Jack Brisco

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Jack Brisco
Jack Brisco en 1973.
Données générales
Nom de naissance
Freddie Joe Brisco
Nom de ring
Jack Brisco
Nationalité
américain
Naissance

Oklahoma, États-Unis
Décès
(à 68 ans)
Tampa, Floride, États-Unis
Catcheur mort
Fédération
NWA ; WWF
Carrière pro.
1965 - 1985

Freddie Joe « Jack » Brisco, né le dans l'Oklahoma et mort le à Tampa (Floride), est un lutteur universitaire puis catcheur américain. Champion des États-Unis de lutte universitaire en 1965 avec l'université d'État de l'Oklahoma, il devient l'une des principales vedettes de la National Wrestling Alliance (NWA) dans les années 1970. Il détient à deux reprises le championnat du monde poids lourds de la NWA entre juillet 1973 et décembre 1975[1],[2].

Il est également connu pour ses rivalités de ring avec les frères Dory Funk Jr. et Terry Funk, puis pour son équipe avec son frère cadet Gerald Brisco, avec lequel il remporte trois fois le championnat du monde par équipes de la NWA dans sa version Mid-Atlantic. En 1984, les deux frères contribuent à la vente de la société Georgia Championship Wrestling à Vince McMahon, une opération importante dans le passage du catch américain d'un système de promotions régionales à une concurrence nationale. Jack Brisco est admis avec Gerald au WWE Hall of Fame en 2008[3],[4].

Biographie

Jeunesse et parcours universitaire

Jack Brisco grandit à Blackwell, dans le nord de l'Oklahoma, au sein d'une famille de six enfants. Sa mère élève seule la fratrie après le départ de leur père. D'ascendance choctaw et chickasaw, il pratique très jeune la lutte et le football américain. Il remporte trois championnats de lutte de l'État durant sa scolarité secondaire. Passionné de catch, il admire notamment Lou Thesz et Danny Hodge, deux anciens lutteurs de compétition passés sur les rings professionnels[3].

Malgré une possibilité de poursuivre le football, il choisit la lutte à l'université d'État de l'Oklahoma, où il est entraîné par Myron Roderick. Ses études sont interrompues pendant quelque temps, notamment pour des raisons financières. À son retour en compétition, il remporte le championnat de la conférence Big Eight chez les 191 livres (environ 87 kg) en 1964 et 1965. Finaliste du championnat national de la NCAA en 1964, il est battu par Harry Houska, puis remporte le titre en 1965 au terme d'une saison sans défaite. Son bilan universitaire s'établit à 27 victoires, une défaite et un match nul[1],[5].

Ce titre est obtenu dans une discipline sportive de compétition, distincte du catch professionnel dans lequel il fera ensuite carrière et dont les résultats sont déterminés par les organisateurs. Le Chickasaw Hall of Fame présente Brisco comme le premier Amérindien à avoir remporté un championnat national de lutte de la NCAA. Les deux frères Brisco seront admis à ce panthéon culturel de la nation chickasaw en 2016[6].

Débuts dans le catch et ascension en Floride (1965-1973)

À la fin de ses études, Brisco devient catcheur en 1965 dans les territoires dirigés par Leroy McGuirk, autour de l'Oklahoma. Il se produit ensuite dans plusieurs régions des États-Unis ainsi qu'à l'étranger, notamment au Japon à partir de 1967 et en Australie à la fin des années 1960. Le catcheur Joe Scarpa, connu par la suite sous le nom de Chief Jay Strongbow, favorise son arrivée en Floride auprès du promoteur Eddie Graham[7],[3].

La promotion Championship Wrestling from Florida, affiliée à la NWA, fait de lui une tête d'affiche. Son passé de lutteur universitaire lui permet de construire un style fondé sur la vitesse, les projections et les prises au sol. Eddie Graham lui enseigne notamment la prise de soumission dite figure-four leglock, qui devient l'une de ses signatures. À l'écran, Jack Brisco incarne le plus souvent un compétiteur loyal, présenté comme un sportif authentique plutôt que comme un personnage extravagant. Ce rôle correspond à la manière dont la télévision régionale, avec le commentateur Gordon Solie, met alors en scène la crédibilité technique des rencontres[7],[3].

Sa principale rivalité oppose, dès la fin des années 1960, Jack Brisco à Dory Funk Jr., champion du monde NWA depuis février 1969. Les promoteurs organisent entre eux de nombreux combats dans plusieurs États, souvent annoncés pour une durée limite d'une heure. L'opposition entre le lutteur de l'Oklahoma et la famille Funk, établie au Texas, constitue un fil conducteur de la programmation pendant plusieurs années. Cette rivalité sportive est un récit construit pour les spectacles, même si la réputation des deux hommes repose aussi sur leurs véritables compétences de lutte et sur leur capacité à tenir de longs matchs[3].

