Jean-Yves Heurtebise
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité |
française |
| École/tradition |
Philosophie continentale, philosophie comparée |
| Principaux intérêts |
Relations intellectuelles Chine-Europe, orientalisme, anthropocène, philosophie de l'environnement, esthétique, cinéma |
| Œuvres principales |
Orientalisme, occidentalisme et universalisme (2020) |
Jean-Yves Heurtebise, né en 1976[1], est un philosophe et universitaire français. Ses recherches portent principalement sur les représentations intellectuelles et culturelles entre les mondes européen et chinois, la philosophie de l'anthropocène et l'esthétique transculturelle des arts visuels[2]. Depuis 2025, il est professeur associé au département de littérature chinoise de l'Université nationale Sun Yat-sen, à Kaohsiung, et chercheur associé au Centre d'études français sur la Chine contemporaine (CEFC)[2],[3].
Son ouvrage Orientalisme, occidentalisme et universalisme : histoire et méthode des représentations croisées entre mondes européens et chinois, paru en 2020, synthétise une partie de ses recherches sur la formation historique des images de la Chine en Europe et des représentations de l'Europe en Chine. Il y défend une approche critique des oppositions culturelles essentialisées et étudie leurs effets sur la philosophie comparée et la sinologie[4].
Parcours académique
Jean-Yves Heurtebise soutient en 2007, à l'université de Provence (Aix-Marseille 1), une thèse de doctorat en philosophie intitulée Penser la Vie : la Vie comme Liaison, sous la direction de Pierre Livet[5]. Le travail porte sur la notion de vie et cherche à dépasser l'opposition entre une définition biologique du vivant et une définition psychologique du sujet en mettant l'accent sur les processus de relation et d'individuation[5]. Cette première orientation explique plusieurs de ses travaux ultérieurs sur l'épistémologie, la temporalité, le corps et les rapports entre sciences et philosophie.
Il indique avoir ensuite transposé la méthode comparative élaborée dans ce cadre — d'abord destinée à confronter des catégories employées dans différentes disciplines — à l'étude des systèmes de représentation européens et chinois, en cherchant à éviter de les traiter comme des ensembles homogènes et opposés[6]. Au tournant des années 2010, ses recherches se déplacent ainsi progressivement de la philosophie du vivant et de l'esthétique vers la philosophie comparée, la sinologie critique et les questions environnementales.
Son parcours universitaire se déroule ensuite largement en Asie de l'Est. Il est chercheur invité au département de philosophie de l'Université nationale de Taïwan de 2009 à 2011, puis à l'Université Tsinghua de Pékin en 2011-2012, au Centre de droit de l'environnement, des ressources naturelles et de l'énergie. Il enseigne durant l'été 2012 à l'école de gouvernement de l'Université de Pékin, puis en 2013-2014 au département de sociologie de l'Université nationale Dong Hwa, à Taïwan[2]. Entre 2013 et 2016, il participe en outre à deux programmes européens du septième programme-cadre : Liberalism In Between Europe And China (LIBEAC), consacré aux circulations du libéralisme entre Europe et Chine, et Evaluating Policies for Sustainable Energy Investments (EPSEI), consacré aux politiques d'investissement dans l'énergie durable[2].
En 2014, il rejoint le département de langue et culture françaises de l'Université catholique Fu-Jen, à Nouveau Taipei. Il y devient professeur associé en 2021, puis directeur du département en 2023. En parallèle, il assure entre 2016 et 2022 des enseignements de philosophie de l'écologie et d'éthique environnementale dans un master associant l'Université Jean-Moulin-Lyon-III et l'université de Shanghai[2]. En 2025, il quitte Fu-Jen pour le département de littérature chinoise de l'Université nationale Sun Yat-sen. Le profil officiel de cette dernière présente ses trois domaines de spécialité comme les études culturelles comparées Chine-Europe, la philosophie environnementale transculturelle et l'Anthropocène, et la philosophie transculturelle de l'image visuelle[3].
