Christophe Forgeot

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Christophe Forgeot, né en 1966, est un poète, dramaturge, comédien et animateur d'ateliers d'écriture français. Diplômé en sciences de l'éducation, il développe depuis les années 1990 une activité qui associe création littéraire, théâtre et transmission. Comédien professionnel de 1989 à 1994[1], il cofonde en 1993 la revue de poésie interculturelle Le Matin déboutonné à l'université Paris 8 et enseigne l'écriture théâtrale à l'université de Toulon depuis 2000[2].

Auteur d'une quinzaine de livres de poésie et de prose ainsi que de plusieurs pièces de théâtre, il publie aussi des poèmes, nouvelles, articles et notes de lecture dans de nombreuses revues et anthologies. Le PEN Club français, dont il est membre, indique que ses textes figurent dans une centaine de revues et d'anthologies francophones[3]. Une partie de son œuvre poétique s'organise autour du voyage et de l'expérience intérieure, tandis que plusieurs de ses livres et lectures sont conçus en collaboration avec des artistes visuels ou des musiciens.

Parcours

Christophe Forgeot écrit des poèmes et pratique le théâtre depuis l'adolescence[2]. Après plusieurs années de pratique scénique, il exerce comme comédien professionnel entre 1989 et 1994[1]. Il s'oriente parallèlement vers la formation et les sciences de l'éducation. La notice d'autorité de Persée, issue d'IdRef, le présente comme « comédien, animateur, formateur », diplômé en sciences de l'éducation[4]. Il obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) dans cette discipline et poursuit des études de troisième cycle à Paris 8[2],[5]. En 1999, il y publie dans Pratiques de formation. Analyses l'article « Le poème : de l'écoute à la parole », qui articule pratique poétique, oralité et écoute[5].

Le Matin déboutonné

En 1993, avec Mina El Hassouni et Myriam Lemonchois, Christophe Forgeot cofonde Le Matin déboutonné, revue de poésie interculturelle créée au sein du Centre interculturel de Vincennes à Saint-Denis (CIVD) de Paris 8. Clément Gnagne rejoint ensuite l'équipe d'animation. Forgeot indique en 1999 avoir coanimé la revue jusqu'à la fin de 1997 ; les bibliographies rétrospectives de la revue couvrent la période 1993-1998[5],[6]. Le projet s'inscrit dans les activités interculturelles du CIVD, association née à Paris 8 en 1984 autour de l'expression artistique des différentes cultures présentes à l'université[6].

La revue reçoit en 1993 le premier prix Culture-Action du CROUS puis le deuxième prix du CNOUS[7]. Elle bénéficie d'un comité de patronage où figurent notamment Hervé Bazin, Mohammed Dib, Guillevic, Jean Rousselot, Robert Sabatier, Henri Meschonnic, Guy Foissy et Victor Haïm[6]. Elle publie plus d'une centaine d'auteurs, parmi lesquels Andrée Chedid, Rabah Belamri, Abdellatif Laâbi, Colette Nys-Mazure, Jean Portante et Claude Pujade-Renaud[8]. Cette expérience de revuiste constitue l'un des premiers cadres dans lesquels Forgeot relie écriture, édition, animation collective et démarche interculturelle.

Enseignement et ateliers

À partir de 2000, Forgeot intervient à l'université de Toulon dans le champ de l'écriture théâtrale, d'abord pour le diplôme universitaire « Écrivain public – Auteur conseil ». Son site professionnel présente cette activité comme continue depuis 2000[9], et Le Dauphiné libéré le présente encore en 2025 comme artiste-auteur et chargé d'enseignement à l'université de Toulon[10].

Il anime également des ateliers d'écriture, de création littéraire et de théâtre auprès de bibliothèques, associations, établissements scolaires et structures de formation. Dans les années 2000 et 2010, il met notamment en scène des textes contemporains avec la Compagnie du Chaperon Rouge dans le Var[11]. Au milieu des années 2020, cette activité se poursuit en Centre-Val de Loire et dans la Vienne : il intervient par exemple à la médiathèque d'Azay-le-Ferron en 2026 et anime un atelier de théâtre à La Roche-Posay[12],[13].