Champion du monde poids lourds de la NWA (1973-1975)

La NWA réunit alors des promoteurs qui exploitent chacun un territoire, mais partagent un championnat du monde dont le détenteur se déplace d'une région à l'autre. Le choix du champion constitue donc aussi une décision commerciale : il doit affronter les vedettes locales, entretenir l'intérêt du public et représenter l'organisation sur plusieurs marchés. Au début de 1973, le passage du titre de Dory Funk Jr. à Jack Brisco, initialement envisagé, est différé après l'annonce d'une blessure de Funk. Les circonstances de cet épisode ont fait l'objet de récits divergents de la part des intéressés[3].

Le 20 juillet 1973, à Houston, Brisco succède finalement à Harley Race comme champion du monde poids lourds de la NWA. Ce règne l'amène à multiplier les déplacements en Amérique du Nord et au Japon. Il rencontre notamment Dory Funk Jr., dont l'affiche reste très demandée, ainsi que les principaux catcheurs des différentes promotions membres. Sa charge de travail comprend des représentations fréquentes et de nombreux trajets, une contrainte qui contribue à sa décision ultérieure de ne plus conserver le titre[2],[3].

Le 2 décembre 1974, lors d’une tournée au Japon, Giant Baba lui succède à Kagoshima. Brisco reprend la ceinture le 9 décembre à Toyohashi. Son second règne prend fin le 10 décembre 1975 à Miami, où Terry Funk devient le nouveau champion. Ce dernier affrontement s'inscrit lui aussi dans une intrigue préparée, où Terry remplace son frère Dory comme adversaire de Brisco. Au total, les deux règnes de Jack Brisco couvrent, avec une interruption d'une semaine, près de vingt-neuf mois[2],[3].

Fatigué par le rythme imposé au champion itinérant, Jack Brisco avait demandé à être déchargé de cette fonction. Il s'éloigne temporairement des rings après sa défaite contre Terry Funk, avant de revenir à une activité moins soutenue en Floride[3].

Titres régionaux et équipe des frères Brisco (1976-1984)

Après son retour, Jack Brisco reste présent dans les territoires de la NWA, principalement dans le Sud-Est des États-Unis. Il remporte plusieurs championnats régionaux, dont le titre poids lourds du Missouri et le championnat Mid-Atlantic. En 1982, ce dernier sert de cadre à des affrontements scénarisés avec Roddy Piper, Paul Jones et son ancien adversaire Dory Funk Jr. Brisco ne retrouve pas le championnat du monde NWA, mais demeure un catcheur expérimenté susceptible de figurer en tête d'affiche[8],[3].

Son association avec son frère cadet Gerald, souvent appelé « Jerry » dans les programmes de l'époque, prend alors une importance croissante. Tous deux avaient déjà combattu ensemble en Floride et en Géorgie et remporté des titres locaux par équipes. Dans la promotion Jim Crockett Promotions, ils participent à une longue rivalité avec Ricky Steamboat et Jay Youngblood. Les scénarios font évoluer les Brisco d'une image de compétiteurs respectés vers des personnages déloyaux, appelés heels dans le vocabulaire du catch. Ce changement de personnages permet aux promoteurs de relancer leurs affrontements avec Steamboat et Youngblood[3].

Jack et Gerald remportent à trois reprises le championnat du monde par équipes de la NWA reconnu dans la région Mid-Atlantic : en juin et octobre 1983, puis en avril 1984. Ils perdent notamment les ceintures face à Steamboat et Youngblood lors du premier Starrcade, le 24 novembre 1983, rendez-vous marquant dans l'histoire de la promotion des Crockett. Les trois règnes appartiennent à cette lignée régionale du titre, et non à un championnat mondial unique dont toutes les promotions de la NWA auraient partagé les champions[9],[3].

Vente de Georgia Championship Wrestling et fin de carrière

En parallèle de sa carrière sur le ring, Jack Brisco est associé au fonctionnement économique des promotions. Il acquiert des participations dans les sociétés organisant des spectacles en Floride et en Géorgie. Avec Gerald et leur autre frère Bill, qui n'est pas catcheur, il ouvre également un atelier de carrosserie automobile à Tampa en 1973, le Brisco Brothers Body Shop[3].