Travaux
Représentations Chine-Europe et philosophie comparée
Une part centrale des travaux d'Heurtebise porte sur la manière dont « Chine », « Europe », « Orient » et « Occident » ont été constitués comme catégories intellectuelles. Dans « De la Démocratie en Chine : essai d'archéologie du discours sinologique » (2011), il examine l'histoire de l'idée selon laquelle la démocratie constituerait une valeur proprement occidentale et interroge, à partir du cas chinois et taïwanais, le lien entre catégories culturelles et principes politiques[7]. Ce texte annonce un programme plus large : retracer la généalogie des oppositions entre civilisations et étudier la façon dont des représentations produites dans un contexte européen peuvent être reprises, inversées ou transformées dans d'autres contextes.
Ses recherches sur l'histoire de la philosophie moderne examinent notamment les représentations de la Chine chez Emmanuel Kant, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Victor Cousin et Martin Heidegger. Dans un article de 2018 consacré à Kant, Hegel et Cousin, il soutient que certaines pratiques de la philosophie comparée reproduisent implicitement une conception culturaliste héritée de la philosophie de l'histoire du XIXe siècle ; il propose de distinguer plus nettement différences culturelles, écarts historiques et divergences philosophiques[8]. En 2019, il étudie la place de la Chine et du taoïsme dans la pensée de Heidegger, en reliant cette question à la conception heideggérienne de l'Europe et à son engagement politique[9].
Ces recherches sont rassemblées et prolongées dans Orientalisme, occidentalisme et universalisme (2020). L'ouvrage couvre plusieurs siècles de relations intellectuelles entre Europe et Chine et s'intéresse aussi bien à la sinophilie des Lumières qu'aux formes ultérieures d'orientalisme, d'occidentalisme et d'auto-orientalisation. Son enjeu méthodologique est de critiquer l'idée de cultures closes sur elles-mêmes sans pour autant effacer les différences historiques et institutionnelles entre sociétés[4],[10]. En 2022, Heurtebise codirige avec Costantino Maeder Reflets de soi au miroir de l'autre. Les représentations croisées Europe/Chine du vingtième siècle à nos jours, ouvrage collectif consacré aux stéréotypes et représentations croisées dans la littérature, la sémiotique, l'enseignement et la pensée politique[11].
Il confronte également la philosophie de Gilles Deleuze à la théorie chinoise du qiaoyixue (侨易学), qui s'intéresse aux transformations produites par les rencontres interculturelles. Dans une étude de 2022, il examine à la fois les possibilités de ce rapprochement et ses difficultés, liées notamment au rapport ambivalent de Deleuze à la pensée chinoise[12]. Dans une étude publiée en 2025, il discute la notion d'« écart » chez François Jullien, ainsi que ses limites pour penser les relations entre cultures chinoises et européennes, et propose une méthode de comparaison transculturelle[13].
Ses projets les plus récents prolongent cette histoire des circulations intellectuelles. Ils portent successivement sur Jean-Pierre Abel-Rémusat, sur la réception du confucianisme par les libertins français du XVIIe siècle, puis, en 2025-2026, sur les rapprochements entre Spinoza et la pensée chinoise dans l'histoire de la réception européenne[2]. Un article paru en 2025 dans le Journal of Chinese Philosophy revient ainsi sur des lectures de Confucius par des libertins français du XVIIe siècle, antérieures aux travaux de Leibniz, et les replace dans la formation d'une pensée des Lumières ouverte aux circulations entre Europe et Chine[14].
Philosophie de l'environnement et Anthropocène
Le second axe majeur de ses recherches concerne la crise écologique et les catégories utilisées pour la penser. Avec Gwennaël Gaffric, il publie en 2013 « L'écologie, Confucius et la démocratie », qui analyse de manière critique l'usage politique et académique de la notion chinoise de « civilisation écologique ». Les auteurs s'intéressent notamment au recours à une tradition confucéenne reconstruite pour présenter l'écologie comme l'expression d'une spécificité culturelle chinoise[15]. Ils étendent en 2018 cette analyse aux interprétations environnementales du Zhuangzi, lorsque le texte taoïste est présenté comme un remède spécifiquement chinois à une crise écologique imputée à l'Occident[16].
