Marco Bertone
| Naissance |
Moncalieri (Italie) |
|---|---|
| Nationalité | Italienne |
| Pays de résidence | France |
| Profession |
Entrepreneur |
| Formation |
London School of Economics Imperial College Business School |
| Distinctions |
Forbes 30 Under 30 Europe (2025) |
Marco Bertone, né le à Moncalieri, en Italie, est un entrepreneur italien actif en France. Après des études d'économie à la London School of Economics et un parcours dans le développement de plateformes de commerce électronique, il cofonde en 2023 la start-up française Syntetica avec le chimiste Louis Monsigny[1],[2].
Syntetica développe un procédé de recyclage chimique destiné aux déchets contenant du nylon, notamment les mélanges de polyamide 6 (PA6) et de polyamide 6,6 (PA6.6), difficiles à distinguer et à traiter ensemble par les filières conventionnelles. Bertone en assure la direction générale et se concentre principalement sur le développement commercial, les financements et les partenariats industriels, tandis que Monsigny est à l'origine du procédé chimique breveté par l'entreprise[2],[3]. En 2025, Forbes le retient dans sa liste européenne « 30 Under 30 », catégorie « Manufacturing & Industry »[4].
Biographie
Formation et débuts professionnels
Marco Bertone naît le 26 juin 1997 à Moncalieri, dans le Piémont, et possède la nationalité italienne[1]. Il étudie l'économie à la London School of Economics entre 2015 et 2018 et y obtient un Bachelor of Science en économie[5]. Il poursuit ensuite sa formation à l'Imperial College Business School, où il suit en 2019-2020 un MSc Economics and Strategy for Business[6].
Il travaille par la suite dans des entreprises françaises du commerce en ligne. Il prend notamment des fonctions liées à la croissance chez The Bradery, place de marché spécialisée dans la mode, puis chez Selency, consacrée au mobilier et aux objets de seconde main[7]. Cette expérience dans la mode et le commerce électronique l'amène à s'intéresser davantage aux conséquences matérielles de la consommation et aux modèles d'économie circulaire ; la London School of Economics relie explicitement son passage dans une place de marché française de mode à son intérêt ultérieur pour le recyclage textile[5].
En 2023, Bertone rejoint à Paris le programme d'accélération Entrepreneur First. Il y rencontre Louis Monsigny, chercheur en chimie spécialisé dans la catalyse et la dépolymérisation des plastiques. Leur association repose dès l'origine sur des compétences complémentaires : Bertone prend en charge le volet entrepreneurial et commercial, tandis que Monsigny apporte l'expertise scientifique nécessaire au développement du procédé[2]. Les deux hommes commencent leurs travaux avec l'appui de laboratoires du Centre européen de biotechnologie et de bioéconomie, à Reims[8].
Fondation de Syntetica
Bertone et Monsigny fondent Syntetica en novembre 2023. Les statuts constitutifs désignent Marco Bertone comme premier président de la société et fixent comme objet social le « recyclage chimique de déchets plastiques triés »[1]. Après une première domiciliation aux Ulis, le siège est transféré à Reims à la fin de 2023, où la jeune entreprise s'insère dans l'écosystème local de recherche et d'incubation[8].
Le projet vise d'abord les textiles riches en polyamide. Les vêtements techniques, les sous-vêtements, les collants ou certains articles de sport associent fréquemment plusieurs fibres ; cette composition complique leur recyclage, notamment lorsque du nylon 6 et du nylon 6,6 sont présents dans des flux similaires. Syntetica développe un procédé de dépolymérisation qui cherche à ramener les polyamides à des constituants chimiques réutilisables, tout en séparant les autres matières du mélange[9].
La demande de brevet déposée par Syntetica en février 2024 et publiée en août 2025 décrit un procédé mettant un matériau contenant du polyamide en contact, dans un solvant, avec un acide de Brønsted-Lowry en présence d'un catalyseur acide de Lewis. Le brevet désigne Louis Monsigny comme inventeur et Syntetica comme déposante[3]. Refashion présente pour sa part le procédé comme fonctionnant à basse température et permettant de décomposer sélectivement le polyamide tout en laissant intactes d'autres fibres, comme l'élasthanne ou le coton. En 2024-2025, l'organisme décrit encore les essais sur déchets pré- et post-consommation comme préliminaires et soutient un projet mené avec DIM Brands International pour recycler des collants usagés en nouveau fil de nylon[9].
Cette répartition des rôles demeure caractéristique de l'entreprise : les sources consacrées à Syntetica décrivent Bertone comme le profil commercial et entrepreneurial du tandem, chargé de transformer une innovation de laboratoire en activité industrielle, de nouer les partenariats avec les marques et les industriels, et de réunir les capitaux nécessaires à la montée en échelle[2].
Financement et développement industriel
En 2024, moins d'un an après sa création, Syntetica lève 4,2 millions d'euros lors d'un tour d'amorçage mené par EQT Ventures. L'opération réunit notamment des véhicules liés aux familles Peugeot et Etam, Volta Circle ainsi que plusieurs investisseurs individuels. Etam et Victoria's Secret figurent alors parmi les premiers partenaires commerciaux annoncés par l'entreprise[8]. À ce stade, Bertone et Monsigny présentent l'industrialisation comme l'étape déterminante : il ne s'agit plus seulement de démontrer la réaction chimique, mais de la rendre reproductible, économiquement viable et compatible avec des volumes industriels.
