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Jules Hunebelle

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Jules Hunebelle

Pierre Alphonse, dit Jules Hunebelle, né le 2 novembre 1818 à Aire et mort le 22 janvier 1900 à Paris est un homme politique et entrepreneur français. Il est maire de Clamart de 1856 à 1900.

Origine et formation

Jules Hunebelle naît dans une famille d'artisans du cuir du Pas-de-Calais. Il est le fils aîné d'un corroyeur, Benjamin Hunebelle (né vers 1790), et de Marie Josèphe Ponsardin qui eurent au moins trois autres enfants : Adolphe Édouard (1825-1902), Alfred (1831-1913) et Joséphine. Élève doué, Jules obtient une bourse pour l'école des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne, d'où il sort ingénieur.

Entrepreneur

Après avoir brièvement exercé plusieurs métiers, il se lance en 1842 dans la construction de chemins de fer[1], entreprise rejointe par ses deux frères à la fin de leurs études. Il y ramasse rapidement une fortune considérable, mais la sous-capitalisation des compagnies ferroviaires françaises entraîne le krach de 1847, ce qui va obliger la société des frères Hunebelle à s'engager dans de longs procès afin d'être payée par ses clients pour les travaux exécutés.

Cependant, Jules Hunebelle chercha à diversifier ses activités. On le voit ainsi acquérir en 1849 à Clamart la plâtrière de la Vallée du bois qu'il ne va pas tarder à faire prospérer. Sa présence dans le village, en tant que témoin d'un mariage, est déjà signalée en 1841, juste après l'arrivée du rail et la construction de la première gare.

Maire de Clamart

Nommé par décret maire de Clamart le 18 juin 1856[2], Jules Hunebelle demeure lié aux affaires. C'est ainsi qu'on le voit notamment juge du tribunal de commerce de la Seine en 1864-1865. Il va moderniser sa localité : installation du télégraphe en 1865, de l'éclairage au gaz en 1867 et des égouts en 1868[2]. Les chemins vicinaux sont rendus carrossables et, en 1869, un terrain est acquis pour la nouvelle bibliothèque. À Clamart, c'est sous le mandat de Hunebelle que Nadar effectue les premiers clichés aériens de l'histoire de la photographie ou qu'Alphonse Daudet rédige les Lettres de mon moulin en compagnie de Paul Arène.

La guerre de 1870 va freiner gravement cet élan : le 18 septembre, la bourgade est occupée par les Prussiens et demeurera durant des mois sur la ligne de front. Bombardée massivement par les Parisiens assiégés, largement désertée par ses habitants, elle sort ruinée du conflit.

En août 1871, sitôt signé le traité de Francfort et réprimée la Commune, Jules Hunebelle est nommé officier de la Légion d'honneur et entreprend la reconstruction de sa ville. Clamart va reprendre vie grâce au développement de la villégiature sur son territoire et au soutien de généreux donateurs, comme les Ferrari. En 1890, c'est sur fonds propres que Hunebelle fait agrandir l'Hospice Sainte-Émilie d'un pavillon et en 1895, il fait aménager la Salle des commissions de la mairie.

Au moment de son décès, en 1900, la population a triplé depuis sa nomination 44 années plus tôt et il demeure à ce jour le maire de Clamart ayant exercé le plus long mandat. Il a été conseiller général de la Seine[3].

Famille

Le pouvoir acquis par Hunebelle bénéficiera aussi à bon nombre de ses parents. Marié d'abord avec Louise Defailly (1828-1896), Jules épouse en secondes noces, à près de 80 ans, Pauline Jung. De 42 ans sa cadette, elle lui survit 42 ans et meurt en 1942 à Vichy. Il n'a pas eu d'enfant de ces deux mariages.

Adolphe Édouard, son frère, sera maire de Deauville en 1882, mariera ses filles à Georges Cochery et Georges Pallain, tandis que son fils Édouard, père du cinéaste André Hunebelle et grand-père de Jean Halain, deviendra maire en Algérie.

La petite-fille d'Alfred, second frère de Jules, épousera le docteur Lamaze et on verra aussi un cousin cordonnier, prénommé également Alfred, devenir en 1888 le fondateur de la première fabrique mécanisée de chaussures d'Amiens.

Un bon nombre d'hommes du clan reçurent la Légion d'honneur.

Distinctions

Chapelle funéraire de Jules Hunebelle

Il était officier de la Légion d'honneur[3] et officier de l'Instruction publique.

Postérité

À Clamart, Jules Hunebelle a laissé son nom à un stade et une place.

Sa chapelle funéraire est devenue monument historique.

À Paris, dans le 7e arrondissement, au n° 2 rue de Solférino, l'Hôtel Hunebelle fut la dernière résidence du maire de Clamart. Le décor intérieur, à thème mythologique, a été réalisé par le peintre-décorateur Charles Lameire en 1872[4].

Notes et références

  1. Le viaduc de Laval a été construit de 1854 à 1856 par les ingénieurs Eugène Caillaux et Jules Hunebelle pour permettre le passage de la voie ferrée qui relie Paris à la Bretagne.
  2. 2,0 et 2,1 Biographie sur patryst.com
  3. 3,0 et 3,1 « Cote LH/1326/80 », base Léonore, ministère français de la Culture
  4. Site du musée d'Orsay.

Bibliographie

  • Jules Hunebelle : l'histoire de sa vie, de sa famille, de ses activités, de ses dons et legs, Clamart, Amis de Clamart, 2000, 74 p. (ISBN 9782912614049)

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