Anna 1971

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Anna 1971 est une fiction interactive créée à l'occasion du cinquantenaire du suffrage féminin en Suisse. Son intention éducative et interactive fait de cette fiction interactive un jeu sérieux, qui peut être classée dans la catégorie des jeux sérieux "ludo-éducatifs".[style à revoir]

Présentation du jeu

Elle a été réalisée par la Société suisse de radiodiffusion et télévision à la suite d'un appel à projets lancé en mai 2020 par le réseau national Culture et société de la SSR. Cet appel à projet a été lancé dans le cadre du 50ème anniversaire du droit de vote des femmes en Suisse. Le projet a été piloté par la Radio télévision suisse (RTS) et produit par DNA studio. Pour être éligible, le projet devait correspondre à plusieurs critères[1] :

  • définir le(s) groupe(s) cible(s) et les vecteurs visés 
  • faire le lien avec le présent et inviter au dialogue et à l'interaction
  • avoir du contenu informatif et divertissant
  • répondre aux attentes des vecteurs digitaux
  • être innovant
  • faire le lien entre les quatre régions linguistiques suisses et refléter la diversité suisse
  • viser une distribution sur les canaux numériques existants de la SSR

Le but de la RTS et de DNA studios était de parler aux jeunes générations et de permettre le lien avec le contexte du vote sur le suffrage féminin, d'où la mécanisme ludique du réseau social[2]. Le jeu contient également des archives de toute la Suisse et de la SRG SSR sur tous les sujets abordés au cours de la fiction interactive : suffrage féminin, militantisme, mise en institution, droit à l'avortement, éligibilité des femmes à des emplois politiques... Le jeu est sorti début 2021. Il est gratuit, disponible en ligne à l'adresse https://www.anna1971.ch/ et est disponible dans les quatre langues nationales suisses.

Le jeu a été couvert médiatiquement par la RTS, Le Temps, 24 heures, 20 minutes, ainsi que La Liberté. Il est référencé dans les projets de l'association ch2021.

Scénario

Le contexte historique d'Anna 1971 est la votation sur le suffrage féminin en Suisse en 1971. Le joueur incarne Anna, une femme de 21 ans ayant obtenu son CFC de graphiste, en 1971, quelques jours avant la votation du 7 février 1971. Le principe ludique de cette fiction interactive est d'imaginer le quotidien d'une femme en 1971 grâce à la création d'un réseau social, "Shoutbox". Ce mécanisme ludique permet de plonger le joueur dans le contexte de la votation, dans l'histoire du suffrage féminin et de la condition des femmes en Suisse. Le principe du jeu est de prendre des décisions qui auront un impact sur les relations d'Anna et sur son influence dans le contexte du suffrage féminin. Les dilemmes permettent de proposer différentes voies pour Anna selon ses prises de position publiques et privées. Ces mécanismes de gamification ont pour but de refléter les enjeux que pouvait avoir le féminisme et l'expression publique des femmes en 1971 à la fois d'un point de vue publique et privé, et les conséquences que pouvait avoir le militantisme sur la vie d'une femme.

Archives

Le féminisme en Suisse

L'onglet "archives" permet d'accéder à différentes archives média de la Suisse. Parmi ces archives, plusieurs personnalités et éléments importants pour l'histoire du suffrage féminin en Suisse et du féminisme en Suisse sont présentées.

