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Jean Joseph André Abeille

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Jean Joseph André Abeille
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Jean Joseph André ABEILLE vers 1800
Naissance
La Ciotat
Décès (à 85 ans)
Marseille
Activité principale
Négociant, écrivain et homme politique français
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
homme politique

Jean Joseph André Abeille est né à La Ciotat en 1756. Descendant d’une famille de capitaines marins, il se lança dans le négoce et fonda à Marseille une société de commerce florissante puisqu’elle affréta en 1785, plus de 110 navires. Elu député extraordinaire du commerce de Marseille en 1789, il fera partie en 1793 du comité royaliste qui souleva Marseille puis Toulon, contre la Convention nationale, et négociera avec l’amiral anglais Samuel Hood l’obtention de laissez-passer pour des navires de blés destinés à ravitailler Marseille. Après la chute de Toulon, il dut s’exiler en Italie mais il revint en 1795, récupéra une partie de ses biens et reprit ses affaires. Auteur de nombreux ouvrages, administrateur des Hospices de Marseille, décoré de la croix de Malte pour services rendus à l’Ordre, membre de l’Académie de Marseille, il meurt dans la cité phocéenne en 1842, respecté et estimé par tous.

Origines et jeunesse

Fuyant les guerres civiles qui agitaient l’Italie au cours du XIIIe siècle, trois frères « Abelha » - abeille en portugais, ce qui semblerait indiquer leur origine portugaise - issus d’une famille de capitaines marins, s’installèrent dans le Midi de la France. L’un des frères se fixa à La Ciotat et cette branche de la famille Abeille donnera à La Ciotat 18 consuls de 1556 à 1779.

Jean-Pierre Abeille, le père de Jean, servit comme officier de marine. Sa mère, Madeleine Fargier était la fille de François Fargier, membre de l’Académie Royale de Chirurgie, qui termina sa carrière comme chirurgien-major de l’hôpital de l’Ordre de Malte à La Valette. Jean Abeille fait d’excellentes études au collège de La Ciotat, puis à l’âge de 15 ans, en 1771, il est envoyé par son père, à Saint-Domingue auprès d’un de ses cousins, négociant. L’île de Saint-Domingue était alors une sorte d’Eldorado où les Français se rendaient pour faire fortune. Intelligent et audacieux, il finit par acquérir de nombreuses plantations, devient officier dans la Milice dont tous les colons français en âge de porter des armes faisaient partie. Il y fait la connaissance de la famille de son capitaine, un gros propriétaire de Saint-Domingue, dont il épousera en 1790, l’une des filles, Victoire Elisabeth Bérard du Pithon. A seulement 23 ans, en 1779, Jean Abeille a déjà une situation florissante. En 1781, il rentre à Marseille afin de demander à son père de lui servir de correspondant et fonde une maison de commerce. À Port-au-Prince, il achète de nombreuses plantations qu’il exploite avec succès et il affrète 110 navires qui transportent des marchandises, sucre, café, indigo, jusqu’à Marseille, n’hésitant pas à payer des droits portuaires considérables. Avant la Révolution, les produits coloniaux de Saint-Domingue importés par la France, représentent un tiers des exportations françaises. Jean Abeille devient bientôt une notabilité à Port-au-Prince, respecté par tous et très estimée par la population. Travailleur acharné, il avait horreur de perdre son temps et écrivait dès l’aube en prenant son petit déjeuner, puis dans sa baignoire creusée dans un tronc d’acajou que sa famille conserva pendant longtemps dans la propriété familiale du Portail Vert à Marseille. En 1788, devenu l’un des négociants les plus importants de l’île, il revient pour la quatrième fois en France et achète deux beaux immeubles en plein centre de Marseille. Généreux et altruiste, il fait part alors à ses amis de son intention de rentrer définitivement en France.