Œuvre

Poésie

Le premier recueil de Christophe Forgeot, Douves et coursives, paraît en 1995 chez Unimuse avec une préface de Colette Nys-Mazure. Il est suivi de La Tension du jeu de yo-yo (1996), préfacé par René Barbier, puis de Caravane mirobolante (1998), publié dans la collection « Poètes des cinq continents » de L'Harmattan[8]. Ces livres ouvrent une œuvre où le déplacement géographique sert souvent de point d'appui à une interrogation plus intérieure. Porte de la paix intérieure (2009), inspiré par un séjour en Chine, est ainsi présenté par son éditeur comme le parcours d'un « nomade en quête de sagesse », allant de l'étrangeté et de la multitude vers une exploration plus intime[14].

Le voyage reste explicite dans Saisir la route (2013), réalisé avec les photographies d'Agnès Mallez, puis dans Haïkus du voyage (2015), illustré par Nicolas Geffroy. Forgeot travaille aussi la forme du livre en collaboration avec d'autres artistes : De loin en loin est un livre d'artiste réalisé avec le peintre et graveur Henri Baviera, tandis que Ode à l'O et Petit frichti de mots sont illustrés par Christine Cadoret[8]. Cette dimension collaborative se retrouve dans ses lectures publiques, souvent associées à l'improvisation musicale.

La Chambre des récoltes (2019) rassemble des poèmes précédemment parus entre 2002 et 2017. Dans la revue Traversées, le critique Georges Cathalo souligne l'économie des mots et des images, ainsi que l'attention portée au présent, à la mémoire des disparus et à la relation amoureuse ; il voit dans la « ferveur » un fil conducteur du recueil[15]. Dans la présentation éditoriale de Pleine ruine, François Mocaër insiste pour sa part sur la métaphore des ruines comme manière d'interroger la condition humaine et sur une écriture qui se tient à distance du lyrisme[16].

Forgeot reçoit, ex æquo, le Grand Prix de poésie de la Côte Bleue en 2004, décerné par un jury composé d'Yves Broussard, Daniel Leuwers, Jacques Lovichi et Jean-Max Tixier[17].

Théâtre

Son activité dramatique se développe parallèlement à la poésie. Le Voisin est sélectionné en 1992 au concours international de la pièce en un acte « Val'en Scène ». Le 13 octobre de la même année, Victor Haïm en donne une lecture à Théâtre Ouvert, dans le cadre des « Cartes blanches aux auteurs »[18]. La pièce paraît en 1996 dans le volume collectif 5 pièces de théâtre en un acte, 5 auteurs Askièvres, publié par le CIVD avec des textes de Gilbert Millet, Michel Rouster, Jean-Claude Tanner et Bruno Vignolet. L'association des Auteurs Askièvres est alors parrainée par Guy Foissy[7]. Le Voisin est réédité en 2013 par Encres de Siagne avec une préface de Victor Haïm[8].

Forgeot écrit ensuite plusieurs formes courtes destinées à la lecture ou à la scène : Base l'affaire, lue au Festival contemporain amateur de Châtillon-sur-Chalaronne en 1997, Double corps en 2001, puis À la bonne heure et L'Entraide par le travail, jouées par la compagnie Y Sol en Scène en 2015 et 2016[8]. Son activité de dramaturge est étroitement liée à ses ateliers et à ses mises en scène d'auteurs contemporains plutôt qu'à une production théâtrale continue comparable à son œuvre poétique.

Lectures, critique et collaborations

Forgeot présente régulièrement ses textes en lecture, seul ou avec des musiciens. Il a notamment travaillé avec la contrebassiste Christiane Ildevert, le percussionniste Jeff de La Chaise et le contrebassiste Michel Cerny ; ses programmes mêlent lecture de poèmes, musique et improvisation[8]. Les Éditions du Petit Véhicule, qui publient Haïkus du voyage, présentent cette pratique du « faire ensemble » comme un trait important de son activité artistique[19].

Il collabore également avec des plasticiens. En 2022, il effectue une résidence à la Maison des calligraphies du monde, à La Bastidonne, avec la calligraphe Denise Lach[8]. Avec Henri Baviera, déjà associé au livre d'artiste De loin en loin, il participe au documentaire Henri Baviéra, du vivant à la création, réalisé par Fernand Garnier : la notice de la Bibliothèque nationale de France crédite Forgeot pour l'entretien et la voix[20].

Parallèlement à ses propres livres, il publie des articles et de nombreuses notes de lecture, notamment dans Interventions à Haute Voix, Phœnix, Les Cahiers du sens, Poésie sur Seine et L'Iris Espace[8]. Ses contributions à Pratiques de formation. Analyses dans les années 1990 témoignent aussi du lien qu'il établit entre écriture, écoute et formation[4].

