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Commune de Paris (1871) : Commentaires

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La Commune de Paris de 1871 a suscité de violentes passions, enthousiastes et enflammées pour ses partisans, fortement hostiles voire haineuses pour ses adversaires. Cet événement prend place dans l'histoire du mouvement social où de fortes tensions se sont accumulées depuis la Révolution française ravivées par les luttes, les insurrections et les révolutions du XIXe siècle qui ont valu beaucoup de souffrances et de sang versé par leurs protagonistes. La Commune elle-même a vu se dresser deux partis très hostiles. D'un côté se trouve le parti des classes possédantes (bourgeoisie, noblesse traditionnelle et d'empire), avec ses forces armées dirigées par des généraux du Second Empire et son appareil politique : assemblée de « ruraux » élue avec un électorat maintenu dans l'ignorance et le respect de l'ordre social traditionnel. De l'autre côté ce sont les républicains, radicaux, sociaux qui appellent de leurs vœux la création d'une République que l'on se met à appeler de plus en plus la Sociale : c'est un parti d'intellectuels éclairés, penseurs, journalistes, écrivains, qui trouve un écho grandissant dans les populations ouvrières des villes européennes.

La Commune va se conclure dans une très grande violence : les deux partis opposés souligneront chacun les torts du camp adverse. La réaction reprochera aux communards la destruction de monuments et d'immeubles (mise à bas de la colonne Vendôme, destruction de l'hôtel particulier de Thiers, incendie de l'Hôtel de ville et d'autres bâtiments comme le palais des Tuileries) et l'exécution des otages. Les partisans de la Commune font état de la terrible répression au cours de la Semaine sanglante et dans l'année qui a suivi, exécutés sommairement sans aucun jugement, déportés, emprisonnés, condamnés à mort ou exilés. L'évaluation précise est difficile certains vont jusqu'à 100 000 morts tandis que le général Appert reconnaît officiellement 17 000 exécutions.

C'est dans ce contexte que l'on peut appréhender les prises de position d'écrivains que leur position sociale range du côté des classes aisées effrayées de voir le peuple ouvrier qu'ils méprisent remettre en cause l'ordre social dont ils jouissent.

Citations d'écrivains hostiles à la Commune

  • Leconte de Lisle à José-Maria de Heredia : « La Commune ? Ce fut la ligue de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs, mauvais poètes, mauvais peintres, journalistes manqués, tenanciers de bas étage. »
  • Gustave Flaubert à George Sand : « La seule chose, j'en reviens toujours là, c'est un gouvernement de mandarins. Le peuple est un éternel mineur. Je hais la démocratie. » « Le premier remède serait d'en finir avec le suffrage universel, la honte de l'esprit humain. Dans une entreprise industrielle (société anonyme), chaque actionnaire vote en raison de son apport. Il en devrait être ainsi dans le gouvernement d'une nation. » « L'instruction obligatoire et gratuite n'y fera rien qu'augmenter le nombre des imbéciles. Le plus pressé est d'instruire les riches qui, en somme, sont les plus forts. »
  • Les communards selon Alphonse Daudet : « Des têtes de pions, collets crasseux, cheveux luisants, les toqués, les éleveurs d'escargots, les sauveurs du peuple, les déclassés, les tristes, les traînards, les incapables ; pourquoi les ouvriers se sont-ils mêlés de politique ? »
  • Les communardes selon Alexandre Dumas fils : « Nous ne dirons rien de leurs femelles par respect pour les femmes, à qui elles ressemblent quand elles sont mortes. »
  • Émile Littré : « J'abhorre la guerre que le prolétariat parisien vient de susciter. Il s'est rendu cruellement coupable à l'égard de la patrie, ivre qu'il était de doctrines farouches : le devoir étroit des gouvernements est de réprimer fermement le socialisme dans ses écarts anarchiques. »
  • Le Figaro : « On demande formellement que tous les membres de la Commune, que tous les journalistes qui ont lâchement pactisé avec l'émeute triomphante, que tous les Polonais interlopes et les Valaques de fantaisie soient passés par les armes devant le peuple rassemblé. »
  • Edmond de Goncourt : « On les abat à la mitrailleuse. Quand j'ai entendu le coup de grâce, ça m'a soulagé. »

Positions modérées

  • Émile Zola : « Le bain de sang que le peuple de Paris vient de prendre était peut-être une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. Vous le verrez maintenant grandir en sagesse et splendeur. »
  • Victor Hugo (dans L'Indépendance belge) : « Qu'un vaincu de Paris, qu'un homme de la réunion dite Commune, que Paris a fort peu élue et que, pour ma part, je n'ai jamais approuvée, qu'un de ces hommes, fût-il mon ennemi personnel, surtout s'il est mon ennemi personnel, frappe à ma porte, j'ouvre. Il est dans ma maison. Il est inviolable. »

Déclaration de partisans de la Commune

  • Jules Vallès : « J'ai toujours été l'avocat des pauvres, je deviens le candidat du travail, je serai le député de la misère ! La misère ! Tant qu'il y aura un soldat, un bourreau, un prêtre, un gabelou, un rat-de-cave, un sergent de ville cru sur serment, un fonctionnaire irresponsable, un magistrat inamovible ; tant qu'il y aura tout cela à payer, peuple, tu seras misérable ! » « La Sociale arrive, entendez-vous ! Elle arrive à pas de géant, apportant non la mort, mais le salut. »
  • Raoul Vaneigem : « Si enthousiaste que j'aie toujours été de la destruction de la colonne Vendôme par Courbet et par la Commune de Paris, je persiste à penser que les Fédérés eussent fait œuvre plus utile en s'emparant d'abord des réserves de la Banque de France. » (Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante, 2002)

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