Le Manuscrit de Quimper

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Le Manuscrit de Quimper
Image illustrative de l’article Le Manuscrit de Quimper
La Place Terre-au-Duc à Quimper (1910), tableau de Fernand Legout-Gérard reproduit sur la couverture du roman.

Auteur François Lange
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman policier historique
Éditeur Éditions du Palémon
Date de parution 12 octobre 2018
Type de média Livre de poche
Nombre de pages 192
ISBN 9782372605342
Chronologie
Série Les enquêtes de Fañch Le Roy

Le Manuscrit de Quimper est un roman policier historique de l'écrivain français François Lange, paru le 12 octobre 2018 aux éditions du Palémon. Situé à Quimper en 1858, sous le Second Empire, il met en scène l'inspecteur François « Fañch » Le Roy, un ancien militaire d'origine bigoudène chargé d'élucider un assassinat et une série de cambriolages. L'enquête le conduit sur la piste d'une organisation royaliste clandestine[1].

Écrit dès 2005 mais publié treize ans plus tard, le livre inaugure la série des Enquêtes de Fañch Le Roy, consacrée à des affaires criminelles dans la Bretagne du XIXe siècle. Il est suivi de La Bête de l'Aven en 2019[2],[3].

Intrigue

Au début de l'année 1858, les cambriolages de demeures aisées se multiplient à Quimper et dans les environs. Sous la pression des notables et des autorités locales, l'inspecteur François Le Roy et ses collègues tentent de retrouver la bande de malfaiteurs responsable de ces vols. Dans le même temps, Émile Salaün, un antiquaire quimpérois, est assassiné. Son meurtrier s'enfuit avec un livre ancien, le manuscrit qui donne son titre au roman[4].

Le Roy doit ainsi conduire deux enquêtes en parallèle, celle concernant les cambrioleurs, connus sous le nom de bande du Furet[5], et celle portant sur la mort de l'antiquaire. Cette seconde affaire révèle l'existence de la Compagnie du Lys bleu, une confrérie royaliste secrète qui cherche à renverser Napoléon III et à porter au pouvoir le comte de Chambord, appelé Henri V par ses partisans. Le réseau recourt à des hommes de main et à la violence pour préserver ses projets. Le policier, dont les moyens sont limités, doit affronter à la fois les délinquants qu'il poursuit et les conspirateurs dont il découvre les activités[1],[4].

Personnages et univers

François Le Roy, surnommé « Fañch », est un inspecteur de la police municipale de Quimper. Originaire du Pays bigouden, il a servi dans l'armée avant de devenir policier et conserve de ses campagnes, notamment en Kabylie et en Crimée, une expérience des situations dangereuses. Il se distingue par son intuition et sa connaissance du terrain, tout en accordant de l'importance aux constatations matérielles, aux témoignages et à la reconstitution des faits. L'auteur lui prête notamment l'habitude de dessiner les scènes de crime, de dresser des plans et de prendre le moulage d'empreintes de chaussures[4],[2].

Il est secondé par Brieuc Caoudal, ancien compagnon d'armes devenu policier. Leur supérieur, le commissaire Victor Montepin, est un Parisien muté en Bretagne contre son gré, peu enclin à prendre des initiatives. L'abbé Alexandre, ancien professeur de Le Roy au collège des jésuites de Quimper, fait partie des personnes que l'inspecteur peut consulter sur l'histoire des lieux et des familles[4],[2].

Autour de l'antiquaire Émile Salaün et de son ami Louis Le Mener gravitent les membres de la société secrète : Gildas de Saint-Samson, qui la dirige, le chevalier Régis de Kervalguen, le gardien de la commanderie Yann Cornic et le tueur Erwan Lesquener. La présence de ces personnages permet au récit d'alterner entre les investigations des policiers et les manœuvres de leurs adversaires[4].

Cadre historique et libertés romanesques

L'action se déroule dans une ville réelle, avec ses rues, ses notables, ses institutions et son environnement breton, au cours du règne de Napoléon III. L'intrigue mêle une enquête criminelle et une conspiration politique fictive. Le projet des membres de la Compagnie du Lys bleu s'inscrit dans l'opposition entre les partisans de l'Empire et ceux d'une restauration monarchique. François Lange utilise également des expressions bretonnes et des descriptions de la vie locale pour donner au récit son ancrage régional[4],[5].

Certains responsables publics sont inventés. Le maire Ambroise Pensivy et le préfet Alphonse Le Mire, présents dans le roman, ne correspondent pas aux titulaires de ces fonctions en 1858 : le maire de Quimper était alors Édouard Porquier, et le préfet du Finistère, le baron Charles Victor Richard[6],[7].

Le récit présente aussi un décalage avec la chronologie militaire : le capitaine Fournigault prête main-forte aux enquêteurs à la tête d'hommes du 118e régiment d'infanterie. Ce régiment avait toutefois été dissous en 1814 et n'existait plus en 1858. Il ne réapparaît dans les sources militaires qu'au début des années 1870 ; les archives municipales situent son installation dans les casernes de Quimper en 1877[8],[6],[9].

