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Le Fond du monde

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Le Fond du monde est une série de bande dessinée française de Denis Falque et Éric Corbeyran, parue en six tomes chez Delcourt.

Albums

  • Tome 1 : Mademoiselle H (1997)
  • Tome 2 : Monsieur P (1997)
  • Tome 3 : Basile F (1998)
  • Tome 4 : Le Grand magasin (2000)
  • Tome 5 : Le Grand bateau (2001)
  • Tome 6 : La Grande terre (2002)

Résumés

Ainsi est présentée l'histoire :« La nuit où la Terre s'ouvrit, le Monde se divisa. En haut, la Cité, technologique et oppressante, où s'entasse une foule apparemment heureuse. En bas, le fond du monde, froid et aride, peuplé de castes aux mœurs belliqueuses, où un jeune garagiste nommé Basile attend que son destin s'accomplisse. »[1].

L'histoire est répartie en deux cycles de trois tomes chacun.

Tome 1

Mademoiselle H est aviatrice, elle est contrainte à un atterrissage plutôt rude, dans une contrée inhospitalière : le "Fond du Monde" est un endroit sinistre, escarpé et misérable , un monde oublié subsistant dans les déchets d'une ville élitiste, un petit monde où la population s'entre-déchire et vit en castes aux mœurs belliqueuses. Son arrivée n'est pas totalement fortuite car, en tant qu'Organisateur, elle est venue chercher un jeune homme, Basile, garagiste de son état et préparé à son insu par son vieux mentor, Théodule, à accomplir un destin censé bouleverser la vie des deux communautés. Le destin de Basile va le conduire vers le Cœur de la Cité.

Tome 2

L'action se déroule entièrement au Cœur de la Cité, maintenant que Basile et Mademoiselle H ont quitté le Fond du Monde en fuyant de mystérieux hommes qui étaient à leur trousse. Basile se trouve un emploi d'aide Technicien Gommeur, ce qui lui permet de s'introduire dans le Cœur de La Cité et en connaître le système. Mais il tombe amoureux d'une charmante secrétaire, Sandra, qui demeure indifférente à son émoi. Basile prend alors contact avec monsieur P, un "spécialiste des questions amoureuses", qui se trouve également être un vieil ami de Théodule et le point de départ de la deuxième partie du plan de l'Organisation dont Basile fait partie.

Tome 3

Basile et Mademoiselle H retrouvent l'Organisation secrète qui s'oppose au pouvoir actuel. Basile découvre les objectifs du mouvement et comprend que son rôle était attendu depuis des années. Les membres de l'Organisation lui racontent l'histoire de la nuit où la terre s'ouvrit et engloutit une partie de la population. Connaissant, enfin, son histoire et son destin par la même occasion, Basile, aidé de sa compagne Mademoiselle H, devient l'élément clé de l'histoire de la rébellion. En même temps, Théodule et le « Monsieur-Patron » de Basile emprisonnés tentent de s'échapper pour se joindre à eux.

Tome 4

La Cité est envahie par le consumérisme, même la station de ski en vogue que dirige désormais Basile a été contaminée malgré sont éloignement dans les terre enneigées du Fond du Monde. La ville est devenue un Grand Magasin dirigée par un empereur fantastique et fantoche, Michel Michel Ier. On suit les aventures de Sabin, le fils de l'empereur qui s'ennuie et rencontre une jeune fille, Toinette, qui s'est échappée hors des souterrains où le personnel de la fabrication est retenu. L'empereur envoie son fils découvrir le monde avec Barbot, un ancien ami en quête d'un objet. L'expédition se dirige vers les Zéta Zunis, entraînant Basile par un malheureux hasard.

Tome 5

La quête de la pipe (!) s'avère être en fait un complot fomenté par l'empereur : l'expédition est un prétexte pour envoyer des espions au Zéta-Zuni. Mais des mercenaires veulent assassiner Sabin et Barbot avant qu'ils parviennent au Zéta-Zuni, rendant la traversée mouvementée...

Tome 6

En arrivant au Zéta-Zuni, tout le monde est surpris de voir le Grand Magasin remplacé par une immense jungle sauvage peuplée d'Indiens. Les anciens ouvriers se sont soulevés contre la dictature de la société de consommation et cette rébellion pourrait bien gagner le reste de l'Empire, grâce aux efforts de Toinette qui veut propager le vent de liberté.

Personnages

  • Basile
  • Mademoiselle H
  • Théodule
  • Parpaing
  • Sandra
  • Monsieur P
  • Michel Michel

Analyses

Les critiques sont généralement très bonnes pour le premier cycle et nettement plus mitigées pour la fin du second cycle.

