Derby Girl
| Genre | Comédie sportive |
|---|---|
| Création |
Nikola Lange Charlotte Vecchiet |
| Production |
Barbara Maubert Stéphane Moatti |
| Acteurs principaux |
Chloé Jouannet Sophie-Marie Larrouy Jisca Kalvanda Salomé Diénis Meulien Suzanne de Baecque |
| Pays d'origine |
|
| Chaîne d'origine | France.tv Slash |
| Nb. de saisons | 2 |
| Nb. d'épisodes | 18 |
| Durée |
22 minutes (saison 1) 26 minutes (saison 2) |
| Diff. originale | |
| Site web | france.tv/slash/derby-girl |
Derby Girl est une série télévisée française de comédie sportive créée par Nikola Lange et Charlotte Vecchiet, réalisée par Nikola Lange et portée par Chloé Jouannet. Produite par Noon, au sein du groupe Kabo, avec la participation de France Télévisions, elle est lancée sur la plateforme France.tv Slash le 23 octobre 2020. Sa deuxième saison paraît le 8 avril 2022. La série compte dix-huit épisodes répartis en deux saisons, la première de dix épisodes de 22 minutes et la seconde de huit épisodes de 26 minutes[1],[2].
La fiction suit une ancienne patineuse artistique à la carrière brisée qui espère retrouver la célébrité grâce au roller derby, un sport de contact sur patins à roulettes. Son arrivée dans une équipe de joueuses peu performantes confronte son ambition personnelle à l'entraide, à l'amitié et à une culture sportive marquée par l'esprit punk et l'inclusivité. La série associe récit d'apprentissage, humour absurde et satire des rapports sociaux[3],[4].
Synopsis
Ancien espoir du patinage artistique, Lola Bouvier a vu sa carrière s'interrompre après un accès de violence lors d'une compétition perdue. Dix ans plus tard, à 25 ans, elle vit à Mézières chez son père, Denis, et travaille comme vendeuse dans un magasin de sport. Toujours obsédée par la victoire, elle découvre le roller derby et décide d'en devenir une championne. Après avoir tenté d'intégrer les Black Weirdos, une équipe réputée, elle rejoint finalement les Cannibal Licornes, considérées comme l'une des plus mauvaises formations du pays.
Peu disposée à accepter les règles de la vie en groupe, Lola entre rapidement en conflit avec ses nouvelles coéquipières, notamment Acid Cyprine, la capitaine. Mother Blocker, MJ et Absinthe Ni Touche l'amènent néanmoins à découvrir une autre manière de pratiquer le sport, fondée sur la solidarité plutôt que sur la seule performance. L'équipe se prépare notamment à affronter ses rivales lors de la Moon Derby Cup[5].
Dans la deuxième saison, les Cannibal Licornes, désormais reconnues à Mézières après leur parcours à la Moon Derby Cup, voient leur activité menacée. À la suite d'un accident, la nouvelle maire, Yasmine Jouvion, fait interdire le roller derby dans la ville. Les joueuses poursuivent leur pratique clandestinement et s'organisent pour contester cette décision. Leur résistance prend une tournure inattendue avec l'apparition d'une mystérieuse justicière masquée surnommée « Derby Girl » et la découverte d'un complot local[2],[6].
Fiche technique
- Titre original : Derby Girl
- Création : Nikola Lange et Charlotte Vecchiet
- Réalisation : Nikola Lange
- Scénario : Nikola Lange et Charlotte Vecchiet (première saison) ; Nikola Lange, Fiona Leibgorin et Thomas Mansuy (deuxième saison)
- Décors : Isabelle Delbecq
- Costumes : Sarah Guichard
- Photographie : Pierre Dejon (première saison) ; Florent Astolfi (deuxième saison)
- Son : Alexandre Andrillon
- Montage : Julie Quintard et Sanabel Cherqaoui, notamment
- Production : Barbara Maubert et Stéphane Moatti
- Société de production : Noon (Kabo Family), avec la participation de France Télévisions
- Distribution internationale : France Télévisions Distribution
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Genre : comédie sportive
- Durée : 22 minutes par épisode pour la première saison ; 26 minutes pour la deuxième[1],[7].
Distribution
Les Cannibal Licornes
- Chloé Jouannet : Lola Bouvier
- Sophie-Marie Larrouy : Mother Blocker
- Jisca Kalvanda : Acid Cyprine, capitaine de l'équipe
- Salomé Diénis Meulien : MJ
- Suzanne de Baecque : Absinthe Ni Touche
- Allison Chassagne : Booby Mercury
Autres personnages
- Olivier Mag : Denis Bouvier, le père de Lola
- Olivia Côte : Vivianne, la mère de Lola et son ancienne entraîneuse
- Adrien Ménielle : Mickaël, collègue de Lola
- Sophie de Fürst : Jennifer Martin
- Florence Fauquet : Svetlana Ivankova
- Vanessa Guide : Jessica
- Myra Bitout : Allison
- Louise Massin : Hilda
- Julien Pestel : Christophe, le manager
- Nadia Roz : Yasmine Jouvion, la maire de Mézières (saison 2)
- Paul Lefèvre : Victor Legendre (saison 2)
- Catherine Benguigui : la mère de MJ (saison 2)
- Nelson Monfort : le narrateur (voix)
- Morgan Niquet : un basketteur (saison 1)[8].
