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Yves Briand

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Yves Briand (Majunga 1913 – Paris 1999) est un historien et archiviste paléographe du XXe siècle, reconnu historien de Lannion et du Trégor. Après des études littéraires classiques, il prépare le concours d'entrée à l'Ecole des chartes, dont il réussit brillamment l'épreuve écrite, mais il ne peut passer les épreuves orales  en raison d'un bégaiement prononcé. Il termine sa formation professionnelle à l'Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT) à Paris, où il étudie avec des chartistes[1], et travaille ensuite aux Archives nationales à Paris.

Ses travaux continuent à être utilisé au XXIème siècle, car ils ont été faits à partir du terrain et des sources d'archives, pas toujours faciles d'accès aux étudiants et aux chercheurs.

Biographie

Les attaches bretonnes

Yves Briand naît à Madagascar, quelques mois avant le début la Première Guerre mondiale.. Pendant que son père, le docteur Joseph Briand, part aux Dardanelles en 1915, il reste avec sa mère à Lannion, en Bretagne, et à Paris chez ses grands-parents. Yves est baptisé à Perros, avec sa grand-mère maternelle, Marie Guigou, pour marraine. Puis son père est désigné pour l'hôpital de Canton, en Chine, où il vit de 1916 à 1918. Sa petite enfance est cosmopolite, mais Lannion reste le port d'attache. De retour en France, la famille s'installe à Ferrières-en-Brie. Il fait ses études à Paris, et séjourne régulièrement à Lannion, où il est reconnu comme personnalité de le ville[2].

Une jeunesse « interrompue »

Très engagé politiquement dès sa jeunesse, il défend le passé culturel et historique breton. Il écrit son premier article avant ses vingt ans, sur les routes, au XVIIIe siècle, autour de Lannion[3]. Viennent d'autres articles dans Le Lannionnais, en 1933 sur les bornes de corvées et dans l'Écho de Lannion en 1936 sur les routes du Trégor. Il soutient la manifestation de 6 février 1934 contre le Palais Boubon et critique les réformes du Front Populaire après 1936.

En 1944, il subit une grave opération; il est ampité d'une jambe, ce qui lui ôte l'espoir d'être journaliste. Alors il cumule les recherches en histoire et les témoignages de ces vieilles pierres qui disparaissent sous les construction du monde contempain, les décrit, les photographie pour en laisser témoignage.Il utilise les moyens modernes de l'époque, les microfilms, entre autres.

À côté de son engagement politique, il montre le même intérêt pour son travail professionnel d'archiviste et pour ses travaux personnels et mercenaires d'historiens. "Passion du document" tel est le titre du paragraphe écrit par l'écrivain Jean-Jacques Monnier, spécialiste de l'histoire de la Bretagne, dans un article[4] rendant ainsi hommage à ses recherches et ses découvertes.

Breton et Parisien

À Lannion il n'a plus de famille directe, il séjourne souvent chez Madame Joubert[5], mère de famille nombreuse et faisant maison d'hôte, il connaît beaucoup d'historiens, chercheurs, fréquente les Archives municipales, départementales et la Bibliothèque municipale, où il est bien connu. Yves Briand est breton, de par sa famille et sa culture. Sans appartenir aux autonomistes, il est plutôt nationaliste, revendiquant l'identité bretonne et l'autonomie économique. Il suit le programme de René Pleven, parmi les créateurs  du CELIB, Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons créé en 1951, aux lendemains de la Seconde guerre mondiale, dans un pays en pleine reconstruction, baby boom et espoir d’ un monde meilleur. C'est dans cet esprit qu'est créé le Mouvement pour l'organisation de la Bretagne, le MOB, en 1955, dont il fait parti avec Yann Fouéré, qui en est l'archiviste et dont il prend la succession (photographies[6] de mars 1962 , chez sa maman, Madame Briand, et de de lui avec Yann Fouéré).

À Paris, il habite avenue Constant Coquelin dans le 7e arrondissement, puis , en 1965, rue du Petit Musc dans le 4e arrondissement, dans le Marais. Il reste encore quelques rues pavées, mais les clous semblent avoir disparu. À Paris, Yves Briand vit journellement la transformation de l'espace, perte de vestiges anciens, mise en valeur d'autres, les arènes de Lutèce, ou le passé médiéval de la capitale, sous la crypte du parvis de Notre-Dame, dans l'île de la Cité. Yves Briand, aux Archives nationales de Paris, aide les chercheurs, conseille ceux qui découvrent le lieu, grâce à sa grande érudition, ses qualités de chercheur; il travaille aussi, mais comme chercheur indépendant, à la BNF.