Publications

La bibliographie ci-dessous retient les livres de Christophe Forgeot et une sélection de ses contributions à des ouvrages collectifs. Elle s'appuie sur sa bibliographie d'auteur, recoupée lorsque possible avec les catalogues d'éditeurs, Persée, le PEN Club français et la Bibliothèque nationale de France[8],[4],[3].

Poésie

  • Douves et coursives, préface de Colette Nys-Mazure, Unimuse, 1995.
  • La Tension du jeu de yo-yo, préface de René Barbier, La Bartavelle, coll. « Modernités », 1996.
  • Caravane mirobolante, L'Harmattan, coll. « Poètes des cinq continents », 1998.
  • L'Entretien imaginaire, Hélices, coll. « Poètes Ensemble », 2000.
  • Être de la revue, Clapàs, coll. « Les Ami(e)s à Voix », 2002.
  • Lire l'enfance, L'Espaventau, supplément de la revue Esquisse, 2007.
  • Le Carquois des résistances, Encres Vives, coll. « Encres Blanches », 2007.
  • Murmures d'Eros, préface de Jacques Salomé, Wallâda, coll. « Le Voile d'or », 2008.
  • Porte de la paix intérieure, préface de Lin Chi-Yi, L'Harmattan, coll. « Témoignages poétiques », 2009[14].
  • Saisir la route, photographies d'Agnès Mallez, Jacques André éditeur, coll. « Art Square », 2013.
  • Haïkus du voyage, illustrations de Nicolas Geffroy, préface de Jacques Ferlay, Le Petit Véhicule, coll. « La Galerie de l'or du temps », 2015[19].
  • De loin en loin, livre d'artiste avec Henri Baviera, Les Cahiers du Museur, coll. « À côté », 2016.
  • La Chambre des récoltes, Interventions à Haute Voix, 2019[15].
  • Pleine ruine, Unicité, 2020 ; le PEN Club français en annonce la parution au premier trimestre 2021[16],[21].
  • Ode à l'O, illustrations de Christine Cadoret, Mots nomades, coll. « Poids Plume », 2021.
  • Petit frichti de mots, illustrations de Christine Cadoret, Mots nomades, coll. « Poids Plume », 2022[8].

Théâtre

  • Le Voisin, dans 5 pièces de théâtre en un acte, 5 auteurs Askièvres, CIVD, 1996 ; rééd. Encres de Siagne, 2013[18],[7].
  • Base l'affaire, pièce lue au 11e Festival contemporain amateur de Châtillon-sur-Chalaronne, 1997.
  • Double corps, pièce courte lue par la compagnie Les Chants de l'âme à Cuers, 2001.
  • À la bonne heure, pièce courte jouée par la compagnie Y Sol en Scène, 2015.
  • L'Entraide par le travail, pièce courte jouée par la compagnie Y Sol en Scène, 2016[8].

Récit

  • Le Bruit d'une crue, L'Âne qui butine, coll. « Troglodyte », 2024. L'ouvrage, accompagné d'une photographie de l'auteur prise sur la Creuse à La Guerche, est tiré artisanalement à 33 exemplaires[22].

Ouvrage collectif

  • La Guerche, regards d'artistes sur un village de Touraine, avec des nouvelles d'Olivier Bleys, des aquarelles de Gaston Valran et Raoul de Croÿ et des documents de Jean-Pierre Chaumain, Fer de Chances, 1998[7].

Contributions à des anthologies et ouvrages collectifs (sélection)

  • Le Chemin des étoiles, sous la direction de Jacques Fournier, Musiques & Cultures 68, 1992.
  • La poésie érotique française du Moyen Âge à nos jours, sous la direction de Giovanni Dotoli, Hermann, 2010.
  • Pour Haïti, sous la direction de Suzanne Dracius, Desnel, coll. « Anamnésis », 2010.
  • Monsieur Mandela, sous la direction de Paul Dakeyo, Panafrika / Silex / Nouvelles du Sud, 2013.
  • Voix poétiques, préface de Giovanni Dotoli, Hermann, 2017.
  • Sur la route de la poésie et de la lumière, sous la direction de Mario Selvaggio, L'Harmattan, 2019.
  • Sauvons les migrants – Anthologie poétique humanitaire, sous la direction de Patrick Picornot et Aumane Placide, Parole & Poésie, 2020.
  • Frontières ad libitum, sous la direction de Suzanne Dracius, Idem, 2023.
  • De grâce, sous la direction de Suzanne Dracius, Idem, 2024.
  • La Force des mots ou les pouvoirs de la littérature, textes réunis et présentés par Catherine Pont-Humbert pour le PEN Club français, Oxybia, 2025[23],[8].

