Robert Gatounes

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Robert Gatounes
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Robert Gatounes.
Nom de naissance Robert Antonin Gatounes
Naissance
Coursan (Aude, France)
Décès (à 61 ans)
Mauguio (Hérault, France)
Nationalité Française
Profession
Gendarme

Robert Antonin Gatounes, né le 4 septembre 1933 à Coursan (Aude) et mort le 1er octobre 1994 à Mauguio (Hérault), est un gendarme français spécialisé dans les enquêtes judiciaires[1],[2]. Il est surtout connu pour avoir été le premier responsable de la section de recherches de Montpellier lors de sa création, le 1er février 1977. Cette unité, qui compte alors dix enquêteurs, est à l'époque la seule section de recherches française dirigée par un sous-officier[3].

Son nom reste notamment associé à l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre de l'étudiante américaine Marguerite Edwards à Montpellier en 1982, qui aboutit à l'arrestation de Léon Deshayes en janvier 1983[4]. Sa carrière fait par ailleurs l'objet d'un récit d'Éric Yung dès 1984, puis d'un livre autobiographique, Le Major : Robert Gatounes, transcrit par le journaliste Dominique Rizet et publié à titre posthume en 1995[5].

Biographie

Jeunesse et débuts dans la gendarmerie

Originaire de Coursan, Robert Gatounes poursuit ses études au collège Victor-Hugo de Narbonne jusqu'à l'âge de seize ans. Un portrait publié en 2020 par Michel Sidobre indique qu'il pratique le rugby avant de se tourner vers la gendarmerie[6].

Sa carrière le conduit dans plusieurs affectations en France, notamment dans les Corbières, puis en République centrafricaine[6]. Son parcours professionnel est retracé après sa mort dans Le Major, répertorié par Criminocorpus parmi les souvenirs et témoignages de personnels de la gendarmerie[7].

Section de recherches de Montpellier

La section de recherches de Montpellier est créée le 1er février 1977 dans un contexte de spécialisation croissante des enquêteurs de la gendarmerie en matière de police judiciaire régionale. Gatounes, alors major et sous-officier, en reçoit la direction. L'unité ne compte que dix enquêteurs à ses débuts et se distingue notamment par le recours au travail en civil, encore inhabituel dans la gendarmerie de l'époque[3].

Cette organisation rompt avec une partie des usages de l'institution sans modifier la vocation de l'unité : mener ou appuyer les enquêtes judiciaires les plus complexes sur un ressort dépassant celui d'une brigade ou d'une compagnie. Le témoignage institutionnel publié pour le quarantième anniversaire de la section souligne précisément cette spécialisation et le caractère atypique du commandement confié à Gatounes[3].

En novembre 1987, lors de la reprise de l'enquête sur l'affaire Yves Dandonneau, Le Monde présente le commandant Albert Malé comme le chef de la section de recherches de la gendarmerie pour le Languedoc-Roussillon[8]. L'affaire, souvent citée dans l'histoire de la section montpelliéraine, appartient donc à une période de commandement postérieure à celle documentée pour Gatounes.

La section se développe ensuite au-delà de l'équipe initiale. En 2017, elle compte une quarantaine d'enquêteurs compétents dans l'Hérault, l'Aude et les Pyrénées-Orientales et est présentée par son commandant d'alors comme l'une des trois grandes sections de recherches du sud de la France, avec celles de Nîmes et Marseille[3].

Affaire Marguerite Edwards

Le 7 octobre 1982, Marguerite Harris Edwards, Américaine de vingt-cinq ans venue étudier le droit à Montpellier, disparaît après avoir quitté son domicile à bicyclette. Son corps est découvert le 17 octobre dans un sous-bois des environs de Montpellier. L'autopsie conclut à une mort par strangulation survenue plusieurs jours après la disparition, ce qui conduit les enquêteurs à retenir l'hypothèse d'une séquestration[9].

