Stéphan Sanchez

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Stéphan Sanchez, né le 9 juin 1988, est un écrivain, photographe et libraire français installé à Aix-en-Provence. Formé aux arts plastiques et à l'histoire de l'art, il publie depuis 2013 des romans et récits qui empruntent notamment au thriller psychologique, au fantastique et à l'écriture autobiographique[1],[2].

Après plusieurs romans centrés sur le deuil, la disparition, la mémoire ou l'identité, son œuvre prend à partir de 2020 une orientation plus personnelle et épistolaire avec Deux enfances : Minou Drouet et moi, La Nouvelle Amie, Lettres à Sarah et Le Cœur immobile. Deux enfances et Le Cœur immobile sont distingués respectivement en 2021 et 2024 dans la catégorie « roman épistolaire » du Prix du roman gay[3],[4]. Parallèlement à l'écriture, il développe une pratique photographique et travaille en librairie[5].

Biographie

Formation et débuts artistiques

Stéphan Sanchez commence des études de sociologie à la faculté de lettres d'Aix-en-Provence avant de se réorienter vers les arts plastiques. Il obtient une licence en 2010, puis un master recherche en 2012. Il complète cette formation par une licence d'histoire de l'art en 2013[1]. Au cours de ses études, il participe à plusieurs expositions collectives à Aix-en-Provence. Sa première exposition personnelle, Les Absences justifiées, présentée au début de l'année 2012, associe photographies, textes et peintures[1].

Son premier roman, Soleil blanc, paraît aux Presses du Midi en 2013. Le livre met en scène un homme endeuillé qui tente d'entrer en contact avec sa compagne disparue et associe le travail du deuil à des éléments fantastiques[6]. La nuit, je me perds, publié l'année suivante chez le même éditeur, reprend ce croisement entre trouble psychologique, perte et surnaturel autour d'un homme confronté à un enfant qui ressemble à son frère mort[7].

Parcours littéraire

Avec Anatomie des vagues en 2016 et Châteaux noirs en 2017, tous deux publiés par Jean-Marie Desbois éditeur, Sanchez poursuit dans la veine du thriller psychologique. Le premier part de la disparition inexpliquée d'un homme et des doutes qui entourent sa possible réapparition[8]. Le second suit Raza, un libraire atteint de troubles de la mémoire, qui reçoit une lettre l'accusant d'un meurtre dont il ne se souvient pas[9]. Dans Unidivers, Emmanuelle Volage voit dans Châteaux noirs moins un simple thriller qu'une « quête identitaire », dimension que le roman articule à la vengeance et à l'incertitude sur le passé du narrateur[1].

En 2020 paraissent deux livres de nature différente. Album de famille, aux éditions Les Orfèvres, est un roman centré sur les non-dits familiaux et l'irruption d'une adolescente dans la vie d'un libraire qui ne pensait pas pouvoir être son père[10]. La même année, Deux enfances : Minou Drouet et moi, publié chez Favre, adopte la forme d'une correspondance adressée à Minou Drouet. Le livre revient sur la controverse qui entoura l'enfant poète dans les années 1950 tout en rapprochant son parcours de celui de l'auteur ; il tient ainsi à la fois de la biographie et de l'autobiographie[11]. Une réponse de Minou Drouet est publiée à la fin du volume[2]. L'ouvrage reçoit en 2021 le Prix du roman gay dans la catégorie « roman épistolaire » ; le prix principal de cette édition est attribué à 28 jours de L. Bigòrra[3].

Publié en 2021 par Le Poisson Volant, La Nouvelle Amie est présenté par son éditeur et les catalogues de libraires comme un récit intime situé à la frontière du thriller psychologique et de la réflexion sur les réseaux sociaux. L'auteur y raconte une relation amicale devenue progressivement une relation d'emprise, sur fond d'image publique et d'influence numérique[12]. Une traduction anglaise, The Word Sorceress, est publiée en 2022 par le même éditeur.

En 2023, Sanchez publie chez Rouge Profond Lettres à Sarah, préfacé par Guy Astic. À travers une correspondance adressée à l'actrice Sarah Michelle Gellar, le livre combine évocation de la carrière de celle-ci, culture populaire des années 1990 et récit de formation personnel[13]. La critique Cécile Desbrun souligne que l'ouvrage s'éloigne d'une biographie classique de l'actrice pour devenir progressivement un récit intime de l'auteur[14].

Le Cœur immobile, paru en 2024 au Poisson Volant, poursuit cette veine épistolaire. Conçu comme une correspondance sans destinataire identifié, le récit revient sur les relations amoureuses contemporaines, les applications de rencontre et la manière dont les logiques de consommation peuvent influer sur la vie affective[15]. Il est récompensé la même année dans la catégorie « roman épistolaire » du Prix du roman gay ; le prix principal 2024 revient à Espèces dangereuses de Sergueï Shikalov[4].

À la mi-septembre 2026, son roman policier Le feu d'abord est annoncé aux éditions du Caïman, dans la collection « Polars », pour le 24 septembre. Le récit ramène une femme dans son village natal après la mort de ses parents et relie les souvenirs d'une enfance violente à une disparition d'enfant demeurée irrésolue depuis 1998[16],[17].

