Mohamed Baba Nadjar

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Mohamed Baba-Nadjar , est algérien , né le 4 janvier 1984 ,condamné à mort le 6 juin 2006 pour l’assassinat en 20 octobre 2005 (Mohamed Baba-Nadjar avait jusqu'au la que 22 ans) de Brahim Bazine, membre de la section locale du croissant rouge et ancien militant du Front des forces socialistes.

Sans aucune preuve, Mohamed Baba-Nadjar a été accusé de ce meurtre et condamné à mort le 6 juin 2006. Depuis il est incarcéré à la maison d’arrêt de Ghardaïa où il a été victime de tortures.

Le 3 janvier 2009 devait avoir lieu le procès en appel du jeune Mohamed Baba Nadjar. Il a été reporté pour la seconde fois. Aucune nouvelle date n'a pas été fixée[1]. Mohamed Baba-Nadjar a été condamné initialement à la peine capitale en 2006 puis à la perpétuité en appel en 2009. Après avoir fait appel, la Cour suprême a refusé de l’innocenter.[2]

L'affaire du jeune Mohamed Baba Nadjar

Le jeune Mohamed natif de Ghardaïa et y demeurant, avait 22 ans, lorsqu'a eu lieu le 20 octobre 2005, correspondant au 17e jour du Ramadhan 1427, l'odieux attentat contre Mr Bazine Brahim, membre connu du Croissant Rouge algérien et ex-membre du Front des forces socialistes. Aux environs de 20h, soit une heure après la rupture du jeûne, la victime fut aspergée d'essence et brûlé vive, alors qu'elle se rendait à la mosquée.

Sur son lit d'hôpital, Mr Bazine Brahim déclara à la police «  qu'il fut agressé par deux inconnus cagoulés portant des vêtements noirs et qui avaient pris la fuite à bord de deux mobylettes  ».

Au lendemain du décès de Bazine, soit le 23 octobre 2005, la police s'est présenté au magasin de Mr Baba Nadjar Bachir, père de Mohamed et ont demandé à voir ce dernier qui était absent. Mohamed était en fait sur son lieu de travail, dans une ferme de la localité de Zelfana, située à 60 km de Ghardaïa . La police remettra au père une convocation pour Mohamed afin de se présenter au commissariat.

Mais le lendemain, soit le 24 octobre, la police se présenta au domicile familial munie d'un mandat de perquisition.

Après son retour du travail et ayant appris les faits, Mohamed se présenta le 27 octobre 2005 au commissariat, muni de la convocation. Il sera inculpé pour meurtre avec préméditation et gardé à vue durant quatre jours où il sera l'objet d'un interrogatoire continu. Il ne cessera pas de clamer son innocence et d'insister qu'il était totalement étranger au crime et qu'il ne connaissait pas sa victime.

Il sera présenté au procureur de la République puis écroué à la prison de Ghardaïa où il sera soumis à un isolement total durant six jours, sous pression psychologique intense et privé de tout contact avec sa famille et ses avocats.

Mohamed Baba Nadjar a été jugé mardi 6 juin 2006 à la cour criminelle de Ghardaïa et condamné à mort lors d'un verdict prononcé à 20h, sans aucune charge de culpabilité ni preuve palpable, dans une affaire où l'instrumentalisation de l'appareil judiciaire est criarde.

Une série de questions s'impose

L’enquête

A charge, l’enquête retient les deux séries de faits suivants: En premier lieu, les déclarations, particulièrement confuses, de deux garçons respectivement âgés de quatorze et quinze ans : Zakaria Dadi Ouaissa et Brahim Tebbakh. Chacun des deux affirmant que l’autre lui a dit « avoir vu Mohamed Baba-Nadjar deux jours avant l’agression à proximité de la mosquée ». L’un des fils de la victime, Kacem, se saisit de ces affirmations fantaisistes, et les répercute auprès des enquêteurs qui, à leur tour, les retiennent comme indice quant à la préparation du crime. En second lieu, les objets saisis et mis sous scellés lors de la perquisition au domicile familial. Ici, il faut distinguer deux catégories d’objets que la police retient comme un tout : Tout d’abord, un bidon d’essence trouvé sous un lavabo, dans la cour. Les enquêteurs utilisent l’expression « caché sous le lavabo ». Compte tenu de la nature du liquide, nécessairement mis en rapport avec le mode d’agression (victime brûlée vive), le terme « caché » laisse entendre la découverte de l’arme du crime. L’association « arme du crime »-« lieu de sa découverte » donne le nom du criminel. Ensuite, les enquêteurs mettent sous scellés un brassard qui, au nom de la fédération Front des forces socialistes de Ghardaïa, demande la libération de Khoudir Babaz. Ce dernier est un militant du Front des forces socialistes emprisonné lors des émeutes de Ghardaïa, en 2004. Rappelons que ces émeutes ont pour origine la bestialité avec laquelle les services de sécurité ont réprimé une simple manifestation de protestation elle-même provoquée par les agissements des services administratifs de la wilaya.