L'enquête menée par la gendarmerie sous la responsabilité de Robert Gatounes se concentre progressivement sur Léon Deshayes, technicien à la faculté des sciences. Une mention « Call LD » dans le carnet de la victime, puis la découverte, le 5 novembre, de sa bicyclette devant le laboratoire où travaille Deshayes orientent les investigations. Les gendarmes établissent également qu'il a utilisé deux tickets de restaurant universitaire par jour pendant la semaine suivant la disparition. Deshayes est arrêté le 25 janvier 1983. Après deux jours de garde à vue, il reconnaît avoir séquestré puis tué Marguerite Edwards, avant de revenir ultérieurement sur ses aveux[9].

Son procès s'ouvre à Montpellier en décembre 1984. Deshayes y conteste l'enquête et soutient que ses aveux lui ont été imposés ; Robert Gatounes défend la procédure conduite par ses hommes[9]. Le 7 décembre 1984, la cour d'assises condamne Léon Deshayes à la réclusion criminelle à perpétuité. Dans son compte rendu du procès, Le Monde relève que l'accusé nie alors les faits et qualifie ses aveux de « machination de la gendarmerie »[10]. Plusieurs décennies plus tard, le rôle de Gatounes dans cette enquête continue d'être évoqué dans des émissions consacrées à l'affaire, notamment dans L'Heure du crime sur RTL en 2017 puis en 2025[4],[9].

Fin de vie

Après sa carrière dans la gendarmerie, Robert Gatounes travaille dans le domaine de la sécurité, notamment pour la compagnie aérienne Air Littoral. Il meurt à Mauguio le 1er octobre 1994, à l'âge de soixante et un ans[1],[2].

Publication et postérité

En 1984, le journaliste et écrivain Éric Yung publie chez Plasma un volume intitulé Le Diable est un assassin ; Élémentaire gendarme Gatounes ; Le Mystère de la femme mécanique ; Le Mort des abattoirs. La Bibliothèque nationale de France rattache l'ouvrage aux enquêtes criminelles en France entre 1945 et 1990 ; le texte Élémentaire gendarme Gatounes constitue l'une des premières évocations éditoriales consacrées à l'enquêteur[11].

Quelques mois après la mort de Gatounes paraît Le Major : Robert Gatounes, récit autobiographique transcrit par Dominique Rizet. La BnF le classe à la fois parmi les autobiographies et les récits personnels liés aux enquêtes criminelles ; la bibliographie spécialisée de Criminocorpus le recense parmi les souvenirs et témoignages de personnels de la gendarmerie[5],[7]. L'ouvrage revient sur sa carrière, ses méthodes d'enquête et plusieurs affaires criminelles.

  • Robert Gatounes, Le Major : Robert Gatounes, récit transcrit par Dominique Rizet, Paris, A. Carrière, 1995, 284 p. (ISBN 2-910188-23-X)[12]

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 « Robert Gatounes (1933-1994) » [PDF], sur data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Acte de décès des familles Gatounes », sur acte-deces.fr (consulté le ).
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 et 3,3 V. P., « Gendarmerie : la section de recherches de Montpellier fête ses 40 ans », sur Profession Gendarme, (consulté le ) (article repris de Midi Libre).
  4. ↑ 4,0 et 4,1 « L'étudiante au vélo rouge », sur RTL, (consulté le ).
  5. ↑ 5,0 et 5,1 « Notices liées à Robert Gatounes et aux enquêtes criminelles », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  6. ↑ 6,0 et 6,1 Michel Sidobre, « Robert Gatounes, le Major… très ignoré dans l'Aude… », sur Michel Sidobre Mon Sud, (consulté le ).
  7. ↑ 7,0 et 7,1 « Gendarmerie. Personnel. Souvenirs et témoignages », sur Criminocorpus, Musée d'histoire de la justice, des crimes et des peines (consulté le ).
  8. ↑ « Pour une escroquerie à l'assurance : le clochard est mort en PDG », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. ↑ 9,0 9,1 9,2 et 9,3 « Affaire Marguerite Edwards : le tueur au syndrome de Diogène », sur RTL, (consulté le ).
  10. ↑ Laurent Greilsamer, « Une clochardisation glorieuse et délirante », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. ↑ « Le Diable est un assassin ; Élémentaire gendarme Gatounes ; Le Mystère de la femme mécanique ; Le Mort des abattoirs », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  12. ↑ « Le Major. Robert Gatounes », sur Decitre (consulté le ).

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