Déjà le travail du scénariste est accueilli avec enthousiasme, en notant par exemple un « Univers décadent et étonnant, personnages hauts en couleur, dialogues bien sentis qui font mouche à chaque fois »[2] et « un talent narratif remarquable »[2].

En plus « le style graphique de l'auteur est pour le moins étonnant. Couleurs froides et colorées se côtoient pour le meilleur, permettant d'instaurer, au fil des pages, une ambiance hostile, glaciaire, dans un monde qui ne fait manifestement aucun cadeau à ses habitants. Et puis, le trait original et personnel de l'auteur s'accorde si bien avec la narration du scénariste »[2]. Des éloges pour « cette série qui a fait reconnaître le talent du dessinateur Denis Falque. Dans cet album, on constate ses dessins au pinceau d'un réalisme architectural épatant avec un souci du détail très singulier. Par ailleurs, il semblerait que Falque se soit inspiré de la ville de Prague pour cette série »[3].

Certes le « sujet principal n'est pas particulièrement original : le coup du monde oublié, subsistant dans les déchets d'une ville élitiste, voilà bien un thème vu et revu : Golden City, Gunnm… sont autant d'exemples d'histoires réussies autour de cette idée. »[2]. De même « L'élu, c'est vu, revu et rerevu ! Cependant l'intérêt de cette BD réside non pas dans le scénario - pour ce premier tome du moins - mais dans la qualité de la langue employée : il y a de vrais dialogues, les mots sont choisis avec précision, on n'a pas peur du langage soutenu, et c'est agréable à lire. »[4].

Après avoir posé les bases de l'univers dans le premier tome, le récit monte en puissance dans le tome 2 : suspense, amour et danger. « Petit à petit, nous constatons les caractéristiques de cette « Cité ». État totalitaire et oppressant comme on peut en connaître de nos jours… Voici une des réussites de cette série, la transition entre le réalisme et la fiction se mêle sans problème. »[5].

Ajoutons un côté légèrement cyberpunk[6] qui permet de classer la série dans les utopies, avec dénonciation de l'emprise de la technologie sur l'humain.

« Dans le troisième tome, beaucoup de bouleversements surgissent. Plus complexe et plus grave, cet album approfondit la nature cupide des hommes avec son lot d'injustice. Les auteurs nous livrent des messages clairs en nous démontrant que la société avide ne peut qu'engendrer des inégalités profondes. À travers ce monde imaginaire qu'ont créé Corbeyran et Denis Falque, le lecteur ne peut que prendre conscience que notre société bien réelle nous manipule. Toujours avec ses dessins précis, Falque nous renvoie notre propre société en « pleine figure ». Mais malgré les années qui séparent la parution de cet album et aujourd'hui, constatez, chers lecteurs, la véracité des propos. »[7].

Mais une fois le premier cycle clos, les critiques sont moins enthousiastes. Certains déplorent que le second cycle « n'est qu'artificiellement relié aux premiers albums. Les trois suivants n'ont rien à voir avec eux. Seule la présence de Basile en tout début du tome 4 et en fin du tome 6 tente de nous faire croire que c'est le même univers. En vain, car on n'y retrouve rien du précédent cycle (décors, personnages, univers global). Et ce second cycle de trois tomes, qui se veut une sorte de critique du système capitaliste et de la société de consommation, tombe rapidement dans le prêchi prêcha ridicule (le summum étant atteint je pense avec le Zeta Zuni et les indiens). C'est gentil, dans le mauvais sens du terme. Et en plus, la fin est encore plus vite expédiée que pour le premier cycle. »[8]. Si le scénario déçoit, les dessins en revanche sont mieux accueillis : « L'artiste a souvent recours à des décors s'étalant sur plusieurs cases pour illustrer cet univers où tout est démesuré (pour vous en convaincre, regardez donc les titres des albums de ce second cycle), des décors magnifiquement travaillés tout en gardant une grande simplicité. La colorisation elle aussi est plus joyeuse, plus exubérante. »

Du radical : « On touche le fond. L'esprit de la série s'est envolé, la fin est précipitée, on mélange les indiens, la société de conso', les reliquats du premier cycle, on secoue l'ensemble et on tombe sur un scénario bancal et plutôt inintéressant. Corbeyran semble dépassé par l'univers qu'il a créé, et a clairement eu peur de la copie au point de s'embourber dans une histoire sans saveur. »[9]. Et de l'optimiste : « L'idée du Zéta-Zuni est bonne, et la surenchère dans la critique de cette société de consommation à laquelle nous appartenons malgré nous est plutôt efficace »[10].

Publication

Éditeurs

Notes et références

Article publié sur Wikimonde Plus.