Front populaire (France, 2024)

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Front populaire
Image illustrative de l’article Front populaire (France, 2024)
Logo proposé par François Ruffin.

Élections concernées par l'alliance Législatives de 2024 (XVIIe Législature)
Organisations politiques concernées Les Écologistes
La France insoumise
Parti communiste français
Parti socialiste
Génération·s
Place publique
Gauche républicaine et socialiste
Nouveau Parti anticapitaliste - L'Anticapitaliste

Positionnement Centre gauche à gauche radicale
Couleurs Rouge

Site Web frontpopulaire-2024.fr

Le Front populaire, également appelé nouveau Front populaire, est un projet de coalition des principaux partis politiques français de gauche proposée par François Ruffin. Initiée le , il s'agit d'un projet d'alliance pour les élections législatives de 2024 en opposition aux partis de la majorité présidentielle soutenant Emmanuel Macron ainsi qu'au Rassemblement national, majoritaire aux élections européennes de 2024 en France et dans le contexte de la montée de l'extrême droite.

Cette alliance rassemble Les Écologistes, La France insoumise, le Parti communiste français, le Parti socialiste, Place publique[N 1], Génération·s et la Gauche républicaine et socialiste tout en poussant à une mobilisation des associations, des forces syndicales et des acteurs de la société civile.

Contexte

Élections européennes et dissolution

Le , les résultats des élections européennes de 2024 voient le Rassemblement national (RN) devancer la liste présidentielle du double de ses voix. En effet, le camp présidentiel arrive en deuxième position avec 14,60 % des voix, dépassé par les 31,37 % du RN[1]. Le soir même des résultats, le président de la République Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée nationale par le recours à l'article 12 de la Constitution, entraînant la convocation de nouvelles élections législatives les et [2].

L'union des gauches

Le , à la suite de l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale, 350 personnalités provenant des mondes politique, intellectuel, artistique et militant — parmi lesquelles se trouvent Esther Duflo, prix Nobel d'économie, et Annie Ernaux, prix Nobel de littérature — signent une tribune dans Le Monde pour appeler à former une union des gauches, pour faire face, selon les signataires, « aux désastres de notre époque »[3].

Avant l'annonce de la création de la coalition, une pétition en ligne recueille antérieurement plusieurs centaines de milliers de signatures quelques heures après sa rédaction[4]. Cette dernière est lancée par François Ruffin (LFI), Sébastien Jumel (PCF), Marie-Charlotte Garin (EÉLV), Sébastien Peytavie (G.s), Sophie Taillé-Polian (G.s), Nicolas Sansu (PCF), Damien Maudet (LFI), Karine Lebon (GDR), Leïla Chaibi (LFI) et Emeline K/Bidi (GDR) pour récolter les signatures des électeurs désirant l'union des formations de gauche[5].

Cet appel est suivi par un appel des cinq syndicats nationaux que sont la CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires à manifester pour mettre en avant leurs revendications dans ce contexte de montée de l'extrême droite. La CGT appelle dans son communiqué à un « Front populaire »[6] dans un cadre syndical.

Dans la soirée du , Les Écologistes représentés par Marine Tondelier, LFI représentée par Manuel Bompard, le PCF représenté par Fabien Roussel, le Parti socialiste représenté par Olivier Faure, Place publique, Génération·s et la Gauche républicaine et socialiste annoncent publiquement la création d'une coalition de partis politiques français de la gauche nommée « Nouveau front populaire » afin d'instaurer un programme de rupture avec la politique du président au pouvoir Emmanuel Macron et contre l'extrême droite[7],[8]. Les représentants de la coalition affirment alors leur intention de ne présenter qu'un seul candidat par circonscription aux élections législatives[7],[8]. Dans leur tribune, les représentants poussent à une mobilisation des associations, des forces syndicales et de la société civile afin de construire le front[7],[8].

Dans un second temps, le Nouveau Parti anticapitaliste – L'Anticapitaliste rejoint la coalition, tout comme le Mouvement républicain et citoyen[9], Les Radicaux de gauche[9] et L'Engagement[9].

Le , Raphaël Glucksmann annonce qu'il ne souhaite pas rejoindre l'alliance aux conditions posées par LFI[10],[11]. Le même jour, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, alors précédemment opposée à la NUPES en 2022, annonce rejoindre le Front populaire[12].

Dans la nuit du au , le NPA-A annonce formellement dans un communiqué que sa direction a accepté de rejoindre le Front Populaire.

Membres

Cette liste de membres comprend en premier lieu les signataires de l'accord de principe diffusé le par les différents mouvements de gauche. Elle est amenée à évoluer en raison de désaccords encore présents et de l'élaboration d'un programme commun pour les législatives[13].