Heurtebise approfondit cette critique dans un article publié en 2017 dans Sustainability. Il y conteste les explications qui attribuent directement l'insoutenabilité écologique à des traits culturels supposés stables et insiste sur l'interdépendance des processus sociaux, techniques et environnementaux à l'échelle de l'Anthropocène[17]. Dans « Philosophy of energy and energy transition in the age of the petro-Anthropocene » (2020), il élargit l'analyse à la transition énergétique, qu'il présente non seulement comme une transformation technologique et économique, mais aussi comme un problème culturel, anthropologique et philosophique lié aux modes de vie construits autour des énergies fossiles[18].
À partir de ces travaux, il développe l'idée d'un environnementalisme « transculturel », conçu comme une manière d'éviter aussi bien l'attribution de la crise écologique à une civilisation particulière que l'idéalisation d'une autre comme détentrice d'une solution intrinsèquement plus écologique. L'article « Green Orientalism, Brown Occidentalism and Chinese Ecological Civilization » (2023) applique ce cadre aux discours sur la « civilisation écologique » chinoise[19]. En 2024, dans Concentric: Literary and Cultural Studies, il poursuit cette réflexion sous la notion de « Misanthropocène », en examinant les limites des récits environnementaux qui opposent de façon globale l'humanité et la nature[20]. Dans un chapitre publié en 2026, il reprend la notion de civilisation écologique chinoise pour distinguer son emploi comme affirmation d'une identité culturelle et géopolitique des transformations nécessaires des modèles de développement. Il relie cette seconde approche aux questions de transition énergétique, de sobriété et de justice énergétique[21].
Esthétique, corps et arts visuels
L'esthétique constitue un fil plus ancien mais continu de son travail. Ses premières publications abordent la représentation du temps, le corps et le mouvement à partir de Henri Bergson, Maurice Merleau-Ponty et Gilles Deleuze. Un article de 2011 sur le temps confronte l'histoire des conceptions scientifiques et philosophiques de la temporalité, d'Aristote à Bergson[22]. Dans ses travaux sur la danse et la corporéité, il emploie également l'expression d'« univers merleau-pontien » pour désigner un monde perceptif défini par le corps et ses prolongements dans l'environnement ; cette notion reste toutefois circonscrite à ses recherches de cette période et n'est pas devenue le centre de son œuvre ultérieure[23].
Ses travaux sur le cinéma portent notamment sur Ingmar Bergman, Andreï Tarkovski, Tsai Ming-liang et Wong Kar-wai. Ils ne traitent pas seulement des œuvres comme objets d'interprétation, mais s'intéressent aux conditions d'une analyse philosophique des images, à la temporalité filmique et à la représentation du corps. Dans « Ontology and the Aesthetics of Cinematographic Bodies » (2016), il rapproche les théories de l'image de Bergson et Deleuze d'une réflexion ontologique sur le corps au cinéma[24]. En 2019, dans une étude de la trilogie amoureuse de Wong Kar-wai, il propose la catégorie d'« Image-émotion » pour décrire la façon dont ces films associent perception du temps, perte et affect[25].
Cette réflexion s'étend à la comparaison des arts visuels européens et chinois : Heurtebise a notamment travaillé sur les usages de la perspective dans la peinture et sur les circulations entre esthétique cinématographique, muséale et transculturelle. Avec Lin Chi-ming, il étudie aussi les rapports entre cinéma et musée à travers Visage (2009) de Tsai Ming-liang, en s'intéressant à la place de la création cinématographique dans un espace traditionnellement consacré aux arts plastiques[26]. Son profil de recherche actuel à l'Université nationale Sun Yat-sen regroupe ces travaux sous l'intitulé de « philosophie transculturelle de l'image visuelle »[3].
