaux renouant avec la veine ambient de ses débuts – des improvisations au piano surlignées de boucles et de traitements électroniques ; celles-ci feront en 2004 l’objet d’une publication en CD-R, dans la série « First Step » du label aveyronnais Arbouse Recordings.

Collaboration, ensuite, avec Benoît Burello, maître d’œuvre du groupe Bed, dont l’album The Newton Plum, paru en 2001, a agi sur David Sanson comme un révélateur. De la même manière que Bernd Jestram par le passé, celui-ci accepte de lui ouvrir son studio et de l’aider à donner corps aux morceaux de Between Laziness & Heartache. Six titres seront réalisés lors de ses sessions à Montreuil, sur lesquels, outre Benoît Burello, interviennent des musiciens tels que le batteur Jean-Michel Pirès (NLF3, The Married Monk, Dominique A, Yann Tiersen, Louisville…), le guitariste Alain Frappier (du culte groupe cold-wave français Baroque Bordello) ou encore Malcolm Eden, qui interprète les deux textes qu’il a écrits. Le résultat, par sa dominante très acoustique, tranche radicalement avec les sonorités électroniques de Home… Le piano de David Sanson y occupe de nouveau la place centrale. Deux autres morceaux seront finalisés à Paris, en compagnie notamment de Pierre-Yves Macé et Geoffroy Montel, du groupe Minizza, parmi lesquels Handling With Care, interprété au chant par Sylvain Chauveau, alors en pleine préparation de Down To The Bone, son album de reprises de Depeche Mode.

En janvier 2004, David Sanson part s’établir à Montréal. Il y passera un an, au cours duquel il aura l’occasion de se produire sur scène pour une performance avec le Français Mathias Delplanque (Lena), en résidence là-bas – et surtout de finaliser cet album en chantier qui a entre-temps pris le titre de Clear, et pour lequel le label Talitres Records a d’ores et déjà manifesté son intérêt : That Summer sera ainsi la première formation française à figurer au catalogue de la structure bordelaise… Toujours fidèle au principe de la rencontre, c’est en compagnie de musiciens croisés sur place qu’il réalisera les quatre derniers titres : le Français Jérôme Minière, qui lui offre notamment la musique de Mon vrai visage (morceau caché en fin d’album, sur un texte en français), et les Canadiennes Rachel Levine (mandoline, voix) et Rebecca Foon (violoncelle), membres de différentes formations gravitant autour du label Constellation (Cakelk, Fifths Of Seven, A Silver Mt. Zion…). Avec ces dernières, il a la chance d’enregistrer deux morceaux (en analogique !) dans le fameux Hotel2Tango, le studio des musiciens de Constellation (Godspeed You! Black Emperor en tête), sous la direction de l’ingénieur du son Howard Billerman, également aux manettes du premier album d’Arcade Fire qui vient tout juste de paraître.

Mixé par Pierre-Yves Macé à Paris (où David Sanson s’est réinstallé depuis janvier 2005), Clear paraît chez Talitres Records le 8 mars 2005. L’album rencontre un bon accueil critique, suscitant des comparaisons avec Bark Psychosis, David Sylvian ou Mark Hollis, et connaîtra une destinée essentiellement hexagonale : disque de la semaine dans Télérama, il sera notamment sélectionné par la Fnac pour figurer sur l’un des volumes de sa série de compilations Indétendances. Surtout, ce disque fournit enfin à That Summer l’occasion de donner des concerts. David Sanson, qui ne s’était jamais produit en public autrement que lors de performances improvisées, le plus souvent dans des galeries (avec Rainier Lericolais ou l’écrivain Julien Thèves), constitue donc autour de lui un groupe formé des multi-instrumentistes Olivier Cavaillé, rencontré par l’intermédiaire de Sylvain Chauveau, et Nikolu Jorio (autre moitié du duo Genau, et membre de La Chatte, Lustrine, Louisville…), ainsi que du batteur Vincent Touchard. En quatuor, That Summer jouera ainsi dans diverses salles parisiennes telles que le Café de la Danse (avec The National et Flotation Toy Warning), la Guinguette Pirate (avec M. Ward et Pokett), Mains d’Œuvres (avec L’Enfance Rouge, et sur des vidéos de Rodolphe Bertrand)…

