Pierre Darck
Pierre Darck, nom d'artiste de Pierre Louis Darricau, né le dans le 18e arrondissement de Paris et mort le à Neuville-sur-Saône, est un pianiste, chef d'orchestre, chef de chant, arrangeur et compositeur français[1],[2].
Formé au Conservatoire de Paris, il se fait connaître dans les années 1930 comme pianiste accompagnateur de la soprano Ninon Vallin, avec laquelle il se produit en récital et enregistre plusieurs disques. Parallèlement, il compose des mélodies et des pièces religieuses et adapte pour la voix des pages de Chopin et de Brahms[3]. À partir du début des années 1950, son activité se concentre sur le théâtre lyrique : il dirige notamment de nombreuses productions au Grand Théâtre de Tours, avant de travailler à l'Opéra-Comique et à l'Opéra de Paris. Il mène enfin une activité chorale à Garches, où il fonde en 1976 la chorale Saint-Louis, à l'origine du futur Chœur Arsis[4].
Biographie
Formation et collaboration avec Ninon Vallin
Pierre Darricau étudie le piano au Conservatoire de Paris. Une photographie de la classe de Santiago Riera pour l'année 1933-1934 l'identifie sous son nom civil, avec la mention « dit Pierre Darck », parmi des élèves auxquels appartiennent également Jeanne Demessieux et Léo Chauliac[2].
Au début des années 1930, il devient l'un des pianistes accompagnateurs de Ninon Vallin. Robert de Fragny, biographe de la cantatrice, situe leur collaboration régulière entre 1932 et 1939 et mentionne les tournées auxquelles Darck participe à ses côtés[5]. Leur association ne se limite pas au concert : le catalogue de la Bibliothèque nationale de France conserve plusieurs enregistrements où Darck est crédité au piano, ainsi que les arrangements qu'il réalise alors pour le répertoire vocal de Vallin[3].
En 1935, Vallin et Darck figurent parmi les artistes invités aux musicales organisées à la Maison-Blanche à l'occasion de dîners d'État et diplomatiques. Le périodique professionnel américain Presto-Times cite Pierre Darck parmi les pianistes ayant pris part à ces manifestations aux côtés, entre autres, d'Elizabeth Schumann, de Vallin et des Petits Chanteurs de Vienne[6],[7].
Direction lyrique
L'activité de Darck comme chef d'orchestre est documentée au Grand Théâtre de Tours dès 1950. En octobre et novembre de cette année, il y dirige notamment Le Pays du sourire de Franz Lehár, Balalaïka et Les Mousquetaires au couvent de Louis Varney[8].
Les archives de l'Opéra de Tours donnent une vue beaucoup plus complète de son activité au cours des saisons suivantes. En 1952-1953, son nom apparaît à la direction musicale d'une grande partie des productions du théâtre. Il passe de l'opérette — Paganini, La Veuve joyeuse, La Belle de Cadix ou Le Pays du sourire — à l'opéra et à l'opéra-comique, avec notamment Madama Butterfly, Les Noces de Figaro, Lakmé et Faust[9]. Cette diversité se retrouve en 1953-1954, saison pendant laquelle il dirige entre autres Mireille de Charles Gounod, Manon de Jules Massenet et L'Aiglon de Jacques Ibert et Arthur Honegger, ainsi qu'un nombre important d'opérettes[10]. Ces programmes montrent un chef employé aussi bien dans le grand répertoire lyrique que dans les formes plus légères qui occupent alors une place importante dans les saisons des théâtres municipaux.
La suite de sa carrière le conduit à Paris. Une documentation de l'art lyrique français signale qu'au Palais Garnier, lors d'une représentation de Tosca le 27 juillet 1970 placée sous la direction orchestrale de Pierre Dervaux, la chorale d'enfants est dirigée par Pierre Darck[11]. En 1976, il est chef de chant à l'Opéra de Paris et chef d'orchestre à l'Opéra-Comique[4].
Activité chorale
La direction de chœurs occupe une place importante dans les dernières années de sa carrière. En 1976, Darck fonde à Garches, avec le père Le Dréan, la chorale Saint-Louis, destinée à participer aux offices de la paroisse et à donner des concerts[4]. Cette création s'inscrit dans la continuité d'une activité chorale antérieure : un disque publié en 1966 sous le titre Concert spirituel à Rueil associe son nom à plusieurs ensembles de Rueil-Malmaison, dont la chorale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, et comprend notamment son Noël populaire[12].