Taïwan et interventions dans le débat public
Son implantation universitaire à Taïwan nourrit également des recherches sur la société et la vie politique de l'île. Avec Gwennaël Gaffric, il analyse en 2016 plusieurs mobilisations environnementales et civiques taïwanaises entre 2011 et 2014, dont le mouvement des Tournesols, en les rapprochant par leur critique du développementalisme et par les formes alternatives d'espace politique qu'elles expérimentent[27].
Avec Lin Wei-Chun, il revient sur le mouvement des Tournesols dans un article de 2022 qui examine les relations entre littérature, mobilisation civique et émergence de nouvelles formes de civilité à Taïwan[28].
À partir de 2017, il participe à la rédaction en chef de la revue Monde chinois, nouvelle Asie, où il coordonne ou codirige plusieurs dossiers consacrés aux relations Chine-Europe, à la diplomatie publique chinoise, au cinéma sinophone ou à Taïwan[29]. Il publie par ailleurs des tribunes et essais sur la Chine, Taïwan et l'Europe dans la presse et des revues d'idées, notamment Le Monde et Esprit[30]. En avril 2026, il coordonne pour Esprit le dossier « Taïwan, l'archipel des possibles » et y publie notamment « Taïwan et le destin de l'Europe »[31]. Dans une tribune publiée dans Le Monde en septembre 2026, il interroge par ailleurs les bénéfices économiques que la Chine pourrait tirer de nouvelles routes maritimes arctiques, tout en contribuant au réchauffement climatique qui les rend accessibles[32].
Réception
Orientalisme, occidentalisme et universalisme a fait l'objet de plusieurs comptes rendus dans des revues académiques. Dans China Perspectives, le sinologue Florent Villard estime que l'ouvrage apporte une contribution importante aux discussions épistémologiques sur la sinologie et à l'histoire critique des représentations européennes de la Chine. Il souligne en même temps les limites liées à la réunion et au remaniement d'articles antérieurs : certaines répétitions subsistent, l'organisation manque parfois de clarté et plusieurs développements thématiques éloignent ponctuellement le lecteur du fil principal[4].
Dans le Journal of Chinese Philosophy, Eric S. Nelson met pour sa part l'accent sur l'« archéologie » des croisements entre discours chinois et européens et sur l'analyse conjointe de l'orientalisme, de l'occidentalisme, de l'universalisme et du particularisme. Il relève notamment l'intérêt de l'ouvrage pour comprendre les interactions entre réception européenne de la pensée chinoise, discours chinois sur l'Occident et formes d'auto-orientalisation[10]. Ces lectures situent le livre moins comme une histoire générale des relations entre Chine et Europe que comme une enquête sur les catégories à travers lesquelles ces relations ont été pensées.
Publications
Ouvrages
- Orientalisme, occidentalisme et universalisme : histoire et méthode des représentations croisées entre mondes européens et chinois, Paris, MA Éditions-ESKA, 2020, ISBN 978-2-8224-0594-2[1].
- Avec Costantino Maeder (dir.), Reflets de soi au miroir de l'autre. Les représentations croisées. Europe/Chine du vingtième siècle à nos jours, Peter Lang, 2022, ISBN 978-3-631-86124-0[11].
Sélection d'articles et de chapitres
- « Essai d'une géographie symbolique de la morale », Le Portique, 2007, DOI 10.4000/leportique.1533.
- « Le Temps est-il une qualité seconde ou première du Réel ? — Analyse historique des rapports entre science et philosophie du Temps d'Aristote à Bergson », Philosophia Scientiæ, vol. 15, no 3, 2011, p. 115-139, DOI 10.4000/philosophiascientiae.686.
- « De la Démocratie en Chine : essai d'archéologie du discours sinologique », Transtext(e)s Transcultures, no 6, 2011, DOI 10.4000/transtexts.404.
