Roger Delsinne

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Roger Delsinne
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Roger Delsinne, né le à Tourcoing et mort le à Glaignes (Oise)[1], est un prêtre catholique français, chef de chœur et musicien. Après avoir fondé les Petits Chanteurs de Saint-Joseph de Roubaix, il rejoint Fernand Maillet à Paris et le seconde au sein de la manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de bois. À la mort de Maillet, en 1963, il lui succède à la tête de l'institution, qu'il dirige jusqu'à son décès.

Parallèlement à la direction de chœurs, Delsinne édite, harmonise et compose de la musique chorale. Son activité, attestée dès les années 1940, porte notamment sur le répertoire religieux et sur des chants traditionnels[2].

Biographie

Formation et premiers chœurs

Roger Delsinne grandit à Tourcoing dans une famille de musiciens : son père joue du violon et sa mère du piano. Lui-même commence très jeune l'apprentissage du violon. Il s'oriente cependant vers la prêtrise et est ordonné en 1938 pour le diocèse de Lille. Il exerce d'abord comme vicaire à l'église du Saint-Sacrement, dans le quartier de Fives à Lille.

En novembre 1943, alors qu'il est à Roubaix, il réunit un premier groupe de six garçons qui prend le nom de Petits Chanteurs de Saint-Joseph. La chorale se développe rapidement au-delà du cadre paroissial. Le , le pape Pie XII reçoit au Vatican les Petits Chanteurs de Saint-Joseph de Roubaix ; dans son allocution, il présente leur chant comme une forme d'apostolat et les encourage à poursuivre leur formation musicale et religieuse[3].

En 1947, Delsinne quitte Roubaix pour rejoindre Fernand Maillet à Paris. Il devient son adjoint auprès des Petits Chanteurs à la Croix de bois, ensemble auquel il consacre désormais l'essentiel de son activité.

Direction des Petits Chanteurs à la Croix de bois

Fernand Maillet meurt en février 1963. Lors de ses obsèques à Notre-Dame de Paris, près d'un millier de jeunes chanteurs participent à la cérémonie ; Le Monde indique alors que Delsinne, qui dirige une partie de l'office, est appelé à lui succéder[4]. Delsinne prend ainsi la direction d'une institution déjà très tournée vers l'étranger et liée au mouvement international des Pueri Cantores.

La vie des Petits Chanteurs associe alors enseignement scolaire, répétitions et longues périodes de déplacement. Une archive télévisée de juin 1969 montre Delsinne dirigeant une répétition et décrivant ce rythme quotidien ; il y annonce notamment une prochaine tournée au Japon[5]. À la fin de 1968, il avait également annoncé pour l'année suivante des déplacements en France, en Italie, au Canada et au Mexique, ce dernier devant accueillir un congrès international des Pueri Cantores[6].

Crise de 1968

À l'automne 1968, la Manécanterie traverse une crise interne rendue publique par plusieurs familles. Le Monde rapporte que quinze familles ont retiré leurs enfants à la rentrée et qu'une lettre collective adressée à l'évêque de Nanterre, puis transmise au cardinal Jean-Marie Villot, met en cause plusieurs aspects du fonctionnement de l'établissement : la régularité de la scolarité pendant les tournées, l'encadrement religieux, le dialogue avec la direction et la gestion de l'institution. Le directeur scolaire François Imbert et deux anciens adjoints de Delsinne formulent également des critiques ; le journal indique qu'une enquête est alors en cours à Rome[7].

Delsinne répond publiquement quelques jours plus tard. Il affirme qu'une partie des familles signataires a retiré sa signature et souligne le coût de l'entretien, de la formation et des déplacements des enfants, qu'il estime insuffisamment couvert par les subventions reçues. Il présente en même temps le programme de tournées et de rencontres prévu pour 1969[6].

Installation à Glaignes et dernières années

En 1972, la Manécanterie acquiert le château de Glaignes, dans l'Oise. La commune indique que le domaine, jusque-là propriété des familles de Chézelles et de Bertier de Sauvigny, abrite ensuite les Petits Chanteurs à la Croix de bois pendant plus de trente ans[8]. Le déménagement donne à l'ensemble un lieu de vie et de travail hors de Paris tout en maintenant ses tournées.

Roger Delsinne reste à la tête de la Manécanterie jusqu'à sa mort, survenue à Glaignes le , à l'âge de 64 ans[1]. Il est inhumé au cimetière de Belleville à Paris, dans la 3e division ; le plan officiel du cimetière le présente comme le successeur de Fernand Maillet[9].

Activité musicale et éditoriale

L'activité musicale de Delsinne ne se limite pas à la direction de la Manécanterie. Dès 1943, les Éditions ouvrières publient Ton métier, chante-le..., recueil de chansons consacré aux métiers dont il est l'éditeur scientifique et que Fernand Maillet préface. Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France lui attribue également l'harmonisation de plusieurs pièces du volume[2]. Cette publication témoigne d'une collaboration éditoriale avec Fernand Maillet dès cette période.

Delsinne compose aussi pour chœur. La base spécialisée Musica International répertorie sous son nom Sacerdos et Pontifex, pièce sacrée en latin pour quatre voix mixtes publiée par les Éditions ouvrières en 1943, ainsi que Auxilium Christianorum, motet marial à trois voix égales[10],[11]. En 1954, il est également crédité comme responsable de l'édition ou de la restitution de Gaudent in caelis, motet de Tomás Luis de Victoria, dans une publication de la Schola Cantorum réalisée pour la Fédération internationale des Pueri Cantores[12].

Ce travail d'harmonisateur se poursuit durant ses années de direction. Pour l'enregistrement Les Petits chanteurs à la croix de bois chantent Noël, publié par Sofrason en 1977 sous sa direction, la Bibliothèque nationale de France lui attribue notamment des harmonisations de chants traditionnels tels que Il est né le Divin Enfant et Deck the Hall, ainsi que le texte français et l'harmonisation de Bébé Dieu[13].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 « État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 », sur matchID (consulté le )
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Notice bibliographique : Ton métier, chante-le... », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
  3. ↑ Pie XII, « Aux petits chanteurs de la chorale paroissiale de Saint-Joseph de Roubaix en France », sur Vatican.va, (consulté le )
  4. ↑ H. F., « Un millier de petits chanteurs à la croix de bois ont assisté aux obsèques de Mgr Maillet », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ « 2001, portrait des Petits Chanteurs à la croix de bois », sur INA, (consulté le )
  6. ↑ 6,0 et 6,1 « Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois seront reçus par le pape en 1969 », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ H. F., « La crise de la manécanterie des Petits Chanteurs à la croix de bois s'aggrave », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ « Le château », sur Commune de Glaignes (consulté le )
  9. ↑ « Plan du cimetière de Belleville », sur Ville de Paris, (consulté le )
  10. ↑ (es) « Sacerdos et Pontifex — Roger (Abbé) Delsinne », sur Musica International (consulté le )
  11. ↑ (en) « Auxilium Christianorum — Roger (Abbé) Delsinne », sur Musica International (consulté le )
  12. ↑ « Gaudent in caelis — Tomás Luis de Victoria », sur Musica International (consulté le )
  13. ↑ « Notice bibliographique : Les Petits chanteurs à la croix de bois chantent Noël », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Monseigneur Maillet et les Petits Chanteurs à la croix de bois, Paris, Cerf, coll. « L'histoire à vif », (ISBN 2-204-06816-0) .

Article connexe

  • Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de bois

Article publié sur Wikimonde Plus

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