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Première guerre anglo-abénaquise

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Première guerre anglo-abénaquise

Informations générales
Date 1674-1697
Lieu Acadie, Maine
Issue Victoire franco-abénaquise
Belligérants
Odanak First Nation (Abenaki).gif Abénaquis
Pavillon LouisXIV.svg Nouvelle-France
Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Commandants
Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin,
le chef Mugg,
le chef Squando
major Waldron,
Edmund Andros,
John Hawthorn,
Benjamin Church

Première guerre anglo-abénaquise

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La première guerre anglo-abénaquise (ou première guerre anglo-wabanaki, ou encore Castin's war en anglais) désigne le conflit qui opposa, entre 1674 et 1697, la tribu amérindienne des Abénaquis, tribu implantée en Acadie, aux Anglais de la Nouvelle-Angleterre, conflit qui se déroula dans le contexte des rivalités coloniales européennes de la fin du XVIIe siècle en Amérique du Nord.

Les Abénaquis, alliés et armés par les Français d'Acadie, attaquèrent les colons anglais à partir de 1674, jusqu'en 1677, année où une paix temporaire fut conclue entre Anglais et Abénaquis, amenant à une brève trève de quelques années avant que les combats ne reprennent à la faveur de la première guerre intercoloniale, jusqu'en 1697, ce qui correspond à la fin de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Les hostilités entre Abénaquis et Britanniques reprendront en 1722, ce qui constituera la deuxième guerre anglo-abénaquise, ou guerre anglo-wabanaki.

Contexte

Depuis le début du XVIIe siècle, les Français sont implantés en Acadie, mais les colons sont en trop faible nombre et trop mal protégés face aux colons anglais beaucoup plus nombreux implantés en Nouvelle-Angleterre. Port-Royal est même capturée et pillée par les Anglais en 1614. Cependant, les Français, pour se défendre et compenser leur faiblesse numérique, peuvent compter sur leurs alliés abénaquis et micmacs avec qui ils entretiennent de très bonnes relations. À partir des années 1670, la pression anglaise sur les territoires abénaquis et français se fait plus importante, et la Confédération Wabanaki, influencée et poussée par les Français (qui maintiennent d'ailleurs des jésuites dans les villages abénaquis), commence à lancer des offensives contre les colonies anglaises du Maine, du Massachusetts et du Vermont.

La situation dégénéra lorsque des Anglais capturèrent 17 Indiens abénaquis avant d'en faire prisonniers et vendre comme esclaves 400 autres qui s'étaient rassemblés à Cocheco. Ces deux évènements provoquèrent d'autant plus la fureur abénaquise envers les Anglais que ceux-ci menèrent des incursions militaires en plein territoire franco-abénaquis.

Historique

1674-1677

Le conflit se déroula à partir de 1674 à la frontière très floue entre l'Acadie et la Nouvelle-Angleterre. Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin, Français très influent parmi les Abénaquis, arma et poussa ceux-ci à attaquer les établissements et les forts anglais frontaliers. Cependant, c'est le chef indien Mugg qui mena les guerriers abénaquis au combat jusqu'à sa mort en 1677.

Durant l'année 1674, les Abénaquis remportèrent quelques succès et harcelèrent les colons anglais. En réaction aux incursions anglaises sur leur propre territoire, ils organisèrent avec l'aide de Saint-Castin des expéditions de représailles contre les implantations puritaines du sud de l'Acadie et attaquèrent les forts anglais entre les rivières Kennebec et Pentagoët. Les premières offensives indiennes se concentrèrent sur Casco et Sagadahock qui furent ravagées et presque détruites. En septembre de la même année, le fort anglais de l'île de Munjoy tomba aux mains des Abénaquis, Mugg en tête. Plus tard, celui-ci et ses guerriers capturèrent le fort de Black-Point après avoir fait fuir les colons qui s'y trouvaient.