- Avec Gwennaël Gaffric, « L'écologie, Confucius et la démocratie. Critique de la rhétorique chinoise de “civilisation écologique” », Écologie & Politique, 2013/2, no 47, p. 51-61.
- « Sustainability and Ecological Civilization in the Age of Anthropocene: An Epistemological Analysis of the Psychosocial and “Culturalist” Interpretations of Global Environmental Risks », Sustainability, vol. 9, no 8, 2017, article 1331, DOI 10.3390/su9081331.
- Avec Gwennaël Gaffric, « Zhuangzi et l’Anthropocène : réflexions sur l’(auto)orientalisme vert », Essais, no 13, 2018, p. 17-32, DOI 10.4000/essais.439.
- « Kant’s, Hegel’s and Cousin’s Perceptions of China and Non-European Cultures: Racialism, Historicism and Universalism, and the Methodology of Comparative Philosophy », Frontiers of Philosophy in China, vol. 13, no 4, 2018, p. 554-573, DOI 10.3868/s030-007-018-0043-4.
- « Is Heidegger an Orientalist or an Occidentalist European Philosopher? Disclosing the Political Factor behind Heidegger’s Representation of Chinese Thinking », Frontiers of Philosophy in China, vol. 14, no 4, 2019, p. 523-551, DOI 10.3868/s030-008-019-0032-4.
- « Quatre interprétations de la trilogie amoureuse de Wong Kar Wai (le cinéma sinophone après 1980 ou l'invention de l'Image-émotion) », Monde chinois, 2019/1, no 57, p. 117-131, DOI 10.3917/mochi.057.0117.
- « Philosophy of energy and energy transition in the age of the petro-Anthropocene », The Journal of World Energy Law & Business, vol. 13, no 2, 2020, p. 100-113, DOI 10.1093/jwelb/jwaa012.
- « Gilles Deleuze et Qiaoyixue 侨易学 : conditions de possibilité d'une rencontre “interculturelle” », Monde chinois, no 68, 2022/1, p. 65-95, DOI 10.3917/mochi.068.0065.
- Avec Lin Wei-Chun, « Mouvements sociaux et littérature : l'émergence de formes alternatives de civilité et le mouvement des Tournesols de 2014 à Taïwan comme cas d'étude », Monde chinois, nos 70-71, 2022/3, p. 27-42, DOI 10.3917/mochi.070.0027.
- « Green Orientalism, Brown Occidentalism and Chinese Ecological Civilization: Deconstructing the Culturalization of the Anthropocene to Nurture Transcultural Environmentalism », Asian Studies, vol. 11, no 2, 2023, p. 119-148, DOI 10.4312/as.2023.11.2.119-148.
- « The Challenge of Transculturality in the Era of the Misanthropocene », Concentric: Literary and Cultural Studies, vol. 50, no 1, 2024, p. 13-40.
- « Repenser le rapport entre “cultures chinoises et européennes” après François Jullien », Humanités, Didactiques, Recherches, no 6, 2025, p. 31-58[13].
- « French Libertines’ Reception of Confucius and the Inception of Global Enlightenment », Journal of Chinese Philosophy, vol. 52, nos 1-2, 2025, p. 17-29[14].
- « Taïwan et le destin de l'Europe », Esprit, no 532, avril 2026, p. 81-86[31].
- « Deconstructing (Chinese) Ecological Civilization: An Essentialist Cultural Project of De-Westernization or a Critical Trans-Cultural Project of De-Misanthropocenization? », dans Michael A. Peters et al. (dir.), Handbook of Ecological Civilization, Springer, 2026, p. 1085-1099, DOI 10.1007/978-981-95-2173-9_47.
Notes et références
- ↑ 1,0 et 1,1 Bibliothèque nationale de France, « Heurtebise, Jean-Yves (1976-....) », notice d'autorité, et Orientalisme, occidentalisme et universalisme, notice bibliographique (consultées le 22 octobre 2026).
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 Centre d'études français sur la Chine contemporaine, « Jean-Yves Heurtebise », profil institutionnel (consulté le 19 septembre 2026).