  • En 1957, Katharina Zenhäusern était la première femme en Suisse à mettre un bulletin de vote dans une urne dans la commune d'Unterbäch, la première commune en Suisse à accorder le droit de vote aux femme. Son acte de désobéissance au sujet du service suisse obligatoire pour les femmes en Suisse fait date.
  • En 1958, l'exposition suisse du travail des femmes, ou Schweizerische Ausstellung für Frauenarbeit (SAFFA) en allemand, a lieu à Zürich. Des féministes glaronnais ont exprimé leur désaccord, l'exposition étant considérée comme subversive, présentant une image des femmes déjà dépassée et décriée.
  • En 1958, l'intellectuelle et écrivaine Iris von Roten publie " Frauen im Laufgitter". Elle le défend en 1965.
  • Dès 1959, une marche aux flambeaux est organisée chaque 1er février à Zürich afin de rappeler que le suffrage féminin n'est toujours pas acquis en Suisse. En 1969, la traditionnelle marche sera dérangée par le MLF en menant des improvisations théâtrales en tant qu'objets sexuels et femmes au foyer.
  • En 1964, Lotti Ruckstuhl, présidente de l'Association suisse pour le suffrage féminin, prend la parole au sujet du suffrage féminin et de la Suisse comme modèle démocratique.
  • En 1965, le père Kaelin se fait porte-parole de l'Église catholique suisse au sujet de la contraception et de la continence périodique.
  • En 1965, le docteur William Geisendorf, responsable du Planning Familial de Genève, présente la pilule contraceptive. Le docteur est un acteur important de l'histoire de la sexologie en Suisse.
  • En 1966, Marthe Gosteli est interviewée par le "Magazin der Frau".
  • Les militantes du Mouvement de libération des femmes prennent la parole dès la fin des années 1960. En 1969, Andrea Valentin prend la parole durant le 75ème anniversaire de l'Union des suffragettes zurichoises. Il s'agit de la première apparition publique du MLF, qui reproche aux femmes de l'union d'attendre au lieu d'agir et leur explique qu'il n'y a vraiment pas de raisons valables pour faire la fête.
  • En 1969, Emilie Lieberherr dirige la Marche sur Berne.
  • En 1970 éclate l'affaire de la clinique des Bluets lorsque plusieurs médecins neuchâtelois sont accusés d'avortement illégaux. En 1971, le Conseil fédéral demande la révision des articles sur l'interruption de grossesse du Code pénal suisse. En 1972, la pétition intitulée « Oui à la vie, non à l'avortement » réclame un durcissement et une uniformisation du Code pénal suisse[réf. souhaitée] sur l'avortement. En 1973, l'Union suisse pour décriminaliser l'avortement (USPDA) est fondée. Jusqu'en 2002, l'avortement est illégal en Suisse. Les femmes enceintes ont parfois recours à des faiseuses d'ange pour interrompre une grossesse.
  • En 1980, la journaliste Corinne Chaponnière parle des lieux de parole féminine.
  • Jusqu'en 1981, l'internement administratif était légal en Suisse, quoique peu médiatisé, puisqu'il contrevenait à la Convention européenne des droits de l'homme que la Suisse avait ratifiée. Il existe un témoignage au sujet d'une femme internée contre son gré dans la pension pour femmes d'Hindelbank.
  • En 1988, deux articles du Code civil suisse sur le mariage sont révisés. Jusque-là, ils signalaient que :
    • Le mari est le chef de l'union conjugale. Il choisit la demeure commune et pourvoit convenablement à l'entretien de sa femme et des enfants.
    • La femme porte le nom et acquiert le droit de cité de son mari. Elle lui doit, dans la mesure de ses forces, aide et conseil en vue de la prospérité commune. Elle dirige le ménage.

Plusieurs concepts fondamentaux pour le féminisme sont abordés : le concept de la double journée fait son apparition ; le harcèlement politique, l'inégalité salariale entre les sexes en Suisse, la retraite pour les femmes en Suisse, le droit à l'avortement...

En outre, le jeu évoque également d'autres évènements majeurs de l'époque : en 1968, la police doit intervenir dans le cadre d'émeutes lors du concert des Rolling Stone à Zürich ; en 1967, des manifestants envahissent les rues de toute la Suisse contre la Guerre du Viêt Nam...

Gouvernement

A l'issue de la votation de 1971, les femmes peuvent être élues au gouvernement suisse. Sont élues à l'Assemblée fédérale en 1971, après l'introduction du suffrage féminin : Martha Ribi-Raschle, Lilian Uchtenhagen, Liselotte Spreng. Sont élues au Conseil national en 1971, après l'introduction du suffrage féminin : Gabrielle Nanchen, Josi Meier, Hanny Thalmann, Tilo Frey, Nelly Wicky, Hanna Sahlfeld-Singer, Elisabeth Blunschy, qui est également la première femme à présider le Conseil national suisse en 1977. Est élue au Conseil des États en 1971, après l'introduction du suffrage féminin : Lise Girardin.

Avant 1971, le suffrage féminin était légiféré au niveau cantonal ou communal. Le premier vote féminin suisse a lieu en 1957 dans la commune d'Unterbäch. Avant 1971, les cantons suisses suivants accordaient le droit de vote aux femmes[3] :

  • Depuis 1959 : Vaud ; Neuchâtel
  • Depuis 1960 : Genève
  • Depuis 1966 : Bâle-Ville
  • Depuis 1968 : Bâle-Campagne
  • Depuis 1969 : Tessin
  • Depuis 1970 : Valais ; Lucerne ; Zurich

La première votation fédérale sur le suffrage féminin a lieu en 1959. Son issue est le rejet du droit de vote et d’éligibilité des femmes (Non: 66,9% – Oui: 33,1%). Le second vote du 7 février 1971 a pour issue l'acceptation du droit de vote et d’éligibilité des femmes (Oui: 65,7% – Non: 34,3%)[réf. souhaitée].

Références

  1. « Appel à projet digital », sur rts.ch, (consulté le )
  2. « "Anna 1971": quel rôle auriez-vous joué pour le droit de vote des femmes? », sur rts.ch, (consulté le )
  3. Commission fédérale pour les questions féminines CFQF, « Femmes Pouvoir Histoire 1848–2000 », sur www.ekf.admin.ch (consulté le )

Article publié sur Wikimonde Plus

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