Wissam Arbache

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Wissam Arbache est un metteur en scène, auteur franco-libanais, né au Liban.

Théâtre

Destiné à des études scientifiques bien que passionné de littérature, il s’investit très tôt dans le théâtre universitaire à Orléans dont il prend rapidement la direction. Il interroge la représentation théâtrale en montant Brecht, Frisch. Le thème de l’identité est fort dans ses premiers travaux. Puis affirmant une exigence littéraire forte, un attachement au poème et un réel questionnement de l’espace théâtral, il crée sa compagnie dans laquelle il travaillera sur l’écriture contemporaine (Azama, El hanaï, puis Juliet, Des forêts et Noël dans des lieux atypiques telle l’ancienne vinaigrerie où il est en résidence).

Ses travaux sont repérés et Olivier Py, alors directeur du CDN, l’associe à son travail en lui proposant d’être son assistant. Après avoir participé à « L’apocalypse joyeuse » et à « Epitre aux jeunes acteurs », il retourne à ses réalisations théâtrales. Il fait ses débuts de metteur en scène à Paris en 2004 avec « le Château de Cène » de Bernard Noël au théâtre du Rond Point, qu’il adapte avec l’auteur. Il y affirme un choix esthétique fort et confirme son attachement au poème. Il crée Murale de Darwich, en version bilingue, à la maison de la poésie avec le soutien de l’auteur et « le Cid » à Gennevilliers en 2007. Parallèlement, il poursuit son cycle de lectures à Orléans dans lequel il partage avec le public des textes d’auteurs comme Janvier, Tolstoï, Schwob, Sade, Berlioz, Noël, Ducros, Siméon, Labou Tansi, Ibsen, Wannous, Bataille, Akakpo, Sawah…Il participe aussi à des ateliers de formation, des festivals en région, et à des commandes de mise en espace de textes contemporains (« Littoral » de Mouawad, « Alpenstock », de Rémi De Vos…)

En 2007, il est sur la « Short-list » pour proposer un projet pour le CDN d’Orléans. Son projet, qui n’a pas été retenu, proposait, outre sa réflexion sur la langue, un large travail en rapport avec son activité au moyen orient.

Théâtre et Moyen Orient

C’est en travaillant avec Bernard Noël sur l’adaptation du « Château », qu’il perçoit que derrière la langue, il y a un écho silencieux qui contient l’histoire collective d’une culture. « Bernard m’a rendu ma langue » dit-il. Poursuivant son questionnement artistique, il décide d’interroger sa langue maternelle alors perdue. Il participe dès 2005 à des résidences « Ecritures vagabondes » au Liban et en Syrie où, en plus de son travail d’écriture, il rencontre des auteurs, des acteurs et des opérateurs culturels. Il interroge l’existence d’un théâtre arabe dans le cadre d’une recherche « Villa Médicis hors les murs » en 2008. Au festival d’Amman, il s’investit dans la réflexion sur les notions de coopération artistique et culturelle. Convaincu que sa position particulière à la jonction de deux cultures, parfois exclusives, lui permet, au regard de ses choix artistiques, d’avoir un regard aiguisé, il poursuit son travail de recherche sur la culture arabe. Il crée à Damas « Rituel pour une métamorphose » pièce maitresse de Saadallah Wannous, le grand auteur syrien de théâtre. C’est la première création de ce texte à Damas et en arabe. Le spectacle marque les esprits, heurte certains conservatismes et se trouve censuré par le pouvoir religieux. Cette expérience le marque. De retour en France en 2010, il propose le programme bilingue annuel « Le poème : Terre de la langue arabe », anthologie originale de la poésie arabe, qui est le « printemps arabe » de l’Odéon. Il invite le public à voyager dans la culture arabe par la proximité qu’elle noue avec son poème. Par ce regard original, il se propose de trouver le lieu d’une altérité capable de rafraîchir le regard de chacun sur sa propre culture. La première partie est axée sur la poésie populaire contemporaine et ses sources andalouses. Avec le printemps arabe en 2011, il donne immédiatement voix aux poètes dans « Rytmes de la révolution », deuxième partie du programme « Le poème terre le la langue arabe » à l’Odéon. Son regard particulier l’amène à passer commande à l’auteur franco-libanais Charif Ghattas d’un texte sur le printemps arabe, où il vise la proximité de la solitude entre celui qui, sans pouvoir, résiste et celui qui, ayant le pouvoir, massacre.

Opéra

Il fait ses débuts à l’Opéra en assistant Olivier Py à la mise en scène des « contes d’Hoffman » d’Offenbach au Grand Théâtre de Genève avec José Van Dam. Puis sur les créations de « la damnation de Faust » de Berlioz (Van Dam, Kaufman), « Tristan et Isolde » (Charbonnet, Forbis, Armin Jordan) et « Tannhauser » de Wagner. La qualité de son travail et son approche musicale en font un collaborateur important pour Olivier Py, avec lequel il ne travaille qu’à l’opéra. Il devient alors rapidement son collaborateur artistique pour « la trilogie du Diable » et est chargé de la reprise de la Damnation (Garança, Nelson, Groves, White) en 2008. En tant que collaborateur artistique, il participe aussi à la création du « Rake’s Progress » de Stravinsky à l’Opéra Garnier, « Idoménée » de Mozart au festival d’Aix en Provence (Minkowski, Croft, Beuron karthaüser) dont il est chargé des reprises à Brême et Salzbourg. Il travaille sur « Roméo et Juliette » de Gounod a Amsterdam, (Minkowski, Jordi), et en assure la reprise à Copenhague. Il travaille aussi sur « Mathis der Mahler »de Hindemith à l’Opéra bastille (Eschenbach, Goerne). Sa passion pour la musique, le théâtre et l’opéra, le travail avec les éminentes personnalités rencontrés sur les différentes productions le poussent naturellement à vouloir signer ses propres mises en scène. Il signe début 2009 une mise en espace remarquée de « La Damnation de Faust »' au Théâtre du Châtelet à Paris (Lombardo, Lecrouart, Gautrot).

La saison dernière, il a été invité à créer « Robert le diable » opéra de Meyerbeer à l'Opéra National de Bulgarie à Sofia. A Beyrouth il a créé la pièce fruit d’une commande qu'il a passée à Charif Ghattas autour de l'intimité d'un dictateur.Il poursuit son programme à l’odéon et en tournée. Il Travaille à la production d’une intégrale des 1001 nuits, théâtre musical, performance tous publics en plusieurs feuilletons.

En 2014, il travaille à la traduction de jeunes auteurs de théâtre du moyen orient dans le cadre de Marseille 2013, et monte sur les planches dans un spectacle sur la correspondance entre Chaissac et Dubuffet (Au lavoir moderne parisien et en tournée) dans le cadre de la sortie de celle-ci aux éditions Gallimard, dans une mise en scène de Denis Guénoun.