Après la mort de Pierre Darck en 1982, la chorale Saint-Louis poursuit son activité sous d'autres directions. En 1991, une trentaine de choristes qui en sont issus fondent l'Ensemble polyphonique de Garches ; celui-ci adopte en 1998 le nom artistique de Chœur Arsis[4].
Compositions et arrangements
La production de Darck conservée dans les catalogues de la Bibliothèque nationale de France est principalement vocale. En 1935 paraissent notamment Soir, sur un poème d'Albert Samain, une Chanson sur des textes d'Alfred de Musset et d'André de Badet, ainsi que trois pièces religieuses : Ave Maria, O Salutaris à deux voix de femmes et Prière à la Sainte Vierge sur un texte de l'abbé Perreyve. Ces œuvres sont écrites pour chant et piano, avec une partie d'orgue proposée comme alternative dans les pièces religieuses[3].
En 1939, son activité d'arrangeur porte notamment sur Chopin et Brahms. Il transforme la troisième étude de Chopin, op. 10 no 3, en une mélodie intitulée Intimité sur des paroles d'André de Badet, et sa valse op. 69 no 1 en Valse de l'Adieu, sur un texte de Jean Calmès. Il adapte également Brahms avec Ainsi qu'un très vieux refrain et Violon du soir, ce dernier étant construit à partir de la quatrième Danse hongroise et doté de paroles de Jean Calmès[3]. Certaines de ces adaptations existent à la fois dans des versions pour chant et piano et dans des orchestrations avec piano conducteur.
Enregistrements
L'activité de pianiste accompagnateur de Darck est surtout documentée par ses enregistrements avec Ninon Vallin. La Bibliothèque nationale de France recense notamment le triptyque de mélodies de Gabriel Fauré Rencontre, Toujours et Adieu, publié par Pathé en 1935[13], L'Heure exquise de Reynaldo Hahn en 1937[14] et Triste est la steppe d'Alexandre Gretchaninov en 1940[15]. Une discographie spécialisée de l'œuvre de Charles Gounod mentionne également un Ave Maria enregistré à Paris le 11 mai 1936 par Vallin avec Darck au piano, publié sous la référence Odéon 281032[16].
Une partie de ces enregistrements historiques a ensuite été rééditée. La mélodie Les Roses de Saadi de Marguerite Canal, interprétée par Vallin avec Darck au piano, figure ainsi en 2001 dans le coffret 300 ans d'opéra à Bruxelles[17].
Bibliographie
- Robert de Fragny, Ninon Vallin : princesse du Chant, Lyon, Éditions et imprimeries du Sud-Est, coll. « Récitals », , 197 p. (OCLC 460385427) (BNF 33010070)
Notes et références
- ↑ « Pierre Darck (1914-1982) », sur data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ 2,0 et 2,1 « Les classes du CNSMP : 1894-1991 », sur Musica et Memoria (consulté le )
- ↑ 3,0 3,1 3,2 et 3,3 « Pierre Darck (1914-1982) — Toutes ses œuvres », sur data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 « Historique — Création et vie du chœur », sur Chœur Arsis de Garches (consulté le )
- ↑ Fragny 1963, p. 125-127.
- ↑ (en) « The White House Musicales », sur Presto-Times, (consulté le )
- ↑ Fragny 1963, p. 153-154.
- ↑ (en) « Pierre Darck — 1950 performances », sur Operabase (consulté le )
- ↑ « Archives — Saison 1952-1953 », sur Opéra de Tours, (consulté le )
- ↑ « Archives — Saison 1953-1954 », sur Opéra de Tours, (consulté le )
- ↑ « Tosca », sur Encyclopédie de l'art lyrique français (consulté le )
- ↑ « Concert spirituel à Rueil », sur Rakuten France (consulté le )
- ↑ « Rencontre ; Toujours ; Adieu / Gabriel Fauré ; Ninon Vallin, soprano ; Pierre Darck, piano », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ « L'Heure exquise ; Cimetière de campagne / Reynaldo Hahn ; Ninon Vallin, soprano ; Pierre Darck, piano », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ « Triste est la steppe ; Les Lilas ; Venise / Ninon Vallin, soprano ; Pierre Darck, piano », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ « Ave Maria — Gounod », sur Encyclopédie de l'art lyrique français (consulté le )
- ↑ « Les roses de Saadi », sur Société des études Marceline Desbordes-Valmore (consulté le )
Liens externes
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- Musique classique