La Planète des chats
| La Planète des chats | ||||||||
| Auteur | Bernard Werber | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||||||
| Genre | Roman d'anticipation, Science-fiction post-apocalyptique | |||||||
| Éditeur | Albin Michel | |||||||
| Lieu de parution | Paris | |||||||
| Date de parution | 2020 | |||||||
| Type de média | Livre imprimé | |||||||
| Nombre de pages | 432 | |||||||
| ISBN | 978-2-226-45585-7 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
| Série | Cycle des chats | |||||||
| ||||||||
| modifier |
||||||||
La Planète des chats est un roman d'anticipation de l'écrivain français Bernard Werber, publié en 2020 aux éditions Albin Michel[1]. Il constitue le troisième et dernier volet de la trilogie dite du « Cycle des chats », après Demain les chats (2016) et Sa Majesté des chats (2019)[2].
Mêlant science-fiction post-apocalyptique, aventure et satire, le roman poursuit l'histoire de Bastet, une chatte qui ambitionne de fédérer les espèces animales et les derniers humains après l'effondrement de leur civilisation. L'action se déplace principalement à New York, où une société humaine réfugiée dans les gratte-ciel tente de survivre à l'invasion des rats[3].
Place dans la trilogie
L'histoire reprend directement à la suite de Sa Majesté des chats. Dans les deux premiers romans, Bastet observe depuis Paris les conflits et les épidémies qui désorganisent le monde humain. Elle rencontre Pythagore, un chat dont les connaissances sont augmentées par un dispositif électronique, puis entreprend de rassembler des animaux et des hommes pour résister aux rats, rassemblés derrière leur chef Tamerlan. Ce parcours transforme progressivement la chatte domestique en chef d'une communauté de survivants[4],[5].
La trilogie s'inscrit dans la démarche de Bernard Werber consistant à décrire les comportements humains à travers le regard d'autres espèces, déjà présente dans Les Fourmis. Interrogé en 2021 sur l'origine de Demain les chats, il explique avoir cherché, après les attentats de janvier 2015, à représenter la violence des hommes depuis le point de vue d'un animal qui n'en partage pas les codes. Le caractère autoritaire et égocentrique de Bastet s'inspire en partie, selon lui, de sa propre chatte, Domino[6].
Résumé
À l'issue du deuxième volume, Bastet et ses compagnons quittent une Europe submergée par les rats à bord du voilier Dernier Espoir. Ils espèrent trouver aux États-Unis un refuge et les moyens de poursuivre la lutte. Parmi les voyageurs figurent Pythagore, la femme qui a élevé Bastet, Nathalie, et Champollion, un perroquet capable de servir d'interprète entre les espèces[7].
À leur arrivée dans la baie de New York, les rescapés découvrent une ville où les rats prolifèrent, notamment autour de la statue de la Liberté. L'Amérique n'a pas davantage échappé à la catastrophe que l'Europe. Après de violents affrontements, le groupe trouve refuge auprès d'Américains qui ont abandonné le sol pour vivre dans les étages supérieurs des immeubles[8].
Les survivants se sont répartis en cent deux tribus dont les intérêts et les conceptions de la vie collective divergent. Dans cette société suspendue au-dessus des rues infestées, Bastet découvre que son autorité autoproclamée n'est pas reconnue. Elle doit apprendre à négocier avec les humains, à surmonter leurs divisions et à les convaincre de prendre part à une défense commune. La puissance et l'organisation des rats rendent cette alliance d'autant plus nécessaire[3].
L'affrontement dépasse peu à peu la seule survie du groupe. Le périple de Bastet se poursuit au-delà de New York et les dangers s'intensifient jusqu'à une menace nucléaire. Son ambition de prendre la tête d'un monde nouveau doit céder la place à la recherche d'une coopération entre espèces et communautés rivales, seule possibilité de résister à un ennemi commun[4],[1].
Personnages et univers
Bastet est à la fois l'héroïne et le point de vue principal du récit. Convaincue de la supériorité des chats, elle interprète les comportements humains avec un mélange de curiosité, d'incompréhension et de condescendance. Son désir de régner contraste avec la nécessité de composer avec des alliés qui ne partagent pas ses ambitions. Ce décalage nourrit une grande partie de l'humour du roman[9].
Pythagore joue auprès d'elle le rôle d'un compagnon érudit. Les deux chats possèdent un « troisième œil », dispositif informatique permettant l'accès au savoir humain et facilitant leur compréhension du monde. Nathalie, la maîtresse humaine de Bastet, fait partie des survivants du groupe, tandis que le perroquet Champollion facilite les échanges entre animaux d'espèces différentes. La communauté rassemble ainsi des êtres dont la coopération dépend autant de la communication que de leur capacité à combattre[7],[8].
L'univers du livre renverse les rapports habituels entre espèces. Les humains, auparavant dominants, ne contrôlent plus leur environnement ; les rats imposent désormais leur nombre et leur organisation, tandis que les chats cherchent une place dans l'ordre qui pourrait succéder à la civilisation disparue. Les gratte-ciel new-yorkais deviennent le décor d'une société réduite à une existence précaire, coupée du sol et divisée politiquement[3].
