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Masri Feki

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Masri M. Feki, natif du Caire, est un écrivain engagé dans la défense des minorités au Moyen-Orient et dans l'intégration régionale de l'État d'Israël.

Formation et écrits

Fils d’un architecte égyptien et d’une institutrice d’origine turque, Masri Feki grandit à Bujumbura (Burundi) où son père est expert auprès du Fonds africain de développement (FAD), puis au Caire où il fera ses études chez les Pères Jésuites. A l'âge de 18 ans, il poursuit des études de droit, d’histoire et de sciences politiques en France. Il est titulaire d’un Diplôme d'études universitaires générales de Droit effectué à l’Université Toulouse I, d’un DEA de relations internationales et politiques de sécurité de la même université et est diplômé de l'Institut d'études politiques de Toulouse. Il connaît plusieurs langues du Moyen-Orient, dont l’arabe et l’hébreu qu’il maîtrise parfaitement.

Il a publié plusieurs ouvrages de géopolitique et participe régulièrement à des colloques, congrès et salons du livre. Il est également l’auteur de nombreux articles parus dans des journaux du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord dont : Al-Seyassah (Koweït), Hürriyet (Turquie), Turkish Daily News (Turquie), The Jerusalem Post (Israël), Al-Ahram (Egypte) et El Watan (Algérie).

Vision et engagement politiques

Partisan d'un Moyen-Orient pluriel et démocratique, il a fondé en janvier 2008 le Middle East Pact (MEP), afin de mobiliser autour d’un projet de construction régionale les acteurs réformistes de la société civile moyen-orientale.

Middle East Pact

L’émergence d’un espace moyen-oriental pacifique et démocratique ne peut se concevoir, selon lui, sans la promotion des droits des minorités en terre d’Islam, et leur intégration régionale. « Les minorités religieuses ou ethniques se trouvent être les premières victimes de la radicalisation islamique qui pèse lourdement sur la vie politique et sociale, autour d’une conception exclusiviste de la nation. Le MEP vise à promouvoir l’intégration régionale des minorités confessionnelles et ethniques, pour garantir la pérennité de la mosaïque de peuples et de cultures qui fonde l’identité de cette région depuis des millénaires. » (Turkish Daily News)

Ses détracteurs l'accusent de défendre les minorités au détriment des Arabo-musulmans, en particulier les sunnites, et de chercher à diviser la région. Dans un discours prononcé au London Middle East Institute le 18 septembre 2008, Feki a martelé : « Aux obsédés des blocs homogènes, nous disons : diversité n’est pas division, la diversité est une force et une richesse. Notre attachement aux droits des minorités est indissociable de notre vision d’un Moyen-Orient uni et solidaire ». Brian Whitaker l'accusera pourtant dans le Guardian du 19 septembre 2008 de chercher à saboter l'unité arabe au profit d'opportunismes communautaires.

Invité au Parlement belge le 20 mars 2009, il présentera au nom du MEP les quatre principales revendications des "Non-musulmans d'Egypte" aux députés fédéraux de Belgique, dont notamment la mise en place d’un système de quotas dans l’administration égyptienne et la suppression de la mention de la religion des documents officiels dans ce pays (à l’exception du seul acte de naissance).

Actes enregistrés : Réaction par rapport à la proposition de Mr Feki d’introduction de quotas parlementaires pour les chrétiens en Egypte. Il ne faut pas enfermer les chrétiens dans des forteresses. Il faut que les musulmans et les chrétiens vivent côte à côte. De ce fait, l’introduction de quotas en Egypte ne semble pas une bonne solution parce qu’elle risque d’enfermer le pays dans un schéma confessionnel tel qu’il est appliqué au Liban. Réponse de Mr Feki : l’introduction de quotas n’est à appliquer qu’en guise de début pour améliorer la situation actuelle. Il note en outre que le gouvernement égyptien fait des efforts vis-à-vis des coptes : 10 députés peuvent en effet être nommés par le Président et ce dernier choisit généralement 5 chrétiens et 5 femmes. Mais il n’y a pas de chrétiens bien placés sur les listes électorales en Egypte.

Nationalisme arabe

Le 4 août 2007, il publie une tribune dans le quotidien koweïtien Al-Seyassah, appelant à faire la distinction entre arabité et arabophonie : « Le panarabisme veut que les pays où sont majoritaires des arabophones, fassent partie d’un espace arabe unifié et que toute personne arabophone, en dépit de ses références culturelles et de ses accrétions historiques, se déclare Arabe, sans équivoques ni réserves. Cette conception arbitraire de la nation qui veut que l’on soit Arabe malgré soi, pour la simple raison que l’on fait usage de la langue arabe, met à l’écart d’importants récits historiques et de légitimes revendications identitaires. » « Selon les livres d’histoire et les manuels scolaires en usage en Egypte jusqu’en 1937, les Arabes sont les habitants de la péninsule arabique et d’une partie du Croissant fertile. Prétendre que l’Egypte est un pays arabe est une provocation infâme », poursuit-il dans un entretien accordé le 1er septembre 2007 à la chaîne satellitaire arabophone Al-Hayat. « De nombreux peuples dans le monde partagent une même langue sans pour autant constituer une seule et même nation. En réalité, les habitants d’Afrique du Nord et de la Corne africaine dans leur grande majorité ne sont pas plus Arabes que ne sont Espagnols les Mexicains ou Français les Sénégalais. »

Conflit israélo-palestinien

Sur le plan israélo-palestinien, il considère que le conflit est fondamentalement démographique : « A ceux qui pensent que le choix est entre un Etat juif sur 100% ou seulement 80% de la Terre d’Israël, je dis : le véritable choix est entre un Etat juif sur 80% ou seulement 0% de la Terre d’Israël parce qu’il ne peut y avoir d’Etat juif avec une majorité non-juive », déclare-t-il dans une conférence donnée à Netanya le 30 novembre 2006. Il soutient la création d’un Etat palestinien démilitarisé dans les territoires administrés par l’Autorité palestinienne et l’octroi de la nationalité palestinienne à « ceux parmi les Arabes de Galilée dont les aspirations nationales sont incompatibles avec le projet sioniste ».

Défenseur de l’intégration d’Israël dans son environnement régional, il insiste dans ses écrits sur le caractère oriental de l’Etat hébreu se heurtant ainsi aux antisionistes, mais aussi aux Israéliens qui cherchent à s’assimiler culturellement au monde occidental. Dans un article paru dans le Turkish Daily News du 10 mars 2008, il martèle : « L’Etat juif n’est pas un intrus au Moyen-Orient, il est la prolongation et le représentant d’une des civilisations les plus anciennes de cette aire composite. Tout lie Israël à cette région : la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. (…) Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence ; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. »

Principales publications

  • Les frontières (avec Charles Tafanelli), Studyrama, Paris, 2011.
  • Les conflits du Moyen-Orient, Studyrama, Paris, 2010.
  • L'Iran et le Moyen-Orient, géopolitique et enjeux, Studyrama, Paris, 2010.
  • L'Iran paradoxal, dogmes et enjeux régionaux (Collectif), L'Harmattan, Paris, 2008.
  • Géopolitique du Liban, constats et enjeux, Studyrama, Paris, 2008 (réédité en 2011).
  • Géopolitique du Moyen-Orient, Studyrama, Paris, 2008.
  • Israël, géopolitique et enjeux, Studyrama, Paris, 2008.
  • L'axe irano-syrien, géopolitique et enjeux, Studyrama, Paris, 2007.
  • A l'ombre de l'Islam, minorités et minorisés (Collectif), Filipson, Bruxelles, 2005.

Liens externes

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