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Christophe Babinet

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Christophe Babinet, fondateur d'une société de renseignement économique, historien et ancien journaliste, est né le 9 octobre 1954 à Paris, dans une famille établie en Poitou depuis plus de cinq siècles[1]. Parents scientifiques et chercheurs, l'un en informatique, l'autre en génétique.

Illustration familiale

Son trisaïeul paternel est Jacques Babinet (1794-1872), mathématicien, physicien et astronome.

Son trisaïeul maternel, Wladyslaw, comte Zbyszewski-Starza (1834-1909). Officier polonais servant dans la marine impériale russe, participa au siège de Port-Arthur. En 1863, commandant la corvette russe America, déserte à Shanghai pour se joindre au soulèvement de la Pologne contre la Russie et prend la responsabilité de l'organisation des forces navales de l'insurrection. Après l'échec de cette dernière, s'établit à Paris où il fonde la banque Lyon et Loire. Rétabli dans ses droits et ses biens en 1879 par le grand-duc Constantin, frère du Tsar Nicolas II qui l'amnistiera en 1880, il monta plusieurs sociétés minières et industrielles franco-russes en Russie, où il avait été l'un des plus chauds partisans de la mise en valeur de la Sibérie[2]. Son épouse, Blanche, était la petite-fille de Sir John Digby Murray, Xème baronet of Stanhope[3] (Écosse).

Études et formation intellectuelle

Études primaires et secondaires au Collège Sainte-Croix de Neuilly, puis prépare le concours d'entrée à l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm aux lycées Pasteur (Neuilly-sur-Seine) et Louis-le-Grand (Paris). Reçu en 1976, opte pour l'histoire des relations internationales contemporaines. Parallèlement à sa scolarité à l'ENS-Ulm, études à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales, où il a pour professeurs et patrons de thèse, respectivement, Jean-Baptiste Duroselle et François Joyaux. Soutient sa maîtrise en 1978 sur Les relations khméro-viêtnamiennes 1953-1975, puis sa thèse de doctorat en novembre 1980 sur L'Indochine dans les relations franco-chinoises 1940-1944[4], bénéficiant d'une dérogation pour l'ouverture anticipée des fonds d'archives de cette période. Acquiert des rudiments de viêtnamien et de chinois mandarin. Par ailleurs, auditeur du Centre de formation professionnelle du Ministère des Finances (1979-1980).

Par intérêt et sympathie pour l'histoire et la culture des peuples de la péninsule indochinoise autant que par engagement personnel, il noue des relations suivies avec plusieurs mouvements et personnalités de l'opposition aux régimes communistes ayant pris le pouvoir en 1975 à Phnom Penh (Cambodge) et Vientiane (Laos).

Il évolue ainsi au contact du Gouvernement Royal du Laos Libre[5], constitué en France en octobre 1978 sous l'égide de l'ancien Premier ministre Phoui Sananikone (1903-1983). Il sera le principal rédacteur de son organe de presse, « La Voix du Laos Libre », jusqu'à la fin 1979, sous le pseudonyme de Seri Bounsong.

Il entre également en contact en 1978 en Thaïlande avec des représentants du MORREPLAN (Mouvement de Résistance du Peuple Lao Armé Neutraliste) du général Kong Lê[6], l'un des principaux mouvements de résistance armée au régime communiste de Vientiane et à l'occupation du Laos par le régime d'Hanoï.

Noue aussi des relations avec diverses personnalités cambodgiennes de l'opposition au régime des Khmers Rouges, dont l'ancien ministre nationaliste Sim Var (1906-1989), animateur du Moulkhmer (Mouvement pour le Soutien de la Liberté Khmère)[7].