Député extraordinaire

Au printemps 1789, Jean Abeille est à Marseille. « L’aquilon fougueux de la rébellion qui soufflait avec tant d’impétuosité sur la France, n’épargne pas Marseille que son existence politique semblait mettre à couvert de ses malins effets » écrit dans son Journal, le Marseillais Jean-Louis Laplane, témoins hostile à la Révolution.

Jean Abeille était royaliste mais sans être toutefois hostile à une évolution du régime vers plus de démocratie ou plus exactement plus de représentation des diverses composantes de la Société. Il rejetait les théories de Rousseau qui se prononçait pour la démocratie directe, mais était proche des idées de Joseph Sieyès, lequel proclamait dans un discours le 7 septembre : « La France ne doit pas être une démocratie, mais un régime représentatif ». Sieyès était contre le suffrage universel et pour l’élection par suffrage censitaire, car seuls, pensait-il, les citoyens actifs, qui s’enrichissent, méritent de voter. Jean Abeille adhérait à cette pensée et souhaitait que les négociants, la plupart issus des classes populaires, qui nourrissent et font vivre le pays par leur travail étaient dignes de jouer un rôle politique au sein des municipalités comme du pays. Vers la fin de 1789, après le premier raz de marée révolutionnaire, lors de l’élection des commissaires qui devaient siéger aux côtés des échevins et des conseillers, les négociants tirent leur épingle du jeu. « C’est, écrit Laplane, le triomphe de cette classe de citoyens qui depuis longtemps ambitionnaient de gouverner seule la ville ». Ce triomphe des négociants enchanta Jean Abeille qui fut nommé alors Administrateur de l’Hôpital de la Charité et « Député extraordinaire » de la Chambre de Commerce. Aussitôt, il s’investit pleinement dans cette nouvelle tâche. Le 9 octobre, on peut lire sur le procès-verbal de l’Assemblée Nationale : « Les députés extraordinaires des grandes villes de commerce ont demandé à être admis à la barre et ont dit que le commerce et l’industrie sont complètement arrêtés depuis la Révolution, que le chômage sévit […], qu’ils demandent à être un peu soutenus et aidés par l’Assemblée […], qu’ils soient tenus au courant de ce qui se passe dans le pays lorsque cela peut les concerner […], qu’ils aient une place dans une tribune. Signé : Rostagny et Abeille pour Marseille, Gosselin pour Lille et Dunkerque ». Le président de l’Assemblée Nationale leur donne satisfaction. Jean Abeille allait encore intervenir à différentes reprises, en se plaçant toujours sur le plan commercial et celui de la défense des intérêts des négociants. Il ne se mêlera jamais de politique « politicienne ». Au moment où par décret, tous les biens ecclésiastiques furent mis à la disposition de la Nation, il fit pression sur l’Assemblée pour que la proposition du député Camus de supprimer tous les établissements de l’Ordre de Malte, ne soit pas adoptée.

L’Ordre de Malte

Jean Abeille avait mis son influence au service de la cause défendue par l’Ordre de Malte dont il aimait rappeler que son grand-père maternel, François Fagier, avait été chirurgien-major à l’hôpital de La Valette. Jean Abeille n’était pas ambitieux et son dévouement à l’Ordre était parfaitement désintéressé. Toutefois, il avait un rêve secret, celui de couronner ses succès commerciaux et sa réussite sociale en accédant à la noblesse, même si les temps n’était guère favorables à cette petite ambition. Il ne souhaitait rien d’autre. En ce qui concerne l’Ordre de Malte, il fit savoir au Grand Maître Emmanuel de Rohan-Polduc qu’en récompense de tous ses efforts déployés pour éviter que les biens de l’Ordre ne subissent le même sort que ceux de l’Eglise, il souhaitait ardemment y entrer, d’une façon ou d’une autre. L’un des arguments de Jean Abeille pour défendre l’Ordre, consistait à démontrer que le commerce de Marseille présentait une grande utilité pour la Nation toute entière et que l’existence de l’Ordre de Malte favorisait le commerce. Il rappelait que par sa position géographique, Malte restait une place importante dans le domaine maritime dont la neutralité permettait d’accueillir et de ravitailler tous les navires européens qui partaient pour le Levant. La France profitait largement de cette situation parce que ses bateaux prenaient une grande part au trafic avec l’Empire turc, mais aussi en raison du fait que près de la moitié des chevaliers, à commencer par le Grand Maître Rohan, étaient français. Il soulignait également que selon un mémoire de 1786, « Malte rend à la France plus de services que si elle était une colonie et coûte moins cher à garder ». L’un des députés de Marseille, Simon Laflèche, avait été chargé de rédiger un rapport dans ce sens. Ce rapport ainsi que d’autres interventions impressionna le législateur et l’Assemblée semblait de plus en plus sensible aux arguments avancés d’autant plus qu’Abeille bénéficia d’un soutien inattendu, celui de Mirabeau.