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Université nationale Sun Yat-sen, département de littérature chinoise, « 何重誼 (Jean-Yves Heurtebise) 副教授 », chinese.nsysu.edu.tw (consulté le 19 septembre 2026).
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 Florent Villard, « HEURTEBISE, Jean-Yves. 2020. Orientalisme, occidentalisme et universalisme : histoire et méthode des représentations croisées entre mondes européens et chinois », China Perspectives, 2021/4, p. 73-74, DOI 10.4000/chinaperspectives.12812, texte en ligne.
- ↑ 5,0 et 5,1 theses.fr, « Penser la Vie : la Vie comme Liaison », thèse de doctorat de Jean-Yves Heurtebise, soutenue en 2007 à Aix-Marseille 1 sous la direction de Pierre Livet, notice en ligne (consulté le 19 septembre 2026).
- ↑ Vincent Kaiser, « Interview de Jean-Yves Heurtebise », JDH Éditions, 21 août 2022, en ligne (consulté le 19 septembre 2026).
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « De la Démocratie en Chine : essai d'archéologie du discours sinologique », Transtext(e)s Transcultures, no 6, 2011, DOI 10.4000/transtexts.404, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Kant’s, Hegel’s and Cousin’s Perceptions of China and Non-European Cultures: Racialism, Historicism and Universalism, and the Methodology of Comparative Philosophy », Frontiers of Philosophy in China, vol. 13, no 4, 2018, p. 554-573, DOI 10.3868/s030-007-018-0043-4, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Is Heidegger an Orientalist or an Occidentalist European Philosopher? Disclosing the Political Factor behind Heidegger’s Representation of Chinese Thinking », Frontiers of Philosophy in China, vol. 14, no 4, 2019, p. 523-551, DOI 10.3868/s030-008-019-0032-4, en ligne.
- ↑ 10,0 et 10,1 Eric S. Nelson, compte rendu de Orientalisme, occidentalisme et universalisme, Journal of Chinese Philosophy, vol. 49, no 1, 2022, p. 107-110, DOI 10.1163/15406253-12340052, notice bibliographique.
- ↑ 11,0 et 11,1 Jean-Yves Heurtebise et Costantino Maeder (dir.), Reflets de soi au miroir de l'autre. Les représentations croisées. Europe/Chine du vingtième siècle à nos jours, Peter Lang, 2022, ISBN 978-3-631-86124-0 ; présentation de l'éditeur.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Gilles Deleuze et Qiaoyixue 侨易学 : conditions de possibilité d'une rencontre “interculturelle” », Monde chinois, no 68, 2022/1, p. 65-95, DOI 10.3917/mochi.068.0065, résumé et notice bibliographique.
- ↑ 13,0 et 13,1 Jean-Yves Heurtebise, « Repenser le rapport entre “cultures chinoises et européennes” après François Jullien », Humanités, Didactiques, Recherches, no 6, 2025, p. 31-58, texte intégral publié par l'Université Sorbonne Nouvelle.
- ↑ 14,0 et 14,1 Jean-Yves Heurtebise, « French Libertines’ Reception of Confucius and the Inception of Global Enlightenment », Journal of Chinese Philosophy, vol. 52, nos 1-2, 2025, p. 17-29, DOI 10.1163/15406253-12340154, résumé et référence.
- ↑ Gwennaël Gaffric et Jean-Yves Heurtebise, « L'écologie, Confucius et la démocratie. Critique de la rhétorique chinoise de “civilisation écologique” », Écologie & Politique, 2013/2, no 47, p. 51-61, en ligne.
