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AGECIF

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Depuis 1984, l'AGECIF - association loi 1901 - accompagne les artistes et les gestionnaires des entreprises et institutions culturelles, privées ou publiques. 
Au-delà de la formation professionnelle, l'AGECIF propose des services et des outils adaptés aux profils professionnels de la culture (InterCachet, AGECIF Conseil et le Centre de Médiation Culture).

Histoire

L'héritage des Lumières   


L'AGECIF applique un principe issu de l'héritage des Lumières et de la Révolution française " : L'instruction doit être universelle, c'est-à-dire s'étendre à tous les citoyens. Elle doit, dans ses divers degrés, embrasser le système tout entier des connaissances humaines, et assurer aux hommes dans tous les âges de la vie, la facilité de conserver leurs connaissances et d'en acquérir de nouvelles" écrit Condorcet en 1792 dans son rapport sur L'organisation générale de l'instruction publique[1]. 


1971 Une obligation légale

Il faut attendre la loi du 16 juillet 1971 (Loi Delors) pour que la formation professionnelle continue devienne "une obligation nationale[2]". (Article L6111-1 du Code du travail). Elle assure désormais "aux salariés, employés ou demandeurs d'emploi, une formation destinée à conforter, améliorer ou acquérir des connaissances professionnelles[3]". Le Congé individuel de formation (CIF) et les fonds d'assurances formation sont mis en place tandis que les employeurs de plus de 10 salariés participent désormais au financement de la formation continue. En 1972, l'Assurance formation des activités du spectacle (AFDAS) est créée.

Les années 1980 Une nouvelle vision de la culture 


Dans les années 1980, l'environnement politique, social et culturel est propice à la création de l'AGECIF.

Dès 1981, l'arrivée de Jack Lang à la tête du ministère de la Culture (1981-1986 et 1988-1993) marque une rupture. Le décret du 10 mai 1982 définit ainsi les nouvelles missions du Ministère : permettre à tous les français de cultiver leur capacité d'inventer et de créer ; examiner librement leurs talents et recevoir la formation artistique de leur choix ; présenter le patrimoine culturel national, régional, ou des divers groupes sociaux pour le profit commun de la collectivité tout entière ; favoriser la création des œuvres d'art et de l'esprit et leur donner la plus vaste audience ; contribuer au rayonnement de la culture et de l'art français dans un libre dialogue des cultures du monde.

Budgets en hausse

Toutes les disciplines culturelles bénéficient de la hausse du budget du ministère de la Culture dès l'exercice 1982 (3 milliards de francs). Ainsi, dans le domaine du spectacle vivant, les moyens financiers des théâtres nationaux et des structures dramatiques décentralisées doublent, tandis que le nombre de compagnies théâtrales soutenues triple. L'aide aux nouvelles compagnies permet à la danse d'être moins confidentielle. Sans oublier enfin la loi Lang de 1985 sur les droits d'auteur[4], qui assure aux équipes de création une hausse et une régularité de revenus.

Croissance des industries culturelles

Le rapprochement inédit - et particulier à la France - de l'économie et la culture se confirme. L'exception culturelle désigne une réalité tangible. L'État s'implique ainsi désormais dans le développement des industries culturelles : livres, disques, films, médias audiovisuels. Il encourage également des montages financiers, comme avec la création en 1983 du nouvel Institut du financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC), et en 1985 des Sociétés de financement de l'industrie cinématographique et de l'audiovisuel (SOFICA). Il soutient également des salles de cinéma privé. En matière de livre, la loi Lang sur le prix unique permet à des librairies de qualité de se maintenir. 


Parallèlement, des institutions comme les musées éditent, par le bais de la Réunion des musées nationaux (RMN) des produits dérivés comme n'importe quelle entreprise et réalise ainsi des bénéfices notables. Le Centre national du livre (CNL), géré par les éditeurs, répartit des fonds prélevés sur une taxe à la consommation (la reprographie). Le Centre national de la cinématographie (CNC) est également géré de façon paritaire avec les professionnels.