Mirabeau

À la fin de l’année 1790, la situation politique se dégrade brusquement dans toute la Provence. A Marseille, la tension est chaque jour plus grande. Les maisons des aristocrates, et même celles de riches bourgeois sont la cible de toutes sortes de projectiles. On tente même d’en incendier certaines. Les prêtres et les nobles sont insultés et menacés. On les accuse de favoriser les troubles et de mener des actions contre le peuple. Des billets imprimés en grosses lettres sont répandus dans la ville. On peut y lire les plus cruelles calomnies contre des personnalités connues. Dans ce contexte explosif, tous ceux qui à Marseille sont partisans des idées nouvelles mais croient en une monarchie constitutionnelle et à une évolution de la société plutôt qu’à une révolution, aspirent au retour dans leur ville du comte de Mirabeau qui a déjà sauvé la cité phocéenne de la guerre civile en mars 1789 et qui est le plus capable de ranimer dans la ville, l’esprit de conciliation et de dialogue et l’indispensable consensus entre tous. Parmi eux, le marquis de Villeneuve-Tourrettes, le fameux Sénac de Meilhan, aussi célèbre à Marseille par son action administrative que par son œuvre littéraire, et Jean Abeille, monarchiste modéré et homme de dialogue. Dès le mois de Novembre, ces hommes lui adressèrent un courrier signé collectivement pour lui demander son intervention. Mirabeau reçut-il cette missive ? Ce qui est sûr, c’est que celui qui écrivit en août 1789 : « Je vis pour la Nation, je mourrais pour la Provence » suivait attentivement tout ce qui se passait. Décidé à partir pour Marseille, il se trouvait coincé à Paris. Autour de lui, tout le monde se liguait pour l’empêcher de partir, ses amis comme ses adversaires. Alors pour justifier son départ, il multiplia les arguments, puis finira par lancer : « - Marseille est au moment d’être perdue pour la France et de se déclarer république ! » Pourtant, cédant à la pression de l’Assemblée, il dut finalement se résoudre à annuler son départ. A Marseille et dans toute la Provence, on le regretta vivement et Jean Abeille qui pensait que Mirabeau était le seul à pouvoir ramener le calme, envisagea désormais l’avenir avec inquiétude. Toutefois à Paris, Mirabeau multipliera les interventions devant les députés sur la situation à Nimes où catholiques et protestants s’affrontaient, à Avignon, Aix et évidemment Marseille. Il soutenait ardemment Abeille et le marquis Louis Gaspard d’Estournel, procureur du Trésor de l’ordre à Paris, pour arracher une décision définitive du législateur laissant à l’Ordre de Malte tous ses biens, mais sa mort en avril 1791 allait retarder l’examen de cette question, et finalement l’Assemblée finira par voter une loi en septembre 1792, ordonnant la vente des biens de l’Ordre considérés comme domaines nationaux. Jean Abeille ne tarde pas à faire part de sa déception et de son amertume; Ses efforts en faveur de l’Ordre avaient été vains, mais en dépit de son insuccès, il sera nommé chevalier d’honneur de l’Ordre en 1795 et autorisé à porter la Croix de Malte. Ses descendants conservent son portait sur lequel sa croix de Malte est mis en évidence, au côté du ruban rouge de Saint-Louis qu’il obtiendra en 1824 lorsque il fut fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis. Lorsqu’il apprit la nouvelle de sa nomination comme chevalier de l’Ordre, lui, habituellement peu démonstratif, ne put contenir son émotion. En revanche, il ne sera jamais anobli en dépit du rôle qu’il joua dans le soulèvement de Marseille et de Toulon contre la Convention en 1794 et des services qu’il rendit à la monarchie. Ce sera l’un des plus grands regrets de sa vie.