- ↑ Gwennaël Gaffric et Jean-Yves Heurtebise, « Zhuangzi et l’Anthropocène : réflexions sur l’(auto)orientalisme vert », Essais. Revue interdisciplinaire d’humanités, no 13, 2018, p. 17-32, DOI 10.4000/essais.439, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Sustainability and Ecological Civilization in the Age of Anthropocene: An Epistemological Analysis of the Psychosocial and “Culturalist” Interpretations of Global Environmental Risks », Sustainability, vol. 9, no 8, 2017, article 1331, DOI 10.3390/su9081331, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Philosophy of energy and energy transition in the age of the petro-Anthropocene », The Journal of World Energy Law & Business, vol. 13, no 2, 2020, p. 100-113, DOI 10.1093/jwelb/jwaa012, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Green Orientalism, Brown Occidentalism and Chinese Ecological Civilization: Deconstructing the Culturalization of the Anthropocene to Nurture Transcultural Environmentalism », Asian Studies, vol. 11, no 2, 2023, p. 119-148, DOI 10.4312/as.2023.11.2.119-148, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « The Challenge of Transculturality in the Era of the Misanthropocene », Concentric: Literary and Cultural Studies, vol. 50, no 1, 2024, p. 13-40, notice bibliographique.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Deconstructing (Chinese) Ecological Civilization: An Essentialist Cultural Project of De-Westernization or a Critical Trans-Cultural Project of De-Misanthropocenization? », dans Michael A. Peters, Benjamin J. Green, Greg William Misiaszek et Xudong Zhu (dir.), Handbook of Ecological Civilization: Concept, Philosophy, and Pedagogy, Springer, 2026, p. 1085-1099, DOI 10.1007/978-981-95-2173-9_47, résumé et notice de l'éditeur.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Le Temps est-il une qualité seconde ou première du Réel ? — Analyse historique des rapports entre science et philosophie du Temps d'Aristote à Bergson », Philosophia Scientiæ, vol. 15, no 3, 2011, p. 115-139, DOI 10.4000/philosophiascientiae.686, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Penser la danse ou Qu'est-ce qu'un corps ? (Un univers merleau-pontien) », dans Sarah-Anaïs Crevier-Goulet et Melina Balcazar Moreno (dir.), Penser les matières du corps, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 219-232.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Ontology and the Aesthetics of Cinematographic Bodies », Contemporary Aesthetics, 2016, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Quatre interprétations de la trilogie amoureuse de Wong Kar Wai (le cinéma sinophone après 1980 ou l'invention de l'Image-émotion) », Monde chinois, 2019/1, no 57, p. 117-131, DOI 10.3917/mochi.057.0117, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise et Lin Chi-Ming, « Tsai Ming-liang’s Face and the Art of Movie-making in a Museum », Journal of Museum & Culture, no 10, 2015, p. 3-33, présentation du texte.
- ↑ Gwennaël Gaffric et Jean-Yves Heurtebise, « Mouvements sociaux et éco-hétérotopies. Une analyse structurale des mouvements sociaux taïwanais entre 2011 et 2014 », Écologie & Politique, 2016/1, no 52, p. 127-142, DOI 10.3917/ecopo1.052.0127, en ligne.
- ↑ Jean-Yves Heurtebise et Lin Wei-Chun, « Mouvements sociaux et littérature : l'émergence de formes alternatives de civilité et le mouvement des Tournesols de 2014 à Taïwan comme cas d'étude », Monde chinois, nos 70-71, 2022/3, p. 27-42, DOI 10.3917/mochi.070.0027, en ligne.
- ↑ Éditions ESKA, « Monde Chinois », section « Rédaction en chef », présentation de la revue ; Sign@l, « Monde Chinois, no 50, 2017-2 », sommaire du numéro (consultés le 19 septembre 2026).
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « Les élections de 2020 à Taïwan seront un test à valeur mondiale », Le Monde, 18 septembre 2019, en ligne.
- ↑ 31,0 et 31,1 Esprit, « Taïwan, l'archipel des possibles », avril 2026, dossier coordonné par Jean-Yves Heurtebise (consulté le 22 octobre 2026).
- ↑ Jean-Yves Heurtebise, « La Chine contribue à la fonte polaire à travers ses émissions, dont elle se déclare la victime », Le Monde, 21 septembre 2026, en ligne.
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