Nine Shrunken Pieces (2006) et autres collaborations avec des plasticiens

La période 2006-2009 sera marquée par de nouvelles collaborations, cette fois avec des artistes plasticiens. En premier lieu Saâdane Afif (lauréat du prix Marcel Duchamp 2009), qui sollicite David Sanson pour écrire des textes de chansons à partir des installations et sculptures présentées dans son exposition Neuf Pièces réduites à Monaco, sur le même principe que celui de son projet Lyrics au Palais de Tokyo. Exposés en regard des œuvres concernées, ces textes donneront lieu, dans un deuxième temps, à la composition de neuf morceaux et à la parution chez Optical Sound, label expert dans les projets croisant musique et arts visuels, du mini-CD Nine Shrunken Pieces. Pour ce projet, That Summer est un trio composé, autour de David Sanson, de Nikolu Jorio et d’Emmanuel Lagarrigue, lui-même plasticien (il reprendra d’ailleurs par la suite les premiers mots de Black Spirit, le titre d’ouverture, pour en faire le titre d’une de ses installations, With Memories We Feed the Time Back). Ce « concept-album » fera ensuite l’objet de plusieurs déclinaisons scéniques. Après un concert au centre d’art Turner Contemporary à Margate (Angleterre), That Summer est ainsi au cœur de l’exposition La Répétition de Saâdane Afif, présentée à la galerie Maze, à Turin, de novembre 2006 à janvier 2007 : le 11 novembre, soir du vernissage, le trio répète, trois heures durant, les morceaux de Nine Shrunken Pieces, dans une pièce fermée par des vitres, sous les yeux des visiteurs de la galerie – l’enregistrement de cette répétition fournissant ensuite la bande-son de l’exposition.

Au chapitre des incursions dans le domaine des arts plastiques, outre la participation de David Sanson et Nikolu Jorio à Things Moving, premier « spectacle » d’Emmanuel Lagarrigue (créé à L’Onde, Vélizy, en mars 2010), et divers échanges avec la jeune photographe Dorothée Smith, viendront ensuite s’ajouter plusieurs collaborations avec François-Xavier Courrèges, dont That Summer a jusqu’à présent composé la musique de trois vidéos : My Night (galerie Baumet Sultana, Paris, 2008), qui sera présentée lors de la Nuit Blanche 2009 à Paris ; As A Strawberry (Heidi Galerie, Nantes, printemps 2009) ; et Something To Believe In, Something To Smile About (galerie Baumet Sultana, 2010).

Pour ces derniers morceaux, That Summer a trouvé son line up définitif : le groupe se compose désormais de David Sanson, Olivier Cavaillé, Nikolu Jorio et, à la batterie, Étienne Bonhomme, ancien membre du trio post-rock Innocent X actif aujourd’hui au sein de diverses formations (Claire Diterzi, Louisville, Genau…).

Near Miss (2008-2010)