Rejoint par ailleurs (1976-1981) le noyau d'intellectuels et d'écrivains de la revue Contrepoint, de mouvance aronienne[8], ancêtre de la revue Commentaire et dont Georges Liébert et Alain-Gérard Slama ont été les fondateurs dans les années 1970. Il y publie des chroniques sur l'Asie du Sud-Est et une étude, « Sihanouk et les communistes viêtnamiens». À Contrepoint, creuset d'esprits indépendants, il fréquente notamment le poète Ricardo Paseyro[9], l'essayiste et historien Alain-Gérard Slama[10] et se lie d'amitié avec l'ex-journaliste du « Monde » Michel Legris[11].

Carrière

Depuis 1996 – Associé fondateur et gérant d'ISEC-Information & Sûreté Economiques, société de renseignement concurrentiel, risque-pays et sûreté[12]. À personnellement rempli plus de 1400 missions de recherche et analyse d'informations pour le compte de pme et de groupes français ou étrangers ainsi que pour les principaux cabinets d'avocats d'affaires de la place de Paris.

1991-1996 – Associé et administrateur de C.M.A, l'une des premières sociétés françaises d'intelligence économique, créée en 1990. Cède ses parts en 1999 à Eurogroup Consulting, alors membre du réseau pluridisciplinaire Mazars.

1989-1991 – Chef du service Industrie au Moniteur (groupe HAVAS), puis rédacteur en chef délégué du Moniteur des Villes.

1984-1988 – Journaliste indépendant collaborant à plusieurs journaux et magazines économiques (Les Echos, L'Expansion, Le Moniteur, Le Moniteur du Commerce International..). De 1984 à 1987, il est parallèlement conseiller sous contrat à la présidence de la Société nationale Elf Aquitaine, rattaché au secrétaire général du groupe, Pierre Michaux, pour lequel il rédige le premier ouvrage retraçant l'histoire du groupe à partir de ses archives et de témoignages oraux. Propriétaire du droit d'auteur, il s'opposera finalement à sa publication.

1980-1983 – Attaché de relations publiques d'Elf Aquitaine et chargé de missions à son Secrétariat Général. Entre autres tâches, commence à inventorier les archives présidentielles du groupe pétrolier et à recueillir le témoignage d'une soixantaine de ses fondateurs et dirigeants, ainsi que celui de l'ancien ministre de l'Industrie André Giraud et de plusieurs anciens directeurs des Hydrocarbures[13].

Enseignement

Chargé de cours de Relations internationales (Asie du Nord-Est et du Sud-Est) à la Faculté de Droit et Sciences Economiques de l'Université d'Auvergne (2000-2008).

Publications

  • Sociologie des sociétés militaires privées (Paris, C2SD, Ministère de la Défense, 2006). Étude commandée par l'État-major des Armées.
  • La Marine et les actions civilo-militaires (Paris, C2SD, Ministère de la Défense, 2005). Étude commandée par l'État-major d'Opérations de la Marine.
  • Le devoir de vigilance. De la nécessité du renseignement économique (Paris, Denoël, 1992), l'un des premiers ouvrages consacrés en France au renseignement économique[14].
  • Les plus grandes fortunes du monde (en collaboration avec Pierre Beaudeux (L'Expansion) et Guillaume Bonnet (Agence France-Presse), Paris, Hachette-JC Lattès-L'Expansion, 1988). Éditions en français, arabe et espagnol.
  • Le Général de Gaulle, le pétrole et le Tiers Monde, in De Gaulle et le Tiers-Monde, ouvrage collectif publié par l'Institut Charles de Gaulle et l'Institut du Droit de la Paix et du Développement, Paris, Éditions A.Pedone, 1984.
  • L'action du Général de Gaulle en Indochine à partir de la Chine – 1940-1944, in De Gaulle et l'Indochine, ouvrage collectif publié par l'Institut Charles de Gaulle, Paris, Plon, 1982.
  • Sihanouk et les communistes viêtnamiens, Paris, Contrepoint, 1981. Étude publiée en trois volets.

