Ciel Extrême

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Ciel Extrême

Pays France
Langue Français
Périodicité Trimestriel
Genre Astronomie amateur
Fondateur Yann Pothier
Date de fondation 1996
Date du dernier numéro 2012
Site web https://www.astrosurf.com/cielextreme/

Ciel Extrême est une revue française trimestrielle d'astronomie amateur, publiée de 1996 à 2012. Consacrée principalement à l'observation visuelle du ciel profond et au dessin astronomique, elle réunit des comptes rendus de terrain, des dessins et des dossiers sur des objets célestes. Fondée par l'astronome amateur Yann Pothier, elle paraît d'abord sur papier avant d'être diffusée gratuitement sous forme électronique. Ses 67 numéros sont conservés dans des archives accessibles en ligne[1].

Histoire et diffusion

Ciel Extrême naît en avril 1996 à l'initiative de Yann Pothier. Son numéro zéro porte encore le titre Deep Sky Maniac. Conçu au départ pour une trentaine de lecteurs, le périodique en rassemble environ une centaine en 2000. Il fonctionne comme une publication d'amateurs alimentée par les contributions de son lectorat, sans publicité commerciale.

Jean-Raphaël Gilis reprend la revue en 2002. À partir de 2006, sa réalisation est assurée par Marc Cesarini et Yann Pothier. La même année, l'édition imprimée cède la place à une diffusion numérique et l'abonnement devient gratuit. Les numéros sont alors transmis sous forme de fichiers PDF et les anciens fascicules sont également mis à disposition sur Internet[2],[3].

Le numéro 67, paru en novembre 2012, constitue la dernière livraison de la revue[4],[1].

Contenu éditorial

La revue s'adresse aux observateurs qui cherchent à repérer et à décrire les galaxies, nébuleuses, amas d'étoiles et autres objets souvent peu lumineux du ciel profond. Elle privilégie l'expérience à l'oculaire : aspect des objets, détails perceptibles, difficultés de repérage et conditions d'observation. Les textes et dessins proviennent largement des lecteurs, qu'ils utilisent de petits instruments ou de grands télescopes de 400 mm de diamètre et davantage. Cette diversité permet de confronter les possibilités des instruments et la perception de plusieurs observateurs[2],[3].

Chaque numéro comprend un « dossier spécial » consacré à un objet céleste, présentant des informations pour le situer et des observations réalisées dans différentes conditions. Le reste du sommaire associe récits de nuits d'observation, dessins, conseils pratiques, descriptions d'instruments et articles sur les techniques d'observation. Les livraisons de 2011 et 2012 traitent aussi bien de groupes de galaxies et de nébuleuses planétaires que de l'observation d'une supernova avec une lunette de 60 mm ou de dessins réalisés à haute altitude[2],[3],[4],[5].

Méthodes d'observation et échanges entre amateurs

Ciel Extrême contribue à diffuser des conventions destinées à rendre les comptes rendus comparables. Elle emploie notamment des échelles pour décrire la transparence atmosphérique, la turbulence atmosphérique et la pollution lumineuse, ainsi que des indications sur la visibilité d'un objet en vision directe ou indirecte. Des modèles de relevé et de dessin astronomique participent à cette démarche. Les échelles de qualité du ciel comportent cinq niveaux, du plus favorable au moins favorable, et sont présentées dans un article de la Société astronomique de Lyon en 2009. Il s'agit d'appréciations visuelles des conditions d'observation, et non de mesures instrumentales de la luminosité du ciel[6].

Le périodique accueille aussi des listes d'« amas non répertoriés » (ANR), constituées à partir de regroupements d'étoiles remarqués par les observateurs. Parmi les exemples figurent les étoiles formant le « Chapeau de Napoléon », ou Picot 1, près d'Arcturus, signalées dans la revue en 2000 sous la désignation ANR 1414+18. Ce regroupement est un astérisme, c'est-à-dire une figure apparente dans le ciel, et non un véritable amas ouvert dont les étoiles seraient physiquement associées[7].

Par la circulation des dessins et des comptes rendus, la revue entretient des échanges entre observateurs au-delà de la France. L'astronome amateur allemand Rainer Töppler indique ainsi que ses contributions à Ciel Extrême lui ont permis de nouer des contacts avec des dessinateurs astronomiques français, avant de participer à un projet collectif de publication consacré à cette pratique[8]. Ces échanges s'inscrivent dans la culture des rencontres d'astronomie amateur, notamment les Rencontres astronomiques du Pilat, organisées à partir de 1999 et devenues les Rencontres astronomiques du printemps[9].

Archives et postérité

Les archives numériques de Ciel Extrême permettent de consulter les 67 numéros de la revue. Leurs dossiers et comptes rendus demeurent une source de comparaison pour les amateurs qui préparent leurs observations ou souhaitent confronter leurs propres dessins à ceux réalisés avec d'autres instruments[1].

Certains textes ont également connu une nouvelle diffusion après l'arrêt du périodique. En 2023, La porte des étoiles reprend ainsi « Les étoiles au bout du crayon », un article de Jean-Pierre Auger sur le dessin astronomique initialement publié dans les numéros 65 et 66 de Ciel Extrême, avec l'autorisation de Yann Pothier[10]. De son côté, le catalogue 200 objets à observer hors des sentiers battus, publié par Simon Lericque en 2021, mentionne le travail de Yann Pothier et les archives de la revue parmi ses références pour l'observation d'objets moins connus[11].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « Ciel Extrême », rubrique « Coin culture », La porte des étoiles, no 62, automne 2023, p. 91, lire en ligne (PDF).
  2. ↑ 2,0 2,1 et 2,2 « Ciel extrême », rubrique « Coup de cœur », Le Groupe local, no 30, novembre 2009, p. 30, lire en ligne (PDF).
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 « Ciel Extrême 63 beschikbaar », Vereniging Voor Sterrenkunde, 24 octobre 2011, lire en ligne (en néerlandais).
  4. ↑ 4,0 et 4,1 « Ciel Extrême 67 beschikbaar », Vereniging Voor Sterrenkunde, 26 novembre 2012, lire en ligne (en néerlandais).
  5. ↑ « Ciel Extrême 66 beschikbaar », Vereniging Voor Sterrenkunde, 9 août 2012, lire en ligne (en néerlandais).
  6. ↑ Bernard Chevalier, « La qualité du ciel », Bulletin de la Société astronomique de Lyon, no 67, août 2009, p. 19-20, lire en ligne (PDF).
  7. ↑ « Napoleon's Hat (Picot 1) », Deep-Sky Corner, lire en ligne (en anglais).
  8. ↑ Rainer Töppler, « ASTRODESSIN: Ein französisches Buchprojekt mit deutscher Beteiligung », VdS-Journal für Astronomie, no 60, 2017, p. 21, lire en ligne (PDF, en allemand).
  9. ↑ « English abstract », site des Rencontres astronomiques du printemps, lire en ligne.
  10. ↑ Jean-Pierre Auger, « Les étoiles au bout du crayon », La porte des étoiles, no 62, automne 2023, p. 21 et suivantes, lire en ligne (PDF).
  11. ↑ Simon Lericque, 200 objets à observer hors des sentiers battus, Groupe d'astronomie amateur de la région lilloise, novembre 2021, introduction, lire en ligne (PDF).

Liens externes

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