C’est donc en quatuor que va être réalisé Near Miss, 4e « vrai » album et 6e disque de That Summer. Lassé de ces quinze années de pratique quasi solitaire, et stimulé par la créativité et l’osmose existant au sein du groupe, David Sanson a envie de tester une approche collective de la composition. Collective, et bucolique : en juillet 2008, avec Nikolu Jorio et Olivier Cavaillé, il part s’installer durant une semaine dans sa maison d’enfance, à la campagne, pour y travailler sur de nouveaux titres. Sept chansons naîtront de ces sessions en trio autour d’un piano à queue, et au milieu des bois : si deux d’entre elles (The Hues Of You, Ghost Tracks) sont des compositions anciennes, qui figuraient déjà sur les toutes premières cassettes de Sub Specie Aeternatis au début des années 1990, la plupart ont été élaborées en groupe ; parmi elles, une « reprise » d’un morceau de Nine Shrunken Pieces, Stratégies de l’inquiétude, devenu Chapel 16. La tonalité générale de ces morceaux, du fait de cette nouvelle configuration, est beaucoup plus « rock » : en groupe, David Sanson peut notamment donner corps à son amour des tempos rapides, jusqu’à présent plutôt minoritaires sur ses albums, même si les chansons de la seconde moitié de l’album entraînent peu à peu celui-ci vers une dimension plus calme et atmosphérique, discrètement empreinte de psychédélisme. Armé de ces démos, That Summer au complet se rend à Berlin, pour les enregistrer avec Bernd Jestram, qui a entre-temps déménagé et transformé son Bleibeil en un vrai studio d’enregistrement. Aux sept titres des sessions du mois précédent viendra s’ajouter – exercice inédit – une reprise de Cure, All Cats Are Grey, tirée de l’album Faith (1981). Peu d’« intervenants extérieurs », en revanche, cette fois, si ce n’est le jeune Berlinois Matthias Grübel (alias PhonoNoir, Telekaster…), invité à poser sa voix sur la ballade Obviously : mais cette partie ne sera pas gardée au mixage, et c’est finalement Sylvain Chauveau, de nouveau, qui interprétera ce morceau sur la version finale.

Car il faudra ensuite près d’un an et demi au groupe pour finaliser le mixage de ses morceaux pourtant enregistrés très rapidement. That Summer en confie la responsabilité à Geoffroy Montel, moitié du duo Minizza et responsable du label Brocoli : une petite structure basée à Belleville, et autour de laquelle s’est constituée, au fil des années, une micro-nébuleuse de musiciens amis, réunissant, outre That Summer, des artistes aussi divers que Pierre-Yves Macé, Sylvain Chauveau, Sébastien Roux, Quentin Sirjacq… Plusieurs prises supplémentaires/complémentaires seront réalisées dans différents (home-)studios à Paris ou ailleurs : Cyril Secq, éminence grise du groupe astrïd, proposera ainsi quelques parties de guitare, d’harmonium et de synthétiseur pour la chanson Mimir, qui ne seront pas retenues au final, mais qui (de même que les prises de voix de Matthias Grübel) fourniront la matière à l’un de ces interludes qui, comme souvent sur les albums de That Summer, font la transition entre les morceaux. Le DJ, musicien et producteur Krikor sera appelé à la rescousse pour le mixage de The Hues Of You, « tube » électro-rock du disque. Enfin, le quatuor enregistrera un morceau supplémentaire, Karl-Marx-Avenue, avec la voix de Leslie Auguste : prévu pour figurer en face B du 45 tours de The Hues of You, ce titre est inclus en bonus du CD de Near Miss.

That Summer (parfois accompagné de Cyril Secq à la guitare et à l’harmonium) aura également l’occasion de roder ces morceaux sur scène au cours de l’année 2009, lors de différents concerts à Nantes (Heidi galerie), au Centre Pompidou à Paris (pour un concert au casque donné, à l’invitation du label Optical Sound, dans le cadre du « Nouveau Festival ») et, surtout, à la Route du Rock de Saint-Malo, dans le cadre d’une après-midi consacrée au label Talitres. Après Clear, c’est en effet sur le label bordelais que va paraître Near Miss, le 27 septembre 2010. La photo de pochette a été prise par Dorothée Smith, qui s’est également chargée de l’artwork de l’album.

Cette année 2010 voit également la publication de plusieurs morceaux sur différentes compilations : Passé l’hier (en français), sur With Friends Like These…, double CD publié par le label Tursa de Tony Wakeford ; Disorder, reprise de Joy Division, sur l’album hommage proposé par Infrastition, sur lequel on retrouve de nombreux groupes post-punk français « historiques » (Tanit, Clair Obscur, Charles de Goal, Guerre Froide, Collection d'Arnell-Andréa, Wallenberg, Opera Multi Steel…) ; enfin, une autre reprise, cette fois… d’Erik Satie (Le Yachting, extrait du recueil Sports et divertissements), pour un projet édité par Arbouse Recordings.

Discographie

Albums

Autres

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