La distribution est notamment détaillée dans les dossiers de presse des deux saisons et dans les fiches de la série publiées par AlloCiné[1],[2],[9].
Production
Genèse et écriture
Nikola Lange, issu de la culture punk hardcore, découvre l'univers du roller derby au début des années 2010. Il imagine vers 2013 une comédie construite sur le contraste entre une patineuse artistique habituée à un sport individuel, à ses exigences esthétiques et à la compétition, et des joueuses revendiquant des personnalités et des corps différents. Le projet se développe ensuite avec la société de production Kabo et la scénariste Charlotte Vecchiet. Lange, qui a auparavant travaillé dans le montage et les formats courts, réalise lui-même la série[3].
L'écriture privilégie le décalage entre Lola, qui transpose au roller derby les habitudes de son ancienne discipline, et ses coéquipières, davantage attachées à l'entraide et à l'acceptation de soi. Le réalisateur revendique un humour volontiers irrévérencieux, nourri par la comédie absurde anglo-saxonne, tout en faisant de la place des femmes dans le sport et de leurs relations l'un des ressorts du récit. Pour la seconde saison, les scénarios sont signés par Nikola Lange, Fiona Leibgorin et Thomas Mansuy. L'intrigue s'éloigne alors davantage des compétitions pour mêler comédie, enquête et parodie de récit de super-héros[3],[2],[6].
Tournage et réalisation
La première saison est tournée du 17 juin au 26 juillet 2019 en Île-de-France, notamment à Paris et dans plusieurs communes de la proche banlieue. Le tournage des dix épisodes s'effectue en une trentaine de jours. Certaines scènes de match sont filmées au stade Pierre-de-Coubertin à Paris. Le déplacement rapide des joueuses et la nécessité de rendre le déroulement des rencontres compréhensible imposent des dispositifs de prise de vues adaptés, notamment des mouvements de caméra au plus près de la piste[10],[11].
Les comédiennes s'entraînent au patinage avant le tournage, mais les passages les plus risqués font appel à des doublures. La joueuse de roller derby Julia Clavel participe ainsi à l'encadrement sportif et double Chloé Jouannet pour certaines figures. Lange souligne que les contraintes de temps et de budget ont limité les possibilités de filmer les matchs, tandis que la mise en scène privilégie un rythme rapide et des effets comiques visuels[11],[3]. La deuxième saison est également tournée en région parisienne, durant l'été 2021[12].
Épisodes
Première saison (2020)
La première saison, composée de dix épisodes d'environ 22 minutes, est mise en ligne le 23 octobre 2020[1],[13].
- L'œil du tigre
- Chair fraîche
- Tonya Hardwheel
- Cannibale
- Raijin
- Derby girl
- Le paon et le loup
- Calcul correc'
- Maillot rose
- Licornes
Deuxième saison (2022)
La deuxième saison comprend huit épisodes d'environ 26 minutes, mis en ligne le 8 avril 2022. Leur histoire se déroule après la Moon Derby Cup et se concentre sur l'interdiction du roller derby à Mézières[2].
- Licorne stadium
- Ciao patins
- Derby club
- Lueur d'espoir
- Derby stance
- Mondo cane
- Ordo ab chao
- Roulette russe
Thèmes et esthétique
Le contraste entre le patinage artistique et le roller derby structure la première saison. D'un côté, Lola a été formée dans un milieu où priment la discipline, la recherche de la perfection et la réussite individuelle ; de l'autre, elle rejoint une équipe pratiquant un sport de contact associé à une culture alternative et féministe. Le personnage doit renoncer à imposer ses critères de performance pour trouver sa place parmi des sportives aux trajectoires différentes. Dans une analyse comparant Derby Girl à la série américaine Betty, 20 Minutes inscrit cette trajectoire dans la représentation de sports pratiqués comme des espaces d'affirmation et d'émancipation féminines[14].
Les relations entre les joueuses occupent une place centrale, davantage que leurs histoires sentimentales. La série met notamment en scène Absinthe Ni Touche, personnage non binaire, et aborde sans détour les questions de genre, de sexualité et de diversité des corps. La deuxième saison développe en particulier la relation amoureuse entre Mother Blocker et Svetlana, ancienne rivale de Lola, sans faire de l'homophobie l'enjeu de cette intrigue. Le ton reste celui d'une comédie volontiers provocatrice, mêlant dialogues crus, personnages excessifs et situations invraisemblables[4],[6]. Cette liberté de ton fait toutefois l'objet d'appréciations opposées dans la presse, notamment sur la manière dont certains gags utilisent les stéréotypes qu'ils paraissent vouloir dénoncer[5],[15].
Diffusion, festivals et distinctions
Prévue parmi les œuvres présentées au festival Séries Mania en mars 2020, dont l'édition en présentiel est annulée en raison de la pandémie de Covid-19, la série est finalement projetée au festival Canneseries le 12 octobre 2020, dans le cadre d'une programmation accueillant Séries Mania. Cette présentation précède de quelques jours sa mise en ligne sur France.tv Slash[16],[17].