Articles et critique

  • « Le poème : de l'écoute à la parole », Pratiques de formation. Analyses, no 36, 1999, p. 161-181[5].
  • « Le Matin déboutonné ou l'aventure d'une jeune revue de poésie en France », dans Le CIVD : 30 ans de créations et d'échanges interculturels, éditions du CIVD, 2015[8].
  • Notes de lecture dans Interventions à Haute Voix, Phœnix, Les Cahiers du sens, Poésie sur Seine, L'Étincelle et L'Iris Espace[8].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 Clément Solym, « Un poème par jour pour animer les paysages 7 », ActuaLitté, 15 mars 2011, consulté le 12 septembre 2026.
  2. ↑ 2,0 2,1 et 2,2 « Christophe Forgeot », site officiel, consulté le 12 septembre 2026.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 « Nos adhérents », PEN Club français, entrée « Christophe Forgeot », consultée le 12 septembre 2026.
  4. ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « Forgeot, Christophe », Persée, notice d'autorité issue d'IdRef, consultée le 12 septembre 2026.
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 et 5,3 Christophe Forgeot, « Le poème : de l'écoute à la parole », Pratiques de formation. Analyses, no 36, 1999, p. 161-181, DOI 10.3406/pfa.1999.2454, consulté le 12 septembre 2026.
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 Christian Verrier, « “Le Matin déboutonné”, revue de poésie interculturelle de Paris 8 Vincennes Saint-Denis (archives années 1990) », Le Journal des Chercheurs, 6 mai 2024, consulté le 12 septembre 2026.
  7. ↑ 7,0 7,1 7,2 et 7,3 « Éditions/publications », Centre interculturel de Vincennes à Saint-Denis – Université Paris 8, consulté le 12 septembre 2026.
  8. ↑ 8,00 8,01 8,02 8,03 8,04 8,05 8,06 8,07 8,08 8,09 8,10 8,11 8,12 et 8,13 « Bibliographie », site officiel de Christophe Forgeot, consulté le 12 septembre 2026.
  9. ↑ « Les chemins du jour », site officiel de Christophe Forgeot, consulté le 12 septembre 2026.
  10. ↑ C. B., « “Jouer, apprendre, approfondir” : deux ateliers d'écriture à l'Art perché », Le Dauphiné libéré, 2 octobre 2025, consulté le 12 septembre 2026.
  11. ↑ « La compagnie du Chaperon Rouge », site officiel de Christophe Forgeot, consulté le 12 septembre 2026.
  12. ↑ « Atelier d'écriture », Parc naturel régional de la Brenne, 25 mars 2026, consulté le 12 septembre 2026.
  13. ↑ « Pratiques amateurs », Maison de la culture et des loisirs de La Roche-Posay, consulté le 12 septembre 2026.
  14. ↑ 14,0 et 14,1 « Porte de la paix intérieure », Éditions L'Harmattan, consulté le 12 septembre 2026.
  15. ↑ 15,0 et 15,1 Georges Cathalo, « Christophe Forgeot, La Chambre des récoltes », Traversées, revue littéraire, 15 septembre 2019, consulté le 12 septembre 2026.
  16. ↑ 16,0 et 16,1 « Christophe Forgeot, Pleine ruine », Éditions Unicité, consulté le 12 septembre 2026.
  17. ↑ « Christophe Forgeot », Éditions L'Harmattan, consulté le 12 septembre 2026.
  18. ↑ 18,0 et 18,1 « Victor Haïm », Théâtre Ouvert, archives du parcours avec Théâtre Ouvert et France Culture, consulté le 12 septembre 2026.
  19. ↑ 19,0 et 19,1 « Christophe Forgeot », Éditions du Petit Véhicule, consulté le 12 septembre 2026.
  20. ↑ « Henri Baviéra, du vivant à la création », Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, notice FRBNF47436140, consultée le 12 septembre 2026.
  21. ↑ « Ils ont publié », PEN Club français, notice de Pleine Ruine, consultée le 12 septembre 2026.
  22. ↑ « Le bruit d'une crue », L'Âne qui butine, coll. « Troglodyte », consulté le 12 septembre 2026.
  23. ↑ « La Force des mots ou les pouvoirs de la littérature », Francopolis, annonce de septembre 2025, consultée le 12 septembre 2026.

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