La même année, Syntetica est retenue dans le « Future 40 » de Station F, sélection annuelle de quarante start-up parmi plus d'un millier d'entreprises accompagnées par le campus parisien. Station F souligne alors la levée de 4,2 millions d'euros et les collaborations avec Victoria's Secret et Etam[10].
En 2025, le projet Syntetica porté par Bertone fait partie des lauréats du concours national d'innovation i-Lab. L'Université PSL, qui accompagne l'entreprise par l'intermédiaire de PC'Up et d'Agoranov, présente alors la technologie comme un procédé de recyclage chimique de textiles riches en PA6 et PA6.6 encore en phase d'industrialisation et de premières productions pilotes[11].
Une nouvelle étape est franchie en mai 2026 lorsque Syntetica conclut une collaboration avec le Centre des matériaux durables de Michelin au Michelin Innovation Park – Cataroux, à Clermont-Ferrand. L'accord prévoit l'installation du procédé dans un environnement industriel afin de passer d'une technologie de laboratoire à une unité pilote reproductible. Michelin présente l'objectif comme le recyclage, à l'échelle industrielle, de textiles mélangés riches en nylon[12].
En juillet 2026, Bertone conduit une série A de 30 millions de dollars. Le tour est mené par le fonds Ecotechnologies 2, géré par Bpifrance pour le compte de l'État dans le cadre de France 2030, avec la participation notamment de SWEN Capital Partners, lululemon, MAS Holdings, EQT Ventures et de family offices liés à Peugeot, Etam et au principal actionnaire d'Indorama Ventures[13]. Selon les annonces de l'entreprise et de ses partenaires, ces fonds doivent notamment financer une unité de démonstration commerciale au site de Cataroux et préparer une production de plusieurs centaines de tonnes[2].
En septembre 2026, le projet européen INFINYLON, coordonné par Syntetica, obtient une contribution de 2,5 millions d'euros du Conseil européen de l'innovation. Le programme est prévu du 1er octobre 2026 au 30 septembre 2028 et vise explicitement la mise à l'échelle du recyclage chimique du nylon à faibles émissions[14]. À la fin de septembre 2026, les sources publiques décrivent donc encore Syntetica comme une technologie en cours d'industrialisation : les performances annoncées portent sur des essais, des pilotes et des objectifs de démonstration commerciale, plutôt que sur une production de masse déjà établie[12],[14].
Reconnaissance
En avril 2025, Forbes inscrit Marco Bertone dans l'édition européenne de sa liste « 30 Under 30 », au sein de la catégorie « Manufacturing & Industry ». Forbes Italia le présente alors parmi les entrepreneurs italiens de la sélection et met en avant la création de Syntetica et ses premiers contrats industriels[4]. La London School of Economics le cite également parmi ses anciens étudiants retenus dans cette édition, en rappelant son diplôme d'économie obtenu en 2018[5].
La même année, il est le porteur identifié du projet Syntetica lors du concours i-Lab, distinction attribuée dans le cadre des concours d'innovation de l'État français. Cette reconnaissance concerne la technologie et son potentiel de transfert industriel plutôt qu'une récompense scientifique personnelle : le brevet du procédé attribue l'invention chimique à Louis Monsigny, tandis que Bertone en porte la direction entrepreneuriale et le développement[11],[3].
Références
- ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « Statuts constitutifs de Syntetica » [PDF], sur Pappers, (consulté le ), p. 2 et 15.
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 (en) Anna Heim, « Lululemon backs nylon-recycling startup Syntetica in $30M Series A », sur TechCrunch, (consulté le ).
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 (en) « FR3159389A1 — Process for depolymerization of polyamide », sur Google Patents, (consulté le ).
- ↑ 4,0 et 4,1 (it) « Chi sono gli italiani nella lista 30 Under 30 Europe 2025 di Forbes », sur Forbes Italia, (consulté le ).
- ↑ 5,0 5,1 et 5,2 (en) « Forbes 30 under 30 2025 », sur London School of Economics, (consulté le ).
- ↑ (en) « Marco Bertone — Co-founder & CEO @ Syntetica », sur Crunchbase (consulté le ).
- ↑ (en) « Celebrating Innovation: Announcing the Winner of the Trailblazer 2024 Programme », sur Global Fashion Agenda, (consulté le ).
- ↑ 8,0 8,1 et 8,2 Jean-François Michel, « Syntetica rassemble 4,2 millions d’euros pour industrialiser son procédé de recyclage du nylon », sur Le Journal des Entreprises, (consulté le ).
- ↑ 9,0 et 9,1 « SYNTETICA est lauréat du Challenge Innovation 2024 de Refashion », sur Refashion (consulté le ).
- ↑ (en) « Station F reveals its 40 best-performing startups in 2024 », sur Station F, (consulté le ).
- ↑ 11,0 et 11,1 « Concours nationaux d’innovation (i-PhD, i-Lab, i-Nov) 2025 : 12 projets Pôle PSL Innovation à l’honneur », sur Université PSL, (consulté le ).
- ↑ 12,0 et 12,1 « Syntetica et le Centre des Matériaux Durables de Michelin annoncent une collaboration inédite pour accélérer l’industrialisation d’une technique pionnière de recyclage du nylon », sur Michelin, (consulté le ).
- ↑ « Syntetica lève 30 millions de dollars en série A, avec le soutien de lululemon, pour industrialiser le recyclage du nylon », sur Bpifrance, (consulté le ).
- ↑ 14,0 et 14,1 (en) « Closing the Loop on Nylon with Low-Emission Chemical Recycling — INFINYLON », sur CORDIS — Commission européenne, (consulté le ).
Article publié sur Wikimonde Plus