Tahar Sekrane

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Tahar Sekrane
Fonctions
Wali d'Oran
–
(5 ans, 1 mois et 19 jours)
Prédécesseur Abdelkader Zoukh
Successeur Abdelmalek Boudiaf
Wali de Constantine
–
(3 ans et 18 jours)
Successeur Abdelmalek Boudiaf
Wali d'Oum El Bouaghi
–
(3 ans, 3 mois et 4 jours)
Wali de Tissemsilt
–
(1 an et 3 jours)
Wali d'Illizi
–
(2 ans et 12 jours)
Biographie
Date de naissance (79 ans)
Lieu de naissance Télagh (Algérie française)
Nationalité algérienne
Diplômé de École nationale d'administration d'Alger
Profession Haut fonctionnaire

Image illustrative de l’article Tahar Sekrane
Walis d'Algérie

Tahar Sekrane, né le 25 novembre 1946 à Télagh, est un haut fonctionnaire algérien. Il a été successivement wali d'Illizi, de Tissemsilt et d'Oum El Bouaghi entre 1987 et 1993, puis de Constantine de 2002 à 2005 et d'Oran de 2005 à 2010. Entre ces deux périodes, il exerce des responsabilités au ministère de l'Intérieur et auprès du chef du gouvernement.

Biographie

Formation et débuts dans l'administration

Originaire de Télagh, dans l'actuelle wilaya de Sidi Bel Abbès, Tahar Sekrane y effectue ses études primaires, avant de poursuivre sa scolarité secondaire à Sidi Bel Abbès. Après le baccalauréat, il intègre l'École nationale d'administration d'Alger, dont il sort major de sa promotion[1].

Il entame sa carrière dans l'administration territoriale en septembre 1974, à la wilaya de Mostaganem, comme administrateur. Il occupe ensuite des fonctions de direction chargées des affaires générales, de la réglementation et de l'administration locale, d'abord à Blida, puis à Sétif. En août 1980, il devient chef de la daïra de Tighennif, dans la wilaya de Mascara[1].

Le 4 avril 1984, il est nommé secrétaire général de la wilaya d'Alger, après avoir quitté la daïra de Tighennif[2].

Premières wilayas et administration centrale

Tahar Sekrane accède à la fonction de wali le 14 juillet 1987, lorsqu'il est nommé à Illizi[3]. Deux ans plus tard, il est muté à Tissemsilt, par décret du 26 juillet 1989[4]. Son parcours se poursuit à Oum El Bouaghi, où il est nommé le 29 juillet 1990. Il quitte ce poste le 2 novembre 1993[5],[6].

Il rejoint ensuite l'administration centrale. De 1994 à 1997, il est affecté au ministère de l'Intérieur en qualité de wali hors cadre et y dirige une cellule chargée de la sécurité et de l'ordre public. À partir de 1997, il est chargé de mission auprès du chef du gouvernement, tout en restant affecté auprès du ministre de l'Intérieur[1]. Ses fonctions prennent fin en juillet 2002, lors de son retour à l'administration territoriale[7].

Wali de Constantine (2002-2005)

Nommé wali de Constantine le 24 juillet 2002, Tahar Sekrane exerce ses fonctions dans un contexte de développement des infrastructures et de difficultés persistantes liées au vieillissement du bâti urbain. Le projet de construction de la nouvelle aérogare de l'aéroport de Constantine - Mohamed Boudiaf, lancé en 2003, traverse plusieurs mandats de walis et connaîtra d'importants retards et réévaluations financières[8].

En février et mars 2005, l'administration de la wilaya fait procéder à des démolitions dans le quartier ancien de Souika, au sein de la médina de Constantine. Les autorités invoquent notamment le danger présenté par des habitations menaçant ruine et leur occupation irrégulière. Des habitants et des associations de défense du patrimoine contestent cependant les méthodes employées, dénoncent le manque de concertation et craignent des dommages irréversibles pour le tissu historique du quartier. À la suite de ces protestations, l'opération est suspendue et une enquête est annoncée[9],[10].

Wali d'Oran (2005-2010)

Par décret du 11 août 2005, Tahar Sekrane est nommé wali d'Oran, en remplacement d'Abdelkader Zoukh. Abdelmalek Boudiaf lui succède à Constantine[11].

La résorption de l'habitat précaire et le relogement des habitants des quartiers anciens comptent parmi les dossiers suivis par la wilaya. Dans le secteur des Planteurs et de Ras El Aïn, ces opérations suscitent des tensions. En 2007, des familles contestent notamment la taille des nouveaux appartements et les conditions de leur transfert vers le quartier de Haï El Yasmine. Tahar Sekrane défend alors le programme de relogement engagé par les pouvoirs publics[12]. Lors d'une visite à Oran, le président Abdelaziz Bouteflika entend les plaintes de bénéficiaires et demande une enquête sur les modalités de l'opération[13].