Outre le brassard, est mise également sous scellés la revue éditée par la fédération du Front des forces socialistes de Ghardaïa, NIR OUAGHLEN (Lumière de Ghardaïa). Aux yeux de la police, les deux objets mis sous scellés, à savoir le brassard et la revue sont un signe d’appartenance au Front des forces socialistes et, comme tels, de nature à constituer des preuves de culpabilité pesant sur Mohamed Baba-Nadjar. En même temps que le montage grotesque conduisant à charger Mohamed, il faut retenir la criminalisation d’un parti politique.

A décharge, les enquêteurs s’abstiennent de retenir les déclarations de Mohamed, celles de son père, de son oncle ou d’autres membres de la famille qui, tous, affirment se trouver, à l’heure du crime, à l’autre bout de la ville où a lieu la rupture du jeûne, en famille, chez l’oncle Baba-Nadjar. Mohamed déclare ne pas posséder de mobylette, élément qui n’est pas retenu par les enquêteurs. Rien n’établit, non plus, qu’il en ait emprunté une. De la même manière, il ne sera pas tenu compte de l’absence de lien entre la victime et Mohamed. Par conséquent, le défaut de mobile manifeste n’est pas de nature, pour la police, à figurer dans le dossier.

De la même manière n'a pas été pris en considération le fait d'absence de lien entre la victime et Mohamed Baba Nadjar. De tout cela, nous déduisons qu'aux yeux de la police, l'absence manifeste de mobile du crime, n'est pas de nature à figurer dans le dossier.

L’instruction

Mohamed Baba-Nadjar n’a pas varié dans ses déclarations quelle que soit la phase de l’instruction.

A charge, l’instruction retient le témoignage du fils de la victime, Kacem, suite aux allégations avancées par les deux garçons affirmant avoir reconnu Mohamed devant la mosquée. Cette prétention comporte au moins deux versions : celle où il est question de « la veille du crime » ; celle où les témoins disent avoir vu Mohamed devant la mosquée « plusieurs jours avant le crime ». Selon le rapport du juge d’instruction, Mohamed est présenté comme quelqu’un en fuite, se cachant durant les jours ayant suivi l’agression. Le bidon d’essence trouvé dans la maison paternelle est consacré, par l’instruction, comme une charge, à partir de l’utilisation du terme « caché » retenu dans le rapport d’enquête. Enfin, le brassard revendiquant la libération d’un militant du Front des forces socialistes emprisonné, en 2004, ainsi que la revue NIR OUAGHLAN saisis au domicile de Mohamed sont considérés comme des moyens à charge. A décharge, l’instruction ne retient ni l’absence d’aveu, ni la fragilité des témoignages quand il s’agit de la présence ou non de Mohamed le jour du crime et à l’heure suivant ou précédant ce dernier, ni l’alibi produit et confirmé par plusieurs membres de la famille. Le magistrat instructeur ne fera procéder à aucune investigation pour confirmer la présence de Mohamed à l’autre bout de la ville. Ce qui rend sa participation au crime tout simplement impossible.

Par ailleurs, l’instruction occulte le témoignage du patron auprès de qui Mohamed exécutait des travaux, à Zelfana, à 60 km de Ghardaïa, et le fait qu’il se soit présenté volontairement au commissariat de police. Ne sont pas comptabilisés, non plus.

A décharge, la propriété ou la possession, par emprunt, d’une mobylette. Enfin, le contenu du bidon d’essence saisi au domicile de Mohamed a fait l’objet d’une expertise contradictoire, dans la mesure où les composantes du liquide ont été comparées à celles de l’essence qui a servi à l’assassinat de Brahim Bazine. L’analyse comparée des deux produits a été faite par les laboratoires de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et versée au dossier. En définitive, il ne reste que les deux signes d’appartenance au Ghardaïa (le brassard et la revue), seuls indices fournissant à l’instruction les fondements d’une culpabilité qui s’enracine dans une volonté des services de sécurité de mettre fin à l’éclosion d’un engagement politique tout à fait indésirable dans la région. La chambre d’accusation reconduira la liaison faite à l’échelon inférieur, entre le crime, l’auteur présumé à qui est imputé ce dernier et l’appartenance au Ghardaïa.

Le procès

Le procès confirme en tous points la voie suivie par l’enquête de police et confortée par le magistrat instructeur. Au demeurant, sommes-nous réellement en mesure de parler de procès ? Le déroulement de l’opération judiciaire, à ce stade de la justice, tel qu’elle a eu lieu, lui ôte son sens de procès. En effet, tout ce qui caractérise ce dernier, en particulier la dimension, l’ampleur de la confrontation contradictoire à laquelle le juge doit veiller, en l’espèce, sont absentes.

