Thalia Édition
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| Repères historiques | ||
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| Création | 10 novembre 2005 | |
| Dates clés | 2006 : lancement éditorial ; 10 novembre 2011 : ouverture de la liquidation judiciaire ; 2 juillet 2015 : clôture de la liquidation | |
| Disparition | 2011 | |
| Fondée par | Aleksandra Sokolov | |
| Fiche d’identité | ||
| Forme juridique | SARL à associé unique | |
| Statut | Éditeur indépendant | |
| Siège social | Paris (France) | |
| Spécialités | Livre d'art, histoire de l'art | |
| Titres phares | Malewicz. Le peintre absolu | |
| Langues de publication | Français | |
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Thalia Édition est une maison d'édition française indépendante spécialisée dans le livre d'art, active à Paris de 2006 à 2011. La société qui l'exploite est créée le 10 novembre 2005 par l'éditrice Aleksandra Sokolov ; la maison est lancée éditorialement l'année suivante[1],[2]. Son catalogue associe monographies d'artistes, ouvrages d'histoire de l'art et d'initiation, livres consacrés au patrimoine, catalogues d'exposition et, à partir de 2009, guides de cotation du marché de l'art.
Parmi ses publications les plus remarquées figurent Malewicz. Le peintre absolu, vaste monographie d'Andréi Nakov parue en quatre volumes en 2007, et Charles Lapicque, le dérangeur, ouvrage collectif dirigé par Philippe Bouchet en 2009. Tous deux reçoivent le prix Bordin de l'Académie des beaux-arts[3],[4]. Placée en liquidation judiciaire le 10 novembre 2011, Thalia cesse alors son activité éditoriale ; la procédure est clôturée pour insuffisance d'actif le 2 juillet 2015[5],[6].
Histoire
Avant de fonder Thalia, Aleksandra Sokolov travaille pendant une quinzaine d'années dans l'édition d'art, notamment comme éditrice indépendante pour L'Amateur, Artprice, Flammarion, Adam Biro et ACR[7],[2]. La société Thalia Édition est immatriculée le 10 novembre 2005. En août 2006, Le Monde des livres présente Thalia comme une nouvelle maison d'édition, alors installée rue Saint-Ferdinand, dans le 17e arrondissement de Paris[1],[2].
Le programme initial privilégie l'art byzantin, l'art russe et les avant-gardes d'Europe orientale. Le Monde des livres cite comme premières rééditions Le Rayonnement de Byzance de Tania Velmans et L'Art russe. Icônes de Viktor Nikititch Lazarev, deux ouvrages de référence devenus indisponibles[2]. À la même période paraissent notamment Macédoine byzantine, de Sacho Korunovski et Elizabeta Dimitrova, puis la monographie consacrée à Giuseppe Castiglione, peintre et architecte à la cour impériale chinoise[8]. Cette orientation vers les études historiques coexiste rapidement avec des collections destinées à un public plus large, ainsi qu'avec des livres sur l'art contemporain, les ateliers d'artistes et le patrimoine.
Le catalogue se diversifie encore à partir de 2008-2009. Thalia publie des catalogues liés à des expositions de musées, développe la série « Ateliers d'artistes » et reprend en 2009 la publication de La Cote des peintres de Jacques-Armand Akoun, auparavant éditée par les Éditions de l'Amateur[9]. Son dernier siège social se trouve rue Georges-Ville, dans le 16e arrondissement de Paris[1].
Le tribunal de commerce de Paris prononce la liquidation judiciaire de la société le 10 novembre 2011, en fixant la cessation des paiements au 28 octobre précédent[5]. La liquidation est clôturée le 2 juillet 2015 pour insuffisance d'actif[6].
Ligne éditoriale
Au lancement de Thalia, Aleksandra Sokolov présente comme l'un de ses objectifs la remise en circulation de livres de référence épuisés, couvrant un champ allant de l'Antiquité à l'art contemporain[2]. Cette logique de réédition s'accompagne de créations originales : monographies, études sur des civilisations et des lieux, ouvrages d'initiation, catalogues d'exposition et livres centrés sur la pratique des artistes.
La collection « Initiation à l'art » illustre le versant pédagogique du catalogue. La Bibliothèque nationale de France la décrit comme destinée aux amateurs d'art, aux étudiants et aux néophytes, avec une présentation accessible des principes fondamentaux de la discipline[10]. Elle comprend notamment Explor'art de Laurie Schneider Adams, Méthodes et théories de l'histoire de l'art d'Anne D'Alleva et Les Théories de la couleur de Paul Zelanski et Mary Pat Fisher[10]. À l'autre extrémité du catalogue, certains projets prennent la forme de monographies de grande ampleur ou de catalogues scientifiques associés à des institutions patrimoniales.
