Philippe Coste
Philippe Coste, né le 5 mai 1947 à Amiens, est un diplomate français. Formé à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'École nationale d'administration, il dirige dans les années 1980 le Centre d'analyse et de prévision du Quai d'Orsay, avant d'être ambassadeur de France à Maurice, au Cambodge, en République tchèque et en Égypte. Entre ses postes à l'étranger, il exerce notamment les fonctions de directeur de la coopération européenne et de conseiller diplomatique du Gouvernement[1],[2].
Son ambassade au Cambodge, de 1991 à 1993, se déroule pendant la réouverture de la représentation française à Phnom Penh et la mise en œuvre des accords de paix de Paris, sous l'égide de l'Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge (APRONUC)[3]. Après sa retraite de la fonction publique, il travaille dans le conseil en matière de climat et de diplomatie environnementale[4]. En 2022, il publie À l'ombre des Khmers rouges, récit de son expérience d'ambassadeur à Phnom Penh[5].
Formation et premières fonctions
Philippe Coste est licencié en droit, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et ancien élève de l'École nationale d'administration, où il étudie de 1972 à 1974[1].
Après ses premières affectations au ministère des Affaires étrangères, il est premier secrétaire à Bangkok de 1977 à 1978 et représente la France auprès de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie et le Pacifique. Il rejoint ensuite, jusqu'en 1981, la représentation permanente de la France auprès des Communautés européennes à Bruxelles. En 1981 et 1982, il est détaché auprès du ministère de l'Industrie, où il suit les questions internationales[6].
Il rejoint en 1982 le Centre d'analyse et de prévision du Quai d'Orsay, service chargé de l'analyse, de la planification politique et de l'anticipation. Adjoint au chef du Centre jusqu'en 1984, il en prend ensuite la direction[1],[7]. À la fin de 1988, il quitte l'administration centrale pour sa première ambassade.
Carrière diplomatique
Maurice et Cambodge
Nommé ambassadeur de France à Maurice en novembre 1988, en remplacement de Philippe Petit, Philippe Coste exerce à Port-Louis jusqu'en 1991[6],[1].
Par décret du 3 octobre 1991, il est nommé ambassadeur de France au Cambodge[8]. Sa prise de fonctions intervient dans une période de transition : l'ancien site de l'ambassade, évacué en 1975 lors de la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges, est alors inutilisable, et la représentation française s'installe provisoirement dans d'autres locaux. Les accords de Paris sont signés le 23 octobre 1991 et l'APRONUC se déploie dans le pays ; les archives diplomatiques de cette période documentent notamment le processus de paix, les relations avec la famille royale, le retour des réfugiés, la coopération franco-cambodgienne et les élections législatives de 1993[3].
Philippe Coste reste en poste à Phnom Penh jusqu'en 1993[1]. Dès novembre de cette année, il prend à Paris la direction de la coopération européenne au ministère des Affaires étrangères ; la nomination de Gildas Le Lidec comme nouvel ambassadeur au Cambodge n'est formalisée qu'en février 1994[9].
Coopération européenne et République tchèque
À la tête de la coopération européenne de 1993 à 1997, Philippe Coste revient aux questions communautaires qu'il avait suivies au début de sa carrière. Il est nommé, par décret du 25 mars 1997, ambassadeur de France auprès de la République tchèque, en remplacement de Benoît d'Aboville[10],[1].
Son mandat à Prague coïncide avec la transformation de l'économie tchèque et la préparation de l'adhésion du pays à l'Union européenne. Lors d'un colloque organisé au Sénat en avril 1999, il décrit une économie encore en restructuration mais marquée par une reprise des investissements français ; il souligne aussi que l'adoption progressive de l'acquis communautaire doit rapprocher le cadre juridique tchèque de celui des États membres[11]. Il demeure ambassadeur à Prague jusqu'en 2003.
Conseiller diplomatique du Gouvernement et ambassade en Égypte
Le 29 janvier 2004, alors ministre plénipotentiaire hors classe, Philippe Coste est nommé conseiller diplomatique du Gouvernement pour une durée d'un an renouvelable[12]. La même année, il réalise avec Jean-Claude Paye, ancien secrétaire général de l'OCDE, une évaluation de l'Institut français des relations internationales (Ifri) à la demande du Gouvernement. Leur rapport, remis au Premier ministre le 1er juillet 2004, précède la signature en mai 2005 d'un contrat pluriannuel d'objectifs entre l'État et l'institut[13].
En août 2005, il succède à Jean-Claude Cousseran comme ambassadeur de France en Égypte[2],[14]. Il représente la France au Caire jusqu'en mai 2008, lorsque Jean Félix-Paganon est nommé pour lui succéder[15].
