Valérie Hoffenberg

Valérie Hoffenberg, née à Marseille, est une entrepreneuse, ancienne responsable associative et personnalité politique française. Elle dirige le bureau français de l'American Jewish Committee (AJC) de 2004 à 2009, avant d'être élue conseillère de Paris dans le 16e arrondissement pour la mandature 2008-2014. Membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), elle exerce de 2009 à 2011 la fonction de représentante spéciale de la France pour les dimensions économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient[1],[2].
Candidate de l'UMP aux élections législatives de 2012 puis à l'élection partielle de 2013 dans la 8e circonscription des Français établis hors de France, elle est battue au second tour à deux reprises[3],[4]. À partir de 2013, elle développe des activités de conseil, de conférences et de mise en réseau avec le Connecting Leaders Club, puis des initiatives consacrées à l'égalité entre les femmes et les hommes et au tourisme.
Parcours professionnel et associatif
Débuts dans l'entreprise et activités transatlantiques
Valérie Hoffenberg grandit à Paris, où elle indique avoir suivi des études de droit et de sciences politiques. Selon sa biographie de campagne et un entretien publié en 2022, elle dirige une entreprise pendant quatorze ans, de 1987 à 2000, avant de la céder et de se tourner vers le secteur associatif et les relations internationales[5],[6].
Au début des années 2000, elle se rapproche de l'American Jewish Committee, organisation juive américaine de plaidoyer et de relations internationales, engagée notamment dans la lutte contre l'antisémitisme. Le chercheur Marc Hecker retrace la réouverture du bureau parisien de l'AJC sous sa direction en 2004, après une période de tensions franco-américaines liées notamment à la guerre d'Irak. Le bureau français développe alors des contacts avec des responsables politiques, organise des conférences et des déplacements d'élus et de journalistes en Israël et dans les territoires palestiniens. Hoffenberg est également présentée, au milieu des années 2000, comme responsable à Paris du Transatlantic Institute, structure bruxelloise liée à l'AJC et consacrée aux relations entre l'Europe et les États-Unis[7]. Dès 2004, le Washington Post la présente comme représentante de l'AJC à Paris[8].
Dans la même période, elle cofonde Terra Femina, réseau réunissant des femmes du pourtour méditerranéen, et le Collectif Urgence Dialogue avec Bernard Abouaf, de Radio Shalom, et Nacer Kettane, président de Beur FM. Ces initiatives sont orientées vers le dialogue interculturel, la lutte contre les discriminations et les échanges entre acteurs de la société civile[9]. Elle quitte la direction de l'AJC lors de sa nomination comme représentante spéciale de la France en août 2009[9].
Engagement politique
Conseil de Paris et responsabilités à l'UMP
Valérie Hoffenberg s'engage à l'UMP et figure en 2008 sur la liste conduite par Claude Goasguen dans le 16e arrondissement de Paris. Elle est élue conseillère de Paris ; les archives du ministère de l'Intérieur la placent en huitième position parmi les élus de la liste majoritaire du secteur[10]. Un arrêté du maire du 16e arrondissement du 3 avril 2008 lui confie les questions relatives à l'enseignement supérieur et à la vie étudiante[11]. Elle siège encore au conseil d'arrondissement en janvier 2014, à la fin de la mandature[12].
Elle participe aussi au club politique Génération France, fondé par Jean-François Copé, où elle anime les questions de relations internationales[7]. En janvier 2012, elle est secrétaire nationale de l'UMP chargée des relations avec les partis politiques étrangers et les think tanks[13]. Elle contribue par ailleurs à l'animation du Premier Cercle, club destiné aux principaux donateurs de l'UMP, aux côtés notamment d'Éric Woerth[14].
Mission au Proche-Orient
Avant sa nomination officielle, Nicolas Sarkozy lui confie une mission autour du projet de zone industrielle de Bethléem, en Cisjordanie. Dans sa lettre de mission d'août 2009, le président de la République estime qu'elle a contribué à faire progresser ce projet et la nomme « représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient ». La fonction est placée sous l'autorité du ministre des Affaires étrangères et doit compléter l'action diplomatique française par des projets économiques, éducatifs et environnementaux[1].
Son action porte notamment sur la zone industrielle de Bethléem, soutenue par l'Agence française de développement, ainsi que sur des projets de coopération entre acteurs israéliens, palestiniens et régionaux[2]. En 2010, elle organise avec une ONG un déplacement en France de jeunes Israéliens et Palestiniens, qui présentent des propositions pour la paix à l'Assemblée nationale[15]. En mai 2011, un forum consacré à l'innovation réunit à Paris des représentants politiques et économiques de plusieurs pays du Proche-Orient autour de l'eau, de l'énergie, de la sécurité alimentaire et des technologies[16].