Collections et publications
Histoire de l'art et monographies
« Art & Civilisations » réunit des ouvrages sur des traditions artistiques anciennes ou extra-occidentales. Aux rééditions consacrées à Byzance et aux icônes russes s'ajoutent notamment Macédoine byzantine et Giuseppe Castiglione (1688-1766), peintre et architecte à la cour de Chine. L'ensemble reflète la place importante accordée, dans les premières années, aux arts chrétiens orientaux et aux circulations artistiques entre l'Europe et l'Asie[2],[8].
La collection « Monographies de référence » rassemble des études consacrées à des artistes de périodes et de nationalités diverses. Outre Malewicz. Le peintre absolu, elle accueille notamment Charles Lapicque, le dérangeur, Le Premier Siècle de René Gruau de Sylvie Nissen et Vincent Leret et Jacqueline Marval, 1866-1932 de François Roussier[11]. François Roussier signe également Pierre Laprade, 1875-1931, publié par Thalia en 2010[12].
Art contemporain et ateliers d'artistes
La collection « Art contemporain » rassemble notamment des ouvrages sur Gottfried Salzmann, Vladimir Veličković, Pierre Pelloux ou Françoise Cataláa. La série « Ateliers d'artistes » privilégie quant à elle le lieu et les conditions de création, en associant selon les volumes entretien, texte critique et photographie. Elle consacre des titres à Jacques Villeglé, Daniel Buren, Carlos Cruz-Diez, Pierre Soulages, Carole Benzaken, Hervé Di Rosa, Jean Le Gac ou Vladimir Veličković[13]. Le volume consacré à Soulages, écrit par Michel Ragon, paraît en 2009[14].
À côté de ces ensembles, « L'Art en galerie » accompagne des expositions ou des moments précis d'une œuvre ; son premier titre, Serge Mansau, les formes du vide, paraît en 2006[15]. « L'Objet dans l'art » adopte une approche thématique, avec notamment Le Champagne dans l'art de Jean-Marie Pinçon et Le Sommeil dans l'art de Lilia et Lucien Curzi-Dascalova[16],[11].
Patrimoine et territoires
La collection « Patrimoine du monde » associe histoire, architecture, culture et découverte de lieux. Son premier volume, Luang Prabang. La cité du Bouddha d'or et du flamboyant de Françoise Capelle, paraît en 2006 ; une recension de Clio le présente à la fois comme un guide culturel et un livre d'art[17]. La collection publie ensuite des ouvrages sur Jaipur, la Slovénie ou les jardins de Versailles. Jaipur. Ville nouvelle du XVIIIe siècle au Rajasthan, d'Alain Borie, Françoise Cataláa et Rémi Papillault, est issu d'un travail de recherche sur l'urbanisme de la capitale du Rajasthan[18].
Musées et catalogues d'exposition
Sous l'intitulé « Thalia musée », la maison publie plusieurs catalogues conçus en lien avec des expositions. Albert Marquet. Itinéraires maritimes, dirigé par Véronique Alemany, accompagne l'exposition présentée au Musée national de la Marine à Paris du 15 octobre 2008 au 2 février 2009[19]. Jean Cocteau. Sur les pas d'un magicien, sous la direction de Robert Rocca et Michel Bépoix, est publié pour l'exposition du Palais Lumière d'Évian en 2010[20]. En 2011, Thalia édite également le catalogue Lucio Fanti. Peinture et théâtre, lié à la rétrospective du musée Estrine de Saint-Rémy-de-Provence[21].
Guides du marché de l'art
Avec « Les Cotes Akoun », Thalia élargit son activité aux outils destinés aux collectionneurs et aux professionnels du marché de l'art. La maison publie La Cote des peintres à partir de 2009, puis une nouvelle édition en 2010 ; cette dernière répertorie près de 80 000 peintres et synthétise cotes moyennes, résultats d'enchères et tendances[22]. Elle publie aussi La Cote des lithos, gravures, affiches, sculptures, bronzes et photos en 2009[23].