En premier lieu, les témoins à charge, élément clé de l’accusation ne sont pas convoqués et ne sont, par conséquent, pas présents à l’audience pour affronter les questions de la défense.

En deuxième lieu, le témoin à décharge, c’est-à-dire l’oncle de Mohamed, n’est invité à s’exprimer sur la présence de son neveu chez lui, à l’heure du crime, qu’en toute dernière minute et sur une forte insistance des avocats. Parallèlement, d’ailleurs, le président du tribunal criminel n’a jamais posé la question à Mohamed Baba-Nadjar sur le lieu où il se trouvait à l’heure du crime. De la sorte, l’accusé n’est pas mis en situation de pouvoir déclarer, publiquement, en quoi et comment son alibi est authentique.

En troisième lieu, toute référence aux « deux individus portant cagoule, vêtus de noir et qui se sont enfuis sur deux mobylettes » (selon les propos ultimes de la victime) est totalement ignorée. En quatrième lieu, le tribunal criminel, en audience publique, n’entendra pas la communication, à haute et intelligible voix, du rapport contradictoire d’expertise établi par les ingénieurs des laboratoires de la DGSN. Or, ce rapport fait ressortir l’absence de concordance entre l’essence saisie au domicile de Mohamed et celle qui a servi à asperger et à brûler Brahim Bazine. Le tribunal, par la voix de son président, entérine, sans les verser aux « débats », les motifs politiques qui sont retenus par l’instruction et par l’accusation comme charges suffisantes de nature à déclarer coupable d’assassinat Mohamed Baba-Nadjar, qui est condamné à mort.

Mohamed Baba Nedjar condamné à perpétuité

Le 27 mai 2009,contre toute attente, le tribunal criminel près la cour de Médéa a condamné Mohamed Baba Nedjar à la prison à perpétuité pour l’accusation de meurtre avec préméditation[3].

Mohamed Baba Nadjar: Annonce d’une grève de la faim illimitée

Le 12 décembre 2010 annonce d’une grève de la faim illimitée après le refus de l’appel en cassation de sa condamnation arbitraire à la perpétuité.

voici la lettre complète de Mohamed Baba Nadjar

« Prison de Babar. Khenchela.

Dimanche 05 décembre 2010

A Mesdames, Messieurs :

· Les Présidents des ligues algériennes de défense des droits de l’homme.

· Les Présidents des organisations internationales des droits de l’homme

· Le Président d’Amnesty International

· Le Président d’Al Karama of Human Rights.

· Le Président du Croissant Rouge Algérien.

· Le Président de la Croix Rouge internationale.

· A tous les Algériens libres, jaloux de leur patrie, politiques, intellectuels et représentants de la société civile.

Objet : Appel à l’aide d’un opprimé pour que justice soit faite.

Mesdames, Messieurs,

C’est un grand honneur pour moi de m’adresser à vous, honorables personnalités qui refusez l’injustice, et d’appeler à votre aide, vous militants au service des droits de la personne humaine et de sa dignité, vous hommes libres qui refusez la tyrannie et l’oppression des peuples.

Je m’adresse à vos honorables personnes pour me sauver de cette injustice dont je souffre depuis mon incarcération arbitraire en 2005 pour « homicide volontaire avec préméditation » sur une personne que je ne connais pas ni de près ni de loin, laissant en liberté les véritables coupables. J’ai été condamné initialement à la peine capitale en 2006, puis à la perpétuité en appel en 2009, alors que je m’attendais à mon acquittement. Hélas, ce jour-là la justice était absente du prétoire. J’ai été condamné à la perpétuité, mais ayant toujours eu confiance en la Justice, j’ai fait à nouveau appel. Mais malheureusement, la Cour Suprême a refusé la cassation. Par cette décision, le pouvoir a encore prouvé qu’il n’y avait pas de justice dans notre pays. C’est avec douleur et tristesse que j’affirme cette vérité sur mon pays. Mais c’est l’amère vérité telle que nous la vivons en tant que peuple. Et c’est cette situation qui me pousse à engager une GREVE DE LA FAIM ILLIMITEE à compter du 19 décembre 2010 jusqu’à ce que mon innocence soit prouvée et que triomphe le droit, ou que je meurs digne, mon nom allant s’ajouter à la longue liste des victimes de cette injustice qui a assassiné de nombreux innocents.

Ma confiance, quant à votre soutien, est grande, face à l’injustice et aux oppresseurs.

Je vous prie d’agréer, Mesdames, messieurs, les assurances de ma considération et de mon profond respect.

Mohamed Baba Nadjar

Militant de la dignité et de la liberté [4]. »

Comité de soutien

une comité de soutien à Mohamed Baba Nadjar a été constitué pour exiger un procès équitable [5][6] [7].

source

Notes et références

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