Au début des années 1980, les relations se dégradent entre les frères Brisco et certains responsables de Georgia Championship Wrestling, en particulier Ole Anderson. Gerald Brisco expliquera plus tard ce désaccord par la gestion de l'entreprise et par la faiblesse des dividendes distribués aux actionnaires. Les frères réunissent, avec l'appui d'autres détenteurs de parts, les droits de vote nécessaires à une prise de contrôle. Le 9 avril 1984, une participation majoritaire dans Georgia Championship Wrestling est vendue à Vince McMahon, dirigeant de la World Wrestling Federation (WWF). Cette transaction concerne la propriété et les droits télévisuels d'une véritable entreprise, et non une intrigue de catch[10],[3].

L'enjeu majeur est le créneau de diffusion du samedi sur la chaîne WTBS, accessible à l'échelle nationale et jusque-là consacré au catch de Géorgie. Le 14 juillet 1984, les téléspectateurs découvrent à sa place une émission de la WWF. L'épisode entre dans l'histoire du catch sous le nom de Black Saturday (« samedi noir »). Cette substitution provoque le mécontentement d'une partie du public, habitué aux catcheurs régionaux et aux émissions de studio animées par Gordon Solie. La programmation de McMahon ne produit pas les résultats espérés ; en 1985, la WWF cède finalement le créneau à Jim Crockett Promotions. L'opération illustre à la fois l'affaiblissement du système territorial et les difficultés initiales de l'expansion nationale de la WWF[11],[12].

Après cette vente, Jack et Gerald Brisco rejoignent brièvement la WWF. Ils y apparaissent notamment face à l'équipe d'Adrian Adonis et de Dick Murdoch, dans un nouveau rôle de favoris du public. Jack, qui ne souhaite plus suivre le rythme des déplacements ni prolonger une carrière qu'il juge en déclin, se retire des rings à l'issue de cette période, vers 1985. Contrairement à Gerald, qui poursuit ensuite une longue activité auprès de la WWF puis de la WWE, il ne revient pas à une carrière dans le catch[3],[6].

Dernières années et mort

Installé en Floride, Jack Brisco se consacre à ses affaires et à sa vie familiale. Après sa retraite, il reste largement à l'écart des manifestations de catch. Il connaît plusieurs problèmes de santé au cours de ses dernières années, notamment à la suite d'une intervention chirurgicale à la colonne vertébrale en 1999[3].

Il meurt le 1er février 2010, à l'âge de 68 ans, des suites de complications cardiaques, après avoir subi une opération du cœur au début du mois de janvier. Son épouse Jan et leurs trois enfants lui survivent[1],[7].

Style de catch et réception

La particularité de Jack Brisco réside dans le lien qu'il établit entre la lutte universitaire et le catch télévisé. Ses projections, ses changements d'appui, ses mouvements rapides et ses prises de soumission donnent à ses rencontres une apparence sportive cohérente avec son passé de champion NCAA. Il est notamment associé au figure-four leglock, prise qui immobilise les jambes de l'adversaire. Cette technique est employée dans des combats dont l'issue reste décidée à l'avance : la réalité de sa formation sportive ne rend pas les compétitions de catch non scénarisées[7],[3].

Plusieurs de ses pairs ont souligné son habileté sur le ring. Dory Funk Jr. louait sa qualité d'adversaire et la fluidité de leur travail commun ; l'historien du catch Dave Meltzer insiste quant à lui sur la rapidité et la précision de ses mouvements, mais aussi sur sa manière de rendre crédibles les retournements de situation d'un match. Meltzer relève toutefois que, sur certains marchés comme Saint-Louis, Brisco attirait davantage de spectateurs comme prétendant au titre que comme champion du monde. Sa réputation ne repose donc pas sur un succès commercial uniforme pendant ses deux règnes[13],[3].

Sa place dans l'histoire du catch tient aussi au changement d'échelle de cette industrie. Vedette d'un système régional organisé autour de la NWA, il participe personnellement, par la vente de ses intérêts dans la promotion de Géorgie, à l'un des épisodes de la conquête du marché national par la WWF. Les rétrospectives de la WWE mettent volontiers l'accent sur la contribution des frères Brisco à son développement. Les historiens et chroniqueurs indépendants rappellent néanmoins que l'arrivée de la WWF sur WTBS en 1984 a suscité une vive opposition et que McMahon a fini par abandonner cette case télévisée[14],[12].

Palmarès et distinctions

Les résultats de lutte universitaire ci-dessous correspondent à des compétitions sportives. Les championnats de catch répertorient, pour leur part, les titres attribués dans les scénarios des promotions.