Il développe la passion des livres, collectionnant ce qui s'écrit sur la Bretagne et les livres d'histoire de ses connaissances. Il voulait léguer sa bibliothèque à la biblothèque de Lannion, mais ses héritiers futurs l'ont persuadé de la vendre; ce qu'il a fait à la librairie Gaston Saffroy, où il aimait à se rendre, consultant les richesses de la boutique. Des livres anciens, certains de grande valeur, d'autres plus modestes[7], portent son ex libris.

Un homme travailleur et attachant

Yves Briand travaille dans le cadre de son métier, et pour ses propres objectifs, ainsi qu'à la demande de clients, en raison de sa renommée dans le milieu des chercheurs, ou occasionnels compris. Il est connu dans son quartier, où il aime se promener ou regarder passer ses semblables à une terrasse de café. Sa grande silhouette, sa cane et sa tête nue par tous les temps, il est facilement repérable. Ainsi en 1982, alors qu'il s'apprête à quitter le rue du Petit Musc pour la rue de la Cerisaie, la boulangère lui court après "Monsieur, Monsieur", pour le mettre en contact avec une descendante de Renan, à propos d'un acte notarié de 1633, concernant la maison de Tréguier de l'historien et philosophe breton,devenue un musée.

chercheur assidu

Jamais rebuté par le travail en archives, il dépouille méthodiquement les registres paroissiaux des côtes d'Armor, retrouvant telle chapelle, celle de Ber-thu[8] où des pèlerins, au Moyen Âge, ont rapporté de Terre Sainte des reliques de saints, dont celle de saint Colomban. Il déchiffre les vieilles pierres, de silex paléographiques au vestiges médiévaux.

Il met ses compétences au service de l'exploitation d'archives familiales concernant son père, sa carrière coloniale, son séjour aux Dardanelles, épaulant le travail universitaire de sa nièce historienne et secondé par sa sœur Andrée. Il renoue ainsi avec son enfance coloniale à Majunga, Canton et Hong-Kong. Il consulte les archives d'outre-mer, au ministère des Affaires étrangères, rue Oudinot à Paris, puis, après leur transfert à Aix-en-Provence.

Au XVIIème siècle, il ferait figure d'honnête homme, au XXème siècle, c'est un érudit[9] dont les connaissances s'étendent à toute l'histoire de France, du paléolithique à la fin du XXème siècle.

Une philosophie de la vie

Par sa correction, son intelligence et son humour, Yves Briand a su tisser de nombreux liens d'amitié avec les personnes rencontrées dans le cadre de son travail ou dans son entourage quotidien et familial. Il appréciait les contacts humains, les rapports simples, riches par leur franchise et ceux des lettrés, réconfortant par leurs connaissances, les érudits dont se moquent les universitaires, ceux qui ont leur place dans l'Éloge de la Folie d'Erasme. La folie est celle de croire à l'honnêteté des autres, oubliant les carriéristes peu soucieux ou incapables de transmettre leur savoir, de l'élargir, de le peaufiner ou l'utilisant à d'autres fins qu'universitaires. Les tricheurs de la société, mais ils n'empêchent pas les autres.

Par ses engagements, ses goûts et son travail, Yves Briand est amené à rencontrer des personnages connus du XXe siècle, hommes politiques, archivistes et bibliothécaires, municipaux, départementaux, nationaux, universitaires, sérieux, des bretons et les autres, tel Jacques le Goff, Guy Fourquin[10], Maryvonne Massart conservateur de la bibliothèque municipale de Lannion, Pierre de La Haye[11] avec qui il a rédigé une histoire de Lannion, sans oublier ses correspondants américains, descendants d'émigrés bretons en Louisianne après la Grande Guerre, ayant gardé des contacts en France.

Ses travaux sont toujours des références[12] et[13]et l'Histoire de Lannion, des origines au XIXe siècle, publiée en 1974, est réditée plusieurs fois, même après leur mort.

