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Impactiste

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Les impactistes sont des chercheurs (principalement des scientifiques et des historiens) qui veulent prendre en compte les conséquences historiques des impacts de comètes et d'astéroïdes depuis l'apparition de l'homo sapiens. Ils sont souvent considérés comme des catastrophistes.

La découverte de milliers de petits objets qui frôlent la Terre (les géocroiseurs) a obligé à repenser totalement l'histoire cosmique des hommes, beaucoup plus complexe que ce qui avait été envisagé par les scientifiques et historiens des générations précédentes. Il faut savoir que depuis l'an 2000, on découvre en moyenne, par mois, 6 PHA (Potentially Hazardous Asteroids, en français les astéroïdes potentiellement dangereux pour la Terre) et que l'on a atteint en 2008 le nombre, inimaginable vingt ans plus tôt, de 1000 PHA répertoriés. En août 2014, le nombre des PHA recensés est passé à 1500. Les anciennes estimations sur la fréquence des impacts d'astéroïdes sur la Terre sont totalement obsolètes de nos jours et doivent être réévaluées d'un facteur 10. Dans la majorité des cas, il y a désintégration dans l'atmosphère des objets qui heurtent notre planète et ils ne participent donc pas à la cratérisation. De plus, 7 impacts sur 10 sont océaniques, d'où de sérieuses difficultés pour obtenir des preuves qui manquent encore souvent ou qui n'existent plus.

De nombreuses légendes et traditions, ainsi que certains textes de l'Antiquité, sans oublier la Bible elle-même, parlent de catastrophes cosmiques et de chutes d'objets célestes sur la Terre. Ces textes des Anciens retrouvent une nouvelle jeunesse et sont une source importante de documentation à notre époque où l'on sait que les impacts de petits objets sont fréquents à l'échelle de 10 000 ans (le dernier en date est celui responsable de l'événement de la Toungouska en juin 1908). Des textes datant de l'époque de Ramsès III rappellent que l'impact sur la Terre de la comète Sekhmet "a bouleversé l'ordre du monde" à la fin du XIIIe siècle avant J.-C. et contribué, par ses conséquences terrestres, à la refonte des sociétés humaines de l'époque. Aujourd'hui, certains chercheurs pensent que Sekhmet (en Égypte), Phaéton (en Grèce), Surt (dans les pays nordiques) et même l'Absinthe biblique étaient en fait une seule et même comète vue sous des cieux différents.

Il a été récemment proposé qu'une comète de 3 km environ aurait heurté l'Amérique du Nord il y a 12 900 ans, provoquant le Younger Dryas Event, et déstabilisant le gigantesque glacier qui recouvrait le nord de l'Amérique et été le déclencheur de l'extinction de la mégafaune du Pléistocène. L'effet de souffle aurait été responsable de la formation des Carolina Bays qui existent par centaines de milliers dans l'ouest des États-Unis. Les chercheurs américains l'appellent "the Clovis Comet" car elle pourrait avoir été responsable de la disparition soudaine et inexpliquée jusqu'alors de l'ancienne culture américaine, dite de "Clovis", datée de la même époque.

Cet impact cométaire très important, a été proposé en mai 2007 lors d'un meeting scientifique multidisciplinaire organisé sous l'égide de l'American Geophysical Union qui s'est déroulé à Acapulco. Certaines recherches plus récentes croient avoir réfuté l'ensemble des preuves scientifiques initialement avancées[1]. Il n'en est rien : de très nombreuses données recueillies par une multitude de chercheurs confirment, au contraire, la réalité d'un impact cométaire. Un site est particulièrement informatif à cet égard : The Cosmic Tusk qui contient plusieurs dizaines de contributions très intéressantes. The Clovis comet a bel et bien été une réalité.

Plusieurs chercheurs ont repéré des impacts astéroïdaux et cométaires plus récents, notamment des impacts océaniques. Certains de ces impacts pourront probablement être confirmés ces prochaines années. L'impactisme est une spécialité qui est entrée dans une ère nouvelle et qui a de l'avenir !

Liens externes

Notes

  1. Pinter, N.; Scott, A. C.; Daulton, T. L.; Podoll, A.; Koeberl, C.; Anderson, R. S.; Ishman, S. E. (2011). "The Younger Dryas impact hypothesis: A requiem". Earth-Science Reviews.DOI:10.1016/j.earscirev.2011.02.005

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