Fin de carrière et activités ultérieures
En avril 2008, Philippe Coste est nommé membre du Conseil des affaires étrangères au titre des agents du ministère[16]. En octobre 2011, il devient assesseur à la Cour nationale du droit d'asile[17]. Un arrêté du 28 novembre suivant l'admet à faire valoir ses droits à la retraite, par limite d'âge, à compter du 6 mai 2012[18].
Il se tourne ensuite vers le conseil lié aux politiques climatiques. En 2012, il rejoint Carbonium comme directeur général ; cette société développe alors des activités de conseil sur la réduction des émissions, l'adaptation au changement climatique et, plus tard, les négociations liées à l'Accord de Paris sur le climat[4]. Cibola Partners reprend les activités de conseil de Carbonium en 2020. En 2026, Philippe Coste y est associé gérant, avec pour domaine la diplomatie environnementale et les négociations climatiques[19].
Il poursuit parallèlement des activités de réflexion sur les relations internationales. Il siège au conseil d'orientation de The Bridge Tank, qui le présente comme ancien ambassadeur et ancien directeur Europe au Quai d'Orsay[20]. Il publie également des analyses pour la Fondation Prospective et Innovation, notamment sur les enjeux européens et technologiques[21].
Publication
En 2022, Philippe Coste publie À l'ombre des Khmers rouges. Souvenirs d'une ambassade peu ordinaire (1991-1993), consacré à son expérience au Cambodge. Le récit revient sur la mise en œuvre des accords de Paris, le fonctionnement de l'APRONUC, les rapports entre les différentes forces politiques cambodgiennes, le retour des réfugiés et l'organisation des élections de 1993[5],[22]. Une recension de Jean Bothorel dans Le Télégramme présente également l'ouvrage comme le témoignage d'un diplomate sur cette phase du processus de paix cambodgien[23].
- Philippe Coste, À l'ombre des Khmers rouges. Souvenirs d'une ambassade peu ordinaire (1991-1993), Ginkgo éditeur, coll. « Mémoire d'homme », (ISBN 978-2-84679-511-1)
Décorations
- Chevalier de la Légion d'honneur, nommé par décret du 31 décembre 1998[24].
- Officier de l'ordre national du Mérite, promu par décret du 14 mai 2004 ; il était chevalier depuis le 12 mai 1991[25].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 « Diplomatie », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ 2,0 et 2,1 « « Journal officiel », nominations et documents officiels », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ 3,0 et 3,1 « 1991-1999 — Ambassade de France au Cambodge (Phnom Penh) », sur Archives diplomatiques (consulté le )
- ↑ 4,0 et 4,1 « Notre histoire », sur Cibola Partners (consulté le )
- ↑ 5,0 et 5,1 « À l'ombre des Khmers rouges », sur Ginkgo éditeur (consulté le )
- ↑ 6,0 et 6,1 « M. Philippe Coste nommé ambassadeur à l'île Maurice », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Centre d'analyse de prévision et de stratégie (CAPS) : 50 ans d'histoire », sur France Diplomatie, (consulté le )
- ↑ « Décret du 3 octobre 1991 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française au Cambodge », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « Décret du 14 février 1994 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Royaume du Cambodge », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « Décret du 25 mars 1997 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République tchèque », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « La République tchèque — Actes du colloque du 7 avril 1999 », sur Sénat, (consulté le )
- ↑ « Décret du 29 janvier 2004 portant nomination d'un conseiller diplomatique du Gouvernement », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ Jean-Pierre Brard, « Rapport sur le projet de loi de finances pour 2007 — Action extérieure de l'État », sur Assemblée nationale, (consulté le )
- ↑ « Décret du 3 août 2005 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République arabe d'Égypte », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « Décret du 20 mai 2008 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République arabe d'Égypte - M. Félix-Paganon (Jean) », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « Arrêté du 7 avril 2008 portant nomination au conseil des affaires étrangères », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « Arrêté du 12 octobre 2011 portant nomination d'assesseurs à la Cour nationale du droit d'asile », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « Arrêté du 28 novembre 2011 portant admission à la retraite (agents diplomatiques et consulaires) », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « Cibola Partners — Stratégie et finance climat », sur Cibola Partners (consulté le )
- ↑ « Qui sommes-nous ? », sur The Bridge Tank (consulté le )
- ↑ Philippe Coste, « High tech : quelques raisons d'espérer », sur Fondation Prospective et Innovation, (consulté le )
- ↑ Michèle Bietrix, « À l'ombre des Khmers Rouges – Souvenirs d'une ambassade peu ordinaire (1991–1993) », sur Institut du Pacifique (consulté le )
- ↑ Jean Bothorel, « Note de lecture. À l'ombre des Khmers Rouges. Souvenirs d'une ambassade peu ordinaire (1991-1993) », sur Le Télégramme, (consulté le )
- ↑ « Décret du 31 décembre 1998 portant promotion et nomination », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « Décret du 14 mai 2004 portant promotion et nomination », sur Légifrance, (consulté le )
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