Publications et distinctions

  • ca 1930, Les routes de Lannion au XVIIIème siècle. Lannion, Imprimerie Mauger, sans date, 20 pages.
  • 1956 "Notice sur Plouzélambre (1844)", l'Écho de Lannion 3 et 10 novembre 1956.
  • 1958-1959 "Le passé de Lannion à travers les archives de la paroisse" C 1958, p. 35, I 1959. 86ème Congrès de Lannion - Juillet 1958 - T LXVII.
  • 1969 « Jean-Marie de Penguern », Mémoires de la société d'émulation des Côtes-du-Nord, t. XCVII (1969), pp 104-122
  • 1962 " Deux statuts de confréries lannionaises ", Mémoires de la Société d'Émulation des Côtes-du-Nord, t. XC, p.13-25 (confrérie Saint-Nicolas, 1444).
  • 1965    Références sur la fabrique de la chapelle Sainte Thècle[14] dans l'Echo de Lannion  et dans le bulletin ds l'Association bretonne la Société d'Émulation des Côtes –du-Nord.
  • 1969   « Jean-Marie de Penguern », Mémoires de la société d'émulation des Côtes-du-Nord, t. XCVII (1969), pp 104-122
  • 1972 « Jean-Marie de Penguern », Mémoires de la société d'émulation des Côtes-du-Nord, Les presses bretonnes, Saint-Brieuc, 1972, 14 pages [15]
  • 1974 (avec Pierre de La Haye) Histoire de Lannion, des origines au XIXe siècle,Lannion, 230 pages; , livre préfacé́ par Jean-Pierre Pinot, éminent Lannionnais et professeur à l'Institut de géographie et d'aménagement régional de l'université́ de Nantes; rééditions 1986, 2006.
  • 1979     M. Yves Briand, "Les vicissitudes de la bibliothèque municipal", Trégor Magazine,  30 juin 1979       
  • 1989 " La rive droite du Léguer à Lannion", Cahiers du Trégor, n° 26, 1er trim. et "La terre de Cruguil en Brélévenez", Cahiers du Trégor, n° 28, 4 èm. trim.
  • 1990 "Les vieilles pierres m'ont raconté... Ploumilliau", Cahiers du Trégor, n° 29,
  • 1992 "L'itinéraire templier dans le Trégor n'est-il qu'une mystification savante ?",Trégor mémoire vivante, 1er trim. n° 1
  • 1994 (et P. de la Haye) "Guillaume Salaün de Brélévénez ou de Saint-Marc à la Ville Blanche", Trégor mémoire vivante, n° 4

Complément d'informations

Distinction

Médaille d'or de la ville de Lannion, 1980

Nécrologie

« Nécrologie - Yves Briand, historien de Lannion », Le Trégor, 18 mars 1999

« La médaille d'or de la ville à MM. De la Haye et Briand », Télégramme de Brest, 14 avril 1980

"La médaille d'or de la ville aux historiens de Lannion", Le Trégor, 19 avril 1980

Jean-Jacques Monnier, « Yves Briand (1913-1999), historien de Lannion »  Etre dec'h ha hirie  D'hier à aujourd'hui 2000

Liens externes

Ploulec'h. Encyclopédie Marikavel des noms de lieux http://marikavel.org/bretagne/ploulech/accueil.htm

Notes et références

  1. Bernard Barbiche, Bulla, legatus, nuntius: études de diplomatique et de diplomatie, Mémoires et documents de l'École des chartes, 85, École des chartes, , 576 p. (ISBN 978-2-900791-95-0), p. 8
  2. Lannion
  3. Les routes au pays de Lannion au 18e siècle
  4. Jean-Jacques Monnier, « Yves Briand (1913-1999), historien de Lannion », Etre dec'h ha hirie D'hier à aujourd'hui,‎ , p. 15
  5. Marcelle Joubert
  6. 5. Photographs Archives - Fondation Yann Fouéré
  7. Alain Raison du Cleuziou, La Bretagne de l'origine à la Réunion. Son histoire, ses coutumes, ses mœurs., Saint-Brieuc, , 454 p.
  8. Le patrimoine de Brélidy
  9. érudit — Wiktionnaire
  10. « Guy FOURQUIN | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 10 décembre 2016)
  11. Pierre de La Haye (15..-16..) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France
  12. Full text of "Ernest Renan en Bretagne : d'après des documents nouveaux", Yves Briand cité 9 fois
  13. Penven Joël, « Sur les traces d'un explorateur de mémoire Jean-Marie de PENGUERN (1807 – 1856) Avocat, Juge, Collecteur de chants bretons du Trégor et du Léon », Conférence de l'Arssat,‎ , p. 4, 14, 22-23 (citation des travaux d'Yves Briand)
  14. Sainte Thècle
  15. 404

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