La Préférence nationale

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La Préférence nationale est un recueil de nouvelles écrit par Fatou Diome et publié en 2001 par Présence africaine.

Le recueil est composé de six nouvelles : La Mendiante et l'Écolière, Mariage volé, Le Visage de l'emploi, La Préférence nationale, Cunégonde à la bibliothèque et Le Dîner du professeur.

La Mendiante et L’Écolière

Résumé

Dans "La Mendiante et l’écolière" il s'agit de la vie d'une collégienne qui se lie d'amitié avec une mendiante. La mendiante qui s’appelle Codou habite avec son fils Diokélé déformé par la poliomyélite et avec son mari Guignane qui a les yeux "percés par les flèches de la lèpre" . La narratrice est écolière et quitte son village natal pour Foundioune où sest situé le collège. Un jour, Codou se présente chez les hôtes de l’écolière où celle-ci est maltraité et dont son hôte, le père de la famille lui vole son argent. Cependant, l'écolière a caché une plus grande somme d'argent ailleurs et en voyant la pauvrété de Codou ,décide de lui prêter 5000 francs. Grâce à cet argent, Codou commence à vendre des cacahuètes en les enveloppant dans des feuilles de cahiers de l’écolière. Pour la rembourser, Codou donne à la narratrice deux cornets de cacahuètes et 30 francs pour s'acheter du pain chaque jour. Un jour, l’écolière ne peut pas s'acheter du pain car la boulangerie est fermée, et il ne lui reste plus de crédit pour s'acheter à manger. Alors Codou lui donne des cacahuètes gratuites et lui dit qu'elle va cacher ses cornets et ses sous en signe de leur  amitié.

Analyse

"La Mendiante et L’écolière" est une histoire d’amitié et de tendresse. Elle est basée sur les pauvres et leur solidarité. Les pauvres ont la grandeur du cœur de partager, de s’entraider et de se soutenir entre eux. Il s’agit aussi d’une bénéfice  mutuelle entre elles, parce que non seulement la narratrice aide-t-elle Codou, mais Codou lui fournit aussi de quoi manger à la narratrice pendant toute une année. Toutes les bontés sont réciproques. 

Personnages

Codou

La Narratrice(sans-nom)

Guignane

Diokéle

Pa-Dioulé

Mariage volé

Résumé

La nouvelle alterne entre les pensées du narrateur. Elle est au mariage mais elle se reflète au moment qu'elle s'est passée l'oral de BAC. L’histoire continue et le lecteur apprend que la jeune lycéenne est tombée amoureuse de son surveillant, M. Fallou, et en plus, l’amour est réciproque. Cet amour s'allume à travers le poème « Partir » par Aimé Césaire.  Par contre, vers la fin de nouvelle, le lecteur decouvre que le mariage, c’est son mariage et qu’elle se marie avec un homme qui n’est pas M. Fallou, mais un autre, M. Fried. L'examinateur est cependant présent au fond de la salle de mariage, et la mariée est distraite par sa présence au point de ne pas pouvoir se concentrer sur son mariage en cours.

Analyse

Quand Fatou Diome était interviewée au sujet de ses nouvelles, elle disait « Vous savez, on n’épouse pas forcément celui qu’on aurait voulu épouser. Le contexte social est tel que parfois le premier choix de la femme ne sera pas définitif, puis entrent en compte les problèmes économiques »[1]. Cette nouvelle, sans ce contexte de Diome, peut être frustrant car le lecteur n’a jamais une explication par rapport à la fin de la relation entre l’examinateur et la narratrice. Mais la citation de Diome nous révèle le contexte nécessaire pour comprendre la nouvelle. Les choix des femmes sont souvent alimentées par des situations économiques et sociales. 

Personnages

Mme Freid (la narratrice, la jeune lycéenne)

Monsieur Fallou (l'examinateur)

Monsieur Freid

Les élèves du lycée

Le visage de l'emploi

Résumé

La troisième nouvelle de La Préférence Nationale raconte l’histoire de la narratrice après elle est embauché comme la nouvelle «nounou africaine» de la petite Anna chez la famille Dupont [2]. La nouvelle a lieu pendant l’hiver à Strasbourg «dans la France que Paris ne dévoile pas»[2]. La narratrice décrit Strasbourg comment «une ville virile qui porte sa cathédrale comme une érection destinée au ciel»[2]. Puisqu’elle est en chemin à un entretien d’emploi, elle décrit les gens qu’elle croise dans les rues et décrit leur visages comme une type de «receptacle de gènes et de culture,» le sien étant «l’Afrique tout entière»[2]. Enfin, quand la narratrice arrive au lieu du rendez-vous et rencontre  sa future patronne (Madame Dupont) pour la première fois, elle entend l’accent africain de la narratrice, disant: «j’ai compris que tu étais africaine, mais c’est mignon!»[2]. Dès que les deux femmes s'ont rencontrées, Madame Dupont, croyant qu’étant africaine la narratrice ne saura pas parler français. Alors, selon la famille Dupont, être «africain est synonyme d’ignorance et de soumission» et par conséquent la traite comme tel»[2]. Quand la narratrice finalement arrive à démontrer sa sagesse aux patrons grâce à une citation erronée de Descartes de la part de Madame Dupont, la relation entre elle et la famille change complètement. Madame Dupont «ne parlait plus en petit-nègre»[2] et commença à prendre des cours de français enseignés par la narratrice tandis que Monsieur Dupont et la narratrice dinent parfois ensembles. À la fin de la nouvelle, les Duponts apprennent à «apprécier [et à respecter] les spécialités Sénégalaises»[2].