Développement du mécénat

A l'instar des entreprises anglo-saxonnes, les grandes et moyennes entreprises françaises sont de plus en plus nombreuses à soutenir ou même initier des événements culturels.

Signe d'un changement des mentalités, le développement du mécénat s'institutionnalise avec la création en 1979 de l'ADMICAL (Association pour le développement du mécénat industriel et commercial) consacrée au rapprochement de la culture et de l'économie. Les institutions culturelles n'hésitent désormais plus à recevoir des fonds privés et à le faire savoir !

Déconcentration et décentralisation culturelles

Parallèlement, l'administration même du ministère de la Culture - naguère essentiellement parisienne - est déconcentrée. Et la décentralisation organisée par les lois Defferre de 1982 et 1983[5] se met en marche.

Dans le secteur culturel, ce mouvement se traduit par la hausse des effectifs des 22 Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) créées en 1969 sous l'ère Malraux. Les DRAC gèrent la majorité du budget de l'Etat dédié à la Culture. Des centaines de Conventions de développement culturel sont alors signées avec les collectivités locales dont le rôle en matière culturelle est de plus en plus important.  Les budgets des communes, des départements et des régions ont en effet considérablement augmenté. Outre l'Etat, la culture est donc désormais gérée par les collectivités territoriales et les entreprises mécènes.

Reconnaissance des arts mineurs

Sous l'impulsion du ministère de la Culture, les pratiques culturelles alors qualifiées de mineures entre dans le giron de la culture : chanson, musique populaire, arts décoratifs, bandes dessinées…


Ainsi, des centaines de petites et grandes salles (dont les Zénith) pour les groupes de rock sont subventionnées à Paris et en province. 


La photographie entre au musée, à l'instar des créateurs de mode, des publicitaires et des dessinateurs de bande dessinée. Le design industriel et la cuisine sont désormais reconnus comme disciplines artistiques.


Éducation et formation : nouveaux enjeux 


L'éducation et la formation forment le socle du nouvel élan culturel. L'éducation culturelle en milieu scolaire se développe. Les baccalauréats à option artistique, les "classes culturelles", les opérations "collèges au cinéma" se multiplient, grâce aussi à l'implication des collectivités locales.

La nouvelle Délégation au développement et aux formations (DDF) vise "le rapprochement des professionnels de la culture avec leur public, en particulier le public scolaire".


Les régions, acteurs de la formation professionnelle

En ce qui concerne la formation, le vote de la loi du 7 janvier 1983[6] (relative à la répartition des compétences entre les communes, les départements, les régions et l'État), conforte les conseils régionaux comme acteurs incontournables de la Formation professionnelle continue. La loi du 24 février 1984[7] élargit le droit au Congé individuel de formation (CIF) et renforce le rôle du comité d'entreprise sur la question de la formation professionnelle.

En 1985, le système de formation en alternance dans les entreprises se développe et se simplifie.

De nouveaux établissements artistiques

A cette période, l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) est restauré. Les deux Conservatoires nationaux supérieurs de musique de Paris et Lyon s'installent dans des bâtiments ultra modernes. Une École nationale du patrimoine est créée, tandis que l'École du Louvre se renforce.

Les emplois dans le secteur culturel se diversifient et se développent. Des milliers de postes de techniciens, administrateurs, ingénieurs de projet, danseurs, acteurs, archéologues, ethnologues sont créés. Ceux que l'on appelle désormais les "ingénieurs culturels", jusqu'ici issus de l'école du terrain se forment grâce à la cinquantaine de nouvelles formations universitaires spécialisées (DESS).

1984 - Naissance de l'AGECIF 


Au début des années 1980, une première agence associative vouée à la gestion des entreprises culturelles, l'AGEC, est créée à l'initiative du ministère de la Culture. Elle disparaît finalement au profit d'un réseau d'agences implantées sur tout le territoire : CAGEC, ARSEC, Premier Acte... et AGECIF. Leur mission consiste alors à conseiller les artistes et gestionnaires culturels porteurs de projets, dans les domaines qu'ils maitrisent alors peu ou pas du tout : le droit, la gestion, le marketing et la formation.