Répartitions des circonscriptions par parti et bloc
Parti ou composante Circonscriptions Evolution depuis 2022[14] Proportion Evolution depuis 2022[14]
Pôle La France insoumise et apparentés 230 en diminution 96 39,87 % en diminution 16,63
Verts Europe Écologie Les Verts - - - -
Génération.s - - - -
Génération écologie - - - -
Total 92 en diminution 8 15,94 % en diminution 1,39
Parti socialiste 175 en augmentation 105 30,33 % en augmentation 18,2
Parti communiste français 50 en stagnation 8,67 % en stagnation
Autres composants de l'alliance (comme Place publique)

[15]

30 Nv. 5,19 % Nv.
Total 577 100 %

Partis politiques

Parti Position Dirigeant(s)
Les Écologistes (LE) Gauche radicale à centre gauche Marine Tondelier
La France insoumise (LFI)
Logo-fi-membre-nupes.svg
Gauche radicale à extrême gauche Manuel Bompard
Picardie debout ! (PD) Gauche radicale François Ruffin
Parti communiste français (PCF) Gauche radicale Fabien Roussel
Parti socialiste (PS) Gauche à centre gauche Olivier Faure
Place publique (PP)
Logo Place publique.svg
Gauche à centre gauche Raphaël Glucksmann[N 1]
Aurore Lalucq
Génération·s (G·s)
Génération.s, le mouvement logo.png
Gauche Ali Rabeh
Hella Kribi-Romdhane
Gauche républicaine et socialiste (GRS) Gauche Emmanuel Maurel
Mouvement républicain et citoyen[9] (MRC) Gauche Thierry Cotelle
Les Radicaux de Gauche[9] (LRDG)
sans cadre
Centre gauche Isabelle Amaglio-Térisse
Stéphane Saint-André
L'Engagement[9] (LE)
Engagement logo 2023.png
Gauche Vincent Guibert
Pour La Réunion[16],[17] (PLR) Gauche Huguette Bello
Parti de gauche[18] (PG)
Nouveau logotype PG.svg
Gauche radicale à extrême gauche Jean-Christophe Sellin
Isabelle-Hélène Lerner-Sultana
Nouveau Parti anticapitaliste – L'Anticapitaliste[19],[20] (NPA-A) Extrême gauche Philippe Poutou
Christine Poupin
Pauline Salingue
Union démocratique bretonne[21] (UDB) Gauche Tifenn Siret
Pierre-Emmanuel Marais
Alternative Alsacienne - 's Linke Elsass Gauche à centre gauche
Gauche démocratique et sociale[22] (GDS) Gauche Gérard Filoche
Euskal Herria Bai[23],[24] (EHB)
EH Bai.webp
Centre gauche à Extrême gauche
Révolution écologique pour le vivant[25] (REV)
Logo REV 2022.png
Gauche à Gauche radicale Aymeric Caron
Nouvelle Donne[26] (ND) Gauche Pierre Larrouturou
Ensemble ![27] (E!)
Ensemble.png
Gauche radicale Roland Mérieux

Élection législative de 2024

Répartition des circonscriptions par parti

Le , les quatre partis principaux de l'alliance trouvent un accord pour une réparation des différents circonscriptions entre eux et leurs alliés - en prenant en compte à la fois les députés sortants ainsi que les résultats des européennes[28] :

  • 230 circonscriptions pour La France Insoumise
  • 175 circonscriptions pour le Parti socialiste
  • 92 circonscriptions pour les Verts
  • 50 circonscriptions pour le Parti communiste.
  • 30 circonscriptions pour les autres composants de l'alliance (comme Place publique)[29]

Réactions

Réactions dans le monde politique

Place publique

Aurore Lalucq, coprésidente de Place publique soutient l'ouverture à des discussions sur le Front populaire, Raphaël Glucksmann, coprésident du parti et tête de liste pour les élections européennes, refuse tout accord avec les conditions de LFI[30].

Personnalités de gauche

Le , Kamel Chibli vice-président de la région Occitanie s'oppose à cet accord l'accusant d'être « la Nupes 2, de la tambouille politique »[31]. Manuel Valls, ancien premier ministre, déjà opposant à la NUPES en 2022, dénonce également l'accord[32].

Réactions internationales

Les presses européennes déjà vigilantes sur la situation politique en France avec les résultats records de l'extrême droite aux élections européennes, font le constat que la dissolution a agi comme un facteur d'unification des différents mouvements de gauche et écologistes et soulignent l'usage à une référence historique[33].

Notes et références

Notes

  1. 1,0 et 1,1 Sans soutien de Raphaël Glucksmann, son co-président.

