Cambo Costa
| Nom de naissance | Constantin Cambouroglou |
|---|---|
| Naissance |
Athènes (Royaume de Grèce) |
| Décès |
(à 41 ans) Paris 6e (France) |
| Nationalité | Grecque, puis française (1932) |
| Profession |
Violoncelliste |
| Autres activités |
Sympathisant royaliste |
| Formation |
Lycée Janson-de-Sailly, Sorbonne |
| Ascendants |
Dimítrios Kamboúroglou (père) |
Constantin Cambouroglou, dit Cambo Costa, né le à Athènes et mort le à Paris, est un violoncelliste d'origine grecque, naturalisé français, et un sympathisant du mouvement royaliste Action française. Il est l'une des victimes de la crise du 6 février 1934 : blessé par balle lors de l'émeute parisienne, il meurt trois jours plus tard[1],[2].
Origines, formation et activités
Constantin Cambouroglou est le fils de Dimítrios Kamboúroglou (1852-1942), écrivain, journaliste et historien grec, notamment connu pour ses recherches sur l'histoire d'Athènes à l'époque de la domination ottomane[3].
Arrivé en France en 1908 dans l'intention de préparer l'entrée à l'École centrale, il étudie d'abord au lycée Janson-de-Sailly, puis se réoriente vers les lettres. Il obtient une licence ès lettres à la Sorbonne et poursuit parallèlement une formation de violoncelliste. Sa vie professionnelle reste liée à la musique, même si l'Almanach de l'Action française le présente comme un musicien sans emploi au moment de sa mort[4].
Il acquiert la nationalité française le 19 avril 1932. Cette naturalisation est publiée au Journal officiel de la République française du 24 avril[5],[6].
Proximité avec l'Action française
Cambo Costa s'intéresse aux écrits de Charles Maurras et de Léon Daudet et se rapproche de l'Action française, mouvement nationaliste et monarchiste opposé à la Troisième République. Sa relation avec cette organisation ne doit cependant pas être confondue avec une appartenance attestée aux Camelots du roi. Dans son almanach de 1935, l'Action française le qualifie précisément d'« allié », tandis qu'elle désigne d'autres victimes des événements de février 1934 comme des ligueurs ou des Camelots du roi[4].
Mort lors des événements du 6 février 1934
Le 6 février 1934, plusieurs cortèges antiparlementaires convergent vers le centre de Paris dans un climat tendu par l'affaire Stavisky et le déplacement du préfet de police Jean Chiappe. Les manifestations, auxquelles participent notamment des ligues d'extrême droite, dégénèrent en affrontements avec les forces de l'ordre aux abords de la place de la Concorde. Les tirs policiers font plusieurs morts et de nombreux blessés. Cette crise provoque la démission du gouvernement d'Édouard Daladier le lendemain[7].
Présent lors des troubles, Cambo Costa reçoit une balle au crâne. Hospitalisé à l'hôpital de la Charité, il succombe à sa blessure le 9 février 1934, à la veille de son quarante-deuxième anniversaire. Sa mort figure dans les bilans établis par la commission d'enquête parlementaire sur les journées de février[5],[2].
Obsèques et mémoire

Ses obsèques sont célébrées le 14 février 1934 à l'église grecque orthodoxe Saint-Étienne, rue Georges-Bizet, à Paris. Il est ensuite inhumé au cimetière parisien de Bagneux. Outre sa famille, l'assistance comprend des représentants de l'Action française, dont Charles Maurras et l'amiral Antoine Schwerer. Le journal Excelsior rend compte de la cérémonie et en publie une photographie[8],[9].
Le mouvement royaliste associe ensuite Cambo Costa à la mémoire de ses morts du 6 février. Son almanach de 1935 évoque les délégations de ligueurs, de Camelots du roi et d'étudiants royalistes présentes aux funérailles[4]. Son nom figure également au revers d'une médaille de 1938 commémorant trente années de lutte « pour la France et le Roi », avec ceux d'autres figures honorées par les Camelots du roi[10].
Notes et références
- ↑ « Acte de décès de Constantin Cambouroglou, n° 281, Paris (6e), 9 février 1934, vue 29/31 », sur Archives de Paris
- ↑ 2,0 et 2,1 Les victimes des journées du 6 au 12 février 1934 : rapport fait au nom de la commission d'enquête, Chambre des députés, [lire en ligne]
- ↑ (el) « Καμπούρογλου, Δημήτριος Γρ. (1852-1942) », sur Académie d'Athènes
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 Almanach de l'Action française, Action française, [lire en ligne], p. 53-54
- ↑ 5,0 et 5,1 Marc Rucart, Rapport général fait au nom de la commission d'enquête chargée de rechercher les causes et les origines des événements du 6 février 1934 et jours suivants ainsi que toutes les responsabilités encourues, vol. 1, Chambre des députés, [lire en ligne]
- ↑ « Journal officiel de la République française du 24 avril 1932 », sur RetroNews,
- ↑ Romain Ducoulombier, « 6 février 1934, l'événement choc : les droites, les gauches et la rue », sur Fondation Jean-Jaurès,
- ↑ Excelsior, 15 février 1934, p. 5, lire en ligne.
- ↑ Albert Marty, L'Action française racontée par elle-même, Nouvelles Éditions latines, [lire en ligne], p. 319
- ↑ « Troisième République, médaille « 30 ans de lutte pour la France et le Roi » (1938) », sur CGB Numismatique
Bibliographie
- Pierre Pellissier, 6 février 1934. La République en flammes, Paris, Perrin,
- Février 34. L'affrontement, Paris, Fayard, (ISBN 978-2-213-65526-0)
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