Premiers pas en Île-de-France

Dans ce contexte naît donc l'AGECIF, vouée d'abord à intervenir dans la région francilienne. Elle est déjà dirigée par Denis Thévenin, diplômé en économétrie, issu de l'Association régionale pour l'animation musicale (ARIAM) et passionné pour la vie culturelle (il chante alors dans le Chœurs de l'Orchestre de Paris et se produit dans des compagnies de théâtre amateur).

Former les cols blancs du secteur culturel

L'activité de l'AGECIF s'oriente d'abord vers la formation des "cols blancs" du secteur culturel. L'offre de l'AGECIF se concentre alors sur les disciplines fondamentales telles que le marketing, la communication, la comptabilité et le droit.


Ce type d'offre était alors embryonnaire. L'AGECIF propose des formations courtes, modulaires et personnalisées, adaptées aux profils et exigences des salariés et employeurs du secteur culturel. Puis, l'AGECIF développe et diversifie son activité afin de mieux répondre aux fortes attentes des professionnels du secteur culturel.

Les années 1990 - Vers la démocratisation culturelle

Au cours des années 1990, le budget du ministère de la Culture continue de croitre : 15,1 milliards en 1998 contre 3 milliards en 1982. Les ministres se succèdent - Jacques Toubon (1993 -1995), Philippe Douste-Blazy (1995 -1997), Catherine Trautmann (1998 - 2000) - mais les priorités restent globalement les mêmes : l'éducation artistique et culturelle, l'aménagement culturel du territoire, la formation et la sensibilisation de tous les publics à la culture.

Généralisation de la formation professionnelle

En ce qui concerne la formation professionnelle, la loi du 4 juillet 1990[8] renforce le contrôle et la qualité de la formation. Avec la loi du 31 décembre 1991[9], le droit à la formation concerne désormais les titulaires de contrat à durée déterminée. Elle généralise l'obligation de financement de la formation, l'étendant aux entreprises de moins de 10 salariés. La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002[10] introduit la validation des acquis de l'expérience (VAE).

Les Cafés Musique

Afin de sensibiliser tous les publics à la culture, le ministère de la Culture met en place dès 1991 un nouveau programme : les Cafés Musique. Objectif : développer des lieux de proximité en banlieue dédiés à l'expression musicale des jeunes de 16 à 25 ans. Toutes les musiques - jazz, chansons et variétés, musiques du monde et musiques amplifiées - y sont valorisées.


Structures de droit privé (Association Loi 1901 ou SARL), les Cafés Musique jouent un rôle à la fois culturel, économique et social.  
Afin d'optimiser la mise en place et le fonctionnement de ces nouveaux équipements culturels de proximité, l'AGECIF forment leurs équipes à travers une série de modules axés sur la politique de la Ville, la culture locale et le lien social. L'AGECIF renforce par ce biais son questionnement sur la démocratisation culturelle.

Les Emplois-jeunes

Afin d'enrayer le chômage des jeunes, le gouvernement Jospin lance en 1997 les emplois-jeunes subventionnés par l'Etat. Ce dispositif incite les jeunes diplômés à découvrir et intégrer le secteur culturel. Avec l'arrivée de ces nouveaux profils, les structures culturelles s'initient à la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC). LAGECIF conçoit donc de nouveaux modules de formation axés sur les ressources humaines, la gestion du personnel ou  le management.

La paie des intermittents du spectacle

Le régime des intermittents est une spécificité française dont l'histoire démarre avec l'adoption en 1936 par le Front populaire, des règles d'indemnisation spécifiques aux techniciens et cadres du cinéma. Mais la mise en place d'un véritable régime spécifique au sein de l'assurance chômage date des années 1960. En 1972 est créée l'AFDAS, gestionnaire des droits à la formation continue dans le spectacle.

Le régime d'assurance chômage, annexes incluses, est désormais renégocié tous les trois ans par les partenaires sociaux
.

