Eau et urbanisation

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L'urbanisation est un phénomène démographique se traduisant par une tendance à la concentration de la population dans les villes et les seuils qui séparent le monde urbain du monde rural varient très sensiblement au niveau planétaire : en effet l'annuaire de l'ONU recense une centaine de définitions différentes de la population urbaine[1]. Selon le rapport de la Banque Mondiale de 2017 l'urbanisation va de pair avec la croissance économique, ce qui sous-entend une plus grande productivité et des niveaux de vie plus élevés[2]. En revanche, il n’est pas toujours le cas dans toutes les villes et sociétés du monde. Car le phénomène de bidonvilisation vient parfois entraver la productivité de certaines villes, construction anarchique, rareté de l’eau, absence de structure financière, absence de structure de base, absence d’infrastructures telles que routes, ponts, trottoirs, signalisations, marché, écoles, etc. et c’est malheureusement un phénomène qui touche même les plus grandes villes du monde, en effet 300 000 mille[Quoi ?] ont été recensé dans le monde en 2018 qui logent environ 40 % de la population urbaine mondiale[3].

Aperçu du problème

Aujourd’hui, 56 % de la population mondiale, soit 4,4 milliards d’habitants, vivent en ville. Cette tendance va se poursuivre : d’ici 2050, avec le doublement du nombre actuel de citadins, pratiquement sept personnes sur dix dans le monde vivront en milieu urbain. Avec un PIB mondial de 80 % généré par les villes, l’urbanisation peut si elle est contrôlée et maitrisée constituer l’un des moteurs de changement le plus efficace, et favoriser du même coup une croissance durable en intensifiant la productivité et l’innovation. En outre, une urbanisation galopante s’accompagne de nombreux défis, car il faut répondre de manière efficace et efficiente à l’accroissement de demande de logements à prix abordables, au besoin de construire de nouveaux réseaux de transport, et à la nécessité de favoriser l’accès aux infrastructures vitales, de services de base et d’emplois pour soutenir en particulier le milliard de citadins pauvres qui vivent dans des quartiers informels[4]. Rencontrés un peu partout dans le monde, ces quartiers informels sont à l’origine du phénomène de bidonvilisation que connait autant les pays du Sud, que les pays du Nord, les mots et expressions qui les désignent ont selon Hancock et Al (2017) et Damon (2017) des particularités qui semblent renvoyer à des discriminations socio-spatiales. Au Kenya on parle de Kijiji, aux Philippines de Iskwater, de Kanpung en Indonésie, de Shammasa au Soudan, en Amérique Latine on parle de Barrios au Venezuela, de Pueblos Jovenes en Argentine, en Amérique du Nord on parle de Villas Miserias et Colonias populares au Mexique, de Hot Spots aux États-Unis, de Favelas au Brésil, de Banlieue en France, de Ollas en Colombie, de Zone de non droit en Haïti, etc.[4],[5] tout ceci pour montrer que ce phénomène connait une expansion incontrôlée dans le monde entier et continuera à être alimentée si rien n’est fait pour stopper son évolution. Avec en parallèle l’eau une ressource incontournable.

Défis de l'Urbanisation

Comme précité dans le rapport de la Banque mondiale (2017), l'urbanisation s'accompagne de défis importants tels l'accroissement de la demande de logements, l'expansion des réseaux de transports, mais aussi le plus important qui est la réponse aux services de base à savoir le besoin en eau, l'assainissement, et l'hygiène[6]. Et actuellement, la pénurie d’eau est une préoccupation centrale pour un grand nombre de villes. Le principal problème de l’urbanisation est la croissance rapide de la population urbaine en plus de la planification inadéquate, la pollution, la pauvreté, les demandes concurrentes sur les ressources. Tous ces facteurs mal maîtrisés contribuent à augmenter le risque de pénurie d’eau, d’autant plus que la consommation d’eau dans les villes du monde va probablement doubler d’ici 2025[7]. De plus, le changement climatique qui est un phénomène auquel on est déjà confronté, va changer le régime des précipitations, ce qui pourrais avoir comme effet l’affectation des réserves d’eau disponibles ou la provocation des catastrophes, selon qu’on soit touché de sécheresse ou d’inondations.