Ouvrages remarqués et réception
Parmi les publications de Thalia, la monographie d'Andréi Nakov sur Kazimir Malewicz fait l'objet d'une attention particulière dans la presse spécialisée. Publiée en 2007 sous le titre Malewicz. Le peintre absolu, elle compte quatre volumes et 1 596 pages. Le Journal des Arts la présente alors comme la première grande monographie exhaustive publiée en France sur l'artiste et comme l'aboutissement d'environ trente ans de recherches de Nakov[24]. L'ouvrage reçoit la même année le prix Bordin de l'Académie des beaux-arts[3].
En 2009, Charles Lapicque, le dérangeur, ouvrage collectif dirigé par Philippe Bouchet à l'occasion d'une exposition consacrée au peintre, reçoit à son tour le prix Bordin[4]. L'Œil souligne notamment l'ampleur de sa documentation, la diversité de ses contributions et la présence d'une anthologie critique retraçant la réception de l'œuvre de Charles Lapicque[25].
Le catalogue Lucio Fanti. Peinture et théâtre, publié en 2011 sous la direction scientifique d'Elisa Farran avec la participation de l'artiste, est également distingué par l'Académie des beaux-arts, qui lui attribue le prix Debrousse-Gas-Forestier[26]. Ces distinctions concernent trois ouvrages de nature différente — monographie de recherche, catalogue monographique et catalogue d'exposition — et reflètent les principaux axes du catalogue de Thalia.
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « THALIA EDITION », Société.com, données de l'Insee et du Registre national des entreprises, consulté le 15 septembre 2026.
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 « Art », Le Monde des livres, 24 août 2006.
- ↑ 3,0 et 3,1 « Prix d'ouvrages 2007 », La Lettre de l'Académie des beaux-arts, Institut de France, 2007, p. 29.
- ↑ 4,0 et 4,1 « Palmarès des prix et concours 2009 », Académie des beaux-arts, Institut de France, 2009.
- ↑ 5,0 et 5,1 « THALIA EDITION — jugement d'ouverture de liquidation judiciaire », Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, n° 235 A, 6 décembre 2011, p. 216, annonce 3257.
- ↑ 6,0 et 6,1 « THALIA EDITION — jugement de clôture pour insuffisance d'actif », Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, n° 142 A, 28 juillet 2015, p. 193, annonce 2969.
- ↑ Jean-Christophe Castelain, « Aleksandra Sokolov », L'Œil, n° 589, 1er mars 2007 ; mis en ligne le 1er août 2007.
- ↑ 8,0 et 8,1 « Giuseppe Castiglione 1688-1766 : peintre et architecte à la cour de Chine », Paris Musées, notice bibliographique.
- ↑ « La Cote des peintres 2009 », Fnac, notice bibliographique et présentation de l'éditeur.
- ↑ 10,0 et 10,1 Des collections éditoriales pour mieux comprendre l'art : bibliographie sélective, Bibliothèque nationale de France, février 2020, p. 5.
- ↑ 11,0 et 11,1 « Thalia édition », Librairie Eyrolles, catalogue de l'éditeur.
- ↑ « Pierre Laprade : 1875-1931 », Paris Musées, notice bibliographique.
- ↑ « Ateliers d'artistes », Librairie Mollat, catalogue de collection.
- ↑ « Bibliographie : monographies », site Pierre Soulages.
- ↑ « Serge Mansau, les formes du vide », Fnac, notice bibliographique.
- ↑ « Le Champagne dans l'art », Fnac, notice bibliographique.
- ↑ « Luang Prabang. La cité du Bouddha d'or et du flamboyant », Clio.fr, notice de lecture.
- ↑ « Jaipur. Ville nouvelle du XVIIIe siècle au Rajasthan », Bibliothèque nationale de France, Catalogue général.
- ↑ « Albert Marquet, itinéraires maritimes », Bibliothèque nationale de France, Catalogue général.
- ↑ « Jean Cocteau : sur les pas d'un magicien », Bibliothèque nationale de France, Catalogue général.
- ↑ Thomas Mahler, « Les rêves de Fanti », Le Point, 3 juin 2011.
- ↑ « La Cote des peintres 2010 », Fnac Belgique, notice bibliographique.
- ↑ « Publications de Jacky-Armand Akoun », Bibliothèque nationale de France, Catalogue général.
- ↑ Daphné Bétard, « Andréi Nakov, historien de l'art », Le Journal des Arts, 5 octobre 2007.
- ↑ « Pour se rappeler de Lapicque », L'Œil, n° 613, 1er mai 2009 ; mis en ligne le 21 avril 2009.
- ↑ « Palmarès des prix et concours 2011 », Académie des beaux-arts, Institut de France, 2011.
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