En 1992, la renégociation des annexes 8 et 10[11] marque une rupture. La mobilisation des intermittents entraîne l'annulation du Festival d'Avignon. Le bras de fer se poursuit avec la renégociation en 1996 des annexes 8 et 10 et, finalement, la prorogation du régime d'assurance chômage (et des annexes 8 et 10) jusqu'en 2000.

A cette même période est signée une Convention nationale de partenariat de lutte contre le travail clandestin dans le secteur du spectacle (1997), ainsi qu'un accord sectoriel inter branche "encadrant" le recours au contrat à durée déterminée dans le spectacle vivant, le cinéma et l'audiovisuel.


Dans ce contexte, l'AGECIF offre dès 1997, un nouveau service baptisé InterCachet. Objectif ? Simplifier les démarches administratives lors de l'engagement d'artistes et techniciens du spectacle. Concrètement, InterCachet propose d'effectuer en 24 heures toutes les démarches administratives liées à la paie du spectacle. 
La réactivité d'InterCachet est en phase avec le rythme particulier du secteur culturel. Ce nouveau service représente pour les employeurs, un moyen simple et efficace d'officialiser l'embauche d'artistes ou techniciens du spectacle.

Les années 2000 La culture dans l'ère numérique

En matière de formation professionnelle, la loi du 4 mai 2004[12] relative à la formation tout au long de la vie instaure la création d'un Droit individuel à la formation (DIF). Le contrat de professionnalisation est mis en place.

En 2007, le rôle consultatif des partenaires sociaux est renforcé.

La loi du 24 novembre 2009[13] relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie instaure la création d'un Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) destiné à faciliter l'accès à la formation des demandeurs d'emploi et des salariés les moins qualifiés. Par ailleurs, le nombre d'organismes collecteurs agréés est réduit et le Droit individuel à la formation (DIF) renforcé.

En 2013, l'accord sur la réforme de la formation professionnelle prévoit notamment la création d'un Compte Professionnel de Formation[14] opérationnel dès 2015.

Les nouvelles technologies

La déferlante des nouvelles technologies que les acteurs du secteur culturel doivent s'approprier incite l'AGECIF à proposer une nouvelle famille de formations Communication et Web 2.0. Il s'agit d'explorer les nouveaux réseaux et de développer les techniques pour que les projets artistiques et culturels entrent de plein pied dans l'ère numérique.

L'AGECIF aujourd'hui

Trente ans après sa création en 2004, l'AGECIFcontinue de former les professionnels de la culture afin de renforcer, actualiser et élargir leurs compétence.


Liens externes

Notes et références

  1. Cinq Mémoires sur l'instruction publique 
  2. Article L6111-1 du Code du travail
  3. Formation continue
  4. Loi n° 85-660 du 3 juillet 1985 relative aux droits d'auteur et aux droits des artistes-interprètes, des producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes et des entreprises de communication audiovisuelle
  5. Des lois Defferre à la réforme territoriale
  6. Loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition de compétences entre les communes, les départements, les régions et l'Etat *loi Defferre*.
  7. Loi n°84-130 du 24 février 1984 DITE RIGOUT PORTANT REFORME DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE CONTINUE ET MODIFICATION CORRELATIVE DU CODE DU TRAVAIL
  8. LOI no 90-559 du 4 juillet 1990 créant les fondations d'entreprise et modifiant les dispositions de la loi no 87-571 du 23 juillet 1987 sur le développement du mécénat relatives aux fondations (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5025A4B42950AC00A9B6614F2548507F.tpdjo06v_1?cidTexte=JORFTEXT000000351305&categorieLien=id)
  9. Loi n° 91-1406 du 31 décembre 1991 portant diverses dispositions d'ordre social. (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000721455)
  10. Loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000408905)
  11. Texte officiel sur les annexes 8 et 10 (intermittents du spectacle)
  12. Loi n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social
  13. LOI n° 2009-1437 du 24 novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021312490)
  14. Compte personnel de formation (CPF)

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