Éric Audemard d'Alançon (1906-2001)

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Éric Audemard d'Alançon
Naissance
Alger
Décès (à 94 ans)
Paris
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Colonel
Commandement 13e régiment de dragons parachutistes (1954-1956)
Conflits Seconde Guerre mondiale ; Guerre d'Algérie
Distinctions Officier de la Légion d'honneur ; Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Famille Famille Audemard d'Alançon

Jean Louis Éric Audemard d'Alançon, né le 28 décembre 1906 à Alger et mort le 6 janvier 2001 dans le 7e arrondissement de Paris[1], est un officier français de cavalerie, parvenu au grade de colonel[2]. Proche de Pierre Dunoyer de Segonzac, il participe en 1940 à la création de l'École nationale des cadres de la jeunesse, dont il est l'un des principaux cadres à ses débuts. Il commande ensuite le 13e régiment de dragons parachutistes de 1954 à 1956 et dirige son déploiement en Algérie en 1955[3].

Biographie

Origines familiales

Éric Audemard d'Alançon est le fils de Marcel Éric Audemard d'Alançon (1874-1917), officier d'état-major et chef de cabinet du général Nivelle pendant la Première Guerre mondiale, et d'Hélène Saski[4]. Il appartient à une famille où plusieurs générations suivent la carrière des armes : son grand-père paternel, Frédéric Audemard d'Alançon, termine sa carrière comme contrôleur général des armées, tandis que son grand-père maternel, Charles Saski, est officier général. Ses frères Robert et Marcel deviennent également officiers.

Il devient officier de cavalerie. En 1940, au moment où il rejoint le projet qui donnera naissance à l'école d'Uriage, il a le grade de capitaine[5].

École des cadres d'Uriage

Après la défaite française de 1940, Pierre Dunoyer de Segonzac reçoit la mission de mettre sur pied une école destinée à former des cadres de jeunesse. Éric Audemard d'Alançon est lui aussi appelé à Vichy par le commandant de La Chapelle pour participer au projet. John Hellman le présente comme le principal adjoint de Dunoyer dans cette phase initiale et comme l'un de ses proches amis[6]. Le musée de la Libération de Paris mentionne de même Audemard d'Alançon et l'abbé René de Naurois parmi les collaborateurs qui aident Dunoyer à créer l'établissement[5].

L'école est d'abord installée, le 12 août 1940, au château de la Fauconnière, près de Gannat[5]. Elle appartient alors aux institutions de jeunesse du régime de Vichy. Le maréchal Philippe Pétain visite la Fauconnière le 20 octobre 1940, lors du baptême d'une promotion portant son nom[5]. À la fin du mois, Dunoyer de Segonzac confie à Audemard d'Alançon la recherche d'un nouveau site dans les Alpes ; le choix se porte sur le château Bayard, à Saint-Martin-d'Uriage[7]. L'école y est transférée en novembre[5]. Cette insertion initiale dans l'appareil de Vichy n'épuise toutefois pas l'histoire de l'école : l'historien Denis Pelletier, rendant compte des travaux de Bernard Comte et de John Hellman, souligne la prise de distance progressive d'Uriage à l'égard du régime, tout en rappelant l'attachement durable de Dunoyer de Segonzac à la personne de Pétain et aux idéaux de la Révolution nationale tels qu'il les entendait en 1940[8].

Audemard d'Alançon appartient à l'équipe d'instructeurs et participe à la formation morale donnée aux stagiaires. Hellman décrit notamment les veillées d'ouverture des stages : après la présentation de l'école par Dunoyer de Segonzac, d'Alançon lit un texte de Charles Péguy sur le travail bien fait, dans un cérémonial mêlant chants, lectures et silences[9]. Sa place dans la direction quotidienne diminue ensuite, tandis qu'Hubert Beuve-Méry prend davantage d'importance auprès de Dunoyer de Segonzac[9].

Audemard d'Alançon reste néanmoins lié au milieu d'Uriage après la période de fonctionnement officiel de l'école. Au moment où une partie de ses anciens cadres envisage de transformer leur communauté en un « ordre », il défend une organisation explicitement religieuse et refuse d'adhérer à une formule qui ne le serait pas[10].

Carrière militaire après Uriage

Les sources publiées documentent peu les affectations d'Éric Audemard d'Alançon entre son éloignement d'Uriage et 1954. Les archives photographiques du ministère des Armées permettent toutefois de distinguer son parcours de celui de son frère Robert. Elles identifient explicitement Robert Audemard d'Alançon comme capitaine et officier du renseignement du 12e régiment de cuirassiers de la 2e division blindée pendant la campagne d'Alsace en décembre 1944[11]. Elles l'identifient également, et non Éric, comme le colonel d'Alançon commandant le 1er régiment de chasseurs à cheval à Hanoï en mai 1954[12]. Ces deux fonctions concernent donc Robert et non Éric.

Commandement du 13e régiment de dragons parachutistes

En 1954, Éric Audemard d'Alançon succède au colonel Roland à la tête du 13e régiment de dragons parachutistes, transformé en unité parachutiste deux ans auparavant et alors stationné à Castres. Il en conserve le commandement jusqu'en 1956[3].

Le 7 septembre 1955, au début de la guerre d'Algérie, le régiment reçoit l'ordre de rejoindre l'Algérie. Son organisation est adaptée à des missions de reconnaissance : les chars Pershing et AMX restent à Castres et l'unité reçoit des automitrailleuses, des jeeps et des véhicules de transport[3]. Regroupé à Maison-Blanche à la fin du mois, le 13e RDP est placé à la disposition de la 27e division d'infanterie alpine et envoyé en Kabylie. Son poste de commandement s'installe à Palestro, d'où le régiment mène des missions de reconnaissance, d'escorte, de patrouille et de surveillance[3].

