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Anciennes Complaintes de Bretagne

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Anciennes Complaintes de Bretagne est un recueil de chants populaires en langue bretonne et en français, choisis et traduits par Françoise Morvan et André Markowicz, publié en 2010.

Origine

Les complaintes sont issues de différentes sources (toujours mentionnées en note), répertoire de chanteur traditionnel contemporain ou collectages anciens. "Notre choix n'a aucune prétention à passer pour une anthologie de la gwerz, écrit Françoise Morvan dans sa préface : nous avons appris ces chansons pour la simple raison qu'elles nous touchaient plus que d'autres. Nos versions n'entendent pas non plus passer pour des modèles définitifs : comme tous les chanteurs, nous les avons composées à partir des multiples versions disponibles [...] Cependant [...] nous pouvons dire qu'elles nous semblent représentatives du genre dans son ensemble... "[1].

Certains de ces chants ont été recueillis au XIXe siècle par François-Marie Luzel, et figurent au répertoire des chanteurs et chanteuses d'aujourd'hui, telles Annie Ebrel, Denez Prigent, ou Marthe Vassallo. C'est ainsi le cas de Mari Derrienig[2], de Dom Yann Derrien [3] ou d'Alliet ar Rolland, et sont des témoignages de la condition féminine dans la société bretonne traditionnelle. — Pour chaque chanson, une note explicative permet de retrouver la (ou les) source(s) de documentation.

Les textes

Le livre, présenté par Françoise Morvan, comprend trois parties.

La première, "Le légendaire", compte douze chansons, choisies parmi les plus anciennes de la traduction bretonne, comme la gwerz de Skolvan, qui remonte sans doute au XIIème siècle, voire avant, "Le seigneur comte" (connue dans le répertoire français comme la "chanson du Roi Renaud"). ou la légende de St Julien l'Hospitalier, chantée de nos jours par Yann-Fanch Kemener ou Erik Marchand. Une autre part de cette première partie est consacrée au légendaire chrétien et aux chansons issues des Evangiles, et toutes figurent parmi les chefs d'œuvre poétiques de la littérature populaire.

La deuxième partie, "Le Chronique du temps" est consacrée à des chansons sans doute moins anciennes, et centrées sur la condition des femmes dans la société traditionnelle bretonne. Dans ces gwerz, écrit Françoise Morvan, un grand thème est inlassablement décliné : celui de la femme abusée, trahie, violée, assassinée, soumise à la violence de ses parents, de son mari, de son seigneur. [...] Que l'on étudie la collecte de Luzel qui est, de loin, la plus fiable, et l'on constatera que près de la moitié de ses Gwerziou ont pour héroïne une femme et, plus remarquable encore quoique jamais mis en lumière, semble-t-il, que les hommes, dans leur immense majorité, sont vus en regard du tort qu'ils peuvent causer aux femmes..."[4]. Il semble réellement que les gwerziou puissent être lues comme une remise en cause radicale de la société traditionnelle, et d'une remise en cause par les femmes elles-mêmes du sort qui leur est fait par les puissants, et par l'église.

La troisième partie, "Recréations lettrées" entièrement traduite par Françoise Morvan présente des textes qui, s'ils sont devenus populaires à un titre ou à un autre, sont des textes d'auteur. Il s'agit de deux poèmes romantiques (fortement influencés par la tradition ossianesque) issus du Barzaz Breiz de La Villemarqué et d'une parodie d'élégie, écrite par Prosper Proux qui, sur un mode léger, reprend les thèmes essentiels des gwerziou précédentes.

Transcription et traduction

Le texte en breton

Les textes de cet ouvrage, de 2010, ont été retranscrits dans l'orthographe unifiée du breton, dite peurunvan, par la chanteuse Marthe Vassallo, — mais dans un pereuvan adapté. Marthe Vassallo écrit : "Toute transcription d'une œuvre orale est une cote mal taillée entre la rigidité de l'écrit et la fluidité de l'original. Ce qu'on a pu lire ici est donc un compromis : l'orthographe peurunvan a été assouplie pour donner au lecteur une petite idée de comment "sonne" la langue de chaque chanson dans la version choisie... "[5]. Dans de précédentes publications, Françoise Morvan s'était jusqu'alors toujours opposée à l'écriture unifiée du breton, la seule utilisée dans l'enseignement comme dans la plupart des éditions, et la dénonçait comme une création des nationalistes sous influence nazie dans son ouvrage Le Monde comme si en 2002, puis dans son article sur la Breizh Touch, promu à la une de Libération en 2007[6],[7], critiquant la publication en langue unifiée des contes de Luzel. Mais dans les Anciennes Complaintes de Bretagne les chants recueillis par Luzel sont transcrits, comme les autres, en écriture unifiée.

La traduction en français

L'ambition des traducteurs a été de présenter au public francophones des textes qui puissent être chantés sur les mélodies bretonnes (toujours retranscrites, par Marthe Vassallo et Emmanuelle Huteau. Les textes bretons sont d'abord considérés pour leur valeur poétique, et traduits comme tels, en respectant leur forme (la rime et le nombre de syllabes), alors qu'il est d'usage de rester aussi près que possible du mot à mot [réf. nécessaire]. C'est la méthode de traduction employée par André Markowicz dans sa version d'Eugène Onéguine de Pouchkine ou son Soleil d'Alexandre ; c'est la même méthode qu'emploie Françoise Morvan dans sa récente traduction du Roi Lear de Shakespeare.

L'ouvrage

Édition

(br)(fr)Françoise Morvan et André Markowicz, Anciennes Complaintes de Bretagne, éd. Ouest-France, coll. « Mémoires », , 127 p. (ISBN 978-2-7373-5133-4) [présentation en ligne] 

Illustrations

Le livre est construit comme un dialogue entre les textes et les images. Toutes ces images sont tirées du même fond d'archives (conservé aux Archives Départementales d'Ille et Vilaine) : ce sont quelques-unes des photographies de chapelles bretonnes, et plus spécialement, de la statuaire, prises tout au long de sa vie par le docteur Louis Le Thomas (1887-1976).

Notes

Liens externes

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