Lutte universitaire

  • Champion NCAA de lutte universitaire, catégorie des 191 livres : 1965 ; finaliste en 1964[1].
  • Champion de la conférence Big Eight dans la même catégorie : 1964 et 1965[1].

Catch professionnel

  • National Wrestling Alliance : champion du monde poids lourds à deux reprises (20 juillet 1973 – 2 décembre 1974 ; 9 décembre 1974 – 10 décembre 1975)[2].
  • Jim Crockett Promotions / NWA Mid-Atlantic : champion du monde par équipes, version Mid-Atlantic, à trois reprises avec Gerald Brisco (1983-1984)[9].
  • Promotions régionales de la NWA : plusieurs championnats individuels et par équipes, notamment les titres poids lourds du Missouri et Mid-Atlantic, ainsi que des titres en Floride et en Géorgie[8],[14].

Récompenses et panthéons

  • 1973 : « catcheur de l'année » (Wrestler of the Year), distinction attribuée par les lecteurs de publications liées à Pro Wrestling Illustrated[15].
  • 1996 : membre de la promotion inaugurale du Wrestling Observer Newsletter Hall of Fame[16].
  • 2001 : intronisation au George Tragos/Lou Thesz Professional Wrestling Hall of Fame, consacré notamment aux catcheurs issus de la lutte de compétition[17].
  • 2005 : intronisation au Professional Wrestling Hall of Fame[18].
  • 2008 : intronisation au WWE Hall of Fame avec son frère Gerald[4].
  • 2016 : intronisation posthume, avec Gerald, au Chickasaw Hall of Fame[6].

Bibliographie

  • Jack Brisco et William Murdock, Brisco: The Life and Times of National Collegiate and World Heavyweight Wrestling Champion Jack Brisco, Culture House Books, 2004 ; édition augmentée, Crowbar Press, 2013[19].
  • Tim Hornbaker, National Wrestling Alliance: The Untold Story of the Monopoly That Strangled Professional Wrestling, ECW Press, 2007, (ISBN 9781550227413).

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 « Cowboy Wrestling Champ Passes Away », Oklahoma State University Athletics, 2 février 2010.
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 « NWA World Heavyweight Title », Wrestling-Titles.com, historique des règnes.
  3. ↑ 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 3,09 3,10 3,11 3,12 3,13 3,14 3,15 3,16 et 3,17 Dave Meltzer, « Dave Meltzer on the life and times of Jack Brisco », Wrestling Observer Newsletter, 17 février 2010, repris le 21 septembre 2020.
  4. ↑ 4,0 et 4,1 Louie Dee, « The Hall is open », WWE, 30 mars 2008.
  5. ↑ « Jack Brisco », National Wrestling Hall of Fame.
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 « “Jack” & “Gerry” Brisco », Chickasaw Hall of Fame, promotion 2016.
  7. ↑ 7,0 7,1 7,2 et 7,3 Greg Oliver, « Jack Brisco », Slam Wrestling.
  8. ↑ 8,0 et 8,1 Dick Bourne, « The World Heavyweight Champions and the Titles They Held in the Mid-Atlantic Area », Mid-Atlantic Gateway, 2020.
  9. ↑ 9,0 et 9,1 « NWA World Tag Team Title (Mid-Atlantic/WCW) », Wrestling-Titles.com, historique des règnes.
  10. ↑ « Black Saturday: The unbelievable story of the original invasion », WWE, entretien rétrospectif avec Gerald Brisco.
  11. ↑ John Molinaro, « End of an era on TBS: Solie, Georgia and ‘Black Saturday’ », Slam Wrestling, 3 avril 2001.
  12. ↑ 12,0 et 12,1 Liam Byrne, « Hidden Gems: Black Saturday », The Pro Wrestling Journal, 12 juillet 2018.
  13. ↑ Chris Schramm, « Friends remember Brisco, both in and outside the ring », Slam Wrestling, 2 février 2010.
  14. ↑ 14,0 et 14,1 « Jack Brisco », WWE, notice biographique officielle.
  15. ↑ « PWI Achievement Awards », Pro Wrestling Illustrated, archives des récompenses annuelles.
  16. ↑ « Wrestling Observer Newsletter Hall of Fame », Wrestling-Titles.com.
  17. ↑ « George Tragos and Lou Thesz Professional Wrestling Inductee », National Wrestling Hall of Fame.
  18. ↑ Greg Oliver, « Family focus of Pro Wrestling Hall of Fame inductions », Slam Wrestling, 2005.
  19. ↑ Greg Oliver, « Brisco book reprinted, reworked », Slam Wrestling, 23 août 2013.

Article publié sur Wikimonde Plus