Photographie et activité de libraire

La photographie accompagne son parcours d'écrivain depuis ses années d'études. Après Les Absences justifiées, il expose notamment Sainte en 2015, série consacrée à la montagne Sainte-Victoire photographiée en négatif, puis Visions d'Aix en 2016, qui met en regard le centre ancien et les quartiers plus récents d'Aix-en-Provence. En 2017, Souviens-toi des films qui tuent détourne l'imagerie des affiches de cinéma d'horreur[1]. En 2018, la librairie Le Blason accueille la série Marseille, ville secrète[18].

Il remporte également un concours photographique organisé à l'occasion des dix ans du Pavillon Noir. Des photographies de Sanchez sont utilisées dans deux ouvrages de l'historien de l'art Daniel Chol, Parlez-moi d'Aix… Dictionnaire d'un amoureux d'Aix-en-Provence et Secrets et décors des hôtels particuliers aixois[5].

Cette activité artistique se double d'un travail de libraire. Les éditions Favre le présentent en 2020 comme travaillant à la librairie Le Blason[2]. En 2024, Livres Hebdo le cite comme libraire à Lagon Noir, librairie aixoise spécialisée dans le cinéma, le fantastique et la science-fiction, à propos du regain d'intérêt pour la littérature d'horreur[19]. En octobre 2025, la Samain du Cinéma Fantastique de Nice lui confie une carte blanche au cinéma Jean-Paul-Belmondo, où il présente Souviens-toi… l'été dernier, film auquel Lettres à Sarah accorde une place importante[20].

Écriture et thèmes

Les premiers romans de Sanchez reposent fréquemment sur une perception incertaine du réel. Le deuil et la présence possible d'un fantôme structurent Soleil blanc, la disparition et l'hypothèse d'un double nourrissent Anatomie des vagues, tandis que Châteaux noirs fait de l'amnésie le moteur d'une enquête sur l'identité et la culpabilité[6],[8],[9]. À propos de ce dernier livre, Sanchez cite parmi ses influences littéraires Boris Vian et Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, ainsi que le cinéma de série B, le cinéma d'horreur et les thrillers d'Alfred Hitchcock[1].

À partir de Deux enfances, la lettre et le récit à la première personne occupent une place plus centrale. L'adresse à Minou Drouet permet de faire dialoguer deux enfances et d'aborder la construction de l'identité ; Lettres à Sarah superpose de la même manière l'évocation d'une figure culturelle au récit personnel ; Le Cœur immobile reprend enfin la correspondance comme dispositif d'examen de la vie sentimentale contemporaine[11],[13],[15]. Le cinéma constitue ainsi un autre fil continu de son travail, présent dans ses références romanesques, certaines de ses séries photographiques, son activité de libraire et Lettres à Sarah[1],[19].

Publications

Distinctions

  • 2019 : prix spécial du jury du Grand Prix littéraire de Provence, attribué pour l'ensemble de ses publications[2],[5].
  • 2021 : Prix du roman gay, catégorie « roman épistolaire », pour Deux enfances : Minou Drouet et moi[3].
  • 2024 : Prix du roman gay, catégorie « roman épistolaire », pour Le Cœur immobile[4].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Emmanuelle Volage, « Roman. Châteaux noirs ou à la poursuite des souvenirs perdus », Unidivers,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 « Stéphan Sanchez », sur Éditions Favre (consulté le )
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Vincy Thomas, « L. Bigorra, Ouissem Belgacem, Guillaume Cizeron et Mohamed Mbougar Sarr récompensés par les prix du roman gay 2021 », Livres Hebdo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « Palmarès du Prix du roman gay 2024 », sur Les Éditions du Frigo, (consulté le )
  5. ↑ 5,0 5,1 et 5,2 « Rencontre avec Stéphan Sanchez, romancier aux multiples facettes ! », Fréquence Mistral,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 « Soleil blanc de Stéphan Sanchez », sur Les Presses du Midi (consulté le )
  7. ↑ 7,0 et 7,1 « La nuit, je me perds - Roman », sur Chasse aux livres (consulté le )
  8. ↑ 8,0 8,1 et 8,2 « Anatomie des vagues », sur E.Leclerc (consulté le )
  9. ↑ 9,0 9,1 et 9,2 « Châteaux noirs – Stéphan Sanchez », sur Tautem (consulté le )
  10. ↑ 10,0 et 10,1 « Album de Famille de Stéphan Sanchez », sur Decitre (consulté le )
  11. ↑ 11,0 11,1 et 11,2 « Deux enfances », sur Éditions Favre (consulté le )
  12. ↑ 12,0 et 12,1 « La Nouvelle Amie », sur Decitre (consulté le )
  13. ↑ 13,0 13,1 et 13,2 « Stéphan Sanchez, Lettres à Sarah, préface de Guy Astic », sur Éditions Rouge Profond (consulté le )
  14. ↑ Cécile Desbrun, « [Critique livre] Lettres à Sarah – Stéphan Sanchez », Culturellement Vôtre,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ 15,0 15,1 et 15,2 « Le cœur immobile - Stéphan Sanchez », sur ActuaLitté (consulté le )
  16. ↑ 16,0 et 16,1 « Le feu d'abord », sur Librairie Mollat (consulté le )
  17. ↑ « Le feu d'abord », sur ICI Librairie (consulté le )
  18. ↑ « Actualités », sur Librairie Le Blason (consulté le )
  19. ↑ 19,0 et 19,1 Souen Léger, « Comment la littérature horrifique se réinvente », Livres Hebdo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. ↑ « La « Samain du Cinéma Fantastique » revient hanter les écrans niçois », Nice Premium,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. ↑ « Soleil blanc », sur Librairie Ombres Blanches (consulté le )

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