Analyse

La nouvelle suscite les thèmes du racisme, sexisme, et statut migratoire et ses effets sur la vie des immigrants -- particulièrement vers le travail doté les enjeux d’avoir un visage africain «tout entière»[2]. À travers des échanges entre les personnages de la nouvelle, Fatou Diome explique que «on se rend compte qu’à cause de la couleur qu’on a, il y a des emplois qu’on considère comme les vôtres d’office»[1]. Être noire limite les opportunités des femmes aux occupations qui sont «bas de gamme»[1]

Personnages

La Narratrice

Madame Dupont

Monsieur Dupont

Anna

Cunégonde à la bibliothèque

Résumé

La nouvelle pénultième de La Préférence Nationale, qui s’appelle « Cunégonde à la bibliothèque », commence avec un extrait de Voltaire, tiré de Candide (1759). La narratrice sénégalaise de l’histoire travaille comme femme de ménage chez un couple, les Dupires, à Strasbourg, afin de financer ses études à l’université. Dès le début de son emploi, Monsieur Dupire l’appelle Cunégonde, en faisant référence au personnage chez Voltaire qui « lave les écuelles sur le bord de la Propontide, chez un prince qui a très peu d’écuelles ; elle est esclave dans la maison d’un ancien souverain nommé Ragotski[;] … mais ce qui est bien plus triste, c’est qu’elle a perdu sa beauté et qu’elle est devenue horriblement laide »[3]. La narratrice connaît bien cette allusion mais ne dit rien à ses employeurs de crainte de perdre le travail ; même si elle trouve les Dupires « indigne[s] » et vulgaires[4], elle a besoin de l’argent pour ses études. Un samedi matin, la narratrice rencontre Monsieur Dupire à la bibliothèque et, en réaction de son stupéfaction, elle le confronte finalement en citant Candide. Il découvre qu’elle est étudiante en train de préparer un D.E.A., il se rend compte qu’elle a compris toutes ses remarques dégradantes, et les Dupires ne la contactent plus jamais pour faire le ménage.

Analyse

Le texte, écrit à la première personne du point de vue de la narratrice, est rempli d’allusions aux œuvres littéraires et aux écrivains européens célèbres, y compris Candide de Voltaire, Sigmund Freud, et Jean Racine. Ces allusions montrent l’éducation occidentale et les compétences intellectuelles de la narratrice qui s’opposent aux attentes des Dupires à propos de leur femme de ménage africaine. Dans un entretien avec La Magazine des Femmes africaines, Diome parle de ces manifestations du racisme dans la nouvelle :

« On a ‘Cunégonde’ qui est aussi une nouvelle sur le racisme pour montrer la limite des gens racistes, ceux qui n’ont aucune culture. Ces gens, lorsqu’ils voient quelqu’un faire un travail humble, pas seulement les noirs, mais aussi des portugaises, des asiatiques…, ils pensent alors que son cerveau ne lui permet pas de faire autre chose. Dans cette nouvelle, on voit que cette employée est une étudiante qui se cultive, qui fait de la recherche et son patron qui ne sait pas grande chose, a eu la chance d’avoir plus d’argent. »[1]

Personnages

La narratrice (sans nom)

Monsieur Dupire

Madame Dupire

La camarade de fac de la narratrice qui donne des cours au fils des Dupires

Le Dîner du professeur

Résumé

Cette nouvelle est marquée par un évènement majeur : un moment sexuel entre Milosevic et la narratrice. Au début, la narratrice, sans nom et son professeur de l’université, Milosevic se retrouvent dans la maison du professeur pour le repas du soir. Durant le repas, Milosevic parle pendant que la narratrice reste assise sans rien dire, perdue dans ses pensées. Elle pense spécifiquement à son boulot où elle a pu écouter la musique de Johann Sébastian Bach jusqu'à ce que cette activité devient interdite par ses patrons. La conversation entre Milosevic et la narratrice n’existe pas, ils sont tous les deux autre part. Mais le but principal de cette rencontre entre les deux est leur rapport sexuel. Tout comme ils étaient pendant le repas, ils sont tous deux physiquement présents mais la narratrice est psychologiquement autre part au cours de leur rapport sexuel. Elle regard ce qui l’entoure, un livre Le sexe et l’effroi et une image frappante d’une femme avec un regard terrible.

Analyse

Les nouvelles de Fatou Diome incarnent « le délire de l’auteur et son imagination qui complètent la réflexion » [5].Dans la nouvelle Le Dîner du professeur, la narratrice a un obstacle à franchir : ne plus avoir des relations sexuelles non désirées [2].

Personnages

La narratrice, sans nom

Milosevic

Références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 « Musow -- Le magazine des Femmes africaines », sur www.musow.com (consulté le )
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 2,8 et 2,9 Fatou Diome, La préférence nationale : nouvelles, Paris, Présence Africaine, 2001
  3. « Voltaire: Candide », sur litgloss.buffalo.edu (consulté le )
  4. La préférence nationale : nouvelles, Paris, Présence Africaine, , p. 106 
  5. Renée Mendy-Ongoundou, "'La Préférence Nationale' par Fatou Diome : Être libre en écrivant..." Amina 379 (November 2001), p. 46.

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