L’année de tous les dangers

Depuis son mariage en septembre 1790, Jean Abeille habite en partie à Paris et chez ses beaux parents, au château de Villiers, à Draveil, devenu par la suite « Paris Jardin », à vingt kilomètres de Paris, en partie à Marseille. En plus de ses activités commerciales, il écrit deux textes en faveur des colonies, « Aperçu rapide sur les colonies » et « Essai sur nos colonies et sur le rétablissement de Saint-Domingue ». 1793 allait être une année dont les événements seront cruciaux pour lui. Il les relatera avec objectivité en 1814 dans un texte intitulé : « Notes et pièces officielles relatives aux événements de Marseille et de Toulon en 1793 ». En janvier, Jean Abeille comme un grand nombre de Français, et pas seulement de royalistes, est profondément peiné et choqué par l’exécution du roi Louis XVI. Au printemps, il est Président de la Section de Saint-Ferréol, qui portait le nom de l’église située au cœur de la ville où elle se rassemblait. Cette Section réunissait un grand nombre de propriétaires et de négociants marseillais. Le marguillier de cette église était lui-même un riche négociant. Il s’appelait Joseph Cléry et était le père de « la petite marseillaise » Désirée Clary qui sera le premier amour de Napoléon et deviendra reine de Suède.

L’atmosphère est alors de plus en plus lourde. Les Marseillais sont divisés entre Jacobins et fédéralistes. Abeille et sa section prônent l’apaisement mais la situation est explosive. En juin débutera l’insurrection fédéraliste dans la cité phocéenne. L’imposante église Saint-Ferréol où il se réunit avec ses amis est menacée de destruction et elle ne sera sauvée in extremis que par la mobilisation de tous les habitants du quartier, au premier rang desquels François Clary, mais celui-ci ne put pas empêcher l’exécution d’un projet d’urbanisme qui la défigura. Il faudra attendre 1874 pour qu’elle soit enfin restaurée dans un style Renaissance. La Convention se radicalise chaque jour davantage et les Montagnards commencent à s’imposer. Ils instaureront à partir d’octobre, un régime de terreur, déclarant que « le gouvernement sera révolutionnaire jusqu’à la paix ». Marseille y perdra jusqu’à son nom. En août, une assemblée représentative de toutes les autorités du département nomme Jean Abeille et quatre autres personnes pour former un Comité chargé des pleins pouvoirs auprès de l’Assemblée. Ce Comité royaliste se soulève contre la Convention et ses excès. C’est en pleine révolte de tout le Midi contre la Convention que Napoléon Bonaparte débarque avec sa famille sur le continent, venant de sa Corse natale. 1793 sera pour lui aussi une année déterminante. En août, le Comité royaliste prend le pouvoir à Toulon qui proclame roi de France Louis XVII, l’enfant du Temple et arbore le drapeau blanc, et trouve un allié à travers l’Angleterre, ardent ennemi de la République et qui possède une flotte puissante en Méditerranée. Celle-ci commandée par l’amiral Hood, prend position dans la ville et bloque les côtes alors qu’une armée de la République est dépêchée à Toulon pour faire « cesser la contre-révolution » Le siège s’engagea et durera plus de quatre mois. Le 21 août, Jean Abeille monte à bord du vaisseau amiral « Victory » qui croise au large du Cap Sicié. Il négocie avec l’amiral Hood un échange de 50 prisonniers français contre des prisonniers anglais, hollandais et espagnols. Le lendemain la frégate anglaise « Némésis » se présente devant Marseille avec les 59 prisonniers. Mais Jean Abeille négocie aussi avec l’Amiral Hood un laissez-passer de navires de blé en provenance de Gênes pour ravitailler Marseille qui est au bord de la famine. Il obtient satisfaction et les Marseillais, toutes opinions politiques confondues, lui en sont reconnaissants. Jean Abeille songe aussi à La Ciotat, sa ville natale, qui grâce à lui, bénéficiera d’un court répit, pendant que la Terreur écrasait le reste de la France. Le 25 août, la rade de Toulon est ouverte aux navires anglais commandée par l’amiral Hood.