Références

  1. Nicolas Mondon, Arthur Bijotat et Fig Data, « Élections européennes 2024 : découvrez l’intégralité des résultats en France, commune par commune », Le Figaro,‎ (lire en ligne Accès libre).
  2. « Résultats élections européennes 2024 : Macron dissous l'Assemblée, Le Pen se dit "prête à gouverner" », BFM TV,‎ (lire en ligne Accès libre).
  3. « « L’union des gauches et des écologistes, maintenant ! » : l’appel de 350 personnalités du monde politique, intellectuel, militant et artistique », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès libre).
  4. Valentine Hullin, « Après la dissolution de l’Assemblée, François Ruffin souhaite un « Front populaire », Olivier Faure adhère à l’idée et LFI propose une réunion », HuffPost,‎ (lire en ligne Accès libre).
  5. Charlotte Belaïch et Sacha Nelken, « À gauche, François Ruffin revendique le « capitanat » du « Front populaire » », Libération,‎ (lire en ligne Accès libre).
  6. Frantz Durupt et Damien Dole, « Législatives : face au risque de l’extrême droite au pouvoir, CGT et CFDT appellent à « manifester le plus largement possible ce week-end » », Libération,‎ (lire en ligne Accès libre).
  7. 7,0 7,1 et 7,2 Sacha Nelken, « Accord de la gauche pour des «candidatures uniques» : récit d’une (courte) soirée » Accès libre, sur Libération, (consulté le )
  8. 8,0 8,1 et 8,2 Sandrine Cassini et Julie Carriat, « Élections législatives : la gauche vers l’union malgré les divisions », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  9. 9,0 9,1 9,2 9,3 9,4 et 9,5 « Quelques jours pour faire front populaire - La France insoumise », (consulté le )
  10. « Raphaël Glucksmann dit non au Front populaire aux conditions de LFI : « Il n'y a pas eu d’accord » », sur l'Opinion, (consulté le )
  11. « Raphaël Glucksmann refuse un front populaire aux conditions de LFI », sur Le Point, (consulté le )
  12. « Elections législatives 2024 : Delga dit "oui" au Front populaire contre l'extrême droite », sur France 3 Occitanie, (consulté le )
  13. Sandrine Cassini et Julie Carriat, « La gauche se met d’accord sur un nouveau « Front populaire » pour les élections législatives », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  14. 14,0 et 14,1 Dans le cadre de la NUPES
  15. Luc Peillon, « Législatives : non, LFI ne bénéficie pas de 300 circonscriptions dans l’accord à gauche pour un Front populaire, comme l’affirme Macron », sur Libération (consulté le )
  16. « [Communiqué] "Nouveau front populaire : Pour plus de justice sociale" », sur zinfos974.com, (consulté le )
  17. « Législatives : PLR "porte les valeurs du nouveau Front populaire” », sur Free Dom, (consulté le )
  18. « Front Populaire ! Rassemblement pour la république sociale et pour vaincre l’extrême droite – Le Parti de Gauche » (consulté le )
  19. NPA-l'Anticapitalisme, « Le NPA-l’Anticapitaliste rejoint le Nouveau Front Populaire pour faire face à l’extrême-droite et à Macron », sur NPA, (consulté le )
  20. « Législatives : le NPA rejoint le nouveau "Front populaire" annonce Philippe Poutou », sur www.laprovence.com, (consulté le )
  21. « L’Union Démocratique Bretonne rejoint l’appel du Nouveau Front Populaire », sur Union démocratique bretonne, (consulté le )
  22. Gerard Filoche (@gerardfiloche), « Nous sommes GDS officiellement reconnus signataires », sur Twitter, (consulté le )
  23. EH Bai (@EHBai), « Nous applaudissons la constitution du nouveau front populaire qui rassemble toutes les forces progressistes de gauche.
    En tant que première force de gauche du Pays Basque nord, EHBai se tient prêt à participer à cette démarche historique en Iparralde.
     », sur Twitter, (consulté le )
  24. « Législatives: le Front populaire s'élargit à gauche, les négociations se poursuivent », sur BFMTV (consulté le )
  25. REV | Révolution Écologique pour le Vivant (@REVPourLeVivant), « Bien sûr, la Révolution Écologique pour le Vivant (REV) signe cet engagement en faveur d’un front populaire, écologiste et antifasciste. », sur Twitter, (consulté le )
  26. « Législatives 2024 : Nouvelle Donne et Allons Enfants rejoignent le Front Populaire ! », sur Nouvelle Donne, (consulté le )
  27. « Front populaire contre le néofascisme », sur Ensemble !, (consulté le )
  28. Sacha Nelken et Charlotte Belaïch, « Législatives anticipées : «accord de principe» pour le Front populaire sur la répartition des circonscriptions », sur Libération (consulté le )
  29. Luc Peillon, « Législatives : non, LFI ne bénéficie pas de 300 circonscriptions dans l’accord à gauche pour un Front populaire, comme l’affirme Macron », sur Libération (consulté le )
  30. « Raphaël Glucksmann dit non au Front populaire aux conditions de LFI : « Il n’y a pas eu d’accord » », sur l'Opinion, (consulté le )
  31. « Législatives 2024 : "Cet accord, c’est la Nupes 2, de la tambouille politique, on ne va pas se coucher devant LFI", s’indigne Kamel Chibli » Accès payant, sur Midi Libre, (consulté le )
  32. « Manuel Valls : « Ce soi-disant front populaire est une faute politique et morale » », sur Le Point, (consulté le )
  33. « Avec le nouveau Front populaire, la gauche française unie malgré les dissensions », sur Courrier international, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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