La sauvegarde du centre historique constitue un autre enjeu local. En octobre 2008, la wilaya participe, aux côtés de la commune, d'organismes publics et d'acteurs associatifs, à un colloque international consacré à la réhabilitation du quartier de Sidi El Houari et aux moyens d'associer ses habitants à sa revitalisation[14].

Ses fonctions de wali d'Oran prennent fin par décret du 30 septembre 2010, publié au Journal officiel en janvier 2011. Abdelmalek Boudiaf est nommé pour lui succéder[15].

Procès relatif à l'aérogare de Constantine

En juin 2023, Tahar Sekrane comparaît devant le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M'Hamed, à Alger, avec plusieurs anciens responsables de la wilaya de Constantine, dans une affaire concernant les marchés publics et les dépassements de coûts liés à la construction de la nouvelle aérogare. Le parquet requiert à son encontre une peine de cinq ans d'emprisonnement[8].

Le 21 juin 2023, le tribunal le relaxe de l'ensemble des charges retenues contre lui. Au terme du même procès, deux de ses successeurs à la tête de la wilaya de Constantine, Abdelmalek Boudiaf et Noureddine Bedoui, sont condamnés en première instance à cinq ans de prison ferme[8],[16].

Références

  1. ↑ 1,0 1,1 et 1,2 Bouhafs Feddal, « Tahar Sekrane, un wali au parcours atypique », dans Télagh est en nous à tout jamais… (1re partie), mai 2024, p. 17, lire en ligne.
  2. ↑ Journal officiel de la République algérienne, n° 17, 1984, décrets du 4 avril 1984 mettant fin à ses fonctions de chef de daïra et le nommant secrétaire général de la wilaya d'Alger, p. 397 et p. 398.
  3. ↑ Journal officiel de la République algérienne, n° 31, 1987, décret du 14 juillet 1987 portant nomination du wali d'Illizi, lire en ligne.
  4. ↑ Journal officiel de la République algérienne, n° 36, 1989, décrets du 26 juillet 1989 relatifs au mouvement des walis, lire en ligne.
  5. ↑ Journal officiel de la République algérienne, n° 36, 1990, décret du 29 juillet 1990 portant nomination au poste de wali d'Oum El Bouaghi, p. 1018.
  6. ↑ Journal officiel de la République algérienne, n° 81, 1993, décret du 2 novembre 1993 mettant fin aux fonctions de wali d'Oum El Bouaghi, lire en ligne.
  7. ↑ Journal officiel de la République algérienne, n° 68, 2002, décrets présidentiels du 24 juillet 2002 mettant fin aux fonctions de chargé de mission de Tahar Sekrane et le nommant wali de Constantine, p. 17, lire en ligne.
  8. ↑ 8,0 8,1 et 8,2 Nouara Bachouch, « 5 سنوات نافذة في حق بدوي وبوضياف عن محطة الطيران » (« Cinq ans de prison ferme pour Bedoui et Boudiaf dans l'affaire de l'aérogare »), Echorouk Online, 21 juin 2023 (en arabe).
  9. ↑ Ikram Ghioua, « Des familles dans la rue », L'Expression, 17 mars 2005.
  10. ↑ Association pour la sauvegarde du patrimoine architectural de la vieille ville de Constantine et Association de défense du Vieux Rocher, communiqué du 27 mars 2005.
  11. ↑ Journal officiel de la République algérienne, n° 59, 2005, décrets présidentiels du 11 août 2005 relatifs à la nomination des walis, lire en ligne.
  12. ↑ Wahib Aït Ouakli, « Le quartier des Planteurs en ébullition », L'Expression, 1er juillet 2007.
  13. ↑ Kada Benamar, « بوتفليقة يأمر بفتح تحقيق حول تسيير والي وهران لأزمة «البلانتير» » (« Bouteflika ordonne une enquête sur la gestion de la crise des Planteurs par le wali d'Oran »), Echorouk Online, 1er août 2007 (en arabe).
  14. ↑ Réhabilitation et revitalisation urbaine. Colloque international, Oran, 19-21 octobre 2008, actes publiés avec le concours de l'Agence espagnole de coopération internationale pour le développement, consulter les actes, notamment la liste des autorités participantes et les conclusions.
  15. ↑ Journal officiel de la République algérienne, n° 2 du 12 janvier 2011, décrets présidentiels du 30 septembre 2010 mettant fin aux fonctions de walis et portant nomination de leurs successeurs, p. 15-17, lire en ligne.
  16. ↑ Aylan Afir, « Corruption : Noureddine Bedoui et Abdelmalek Boudiaf lourdement condamnés », ObservAlgérie, 21 juin 2023.

Article publié sur Wikimonde Plus

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