Les deux premiers épisodes de la deuxième saison sont à leur tour présentés à Canneseries le 4 avril 2022, lors d'une projection suivie d'une rencontre avec l'équipe artistique, avant leur mise à disposition sur France.tv Slash quatre jours plus tard[7]. La série a également fait l'objet de ventes internationales : en 2022, France Télévisions mentionne notamment la ZDF en Allemagne, SBS en Australie, HBO Max en Amérique latine ainsi que RTL en Belgique et au Luxembourg[2].
En 2021, Derby Girl figure parmi les finalistes des C21 International Drama Awards, dans la catégorie de la meilleure série de comédie dramatique (Best Comedy Drama Series)[18].
Accueil critique
La première saison reçoit des critiques favorables pour son énergie comique, son interprétation et la place qu'elle accorde à des personnages féminins peu conventionnels. Dans Télérama, Marion Michel voit derrière la farce un récit d'apprentissage incisif, tandis que Florian Ques, pour Têtu, salue la représentation des amitiés féminines et des personnages queer dans une comédie française au ton décalé[19],[4].
D'autres critiques sont plus réservées. Pour AlloCiné, Julia Fernandez apprécie le jeu de Chloé Jouannet, les dialogues et le rythme, mais juge la narration parfois confuse, déplore la rareté des séquences sportives et estime que plusieurs coéquipières restent enfermées dans des archétypes. Dans Maze, Laurine Labourier développe une critique plus sévère : à ses yeux, les plaisanteries sur le poids, notamment celles visant MJ, et les rivalités entre les personnages contredisent l'idéal d'acceptation des corps associé au roller derby[5],[15].
L'accueil de la deuxième saison reste partagé. Dans Têtu, Florian Ques souligne l'élargissement du récit vers le suspense et la parodie de super-héros, ainsi que la place accordée à la relation entre Mother Blocker et Svetlana. Il relève néanmoins que les matchs passent au second plan. À l'occasion de la présentation à Canneseries, Mégane Choquet écrit pour AlloCiné que la série conserve son humour et son inventivité visuelle, mais que le montage très saccadé et l'accumulation de gags entravent toujours l'approfondissement des personnages[6],[20].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 « Derby Girl », sur FranceTvPro, (consulté le )
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 « Derby girl : saison 2 », sur FranceTvPro, (consulté le )
- ↑ 3,0 3,1 3,2 et 3,3 « Nikola Lange : « Derby Girl est une série œcuménique, à bien des égards » », sur Centre national du cinéma et de l'image animée, (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 Florian Ques, « Avec « Derby Girl », la France a enfin une série drôle, queer et féministe sur le roller derby », sur Têtu, (consulté le )
- ↑ 5,0 5,1 et 5,2 Julia Fernandez, « Derby Girl sur France TV Slash : que vaut la série sur le roller-derby avec Chloé Jouannet ? », sur AlloCiné, (consulté le )
- ↑ 6,0 6,1 6,2 et 6,3 Florian Ques, « « Derby Girl » sur France.tv Slash : une saison 2 plus jouissive et décalée que jamais », sur Têtu, (consulté le )
- ↑ 7,0 et 7,1 « Derby Girl – Saison 2 », sur Canneseries, (consulté le )
- ↑ « Derby Girl — Apparitions : Morgan Niquet, le basketteur (1x07, 1x08) », sur Seriebox (consulté le )
- ↑ « Casting Derby Girl, saison 1 », sur AlloCiné (consulté le )
- ↑ « Tournage de la série Derby Girl (10 × 20 min) », sur FranceTvPro, (consulté le )
- ↑ 11,0 et 11,1 Claire Eckersley, « « Derby Girl » : un tournage comme sur des roulettes », sur Le Parisien, (consulté le )
- ↑ « Derby Girl », sur Crew United (consulté le )
- ↑ « Derby Girl, saison 1 : épisodes », sur AlloCiné (consulté le )
- ↑ Anne Demoulin, « De « Betty » à « Derby Girl », l’empowerment sur les chapeaux de roues », sur 20 Minutes, (consulté le )
- ↑ 15,0 et 15,1 Laurine Labourier, « « Derby Girl » – Hell on Wheels », sur Maze, (consulté le )
- ↑ « Derby Girl », sur Séries Mania, (consulté le )
- ↑ Charles Martin, « Le festival CanneSéries 2020 invite Séries Mania et La Rochelle », sur Première, (consulté le )
- ↑ (en) « C21 Drama Awards finalists announced », sur C21Media, (consulté le )
- ↑ Marion Michel, « « Derby Girl », sur France.tv Slash : bien plus qu’une série sur le roller », sur Télérama, (consulté le )
- ↑ Mégane Choquet, « CANNESERIES 2022 : on a vu un Black Mirror allemand et la suite glaçante de Jeux d'influence », sur AlloCiné, (consulté le )
Liens externes
- Site officiel
- « Derby Girl » (présentation de l'œuvre), sur l'Internet Movie Database
- « Derby Girl » (fiche série), sur Allociné
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