Flora Azikiwe
| Flora Azikiwe | |
Portrait de Flora Azikiwe. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Première dame du Nigeria | |
| – (2 ans, 3 mois et 15 jours) |
|
| Successeur | Victoria Aguiyi-Ironsi |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Flora Ogbenyeanu Ogoegbunam |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Onitsha, Nigeria britannique |
| Date de décès | (à 66 ans) |
| Nationalité | Nigériane |
| Parti politique | NCNC |
| Conjoint | Nnamdi Azikiwe (1936-1983) |
| Enfants | Quatre |
| modifier |
|
Flora Ogbenyeanu Ogoegbunam Azikiwe, née le 7 août 1917 et morte le 22 août 1983, est une militante politique et responsable associative nigériane. Première épouse de Nnamdi Azikiwe, elle est première dame du Nigeria du 1er octobre 1963 au 16 janvier 1966, durant la présidence de son mari[1].
Sa place dans la vie publique ne se limite pas aux cérémonies officielles. Dès les années 1950, elle participe à l'organisation politique des femmes dans l'est du Nigeria, noue des relations avec des associations féminines américaines et assume des responsabilités au sein de la Croix-Rouge et d'organisations sociales[2],[3].
Origines et vie familiale
Flora Ogbenyeanu Ogoegbunam naît à Onitsha, dans le sud du Nigeria sous administration britannique, au sein d'une famille igbo[4]. Le 4 avril 1936, elle épouse Nnamdi Azikiwe à l'église Wesley de Jamestown, à Accra, dans la colonie britannique de la Côte-de-l'Or (actuel Ghana). Son mari est alors journaliste et dirige le quotidien African Morning Post, avant de devenir l'une des principales figures du mouvement pour l'indépendance du Nigeria[5],[6].
Le couple a quatre enfants, trois fils et une fille[6]. Au fil de l'ascension politique de Nnamdi Azikiwe, Flora Azikiwe occupe une place croissante dans les manifestations publiques et les réseaux féminins du nationalisme nigérian.
Engagement politique et mouvement des femmes
Flora Azikiwe milite au sein du National Council of Nigeria and the Cameroons (NCNC), le parti nationaliste dirigé par son mari. Elle siège notamment à son comité de travail pour la région orientale[7]. En 1956, elle prend la présidence de l'association des femmes du NCNC dans l'est du Nigeria, dont Margaret Ekpo devient la vice-présidente. Avec Ekpo, Janet Mokelu et d'autres militantes, elle parcourt les localités de la région pour inciter les femmes à s'inscrire sur les listes électorales. Ces campagnes cherchent à renforcer leur participation aux élections et à leur donner une place dans les structures politiques d'une colonie engagée dans la transition vers l'indépendance[2].
En 1960, elle quitte la présidence régionale de cette organisation pour poursuivre des études à l'université Howard, aux États-Unis. Margaret Ekpo lui succède[2].
Flora Azikiwe entretient par ailleurs des relations avec les mouvements féminins afro-américains. En novembre 1954, elle intervient à Washington lors du congrès du National Council of Negro Women (NCNW), dans une séance consacrée aux relations avec les peuples d'Afrique. La rencontre s'inscrit dans les efforts de l'organisation américaine pour établir des liens avec les femmes des territoires africains engagés dans les luttes anticoloniales[8]. L'année suivante, elle fait part de son intérêt pour une adhésion au NCNW. En 1956, sa présidente Vivian Carter Mason correspond avec Flora et Nnamdi Azikiwe au sujet d'échanges entre responsables associatives nigérianes et américaines. Cette correspondance témoigne de son insertion dans des réseaux féminins dépassant le cadre national, sans pour autant établir qu'elle a dirigé le programme d'échanges envisagé[9].
Activités associatives et humanitaires
Lors de la première conférence nationale du National Council of Women's Societies (NCWS), organisée à Lagos en novembre 1958, Flora Azikiwe figure parmi les premières marraines de cette fédération d'associations féminines, aux côtés notamment de Funmilayo Ransome-Kuti et de Margaret Ekpo. Présidée à sa création par Kofo Ademola, l'organisation cherche à réunir des groupements de femmes des différentes régions du Nigeria[10].
À la Croix-Rouge, son rôle dépasse le simple patronage : elle exerce bénévolement la direction de la branche orientale de la Croix-Rouge britannique. En février 1960, la presse annonce qu'elle abandonne cette responsabilité à la suite d'un changement de résidence et qu'Ada Okpara lui succède[11].
