Laurence Spicher-Bernier

Aller à la navigation Aller à la recherche
Laurence Spicher-Bernier
Description de cette image, également commentée ci-après
Laurence Spicher-Bernier lors d'une réunion publique en 2011.
Naissance (65 ans)
15e arrondissement de Paris
Nationalité Française
Profession
Consultante en immobilier

Laurence Spicher-Bernier, née le 16 juin 1961 dans le 15e arrondissement de Paris, est une femme politique française. Élue au conseil municipal de Savigny-sur-Orge à partir de 1995, elle devient adjointe puis première adjointe de Jean Marsaudon, avant de lui succéder comme maire le 29 septembre 2008. Première femme à diriger la commune, elle exerce cette fonction jusqu'aux élections municipales de 2014.

Membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) au début de son mandat, elle en est exclue en 2012 après avoir maintenu une candidature dissidente aux élections législatives. Elle rejoint ensuite le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), alors associé à l'Union des démocrates et indépendants (UDI). Battue aux municipales de 2014, elle demeure conseillère municipale d'opposition pendant la mandature suivante. En 2011, le tribunal correctionnel d'Évry la condamne à huit mois d'emprisonnement avec sursis pour exercice illégal de la profession d'avocat et escroquerie, pour des faits antérieurs à son mandat de maire[1].

Biographie

Les parents de Laurence Spicher-Bernier s'installent à Savigny-sur-Orge en 1964, alors qu'elle a trois ans. Elle grandit dans le quartier de Grand-Vaux. Avant d'exercer des responsabilités politiques, elle travaille notamment dans le secteur bancaire pendant dix-sept ans. En 2008, Le Parisien la présente comme une ancienne directrice administrative et juridique dans une entreprise privée, devenue consultante en immobilier deux ans plus tôt[2],[3].

Son engagement local passe d'abord par le milieu associatif. Elle crée une association de parents d'élèves puis dirige pendant quinze ans l'union locale des commerçants. Elle siège également pendant dix ans comme conseillère prud'homale. Lorsqu'elle devient maire en 2008, elle met en congé son activité de consultante en immobilier et cesse d'exercer son mandat prud'homal afin de se consacrer à la mairie[2].

Parcours politique

Débuts à Savigny-sur-Orge

Au milieu des années 1990, Jean Marsaudon, maire de Savigny-sur-Orge depuis 1983 et député de la septième circonscription de l'Essonne, lui propose d'intégrer son équipe municipale. Élue conseillère municipale, elle devient ensuite adjointe chargée de l'économie à partir de 2001. Après les élections municipales de 2008, remportées dès le premier tour par la liste de Jean Marsaudon avec 50,12 % des suffrages exprimés, elle est première adjointe[2],[4].

Jean Marsaudon meurt le 18 septembre 2008. Seule candidate à sa succession lors du conseil municipal extraordinaire du 29 septembre, Laurence Spicher-Bernier est élue maire. Elle est la première femme à exercer cette fonction à Savigny-sur-Orge[2],[5].

Maire de Savigny-sur-Orge

Le 11 février 2011, alors qu'elle se rend avec son adjointe Jocelyne Maintier-Lang à une rencontre avec une amicale de locataires dans le quartier des Prés-Saint-Martin, un cocktail Molotov est lancé sous leur voiture. Les deux élues ne sont pas blessées et portent plainte[6].

Le mandat est par ailleurs marqué par des divisions au sein de la majorité issue de l'équipe de Jean Marsaudon. Plusieurs élus entrent en dissidence à partir de 2010. En juillet 2012, après leur avoir retiré leurs délégations, Laurence Spicher-Bernier fait voter la destitution de quatre adjoints, dont Éric Mehlhorn. La maire invoque leur dissidence et le vote très serré du budget supplémentaire ; Anne-Marie Gérard, l'une des adjointes évincées, relie pour sa part le conflit à l'opposition d'une partie de la majorité au budget de 2010, qui prévoyait une hausse des impôts locaux[7].

La question intercommunale constitue un autre dossier important du mandat. Après avoir accepté en juin 2011 le principe d'une intégration à la Communauté d'agglomération Les Portes de l'Essonne (CALPE), la commune s'y oppose lorsque le périmètre proposé inclut notamment Morangis. L'intégration est néanmoins décidée par arrêté préfectoral et devient effective le 1er janvier 2013. La municipalité conteste ensuite devant la justice administrative l'arrêté d'intégration ainsi que des décisions de la CALPE relatives au budget et à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères[8].

Parmi les projets de la fin du mandat figure la construction d'une piscine au complexe sportif Pierre-de-Coubertin. Présenté en 2013 pour une mise en service annoncée en 2015, l'équipement est alors évalué à environ 9,5 millions d'euros. Son financement et le choix de conserver le projet à l'échelle communale suscitent un débat au conseil municipal[9]. La chambre régionale des comptes relève qu'aucune concertation n'avait alors eu lieu avec la CALPE sur ce projet ; celui-ci est abandonné sous cette forme après le changement de majorité de 2014[8].