Le rôle de l'eau dans une société urbaine et le droit de l’homme à l’eau : Cas d’Haïti

Selon l’OMS (2002) « l’eau est essentielle à la vie et à la santé. Le droit de l’homme à l’eau est donc fondamental pour qu’il puisse mener une vie saine et digne. C’est la condition préalable à la réalisation de tous ses autres droits »[6]. Donc l’accès à une eau potable salubre et l’accès à l’assainissement ont été reconnus comme étant des droits humains fondamentaux et constituent ainsi une obligation légale pour les gouvernements OMS. (2020)[8]. En effet garantir à tous l’accès à l’eau et à l’assainissement est une obligation légale. Et le 28 juillet 2010, le droit à l’eau potable et à l’assainissement a été “reconnu” comme un droit de l’Homme, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’Homme[8],[9]. Mais en Haïti la situation en est toute autre car elle a suivi un parcours différent, et ses bénéfices potentiels ont été assombris par d’énormes défis nécessitant une action immédiate. Les impacts destructeurs du tremblement de terre de 2010 qui sont arrivés dans la foulée d’une saison cyclonique dévastatrice en 2008, et qui ont été suivis par l’ouragan Matthew encore plus dévastateur en 2016, ont affaibli encore plus les ressources qui auraient pu permettre de générer une plus grande prospérité dans tout le pays puisque la plupart des efforts se sont concentrés sur le relèvement et la reconstruction[6]. La création de nouvelles communautés dans la région métropolitaine ont contribué à l’augmentation de Zone de Non droit, Canaan dont la population était de 200 000 habitants environ en 2016[10],[11], constitue l’un des bidonvilles les plus importants de la région métropolitaine d’Haïti avec une pénurie d’eau importante, car la demande est supérieure à l’offre avec un prix excessif. Finalement le défi de l’eau reste énorme dans le monde entier, mais certains pays du Sud comme Haïti, subissent déjà les retombées négatives de la pénurie d’eau.

Références

  1. https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/urbanisation/100334
  2. Lozano-Gracia, N., & Lozano, M. G. (2017). Les villes haitiennes: de actions pour aujourd'hui avec un regard sur demain. Banque Mondiale/BIRD.IDA.
  3. Prince Neptune, « Publication CRAPU | Université Quisqueya », sur uniq.edu.ht (consulté le )
  4. 4,0 et 4,1 Banque Mondiale. (octobre 2022). Plus de la moitié de la population mondiale vit en ville et le nombre de citadins devrait atteindre 6 milliards d'ici 2045. Les responsables municipaux doivent planifier la croissance des villes et fournir des services essentiels à leurs habitants.
  5. Anie Bras, Abigaïl-Laure Kern, Georges Eddy Lucien et Evens Emmanuel, « Poor Neighbourhood and Natural Disaster », dans Learning from the Slums for the Development of Emerging Cities, vol. 119, Springer International Publishing, (ISBN 978-3-319-31792-2, DOI 10.1007/978-3-319-31794-6_8, lire en ligne), p. 81–91
  6. 6,0 6,1 et 6,2 Université Quisqueya-École doctorale Société et Environnement (EDSE), Haut de Turgeau, Port-au-Prince, Haïti, Evens Emmanuel, Yolette Jérôme et Université Quisqueya, Centre de Recherche et d’Appui aux Politiques Urbaines (CRAPU), Haut de Turgeau, Port-au-Prince, Haïti / Université des Antilles - Laboratoire de recherche GEODE Caraïbe (EA 929), Campus de Schoelcher, Faculté des lettres et sciences humaines, Schoelcher Cedex, Martinique, « Global water governance and water rights through the prism of Canaan, a slum apart in Haiti », Aqua-LAC, vol. 13, no 1,‎ , p. 34–44 (DOI 10.29104/phi-aqualac/2021-v13-1-03, lire en ligne, consulté le )
  7. « L’eau et l’urbanisation », sur gwp.org (consulté le ).
  8. 8,0 et 8,1 Les droits de l’homme à l’eau potable et l'assainissement dans la ptatique: conclusions et enseignements tirés des travaux sur l'accès équitable de l'eau et à l'assainissement menés en application du protocole sur l'eau et la santé. Nations-Unies. (ISBN 978-92-1-004638-1) OMS. (2020).
  9. Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU), R. 6. ( 2010, juillet 28). Le droit de l’homme à l’eau et à l’assainissement..
  10. Université Quisqueya, Laboratoire de Qualité de l’Eau et de l’Environnement. Haití, Evens Emmanuel, Jérôme Yolette et Université Quisqueya, Centre de Recherche et d’Appui aux Politiques Urbaines. Haití, « El problema del agua en el desarrollo de los barrios marginales de Haití: un estudio de caso de Canaán », Aqua-LAC, vol. 9, no 1,‎ , p. 87–97 (DOI 10.29104/phi-aqualac/2017-v9-1-08, lire en ligne, consulté le )
  11. (en) Yolette Jérôme, Magline Alexis, David Telcy et Pascal Saffache, « The Challenge of Water in the Sanitary Conditions of the Populations Living in the Slums of Port-au-Prince: The Case of Canaan », dans Environmental Health, IntechOpen, (ISBN 978-1-83968-720-4, DOI 10.5772/intechopen.96321, lire en ligne)

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