Diphyllobothrium latum
Règne | Animalia |
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Embranchement | Platyhelminthes |
Classe | Cestoda |
Ordre | Pseudophyllidea |
Famille | Diphyllobothriidae |
Genre | Diphyllobothrium |
Diphyllobothrium latum communément appelé bothriocéphale ou taenia du poisson est un ver long de 2 à 8 voire jusque 20 mètres, qui vit dans l'intestin humain et de divers mammifères ichtyophages.
Il est responsable chez l'homme de la diphyllobothriose.
C'est l'une des quatre espèces de cestodes rencontrées chez l'homme (avec le Taenia saginata, le Taenia solium et l'Hymenolepis nana).
Répartition géographique et importance
Il est le plus présent là où des lacs et fleuves sont associés à des habitudes de consommation humaine de poissons d'eau douce crus ou peu cuits ; dans l'hémisphère nord (Europe, ex-URSS, Amérique du Nord, Asie), l'Ouganda et le Chili[1].
La diphyllobothriose a un taux d'incidence atteignant 100 % d'infestation dans certains foyers de ces zones. Elle s'accompagne rarement d'un syndrome anémique chez l'homme.
Morphologie
L'adulte, gris fumé, est le plus grand des ténias de l'homme.
La tête ou scolex, minuscule, oblongue, est munie de deux organes de fixation en fentes longitudinales, les bothridies ; elle est suivie, après l'étroite zone germinative, d'une très longue chaîne rubanée (10 à 12 m) de segments successifs plus larges que longs : les anneaux ou proglottis hermaphrodites.
Biologie
Fixé à la muqueuse par son scolex, il vit dans la lumière du grêle où les anneaux mûrs, sans se détacher, pondent, au fur et à mesure de leur maturation, des œufs à clapet, brunâtres, ovalaires, de 70 sur 50 microns, qui s'éliminent avec les selles.
Le cycle est à 2 hôtes intermédiaires aquatiques :
- un crustacé copépode (Cyclops ou Diaptomus) qui avale la larve ciliée sortie de l'œuf (coracidium) puis héberge la larve procercoïde qui en dérive ;
- un poisson qui avale cette larve avec le crustacé infecté et héberge dans ses muscles la larve plérocercoïde.
Accumulées « en attente » dans les tissus, les larves plérocercoïdes ont la propriété, lorsque l'hôte qui les héberge est la proie d'un poisson carnassier, de s'installer dans les tissus du nouvel hôte ; aussi les plus gros carnassiers (brochets, perches) sont-ils fortement infestés et leur chair d'autant plus dangereuse. 5 à 10 % des filets de perche du lac Léman sont porteurs de larves plérocercoisdes.
Le cycle est bouclé quand l'homme (ou un autre hôte définitif possible : chien, chat, renard, loup, phoque, ours...) ingère ces larves avec la chair crue ou mal cuite d'un poisson infecté. Après le repas infectant, la larve se fixe à la muqueuse et donne l'adulte en un mois environ.
Clinique
La diphyllobothriose tire son originalité de l'association, rare, d'un syndrome anémique par déficit en vitamine B12 au téniasis résultant de la présence des vers dans l'intestin.
- Le téniasis, banal, asymptomatique ou paucisymptomatique dans les parasitoses légères (un à quelques vers), peut être plus nettement marqué dans les infestations massives amenant la cohabitation dans l'intestin de nombreux vers s ; les troubles mécaniques dominent le tableau, pouvant aboutir à des complications graves : obstruction intestinale, vomissements incoercibles avec rejet de plusieurs mètres de chaîne, crises de suffocation et parfois collapsus.
- Le syndrome anémique est rencontré en moyenne dans 5 cas sur 1 000 mais, en fait, les cas sont rassemblés dans certaines zones ou groupes humains.
L'anémie « bothriocéphalique »
Elle est avant tout, une anémie de compétition due à la consommation exagérée de vitamine B12 par les vers.
Quand les vers sont dans l'iléon, un équilibre s'établit et l'anémie mégaloblastique légère constatée régresse dès leur expulsion après administration d'un ténifuge.
Par contre, lorsque l'accumulation des parasites dans le jejunum, empêchant l'interaction, au profit du malade, de la vitamine B12 et du facteur intrinsèque de Castle, se trouve associée à certains facteurs favorisants (dénutrition, carences protidiques, facteurs génétiques et raciaux), on voit apparaitre une anémie pernicieuse mégaloblastique de type biermérien.
Diagnostic
Dirigé par la clinique dans les zones d'endémie, le diagnostic de certitude est obtenu par la découverte, dans les selles, des œufs caractéristiques.
Traitement
- Dans tous les cas, on cherchera d'abord à éliminer le ou les vers par la niclosamide (dosage : voir Taenia saginata) ou le praziquantel. L'injection de gastrografine dans le duodénum lors d'une endoscopie permet aussi d'éliminer le ver.
- En cas d'anémie, le traitement ci-dessus suffira dans les cas légers mais on pourra tout de même aider le malade par l'administration de doses modérées de vitamine B12 (par exemple 100 gammas intra-musculaires par semaine). Dans les anémies pernicieuses, la vitamine B12 sera administrée d'abord à des doses massives (1000 gammas intra-musculaires par semaine) jusqu'au retour à la normale de l'examen hématologique puis à des doses d'entretien (de 10 à 100 gammas par semaine) pendant un temps plus ou moins long.
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- [Bonsdorff B von: Diphyllobothriasis in Man. Academic Press, Londres, 1977]
Notes et références
- ↑ Dupouy-Camet J, Peduzzi R. Current situation of human diphyllobothriasis in Europe. Euro Surveill. 2004;9(5):pii=467
Article publié sur Wikimonde Plus
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