Dans son rapport consacré aux exercices 2008 et suivants, la chambre régionale des comptes relève plusieurs évolutions de la situation financière municipale. À la clôture de 2009, 1,34 million d'euros de charges de fonctionnement n'avaient pas été rattachées au bon exercice, ce qui avait altéré la sincérité du résultat annuel. La capacité d'épargne, insuffisante en 2008 et 2009, s'améliore ensuite, tout en restant inférieure à celle des communes de taille comparable. La commune augmente en 2010 les taux des impôts directs sur les ménages afin de restaurer sa capacité d'autofinancement. Entre 2008 et 2012, l'encours de dette progresse de 27 %, mais la capacité de désendettement s'améliore nettement et la dette par habitant reste en 2012 inférieure à la moyenne de la strate démographique. La chambre note par ailleurs que les effectifs et les dépenses de personnel ont été maîtrisés[8].

Candidature législative de 2012 et nouvelles affiliations

En 2012, Laurence Spicher-Bernier se présente dans la septième circonscription de l'Essonne malgré l'investiture accordée par l'UMP à la députée sortante Françoise Briand. Sa candidature dissidente entraîne son exclusion de l'UMP[10]. Classée « divers droite » par le ministère de l'Intérieur, elle recueille 3 965 voix, soit 9,99 % des suffrages exprimés au premier tour[11].

Elle se rapproche ensuite du centre droit. En juillet 2013, elle est présentée comme maire UDI et présidente de la fédération de l'Essonne du Centre national des indépendants et paysans, formation alors affiliée à l'UDI[12].

Élections municipales de 2014 et opposition municipale

Candidate à sa succession en mars 2014 sous l'étiquette UDI, Laurence Spicher-Bernier obtient 20,03 % des suffrages exprimés au premier tour. Entre les deux tours, sa liste fusionne avec celle de David Fabre, candidat sans étiquette et ancien membre du PS et d'Europe Écologie Les Verts[10]. Au second tour, la liste ainsi constituée recueille 17,76 % des voix, contre 38,13 % pour celle d'Éric Mehlhorn, qui devient maire, et obtient trois sièges au conseil municipal ainsi qu'un siège communautaire[13].

Laurence Spicher-Bernier demeure dès lors conseillère municipale d'opposition. Une délibération du conseil municipal de juin 2019 la mentionne encore parmi ses membres[14]. Son mandat prend fin avec la mandature 2014-2020.

Condamnation de 2011

Le 6 septembre 2011, le tribunal correctionnel d'Évry condamne Laurence Spicher-Bernier à huit mois d'emprisonnement avec sursis pour exercice illégal de la profession d'avocat et escroquerie. Les faits remontent à la période où elle intervenait comme juriste au sein d'une association d'aide aux commerçants et aux entreprises en difficulté. Selon l'accusation et les parties civiles, elle avait pris en charge des dossiers en laissant croire qu'elle avait la qualité d'avocate ; elle contestait cette présentation des faits. L'affaire avait été signalée par l'ordre des avocats d'Évry après une audience en 2002. Elle obtient une capacité en droit après les faits[1].

La décision ne comporte pas de privation de ses droits civils ou civiques. Trois parties civiles sont indemnisées et Laurence Spicher-Bernier poursuit son mandat municipal[1].

Mandats

  • 1995-2001 : conseillère municipale de Savigny-sur-Orge ;
  • 2001-mars 2008 : adjointe au maire de Savigny-sur-Orge, chargée de l'économie ;
  • mars-septembre 2008 : première adjointe au maire de Savigny-sur-Orge ;
  • 29 septembre 2008-avril 2014 : maire de Savigny-sur-Orge ;
  • 2014-2020 : conseillère municipale d'opposition à Savigny-sur-Orge.

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « Un maire (UMP) condamné pour exercice illégal de la profession d'avocat », Le Point, 6 septembre 2011.
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 « Une femme à la tête de la quatrième ville essonnienne », Le Parisien, 30 septembre 2008.
  3. ↑ Bulletin municipal de Savigny-sur-Orge, novembre 2008.
  4. ↑ Résultats des élections municipales de 2008 à Savigny-sur-Orge, ministère de l'Intérieur.
  5. ↑ Savigny-sur-Orge, d'hier à aujourd'hui, ville de Savigny-sur-Orge, p. 25.
  6. ↑ « “On a eu très peur” », Le Parisien, 14 février 2011.
  7. ↑ « Quatre adjoints évincés », Le Parisien, 4 juillet 2012.
  8. ↑ 8,0 8,1 et 8,2 Commune de Savigny-sur-Orge (91) — Exercices 2008 et suivants — Observations définitives, chambre régionale des comptes d'Île-de-France, délibéré le 2 septembre 2014.
  9. ↑ « Savigny-sur-Orge : le financement de la future piscine inquiète l'opposition », Le Parisien, 20 novembre 2013.
  10. ↑ 10,0 et 10,1 Cédric Saint-Denis, « Municipales à Savigny : cette alliance scandalise les listes adverses », Le Parisien, 27 mars 2014.
  11. ↑ Résultats des élections législatives de 2012 dans la 7e circonscription de l'Essonne, ministère de l'Intérieur.
  12. ↑ « Laurence Spicher-Bernier “n'excuse pas” les propos sur les gens du voyage », Le Parisien, 24 juillet 2013.
  13. ↑ Résultats des élections municipales de 2014 à Savigny-sur-Orge, ministère de l'Intérieur.
  14. ↑ Conseil municipal de Savigny-sur-Orge, séance du 24 juin 2019, ville de Savigny-sur-Orge.

Article publié sur Wikimonde Plus

  • icône décorative Politique française
  • icône décorative Essonne