Whiteshift

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Whiteshift
Nombre de pages 624 pp
ISBN 978-1-46831-697-1

Whiteshift: Populism, Immigration and the Future of White Majorities (en français Décalage blanc : Populisme, immigration et avenir des majorités blanches) est un livre publié en 2018 par le professeur Eric Kaufmann[1]. Le livre a été décrit par The Economist comme une « étude majeure du changement ethno-démographique » (monumental study of ethno-demographic change)[2], Whiteshift porte notamment sur les effets futurs du déclin démographique des blancs en occident[3] notamment sur la politique en Europe et en Amérique du Nord[4], et sur la montée des populismes[5]. Selon Kaufmann, la montée de Donald Trump en Amérique et de la droite populiste en Europe serait une conséquence des changements démographiques radicaux qui se produisent (les Blancs seront minoritaires aux États-Unis, en 2042, et en Europe, au début du XXIIe siècle[6]) plutôt que la conséquence d'une « anxiété économique »[7].

Thèse du livre

Selon Kaufmann, le Brexit et l'élection de Donald Trump s'expliqueraient par des angoisses identitaires et non par l'économie[8] : les préoccupations des électeurs sont passées de l'économie à l'identité[9].

Selon les projections, la population blanche non hispanique deviendra minoritaire aux États-Unis en 2042, au Canada en 2050[10] et une population métissée devrait surpasser les Blancs en Europe dans la première partie du XXIIe siècle[8]. Pour Eric Kaufmann, ces bouleversements démographiques seront le fait majeur du XXIe siècle et auront d'importantes conséquences géopolitiques[8].

Selon Kaufmann, les élites politiques, intellectuelles et médiatiques actuelles ignorent, ridiculisent et méprisent les appréhensions et les revendications des conservateurs blancs. Selon le politologue, cela aura pour effet d’attiser davantage les braises du populisme et il prédit l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement populiste au Canada[10].

Pour Kaufmann, il faut cesser de stigmatiser les blancs et reconnaître qu'être attaché à l'identité blanche est légitime et non pas raciste comme l'affirment certains activistes qui alimentent le ressentiment d'une partie de la population et la montée des populistes[10].

Kaufmann juge également que l'« esprit civique britannique » est trop fade pour lier ensemble les différentes communautés qui habitent au Royaume Uni[11].

Kaufmann s'oppose dans son livre à ce qu'il appelle l'« idéologie anti-blanc de la gauche culturelle »[12].

Critiques

À sa sortie, The Times a fait de Whiteshift le « livre de la semaine » mais avec une critique sceptique rédigée par David Aaronovitch [13] qui a qualifié l'ouvrage de « livre controversé sur un sujet controversé[14]. Le journal Publishers Weekly a déclaré que le livre était « susceptible de faire sensation »[15] et le Financial Times l'a classé comme l'un des « meilleurs livres de 2018 » dans le genre politique[16]. Le New Yorker a écrit que Kaufmann et Whiteshift défendaient des politiques identitaires blanches[17]. Selon Marc-André Sabourin, journaliste pour L'actualité, taxer Eric Kaufmann de racisme serait mal comprendre les nuances de cet auteur né à Hong Kong[10].

Réagissant au livre, Kenan Malik déclare que l'identité blanche n'a pas de sens et que la vraie dignité se trouve dans les espoirs partagés[18].

Le livre a été salué par des intellectuels comme Andrew Sullivan et Tyler Cowen[12].

Le National review qualifie le livre de tentaculaire, affirmant qu'il donne des clefs pour comprendre l'ascension de Donald Trump. Kaufmann soutient qu'un attachement à l'identité blanche et à la composition ethnique actuelle du pays n'est pas nécessairement raciste. Contrairement aux héritiers de la science raciale du XXe siècle, Kaufmann considère la blancheur non pas comme une réalité biologique immuable, mais comme une sorte de norme sociale. La principale affirmation de Kaufmann est qu'il existe un lien de cause à effet entre le déclin continu de cette part de la population - une tendance qui, selon les projections démographiques, économiques et écologiques, va non seulement se poursuivre mais s'accélérer - et la montée de la droite populiste[19].

Michèle Tribalat se déclare en partie d’accord avec le diagnostic d’Éric Kaufmann, réserve faite de sa grille d’analyse raciale et du caractère systématique de son analyse dans l’ensemble des pays occidentaux[20].

The Times insiste sur l'une des proposition d’Éric Kaufmann, expliquant que le métissage et les mariages interraciaux sont l'avenir[21]. L'une des grandes vertus du livre de Kaufmann est qu'il ne s'agit pas d'une autre tragédie alarmiste au sujet du "Londonistan" ou d'une "Eurabie " musulmane[22].

Notes et références

  1. Isaac Chotiner, « A Political Scientist Defends White Identity Politics », The New Yorker,
  2. « Two new books explain the Brexit revolt », The Economist,
  3. « MercatorNet: ‘Whiteshift’: immigration and its backlash », sur MercatorNet (consulté le )
  4. Park MacDougald, « A Different Way to Think About White Identity Politics », New York magazine,
  5. Zack Beauchamp, « The Virtue of Nationalism and Whiteshift: Books that explain Trump », Vox,
  6. « La crise des gilets jaunes va durer cent ans », sur LExpress.fr, (consulté le )
  7. Theodore Kupfer, « Whiteshift: Identity Politics in an Era of Demographic Change », National Review,
  8. 8,0 8,1 et 8,2 Thomas Mahler, « Le rejet de l'immigration est la clé pour comprendre le Brexit », sur Le Point, (consulté le )
  9. (en) « Michael Burleigh - Majority Report », sur Literary Review (consulté le )
  10. 10,0 10,1 10,2 et 10,3 Marc-André Sabourin, « Le problème des Blancs », sur L’actualité (consulté le )
  11. (en) Review by David Goodhart, « Review: Whiteshift: Populism, Immigration and the Future of White Majorities by Eric Kaufmann — the future of mixed-race Britain », The Times,‎ (ISSN 0140-0460, lire en ligne, consulté le )
  12. 12,0 et 12,1 (en) Isaac Chotiner, « A Political Scientist Defends White Identity Politics », New Yorker,‎ (ISSN 0028-792X, lire en ligne, consulté le )
  13. David Aaronovitch, « Review: Whiteshift: Populism, Immigration and the Future of White Majorities by Eric Kaufmann — are white people really in decline? », The Times,
  14. Jasper Hamill, « Will racist white people 'exit into a 1950s-style simulation' to avoid growing diversity in the West? », Metro,
  15. « Whiteshift: the turbulent journey from a world of racially homogeneous white majorities to one of racially hybrid majorities », Abrams Books
  16. Gideon Rachman, « Best books of 2018: Politics », Financial Times,
  17. Isaac Chotiner, « A Political Scientist Defends White Identity Politics », The New Yorker,
  18. (en-GB) Kenan Malik, « White identity is meaningless. Real dignity is found in shared hopes | Kenan Malik », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  19. (en-US) « Whiteshift: Identity Politics in an Era of Demographic Change », sur National Review, (consulté le )
  20. « LE COMBAT », sur Michèle Tribalat (consulté le )
  21. (en) Review by David Goodhart, « Review: Whiteshift: Populism, Immigration and the Future of White Majorities by Eric Kaufmann — the future of mixed-race Britain », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant (ISSN 0140-0460, lire en ligne, consulté le )
  22. (en) « Michael Burleigh - Majority Report », sur Literary Review (consulté le )

Liens externes

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