La mission suscite cependant des réserves sur son positionnement. En 2011, Le Monde rapporte que son soutien à la politique dite de « paix économique » défendue par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou nourrit la méfiance de responsables palestiniens, tandis que certains diplomates français critiquent son activisme. Le journal estime que la zone industrielle de Bethléem constitue le résultat le plus concret de son mandat, alors que plusieurs autres initiatives restent de portée surtout symbolique[2].
Le 30 août 2011, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères annonce qu'elle n'exerce plus cette fonction. Le Monde relie cette fin de mission à son investiture par l'UMP pour les législatives de 2012 ainsi qu'à plusieurs prises de position publiques, notamment son opposition à la demande palestinienne d'adhésion à l'ONU, qui ne correspondaient pas à la ligne alors exprimée par le Quai d'Orsay. Le journal présente la superposition de son rôle de candidate et de représentante spéciale comme devenue incompatible[2].
Candidatures législatives de 2012 et 2013
En 2012, Valérie Hoffenberg est la candidate de l'UMP dans la 8e circonscription des Français établis hors de France, qui comprend notamment l'Italie, la Grèce, la Turquie, Chypre et Israël. Elle obtient 22,20 % des suffrages exprimés au premier tour, derrière la candidate socialiste Daphna Poznanski-Benhamou, qui recueille 30,50 %. Au second tour, Hoffenberg obtient 44,12 % des suffrages contre 55,88 % pour Poznanski-Benhamou[3].
L'élection de Daphna Poznanski-Benhamou ayant ensuite été annulée par le Conseil constitutionnel, une élection partielle est organisée en 2013. Hoffenberg, de nouveau candidate de l'UMP, arrive en tête du premier tour avec 21,85 % des voix devant Meyer Habib (UDI), qui en obtient 15,37 %[17]. Au second tour, Meyer Habib l'emporte avec environ 53,5 % des suffrages, dans un scrutin marqué par une abstention supérieure à 86 %[4].
Activités entrepreneuriales et initiatives sur l'égalité
Connecting Leaders Club

Après ses candidatures législatives, Valérie Hoffenberg développe une activité de conseil et d'organisation de conférences. Elle fonde le Connecting Leaders Club, structure consacrée à la mise en relation de décideurs économiques et institutionnels et à la production d'événements. Dans un entretien de 2022, elle situe la création du club dans le prolongement de sa défaite électorale et de son expérience dans l'entreprise, les affaires internationales et la politique[6].
Le Connecting Leaders Club organise des cycles de débats avec des médias, des entreprises et des institutions. Parmi ses principaux formats figurent les « Matins de l'économie », organisés avec le Journal du Dimanche, consacrés à des sujets comme la formation professionnelle, l'innovation, la ville ou l'économie africaine[18],[19]. La structure coorganise également en 2016 et 2017 l'European Business Day à l'Université Paris-Dauphine avec le JDD, et participe à des rencontres consacrées à l'innovation franco-israélienne, notamment Innovatech en 2017 et 2018[20],[21].
À partir de 2018, Hoffenberg cofonde avec le groupe Marie Claire le think tank « Agir pour l'égalité », qui réunit entreprises, associations et experts autour de l'égalité entre les femmes et les hommes. Le projet produit des propositions et des livres blancs à partir de groupes de travail consacrés notamment au travail, à la santé, au numérique ou à l'espace public[22]. En 2022, l'UNESCO accueille avec Marie Claire et le think tank une journée intitulée « L'Appel pour l'Égalité », consacrée notamment aux stéréotypes, à la santé, au climat et à la jeunesse[23]. Le Connecting Leaders Club lance également avec le JDD le think tank Food & Planet consacré aux enjeux de production et d'alimentation durables[20].
SHe Travel Club
En 2021, Valérie Hoffenberg fonde SHe Travel Club, société dont l'activité déclarée porte sur la certification, la formation et les services de réservation dans le secteur du voyage[24]. À partir de 2022, la structure développe un label hôtelier destiné à évaluer l'accueil des voyageuses à partir de critères regroupés autour de la sécurité, du confort, des services et de la restauration. Le groupe Accor annonce cette année-là un projet pilote dans cinquante hôtels en Europe et au Moyen-Orient ; plus de 200 établissements avaient alors reçu le label selon le groupe hôtelier[25].
