Angélique « Signé Poitou-Charentes »
Plante emblématique du marais poitevin, l'angélique est une plante bisannuelle de la famille des Ombellifères reconnaissable à sa tige cannelée épaisse et creuse ainsi qu'à son arôme spécifique.
Afin de valoriser les pratiques culturales traditionnelles et dans le but de sauvegarder les savoir-faire locaux[1], des producteurs et artisans de la région Poitou-Charentes se sont engagés dans une démarche qualité mise en place par l'IRQUA Poitou-Charentes. Regroupés au sein de l'« Association de promotion de l'angélique Niort-Marais poitevin », les professionnels de cette filière ont obtenu l'identifiant régional « Signé Poitou-Charentes » en 2006 pour l'angélique confite. La compote, la confiture et la crème sont également identifiées régionalement depuis juin 2010.
Bref historique
Originaire de Scandinavie, l'angélique fut importée en France par le biais des Ardennes au XIIe siècle. À cette époque, elle était utilisée dans les cloîtres d'Europe centrale pour ses propriétés anti-pesteuse. Cependant, la culture de l'angélique remonte à la plus haute antiquité : l'Égypte pharaonique en cultivait déjà dans le sud du pays pour ses propriétés médicinales.
C'est en 1602, à l'occasion d'une grave épidémie de peste[2], que fut introduite la culture de l'angélique dans le Marais Poitevin. L'angélique confite, recette que l'on attribue aux sœurs de la Visitation de Sainte-Marie, fut mise au point à cette époque et devint une des spécialités niortaises.
Néanmoins, si Niort est connu depuis longtemps pour son angélique confite, ce n'est qu'à partir de 1869 que l'on commença à la cultiver à grande échelle. Cette année-là, lors de la démolition du château, un notaire nommé Morisseau eut l'idée ingénieuse d'utiliser les fossés pour en faire une plantation d'angélique. Cette « allée d'angélique », au milieu de laquelle se promenaient les Niortais, fut appelé « allée Morisseau ». Aujourd'hui, et depuis une douzaine d'années, l'«Association de promotion de l'Angélique Niort-Marais poitevin » avec le soutien des collectivités territoriales s'emploie à redynamiser cette filière pour que l'angélique, qui fait partie du patrimoine local niortais, renaisse.
La démarche qualité « Signé Poitou-Charentes »
Dans le but d'assurer aux consommateurs un produit de qualité et afin de sauvegarder des savoir-faire locaux traditionnels, l'« Association de Promotion de l'Angélique Niort-Marais poitevin » et l'IRQUA Poitou-Charentes ont mis en place une démarche qualité avec un cahier des charges spécifique, grâce au soutien de la Région Poitou-Charentes. Celui-ci vise à établir un niveau d'exigence précis concernant la qualité visuelle et gustative de l'angélique. L'identifiant régional « Signé Poitou-Charentes » a été obtenu en 2008. Voici les garanties essentielles :
- une seule espèce cultivée : Angélica Archangélica
- produits concernés par la démarche qualité: l'angélique confite, les confitures, compotes et crèmes d'angélique
- l'angélique confite est obligatoirement préparée à partir de tiges épluchées de 1re année (car plus tendres et moins fibreuses).
- parcelles de production situées dans les communes adhérentes au parc interrégional du Marais Poitevin.
- récolte manuelle des tiges avec tri qualitatif
- la transformation de l'Angélique récoltée doit se faire dans un atelier situé dans la communauté de communes de Niort
- les conservateurs sont interdits
- raisonnement des pratiques culturales
- traçabilité du produit
La culture de l'angélique en démarche qualité
L'Angélique « Signé Poitou-Charentes » est exclusivement produite dans les communes adhérentes au parc interrégional du Marais Poitevin. Ce dernier offre des terres favorables à sa culture : un sol humide, argileux et riche en matière organique.
Les semences[3] perdant très rapidement de leur pouvoir germinatif (quelques semaines après la récolte), le semis a lieu dès la récolte des fleurs, d'août à septembre, dans un endroit abrité. La mise en terre définitive des jeunes plantules aura lieu au printemps suivant. Étant une plante bisannuelle, l'angélique accomplit son cycle de vie en deux années. Lors de la première année, la plante développe son appareil végétatif : racines, tiges et feuilles. C'est à la fin de ce premier stade du cycle de croissance que l'on récolte les tiges servant à l'élaboration, entre autres, de l'angélique confite. Afin de pérenniser la culture, certains plants d'angélique ne sont pas récoltés la première année mais conservés jusqu'au terme de la deuxième. La plante fleurira alors et donnera des graines qui permettront de lancer une autre production.
Le plus
En gastronomie[4], l'angélique peut être utilisée sous diverses formes. La première et la plus connue de toutes est l'angélique confite. Fabriquée à partir des tiges épluchées de 1re année (plus tendres et moins fibreuses), elle se présente sous la forme de bâtonnets pouvant être dégustés en l'état ou bien être utilisés en pâtisserie : la galette charentaise à l'angélique en est un parfait exemple. On peut aussi utiliser l'angélique sous forme de confiture ou de crème pour fourrer des chocolats et même extraire de l'huile essentielle des racines pour en faire de la liqueur.
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- www.irqua.com
- www.angelique-maraispoitevin.fr
- www.poitou-charentes.fr
- www.inao.gouv.fr
- www.niortmaraispoitevin.com
Notes et références
- ↑ Association de Promotion de l'angélique Niort-Marais poitevin
- ↑ Vincent BUCHE, L'Angélique de Niort & du monde entier, Geste éditions
- ↑ Claude Lebet, L'Inventaire du patrimoine culinaire de la France, Albin Michel / CNAC, 1994
- ↑ L'angélique de Niort
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