Les Anglais seront de plus confrontés à la tribu Wampanoag du Roi Philip, Metacomet, mécontent des traitements des habitants anglais du Massachusetts et entré en guerre contre ceux-ci en 1675. Le Baron de Saint-Castin profita de cette situation difficile pour les Anglais pour aider financièrement les guerriers du Roi Philip. Il leur promit et vendit des armes afin de s'en faire des alliés dans sa lutte contre la Nouvelle-Angleterre. Sous sa conduite et l'influence des Jésuites français, les Abénaquis doublèrent leurs incursions en territoire anglais. La défaite du Roi Philip en 1676, à l'issue de la Guerre du Roi Philip, ne les stoppèrent pas, et, en 1676, Mugg et ses guerriers se rendirent sur l'île Richmond où il s'empara d'un navire anglais. Continuant de dévaster la région, les Abénaquis revinrent plus tard devant Boston. Le gouverneur anglais, se trouvant dans une situation des plus critiques, commença à négocier avec les Indiens. Mugg resta comme otage à Boston pour les pourparlers de paix, mais ceux-ci échouèrent et Mugg réussit à s'échapper de la capitale de la colonie anglaise. Ce ne fut qu'en 1677, quand les Mohawks se rangèrent du côté des Abénaquis à cause d'une maladresse anglaise, que ceux-ci réussirent à signer à Casco une paix provisoire avec les Abénaquis, désormais mener par le chef Squando depuis la mort de Mugg. À la fin des années 1670, les Abénaquis et les Micmacs contrôlaient le sud de l'Acadie et empêchaient les Anglais de s'aventurer plus dans la colonie française, ce qui eut pour effet de sécuriser celle-ci et de la mettre à l'abri de la Nouvelle-Angleterre.

Années 1680-1697

Dans les années 1680, malgré la brève et fragile paix de Casco de 1677-1678, les tensions entre Abénaquis et Anglais étaient toujours aussi vives, les Indiens contrôlant les rives de la Pentagoët. Le gouverneur général anglais Edmund Andros essaya plusieurs fois de gagner à sa cause les Abénaquis, profitant d'une absence de Saint-Castin, mais échoua. Avant que la première guerre intercoloniale n'éclate en 1689, les combats, menaçant de reprendre à tout moment en cette période de tensions entre la colonie puritaine et les Indiens, reprirent en effet entre Anglais et Abénaquis.

À partir de 1689, ce conflit entre Abénaquis et Anglais se confondit avec la Première Guerre intercoloniale, elle-même étant le théâtre américain de la Guerre de la Ligue d'Augsbourg qui confronta les Français aux Anglais. Les attaques micmacs et abénaquises se firent alors plus intenses, les guerriers abénaquis accompagnant désormais ouvertement des expéditions militaires françaises afin de faire tomber les forts anglais du sud de l'Acadie.

Issue du conflit

Le bilan de la guerre est pour les Anglais assez négatif. Grâce à leur alliance avec la confédération wabanaki, les colons français de l'Acadie ont pu résister à l'expansion anglaise et ont pu leur interdire l'accès à l'Acadie jusqu'aux Traités d'Utrecht de 1713, contrebalançant ainsi l'inégalité démographique entre l'Acadie peu peuplée et la Nouvelle-Angleterre soumise à une immigration massive et soutenue. La fin de la guerre de la Ligue d'Augsbourg en 1697 signe également la fin du conflit anglo-abénaquis. Cependant, les colons anglais, toujours plus nombreux, vont reprendre les hostilités avec la colonie acadienne et la confédération wabanaki dans le cadre de la deuxième Guerre intercoloniale, de 1703 à 1713. Les Traités d'Utrecht vont signer la fin de la domination française sur l'Acadie qui devient de ce fait un territoire britannique. De 1722 à 1725, les Abénaquis reprendront la guerre contre la Nouvelle-Angleterre (Guerre anglo-wabanaki), mais, contrairement aux précédentes guerres anglo-wabanakises, les Abénaquis et les Micmacs se battront en premier lieu pour leurs intérêts personnels, et non plus pour ceux de la Nouvelle-France, même s'ils seront aidés et soutenus par des jésuites français.

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