Notes et références

  1. Originaire de Fontenay le Comte et Lusignan (Vienne), la famille Babinet a occupé depuis le début du XVIème siècle des charges dans la magistrature, l'échevinage et les finances royales. Vincent Babinet fut écuyer et conseiller de Louis XIV de 1649 à 1669. Voir Les Babinet du Poitou et de Paris, texte numérisé, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5577981v.texte http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:1_crescent_argent_in_heraldry#mediaviewer/File:Blason_de_la_famille_Babinet.svg et Armorial général de France (dit d'Hozier), Paris, Bibliothèque nationale, département des Manuscrits.
  2. Mémoires, articles et documents à la Bibliothèque polonaise de Paris et à la Bibliothèque nationale de Varsovie. Voir notamment Wiadomosci, Revue hebdomadaire de Londres, 6 septembre 1964, année XIX, n°36, Skalkowski in Journal Novoc Kremea, octobre 1904, et journal Varsovie du Swiat, 6 novembre 1909. Et Władysław Zbyszewski (pl) http://www.sejm-wielki.pl/b/sw.96999
  3. (en) Murray baronets
  4. http://ccfr.bnf.fr/portailccfr/jsp/index.jsp et http://ccfr.bnf.fr/portailccfr/jsp/index.jsp
  5. Voir Archives nationales, Intérieur, cote 19990260/36, dossier Laos. Et http://www.larousse.fr/archives/journaux_annee/1979/chrono/1978-10 http://www.nytimes.com/1983/12/12/obituaries/phoui-sananikone-dies-at-80-an-ex-prime-minister-of-laos.html
  6. Sur ce mouvement, voir Jean Deuve, L'aide chinoise à la résistance laotienne anticommuniste, in CF2R, Renseignement et opérations spéciales, n°8,Paris, L'Harmattan, 2001, p.101.
  7. http://aefek.free.fr/iso_album/sim_var.pdf et Sim Var
  8. http://www.wikiberal.org/wiki/Contrepoint
  9. Ricardo Paseyro (1925-2009). Ancien représentant diplomatique de l'Uruguay à Paris, démissionne après le coup d'Etat militaire du 27 Juin 1973 et prend la nationalité française. Marié à la fille cadette du poète Jules Supervielle, il sera, entre autres, le rédacteur en chef du quotidien L'Aurore (groupe Hersant) et de la revue Contrepoint. Auteur de poèmes et de plusieurs ouvrages, il met à nu Pablo Neruda dans un livre resté célèbre, Le mythe Neruda, (Editions de l'Herne, 1965), où il publie les poèmes écrits par ce dernier à la gloire de Staline et Mao Tse Tung, déclenchant un tollé qui écartera définitivement Neruda du prix Nobel de littérature.
  10. Alain-Gérard Slama, né en 1942, historien, essayiste et journaliste, professeur d'histoire des idées politiques à Sciences Po, éditorialiste et membre du comité éditorial du Figaro.
  11. Michel Legris (1931-2008) – Journaliste au Monde de 1956 à 1972, il en démissionne en faisant jouer la clause de conscience et, en 1976, publie chez Plon Le Monde tel qu'il est, un livre retentissant dans lequel il démontre la dérive désinformatrice et partisane que connaît le quotidien sous les apparences de l'objectivité. Mis au ban de la presse française, il y reviendra en 1985, date à laquelle Sir James Goldsmith l'engage à L'Express.
  12. http://www.isec-info.com/isec.html
  13. Michel (Anne-Thérèse), Aux sources de l'histoire pétrolière : les fonds d'archives historiques du groupe Total, Paris, Institut d'Histoire du temps présent, bulletin n°84. http://www.ihtp.cnrs.fr/spip.php%3Farticle319&lang=fr.html
  14. Après ceux de Bruno Martinet et Jean-Michel Ribaut (La veille technologique, concurrentielle et commerciale, Paris, Editions d'organisation, 1988), de Jacques Villain (L'entreprise aux aguets, Paris, Masson, 1990) et François Jakobiak (Pratique de la veille technologique, Paris, Editions d'organisation, 1991).

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