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Daniel Bruniaux

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Daniel Bruniaux est un peintre belge né le 31 août 1939[1] à Bruxelles.

De 1968 à 1978, il étudie le dessin à l'Académie des Arts Constantin Meunier à Etterbeek, Bruxelles, auprès de Jacques Muller.Il se forme à la peinture en autodidacte et expose pour la première fois à Bruxelles dès 1970. S'ensuivent plus de vingt expositions personnelles ou collectives à Bruxelles et dans d'autres villes belges, notamment à la Fondation pour l'Art Belge Contemporain à Bruxelles. En 2000, il expose à la Pilgersaal de Odenthal-Altenberg.

Parcours d'un peintre solitaire[2].

Principalement l'enfance se passe à dessiner, seul dans un modeste deux-pièces. Puis s'ajoute la découverte de l'aquarelle, l'imitation des feuilles d'automne, sous l'œil bienveillant de l'instituteur, lequel fera connaître, aussi, les joies de la lecture.

Avec la première rémunération, Daniel Bruniaux s'offre une boîte de couleurs à l'huile. L'aventure commence alors comme « paysagiste ». À Maussane-les-Alpilles, aux Baux-de-Provence, il peint en compagnie d'un peintre accompli de Paris (quelque peu étonné par la peinture sauvage de Bruniaux) ; Van Gogh est le maître mais aussi les expressionnistes allemands. Toutefois, le choc le plus important fut de voir les toiles de Picasso.

Mai 68 sera une période décisive. Il s'agissait des mots, il s'agissait de l'Homme. Il s'agissait d'entrer définitivement dans sa propre peinture (encore à créer). La nausée des mots, des slogans de 68 provoqua l'abandon du politique pour le silence, et l'urgence d'un regard, d'un art du regard de l'homme sur l'homme, ce qui mettra fin au « paysagisme ». Le moment où Bruniaux décide de reconnaître, d'affirmer sa vocation de peintre.

Les premiers tableaux de l'homme dans la ville, série qui formera la première partie de sa peinture (presque tous ces tableaux seront détruits par la suite), il les montrera à Mirko Orlandini, un potier-céramiste qu'il aimait visiter, qu'il aimait voir tourner ! (mais aussi l'entendre narrer sa jeunesse à Ravenne). Le peindre, les couleurs, « c'était bon » mais le travail du dessin de la forme humaine faible. Ainsi, sous le conseil d'Orlandini, il suivra les cours de dessin de Jacques Muller, peintre, dessinateur et graveur. Très vite une amitié s'est créée. Bruniaux a 30 ans, Muller en a 39. Ils ont le même intérêt pour l'expressionnisme, le cubisme, le jazz. Muller était un excellent professeur, celui qu'il fallait pour répondre aux attentes de Bruniaux. Sa formation poussait à la création, au risque, loin de l'académisme et pourtant « tout devait être juste ». À cette époque Bruniaux, avec sa caméra, filmait la ville, l'idée de devenir cinéaste était pendante.

Sa première exposition montrait des monotypes de jazz et quelques aquarelles, sorte d'adieu à une période révolue. Lors des séances de dessin en ville, avec Muller plusieurs faits essentiels furent saisis et découverts : l'homme qui avance dans son ignorance, l'homme qui ne se limite pas à la seule couche extérieure, l'habit dans lequel vit sa conviction, mais aussi à travers le corps, les articulations, soit l'homme multiple, fait de simultanéité. Ainsi « voir » devenait un regard pluriel, plus tard ce sera « l'œil compositeur ». Pour le peintre qu'il devenait, le monde perdait toute unité au profit des regards qui sans cesse constituent, jouent librement des for¬mes : ceci avec cela en même temps cette autre chose et ainsi de suite, une sorte d'éternel retour Nietzschéen (que Bruniaux pratiquait depuis longtemps), c'est-à-dire l'appel obligé à de nouvelles constitutions, à reprendre le monde déjà différent. Rien n'est à refaire, tout reste toujours nouvellement à faire. À peindre !