Genèse et publication

Avant de se consacrer à l'écriture, François Lange a été militaire puis officier de police, d'abord en Normandie et ensuite dans le Finistère. En 2005, alors qu'il travaille à Quimper et traverse, d'après son témoignage, une période de difficultés professionnelles, il commence à écrire un roman afin de prendre de la distance avec son quotidien. Il choisit le Second Empire parce qu'il souhaite raconter une police de terrain, à une époque où l'organisation du métier offre déjà une trame documentaire sans imposer les méthodes des enquêtes contemporaines. Son intérêt pour l'histoire de France et de Bretagne nourrit ce projet[10],[2].

Le manuscrit ne trouve pas immédiatement d'éditeur. François Lange indique l'avoir soumis au prix du Quai des Orfèvres et avoir été encouragé à poursuivre par Éric de Saint-Périer, secrétaire général du prix, malgré le caractère historique de son récit. Il entreprend alors une deuxième enquête de Le Roy, La Bête de l'Aven, mais les deux textes restent inédits pendant de nombreuses années[10].

Retraité de la police en 2015, l'auteur dépose le manuscrit de La Bête de l'Aven auprès des éditions du Palémon. Après la mort, en avril 2018, de l'écrivain Firmin Le Bourhis, également publié par cette maison, François Lange prend contact avec Jean Failler, créateur de l'enquêtrice Mary Lester et fondateur des éditions du Palémon. Jean Failler accepte de publier les textes, en commençant par Le Manuscrit de Quimper, dont l'action précède celle de l'autre roman[2],[10].

Le premier volume paraît le 12 octobre 2018, tandis que La Bête de l'Aven, situé à l'été 1858, est publié le 15 février 2019. La série se poursuit ensuite avec plusieurs autres enquêtes : son neuvième tome, L'Or des Espagnols, paraît en novembre 2025[1],[3],[11].

Couverture et éditions

La couverture de l'édition imprimée reproduit une partie du tableau La Place Terre-au-Duc à Quimper de Fernand Legout-Gérard, une huile sur toile de 1910 conservée au musée des Beaux-Arts de Quimper. La peinture représente donc la ville environ un demi-siècle après la période de l'intrigue. La notice du musée indique que cette œuvre n'est pas exposée dans les salles permanentes[12].

Le roman paraît chez Palémon en format de poche, en 192 pages, sous l' (ISBN 9782372605342). Une version numérique, sous-titrée Enquête dans le Quimper du XIXe siècle, est également publiée en octobre 2018, sous l' (ISBN 9782372602969)[1],[13].

Accueil critique

À sa sortie, le roman reçoit un accueil favorable de plusieurs chroniqueurs spécialisés. Dans Encres vagabondes, Serge Cabrol apprécie le rythme de la double enquête, le caractère du policier et l'intégration de précisions historiques sans ralentissement du récit[4]. Le blog Saveur littéraire relève lui aussi l'articulation des deux intrigues et la présence de la culture bretonne, mais signale quelques maladresses d'un premier roman et un usage parfois abondant des virgules[5].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 « N°01 - Le manuscrit de Quimper », site des éditions du Palémon.
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 Jérôme Peugnez, « Interview de François Lange et ses enquêtes de Fañch Le Roy », Zonelivre, 8 septembre 2021.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 « N°02 - La Bête de l'Aven », site des éditions du Palémon.
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 4,4 4,5 et 4,6 Serge Cabrol, « François Lange, Le manuscrit de Quimper », Encres vagabondes, 3 décembre 2018.
  5. ↑ 5,0 5,1 et 5,2 « #59 : Le manuscrit de Quimper – François Lange », Saveur littéraire, 16 janvier 2019.
  6. ↑ 6,0 et 6,1 « La police des cafés à Quimper de 1850 à 1914 », archives municipales de Quimper.
  7. ↑ « Quimper, les couleurs du temps », archives municipales de Quimper, notice « Le Baron Richard ».
  8. ↑ « Réorganisation de l'infanterie de ligne d'après l'ordonnance royale du 12 mai 1814 », ministère des Armées, Mémoire des hommes.
  9. ↑ « 118e régiment d'infanterie », notice d'archives du Service historique de la Défense, cote SHD/GR 34 Yc 4508-4512 (1871-1877).
  10. ↑ 10,0 10,1 et 10,2 « “Le langage de la vérité !” ou quand un policier d'expérience parle… », entretien avec François Lange, Regard d'Espérance, décembre 2018.
  11. ↑ « N°09 - L'Or des Espagnols », site des éditions du Palémon.
  12. ↑ « La Place Terre-au-Duc à Quimper », base des collections du musée des Beaux-Arts de Quimper, inventaire 2010-0-30.
  13. ↑ « Le manuscrit de Quimper », fiche bibliographique de l'édition numérique, Rakuten Kobo.

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