Thèmes et écriture
Le roman met en scène les difficultés de la vie collective à travers un récit animalier. Le regard de Bastet permet de tourner en dérision certaines habitudes humaines, mais aussi d'examiner leur tendance à se diviser au moment où leur survie exige une action concertée. La communication entre les espèces, le partage du savoir et la coopération constituent les principaux contrepoints à la logique d'affrontement. Bernard Werber rattache lui-même son recours aux animaux à l'exemple des fables de Jean de La Fontaine, dont il apprécie la manière de traiter les sociétés humaines par le détour de la fiction animalière[4].
Comme dans d'autres livres de l'auteur, le récit d'aventures est ponctué de passages inspirés de l'Encyclopédie du savoir relatif et absolu, qui introduisent des éléments historiques, scientifiques ou philosophiques. Ces développements accompagnent la curiosité de Bastet et l'importance accordée aux connaissances dans sa quête de survie. Ils sont toutefois moins nombreux que dans les volumes précédents, au profit d'une intrigue plus directement fondée sur l'action[9],[8].
Cette orientation se traduit par des affrontements, des déplacements périlleux et une succession de retournements de situation. Dans un entretien paru au moment de la publication, Werber défend une écriture accessible qui privilégie l'immersion immédiate et la progression du récit plutôt que la recherche d'effets stylistiques. Il présente également la science-fiction comme un moyen d'explorer les futurs possibles et les réactions humaines face aux crises[4].
Publication et adaptations
L'édition originale paraît chez Albin Michel en 2020, sous la forme d'un volume de 432 pages ( (ISBN 978-2-226-45585-7)). Le roman est ensuite repris par Le Livre de poche le 1er septembre 2021 ( (ISBN 978-2-253-10720-0))[1],[3].
Une bande dessinée portant le même titre, adaptée du roman par le scénariste Pog et la dessinatrice Naïs Quin, paraît le 12 juin 2024 chez Albin Michel. Cet album de 128 pages constitue le troisième volume de l'adaptation dessinée de la trilogie, commencée en 2021 avec Demain les chats[10],[6].
Le roman de Bernard Werber est par ailleurs sans lien avec un autre ouvrage intitulé La Planète des chats, écrit par Laurent Chabin et publié en 2002 aux éditions québécoises Hurtubise. Ce dernier est un roman de science-fiction pour la jeunesse consacré à une planète peuplée de chats géants[11].
Accueil critique
À sa parution, La Planète des chats est notamment remarqué pour son ampleur et son rythme. Dans Le Journal du dimanche, Laëtitia Favro insiste sur son caractère spectaculaire et sur la multiplication des péripéties, qui en font un roman conçu pour tenir le lecteur en haleine. Elle relève cependant que cette recherche d'efficacité narrative peut se faire au détriment du style[4]. Dans Le Journal de Québec, Marie-France Bornais souligne également la place des rebondissements et le contraste entre le projet rassembleur de Bastet et les dissensions des survivants[8].
Les appréciations des chroniqueurs littéraires divergent davantage sur l'équilibre du dernier volume. Yvan Fauth salue l'inventivité, la fantaisie et l'humour de cette conclusion, ainsi que la réflexion menée autour de la communication, tout en notant une certaine naïveté dans son traitement[9]. Sur le blog La Dusty Library, Camille Dusty apprécie la fluidité de l'écriture et le caractère divertissant de l'aventure, mais juge ce troisième tome moins convaincant que les précédents, notamment en raison de passages qu'elle trouve trop longs[12].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « La Planète des chats », éditions Albin Michel.
- ↑ « Demain les chats » et « Sa majesté des chats », éditions Albin Michel.
- ↑ 3,0 3,1 3,2 et 3,3 « La Planète des chats », Hachette Livre, présentation de l'édition du Livre de poche, 2021.
- ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 et 4,4 Laëtitia Favro, « Bernard Werber de retour sur “La Planète des Chats” », Le Journal du dimanche, 15 octobre 2020.
- ↑ « Sa majesté des chats – tome 2 (BD) », éditions Albin Michel, 2022.
- ↑ 6,0 et 6,1 Pierrot Fontanier, « Bernard Werber : “La BD est mon mode d’expression de base” », ZOO, 4 mai 2021.
- ↑ 7,0 et 7,1 « Werber aime tant les chats », La Dépêche du Midi, 13 octobre 2020.
- ↑ 8,0 8,1 8,2 et 8,3 Marie-France Bornais, « “La planète des chats” de Bernard Werber : l'Amérique, une terre promise ? », Le Journal de Québec, 5 décembre 2020.
- ↑ 9,0 9,1 et 9,2 Yvan Fauth, « La planète des chats – Bernard Werber », EmOtionS, 30 septembre 2020.
- ↑ « La Planète des chats – tome 3 (BD) », éditions Albin Michel, 12 juin 2024.
- ↑ « La Planète des chats », éditions Hurtubise, fiche du roman de Laurent Chabin.
- ↑ Camille Dusty, « La Planète des Chats – Bernard Werber », La Dusty Library, 16 juin 2021.
Article publié sur Wikimonde Plus