En 2024, la presse professionnelle de l'hôtellerie fait état de plus de 300 hôtels labellisés dans le monde et d'une diversification de l'activité vers la formation des personnels aux questions de sexisme, de sécurité et d'accueil des clientes[26]. Le 10 février 2026, le Tribunal des activités économiques de Paris prononce toutefois l'ouverture d'une liquidation judiciaire simplifiée de la société SHe Travel Club ; la décision est publiée au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales le 26 février 2026[24].
Distinctions

- Chevalier de la Légion d'honneur (2008). Le décret du 21 mars 2008 la présente alors comme « directrice d'une association pour la défense des droits de l'homme »[27].
- Officier de l'ordre national du Mérite (2024). Le décret du 7 juin 2024 mentionne ses activités de présidente-fondatrice de structures dans le domaine de l'égalité entre les femmes et les hommes[28].
Notes et références
- ↑ 1,0 et 1,1 Présidence de la République, « Lettre de mission de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, adressée à Mme Valérie Hoffenberg », 26 août 2009.
- ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Benjamin Barthe, « Valérie Hoffenberg ne représente plus la France au Proche-Orient », Le Monde, 1er septembre 2011.
- ↑ 3,0 et 3,1 Ministère de l'Intérieur, « Élections législatives de 2012 — 8e circonscription des Français de l'étranger », résultats définitifs des 10 et 17 juin 2012.
- ↑ 4,0 et 4,1 Sénat, « Résultats du second tour des élections législatives partielles des 25 et 26 mai 2013 », juin 2013.
- ↑ Valérie Hoffenberg, « Portrait », blog de campagne, consulté le 17 septembre 2026.
- ↑ 6,0 et 6,1 Professional Women's Network Paris, « Portrait de Valérie Hoffenberg à l'occasion du lancement du SHe Travel Club », 2022.
- ↑ 7,0 et 7,1 Marc Hecker, Intifada française ? De l'importation du conflit israélo-palestinien, Ellipses, 2012, p. 95-98, version en ligne sur le site de l'Ifri.
- ↑ Keith B. Richburg, « Paris Marks Liberation Mindful of Collaboration », The Washington Post, 26 août 2004.
- ↑ 9,0 et 9,1 Ministère des Affaires étrangères et européennes, « Construire la paix, les jeunes Israéliens et Palestiniens s'engagent », dossier de presse, septembre 2010.
- ↑ Ministère de l'Intérieur, « Les archives des élections en France — municipales de 2008, Paris », résultats officiels.
- ↑ Ville de Paris, « Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris », 12 août 2008, p. 2315.
- ↑ Mairie du 16e arrondissement de Paris, « Conseil du XVIe arrondissement, séance du 27 janvier 2014 », procès-verbal, 27 janvier 2014.
- ↑ « Valérie Hoffenberg (UMP) : “Les Français de Turquie n'ont pas à subir de représailles pour une loi votée” », Le Petit Journal, 19 janvier 2012.
- ↑ « Le club des riches amis du président », Le Parisien, 30 juin 2010.
- ↑ Assemblée nationale, « Journée internationale de la Paix », 20 septembre 2010.
- ↑ Ministère des Affaires étrangères et européennes, « For'UM – L'innovation : une chance pour le Proche-Orient », programme, 31 mai 2011.
- ↑ Sénat, « Résultats du premier tour des élections législatives partielles des 25 et 26 mai 2013 », mai 2013.
- ↑ « La formation professionnelle, un secteur à libérer », Le Journal du Dimanche, 3 février 2018.
- ↑ « L'Afrique, un continent d'opportunités », Le Journal du Dimanche, 20 avril 2019.
- ↑ 20,0 et 20,1 « Conférences », Le Journal du Dimanche, mise à jour du 14 juin 2023.
- ↑ « InnovaTech 2018 », Calcalist, 2018.
- ↑ Connecting Leaders Club et Marie Claire, « Agir pour l'égalité », livre blanc, 2020.
- ↑ UNESCO, « L'Appel pour l'Égalité 2022 », 11 octobre 2022.
- ↑ 24,0 et 24,1 Pappers, « SHE TRAVEL CLUB — 904 815 206 », données du Registre national des entreprises et du BODACC, consultées le 17 septembre 2026.
- ↑ Accor, « Accor annonce un partenariat avec SHe Travel Club, le 1er label hôtelier dédié aux besoins des voyageuses », 2022.
- ↑ « SHe Travel Club, un label qui devient incontournable », Hospitality ON, 8 mars 2024, mis à jour le 23 octobre 2024.
- ↑ « Décret du 21 mars 2008 portant promotion et nomination », Journal officiel de la République française, 23 mars 2008.
- ↑ « Décret du 7 juin 2024 portant promotion et nomination dans l'ordre national du Mérite », Journal officiel de la République française, 8 juin 2024.
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