La Convention montagnarde réagit en faisant appel à une nouvelle génération d’officiers enthousiastes parmi lesquels Bonaparte chargé en décembre, de commander l’artillerie qui va attaquer la ville. Il manœuvre avec une telle adresse qu’il décroche le titre de général de brigade. Dès sa prise de fonction, il entend bien réprimer au plus vite les « rebelles marseillais » et écrit au ministre : «  Je vais faire placer des canons au fort Saint-Nicolas pour maîtriser la ville ». Ce zèle intempestif lui vaut d’être rapidement arrêté, mais tout aussi vite libéré sur les ordres de Maximilien Robespierre, mais ce petit général exalté devient désormais indispensable pour la Convention. Après plusieurs défaites, les Anglais finissent par se retirer. Les troupes de la Convention entrent alors à Toulon et la répression sera sanglante.

Exil et jours sombres

Jean Abeille et toute sa famille, dont ses parents et sa fille Catherine Victoire Clémentine qui n’a que quelques jours, sont obligés de s’embarquer sur un navire napolitain en direction de Livourne. Bientôt les troupes républicaines entrent à Marseille et un arrêté est pris aussitôt pour faire figurer Jean Abeille sur la 32e liste des émigrés, hors la loi, condamnés à mort comme traîtres. Jean Abeille est effondré. Il a toujours fait passer son attachement à Marseille et à sa population avant tout autre considération et tout en affichant ses convictions royalistes, il estime avoir toujours prôné l’apaisement et condamner les excès d’où qu’ils viennent. Durant son exil en Italie, son père très ébranlé par tous ces événements, meurt à Livourne, mais Jean Abeille a aussi le bonheur de voir naître son deuxième enfant, Paul Emmanuel, qui n’aura comme seul berceau qu’une boite à perruques. Il faut dire que la famille Abeille vivait alors dans une extrême pauvreté, presque la misère. En octobre 1795, la Convention cède la place au Directoire. Par ce changement de régime, les conventionnels modérés, ou Thermidoriens, qui ont renversé Robespierre le 9 thermidor an II, veulent mettre un terme à la Terreur et à la Révolution. Ils décrètent une amnistie générale et abolissent toutes les poursuites judiciaires. Abeille peut rentrer à Marseille, et en 1797, il est de plein droit réintégré dans tous les droits du citoyen et dans la libre disposition de ses biens, mais, par prudence, il préféra laisser sa famille en Toscane jusqu’en 1800.

Retour à Marseille

A son retour dans la cité phocéenne, les Marseillais l’accueillirent avec chaleur. Ils n’oubliaient pas sans doute qu’il les avait sauvé de la famine. Ayant récupéré en partie de ses biens confisqués, il reconstruit une nouvelle fortune toujours par le commerce. En 1807, il est nommé Président de la Commission des Hospices de Marseille et en 1807, il entre à l’Académie des Belles Lettres de la ville. Il est l’auteur d’un « Essai sur nos colonies » publié en 1805, un « Mémoire au roi », en 1814, ainsi qu’une « Relation des Evénements de Marseille et de Toulon en 1793 ».

