Entrelacs de l'oblique

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L'architecture oblique, théorie de l'oblique ou théorie de la fonction oblique est un concept créé par les architectes Claude Parent et Paul Virilio en 1964 et défini comme « la fixation de la vie des hommes sur les plans inclinés »[1].

Claude Parent s'insurge contre le système architectural actuel qui, cloîtré par le système orthonormé du modernisme, n'arrive plus à répondre aux problèmes sociaux actuels.

Il décrit ainsi la situation :

L'Oblique bouleverse l'ordre établi. Elle est synonyme de parcours, circulation, élan ; des notions qui font défaut aujourd'hui car la ville est dessinée par et pour la voiture. Les tours forment des obstacles à une population en migration permanente, de plus sa structure est inadaptée au logement de masse.

L'oblique, c'est aussi le retour des formes de la nature dans la ville. C'est la morphologie naturelle devenue habitable.

Dans cette optique de renouveau de l'architecture, de retour aux bases de la vie, Claude Parent abroge les usages préconçus de la civilisation moderne et préconise les mouvements naturels de l'homme. D'où l'importance du principe de l'énergie potentielle dans l'architecture oblique. Il n'y a presque plus de surfaces horizontales mais de gigantesques pans inclinés où la hauteur de l'usager du point de vue de la gravitation détermine ses possibilités de parcours. Le parcours sur plan incliné rétablit le mouvement naturel de la marche. C'est une rééducation corporelle, un entretien du corps, un mode de vie.

Il n'y a plus d'obstacle au parcours, à la vue. Elle est entièrement parcourable. Il n'y a plus de canalisation du flux des individus. Se balader c'est être en état de conquête permanente. La façade devient un lieu de vie.

Consciente de la pénurie d'espace sur la planète l'oblique, de part sa géométrie, privilégie la surface utile grâce à l'utilisation de toutes des faces pour marcher, dormir, s'asseoir, ranger, etc. On passe de la notion de volume à celle de surface. Le meuble disparaît de l'espace habitable. Il n'y a plus de plancher ou de plafond. Tout est paroi. L'utilisation du plan horizontal n'apparaît que comme un seuil de renversement entre deux plans inclinés.

L'oblique s'inscrit dans l'existant par sa morphologie semblable à la nature mais aussi car elle ne rejette pas le passé comme le fait l'architecture moderne. Au contraire, elle s'intègre à la ville préexistante en s'immisçant comme une plante rampante qui colonise un nouvel espace. L'oblique ne prône pas l'anarchie. Dans des lieux vierges de toute urbanité, elle crée un relais artificiel d'un relief.

L'architecture oblique part de zéro car elle remet en cause les usages qui sont les fondements de l'architecture. Elle n'a ni style ni culture d'où les formes utopiques qui en naissent : Grandes oreilles, Turbosites, Villes en croix, Vagues, Villes en marche ; et d'autres plus vraisemblables comme les Collines et les Ponts car elles sont plus proches de notre réalité.

La théorie de l'oblique s'exporte au grand public par des praticables dans des expositions artistiques. C'est l'occasion de confronter la théorie à la réalité. Ses propriétés sont ainsi expérimentées mais faute de grands projets il fut impossible de prouver la véracité de l'urbanisme proposée par Claude Parent.

A travers l'oblique, il y a aussi un message de réflexion globale sur les usages du monde contemporain. L'oblique c'est une morale, une aventure spirituelle. « La vie à l'oblique est avant tout une recherche dans le domaine de l'idée destinée à découvrir les structures d'accueil les plus capables d'assumer pour l'individu l'épanouissement de ses contacts sociaux et l'enrichissement dans le développement de sa personnalité. »
L'hypothèse est sans cesse expérimentée dans ses usages pour asseoir sa substance. La théorie est ouverte à tous ceux qui pourraient y trouver de nouvelles qualités. La théorie peut ainsi être infléchie par de nouvelles morphologies provenant de l'expérimentation. C'est parfois aussi une manière de se préoccuper de la planète.

L'oblique, c'est aussi l'élan, l'apesanteur qui s'immisce entre les parois. Claude Parent pense que « Les espaces de demain seront un combiné entre oblique et horizontale au détriment de la verticale »

Références

  1. Vivre à l'oblique, présentation du livre par les éditions Imbernon.

Article publié sur Wikimonde Plus