Vint ce moment important et décisif, les premiers autoportraits. Devant le miroir, image « fausse », il découvre l'avancée du corps vers le reflet, il voit la jambe, le pied en même temps que l'image « fausse ». Le regard ne touchait plus sa cible au loin, non, le regard commençait par, à partir du et avec le corps : saisir telle ou telle partie en une série d'instantanés, en expériences inépuisables. Muller ne put cacher sa déception (le maître n'aura pas son disciple). Ainsi Daniel Bruniaux retrouva la solitude de l'enfance. La solitude est le bonheur du regard (sa condition), de son propre regard. Mais dans la société c'est une situation défavorable pour le peintre, car le milieu de l'Art (si on peut dire) est fait de relations, d'appartenances, d'écoles, de catégories. Cependant grâce au peintre Willy Demuylder la galerie Armorial accueillit ses toiles et ainsi Pierre Wolfcarius entra en scène, entra dans la vie du peintre, l'œuvre du peintre. Le peintre solitaire avait, enfin, rencontré le soutien que tout peintre espère, ou mieux attend. Il y trouva une nouvelle amitié et un véritable intérêt de la part de Wolfcarius, ce qui peut se reconnaître dans les textes qu'il a écrits à l'occasion de plusieurs expositions.

Vint ce que Bruniaux appelle le temps de la bêtise, celui de l'« Art comtemporain » où le mot « Art » est une pure usurpation, celui des galeries-commerces-à-fric. Chaque sollicitation d'exposition du peintre recevait, telle une litanie, « c'est bien, mais invendable ». Ce qui de facto condamnait sa peinture au… silence, c'est-à-dire à une interdiction d'être vue.

Toutefois l'essentiel pour Daniel Bruniaux consiste à peindre ; à peindre pour exister, exister pour peindre (selon sa formule). Malgré les difficultés inhérentes à tout artiste, Bruniaux peut se réjouir à la pensée des tableaux qui « vivent » chez des collectionneurs en Belgique, en Allemagne et en Italie.

Expositions individuelles

  • 1970 Galerie Le Creuset, Bruxelles
  • 1973 Studio Huby; Bruxelles
  • 1974 Galerie L'escalier, Bruxelles
  • 1977 Galerie des Beaux-Arts, Tournai
  • 1983 Galerie Armorial, Bruxelles
  • 1984 Fondation pour l'Art Belge Contemporain, Bruxelles
  • 1987 Galerie Montjoie, Bruxelles
  • 1992 Galerie Alsput, Sint-Pieters-Leeuw
  • 1995 Fondation pour l'Art Belge Contemporain, Bruxelles
  • 2000 Pilgersaal, Odenthal-Altenberg (Allemagne)
  • 2013 Exposition privée à Bruxelles

Expositions collectives

  • 1975 La Ferme Rose, Bruxelles
  • 1979 Ring Galerie, Kortrijk
  • 1980 Galerie Hutse, Bruxelles
  • 1991 Galerie Campo, Antwerpen
  • 1992 Parcours d'Artistes, Saint-Gilles (Bruxelles)

Expositions avec la Fondation pour l'art belge contemporain

  • 1983 à Tournai
  • 1985 à Roubaix
  • 1986 à Knokke
  • 1987 à l'Université libre de Bruxelles
  • 1994-1996 « Présence de la figure humaine dans l'Art Belge » à Bruxelles, Wavre, Marche, La Louvière, Arlon et Ottignies

Quinze tableaux font partie de la collection de la Fondation pour l'Art belge contemporain au Musée de Louvain-la-Neuve.

Bibliographie

  • Pierre Wolfcarius, Daniel Bruniaux. Le peintre sans regard, Bruxelles, Ed. Fondation pour l'Art Belge Contemporain, 1999, 47 p.
  • Serge Goyens de Heusch, Art belge au XXe siècle, préfacé par Philippe Roberts-Jones et précédé d'une petite histoire de l'art belge au XXe siècle, Ed. Racine, 2006, p. 85-88

Notes et références

  1. Pierre WOLFCARIUS, Daniel Bruniaux. Le peintre sans regard, Bruxelles, Ed. Fondation pour l'Art Belge Contemporain, , 47 p. (OCLC 717995260), p.47
  2. Serge GOYENS de HEUSCH, Art belge au XXe siècle, Bruxelles, Ed. Racine, , 536 p. (ISBN 978-2-87386-461-3), p. 87

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