Reconnaissance et Distinctions

En 1814, il est décoré de la Fleur de Lys et dix ans plus tard, Charles X lui remet la Croix de St-Louis. Il reste actif même l’âge venant et développe ses qualités d’administrateur qui étaient reconnues de tous, de même que sa compétence. Après une vie bien remplie, Jean Abeille décède le 17 février 1842 dans son immeuble du 9 rue Grignan, entouré des siens, à l’âge de 85 ans. De neuf ans sa cadette, son épouse lui survivra six ans. Les hommages des Marseillais sont unanimes et chacun s’accorde à reconnaître en lui sa générosité et son aversion pour l’injustice, en même temps que sa constance dans ses idées et ses convictions politiques. Jean Abeille fut un homme d’ordre, royaliste libéral, partisan de réformes à l’anglaise mais d’un pouvoir centralisé, fort et respecté. Habile négociateur, tolérant et ouvert, se défiant des positions extrêmes et prônant toujours la conciliation et le dialogue dans le respect de chacun et de toutes les opinions, il n’en était pas moins ferme et inflexible dans les siennes. À l’aise et brillant dans des domaines aussi disparates que le commerce, la politique, les Arts et les Lettres, il sut mener de front, dans un contexte souvent difficile, ses multiples activités, en donnant toujours le meilleur de lui-même. Enfin, il privilégia constamment l’intérêt de sa ville aux intérêts particuliers. Il reste incontestablement l’archétype de ces négociants marseillais qui, au fil des siècles, ont fait la cité phocéenne.

Sources et Bibliographie

  • Archives de la ville de Marseille,
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône,
  • Archives du Musée de la Ciotat - museeciotaden.org
  • CARAN - Centre de Recherche des Archives nationales - Fonds Révolution et rapport des députés extraordinaires des Manufactures et du Commerce de France auprès de l’Assemblée Nationale, portant sur l’Ordre de Malte,
  • G.H.C. - Généalogie et Histoire de la Caraïbe (site de généalogie) - Bulletin N° 20 - www.ghcaraibe.org/
  • Héraldique et Généalogie (septembre - octobre 1984),
  • Académie de Marseille, Dictionnaire des Marseillais - Edisud Marseille 2003,
  • Journaux d’époque dont Le Courrier de Provence (Mirabeau), Annales Patriotiques et littéraires et Les Actes des Apôtres (royaliste),
  • Marseille revue culturelle,
  • Académie de Marseille, Dictionnaire des Marseillais, Edisud Marseille 2003,
  • Badet Claude, Marseille en révolution, Rivages, 1989,
  • Busquet Raoul, Histoire de Marseille, Robert Laffont, 1945,
  • Claude Camous , Mirabeau, Ouragan sur Marseille, Autres Temps, Marseille, 2014, Autres Temps, Marseille, 2014,
  • Claude Camous, Désirée Clary, premier Amour de Napoléon, de Marseille au trône de Suède, 2015,
  • Fournier J. et Bourrilly V.L., La Chambre de Commerce de Marseille et ses représentants permanents à Paris de 1599 à 1875, Etude historique et documents inédits - Marseille 1920,
  • Galimard Flavigny Bertrand, Histoire de l’Ordre de Malte, Edt. Tempus Perrin, 2010,
  • Laplane Jean-Louis, Journal d’un commis marseillais, Jeanne Laffitte, Marseille, 1989,
  • Remacle André, Marseille à cœur ouvert - Editions Duculot, 1981,
  • Tavernier Félix, La vie quotidienne à Marseille de Louis XIV à Louis-Philippe, Hachette, 1973,
  • Viallat S. Histoire de Marseille sous la Révolution - Librairie Militaire Chapelot, 1910.

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