Après l'indépendance du pays, la nouvelle Croix-Rouge nigériane est constituée comme société nationale, puis reconnue en mai 1961 par le Comité international de la Croix-Rouge. La notification officielle de cette reconnaissance place expressément l'organisation sous le patronage de Flora Azikiwe, tandis que sa présidence est assurée par le juriste Adetokunbo Ademola. Il s'agit d'une fonction de patronage distincte de la direction opérationnelle de la société[3]. Elle apporte également son patronage à la Home Science Association, une association consacrée à l'enseignement de l'économie familiale, dont elle est présentée comme la première marraine[12].
Première dame du Nigeria
Lorsque Nnamdi Azikiwe devient gouverneur général en novembre 1960, Flora Azikiwe est la première Nigériane à remplir auprès du chef de l'État le rôle public traditionnellement associé à l'épouse du gouverneur général. La fonction de première dame n'est cependant pas une charge gouvernementale. Elle consiste essentiellement, à cette époque, en des activités de représentation, de patronage et de présence lors d'événements sociaux[13]. Ainsi, en février 1962, elle visite à Lagos une classe accueillant des enfants sourds à l'école méthodiste d'Ereko, une visite documentée par la photographie de presse[14].
Le 1er octobre 1963, la proclamation de la république du Nigeria fait de Nnamdi Azikiwe le premier président du pays, dans un régime parlementaire où le pouvoir exécutif est principalement exercé par le Premier ministre Abubakar Tafawa Balewa. Flora Azikiwe conserve son rôle de représentation auprès du président et devient la première dame de la République. Il prend fin avec le coup d'État militaire de janvier 1966, qui met un terme à la Première République. Victoria Aguiyi-Ironsi, épouse du nouveau chef de l'État, lui succède dans ce rôle[13],[1].
Flora Azikiwe meurt le 22 août 1983, à l'âge de 66 ans[1].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « A portrait of Mrs. Flora Azikiwe (first lady federal republic of Nigeria 1960-1966) », Bibliothèque nationale du Nigeria, dépôt numérique, 2023.
- ↑ 2,0 2,1 et 2,2 Chinyere Ukpokolo, « Ekpo, Margaret », Oxford Research Encyclopedia of African History, Oxford University Press, 30 juin 2020, p. 13-14, doi:10.1093/acrefore/9780190277734.013.476.
- ↑ 3,0 et 3,1 Léopold Boissier, « Recognition of the Nigerian Red Cross Society », International Review of the Red Cross, vol. 1, n° 3, juin 1961, p. 133-134, doi:10.1017/S0020860400009888.
- ↑ « Flora Ogbenyeanu Ogoegbunam Azikiwe », Igbo Genealogy and Biographies.
- ↑ Emeka Obasi, « Of Flora, Victoria and Mariam », Vanguard, 7 octobre 2017.
- ↑ 6,0 et 6,1 Ed Decker, « Azikiwe, Nnamdi 1904–1996 », Contemporary Black Biography, repris par Encyclopedia.com.
- ↑ Gloria Chuku, « Igbo Women and Political Participation in Nigeria, 1800s–2005 », The International Journal of African Historical Studies, vol. 42, n° 1, 2009, p. 81-103.
- ↑ Nicholas Grant, « The National Council of Negro Women and South Africa: Black Internationalism, Motherhood and the Cold War », Palimpsest: A Journal on Women, Gender, and the Black International, vol. 5, n° 1, 2016, p. 65.
- ↑ Yatta Winnie Kiazolu, « “All The Women Are Meeting”: The National Council of Negro Women, Emerging Africa, and Transnational Solidarity, 1935–1966 », thèse de doctorat, University of California, Los Angeles, 2020, p. 61 et 83-84.
- ↑ Rakiya Ahmed, « The Contributions of Non-Governmental Organisations to Women Empowerment: A Case Study of National Council of Women Societies, NCWS, Nigeria », mémoire de maîtrise, université Ahmadu Bello de Zaria, octobre 2004, p. 45-46.
- ↑ « Mrs. Okpara succeeds Mrs. Azikiwe », Daily Times (Nigeria), 8 février 1960, p. 7.
- ↑ HistoryVille, « Flora Ogbenyeanu Ogoegbunam Azikiwe (1917–1983): Nigeria's First First Lady », notice historique publiée en 2025.
- ↑ 13,0 et 13,1 Ganiyu Owolabi-Abdullahi, « Firstladyship and development under Nigeria’s military government », The Guardian (Nigeria), 31 juillet 2023.
- ↑ « Flora Azikiwe Visits Ereko Methodist School », photographie de la Federation of Nigeria / Keystone, février 1962, archives Getty Images.
Article publié sur Wikimonde Plus