L'ordre de bataille du 15 septembre 1955 donne Audemard d'Alançon, alors lieutenant-colonel, comme chef de corps, avec le lieutenant-colonel Pallu comme commandant en second. Le 1er juin 1956, Pallu lui succède à la tête du régiment[3].

Vie familiale et dernières années

Éric Audemard d'Alançon épouse le 29 juillet 1931, à Saint-Germain-en-Laye, Jacqueline Razsovich (1911-1936), dont il a quatre enfants. Après la mort de celle-ci, il se remarie le 18 février 1941 à Saint-Martin-d'Uriage avec sa sœur, Gisèle Razsovich (1919-2017)[4]. Les généalogies familiales recensent au total dix-sept enfants issus de ses deux mariages[13].

Parmi ses enfants figurent Alain Jacques Éric Audemard d'Alançon, devenu général de brigade[14], et la journaliste Véronique Mourousi, née Audemard d'Alançon[15].

Éric Audemard d'Alançon meurt le 6 janvier 2001 dans le 7e arrondissement de Paris, à l'âge de 94 ans[1].

Distinctions

Les distinctions attestées par la nécrologie de l'Association des honneurs héréditaires comprennent[2] :

  • Officier de la Légion d'honneur Officier de la Légion d'honneur ;
  • Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs.

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 « Décès de Jean Louis Eric Audemard d'Alançon », fichier des personnes décédées de l'INSEE.
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Nécrologe depuis 1967 », Association des honneurs héréditaires, entrée « Éric Audemard d'Alançon ».
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 Pierre Dufour, Le 13, dragons de l'Impératrice : dragons parachutistes, Paris, Éditions du Fer à marquer, , 192 p. (ISBN 9782907671088), p. 107-110 
  4. ↑ 4,0 et 4,1 « Éric Audemard d'Alançon », Geneanet, arbre généalogique de Jean Hervé Favre, données notamment issues du Bottin mondain.
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 et 5,4 « Georges Lamirand et Philippe Pétain passant en revue les stagiaires de l'École nationale des cadres de la jeunesse au château de la Fauconnière », Paris Musées, Musée de la Libération de Paris - musée du Général Leclerc - musée Jean Moulin.
  6. ↑ (en) John Hellman, The Knight-Monks of Vichy France : Uriage, 1940-1945, Montréal et Kingston, McGill-Queen's University Press, , p. 20-21 
  7. ↑ Antoine Delestre, Uriage : une communauté et une école dans la tourmente, 1940-1945, Nancy, Presses universitaires de Nancy, (ISBN 2-86480-354-2), p. 31 
  8. ↑ Denis Pelletier, « Discussion sur Uriage », compte rendu de Bernard Comte, Une utopie combattante. L'École des cadres d'Uriage 1940-1942, et John Hellman, The Knight-Monks of Vichy France. Uriage 1940-45, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 45, janvier-mars 1995, p. 155-157, en ligne sur Persée.
  9. ↑ 9,0 et 9,1 (en) John Hellman, The Knight-Monks of Vichy France : Uriage, 1940-1945, Montréal et Kingston, McGill-Queen's University Press, , p. 84-85 
  10. ↑ (en) John Hellman, The Knight-Monks of Vichy France : Uriage, 1940-1945, Montréal et Kingston, McGill-Queen's University Press, , p. 194-196 
  11. ↑ « Le capitaine Robert d'Alançon, officier du renseignement [... étudie une carte sur le half-track radio baptisé Le Centaure »], ImagesDéfense, ministère des Armées, décembre 1944.
  12. ↑ « Le colonel d'Alançon, commandant le 1er RCC, et le général Cogny [... »], ImagesDéfense, ministère des Armées, 9 mai 1954 ; la notice identifie l'officier comme Robert Audemard d'Alançon.
  13. ↑ « Éric Audemard d'Alançon », Geneanet, base collaborative Pierfit.
  14. ↑ « Décret du 25 avril 1990 portant promotion et nomination dans l'ordre national du Mérite », Journal officiel de la République française, 2 mai 1990.
  15. ↑ « Généalogie de Véronique Mourousi », Geneastar.

Bibliographie

  • Bernard Comte, Une utopie combattante : L'École des cadres d'Uriage (1940-1942), Paris, Fayard, , 639 p. (ISBN 9782213027883) 
  • Antoine Delestre, Uriage : une communauté et une école dans la tourmente, 1940-1945, Nancy, Presses universitaires de Nancy, , 333 p. (ISBN 2-86480-354-2) 
  • Pierre Dunoyer de Segonzac, Le vieux chef : mémoires et pages choisies, Paris, Éditions du Seuil,  
  • (en) John Hellman, The Knight-Monks of Vichy France : Uriage, 1940-1945, Montréal et Kingston, McGill-Queen's University Press,  
  • Pierre Dufour, Le 13, dragons de l'Impératrice : dragons parachutistes, Paris, Éditions du Fer à marquer, , 192 p. (ISBN 9782907671088) 
  • Mark Bruschi, 13e RDP, combats en Algérie : de la Kabylie au Constantinois, 1955-1962 : histoire, uniformes, insignes, équipements, Bayeux, Heimdal, , 207 p. (ISBN 9782840482932) 

Article publié sur Wikimonde Plus

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