Alice Develey
| Alice Develey | |
Alice Develey en 2024. | |
| Naissance | Villefranche-sur-Saône |
|---|---|
| Nationalité | Française |
| Profession | Journaliste |
| Spécialité | Littérature ; langue française |
| Autres activités | Écrivaine |
| Années d'activité | Depuis 2016 |
| Historique | |
| Presse écrite | Le Figaro ; Le Figaro littéraire |
| Radio | Le Moment des livres (2023-2025) ; Le Masque et la Plume (depuis 2025) |
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Alice Develey, née le 21 octobre 1992 à Villefranche-sur-Saône, est une journaliste et écrivaine française[1]. Journaliste au Figaro littéraire, elle a créé en 2016 la rubrique « La langue française » sur le site du Figaro, consacrée aux usages, à l'histoire des mots et aux questions de langue[2].
Après un ouvrage sur l'évolution du sens des mots cosigné avec le lexicologue Jean Pruvost en 2020, elle publie en 2024 son premier roman, Tombée du ciel, inspiré de son adolescence marquée par l'anorexie mentale et l'hospitalisation. Le livre reçoit notamment le prix Première Plume en 2024, puis le prix Jean-Jacques-Rousseau de l'autobiographie et le prix François-Mauriac de l'Académie française en 2025[3],[4],[5]. En 2025, elle prolonge son travail autour de la santé mentale avec Omerta, une enquête mêlant son histoire personnelle à plusieurs témoignages[6].
Biographie
Jeunesse et formation
Alice Develey naît le 21 octobre 1992 à Villefranche-sur-Saône[1]. À l'adolescence, elle souffre d'anorexie mentale. Elle raconte avoir été hospitalisée à quatorze ans, en 2007, et avoir passé un an et demi dans un service hospitalier avant de connaître, au cours des deux années suivantes, plusieurs retours entre le lycée et l'hôpital[1],[7]. Elle présente la lecture comme l'un des refuges trouvés durant cette période : la bibliothèque de l'hôpital lui permet de découvrir ou de retrouver des auteurs qui l'accompagnent pendant son hospitalisation. Elle achève ensuite sa scolarité secondaire en internat, obtient le baccalauréat puis entre en classe préparatoire[1].
Elle envisage d'abord des études de médecine, avant de s'orienter vers la littérature puis vers le journalisme au cours de ses études[8]. Elle relie rétrospectivement cette orientation à la place prise par les livres pendant sa maladie, mais aussi à la possibilité de reconstruire une vie sociale et professionnelle après plusieurs années dominées par les soins[1].
Carrière au Figaro
Alice Develey collabore au Figaro à partir de 2016. Elle y crée sur le site du quotidien la rubrique « La langue française », consacrée notamment à l'étymologie, aux changements de sens, au vocabulaire, à la grammaire et aux usages contemporains[2]. Elle rejoint ensuite le Figaro littéraire, où son activité porte sur l'actualité éditoriale, les écrivains, les prix littéraires et les débats liés à la langue[2].
Cette spécialisation linguistique la conduit également à participer au dispositif public d'enrichissement de la langue française. En 2021, elle succède au journaliste Yvan Amar à la présidence du collège d'experts « Culture et médias », rattaché au dispositif animé par le ministère de la Culture[9]. Ce collège est chargé de proposer à la Commission d'enrichissement de la langue française, pour les domaines de la culture et des médias, des équivalents français à des termes et expressions empruntés à d'autres langues. Un rapport d'activité du ministère la mentionne encore comme présidente en 2023[10]. Bertrand de Saint Vincent lui succède à la tête de ce collège en 2024[11].
De 2023 à 2025, elle anime par ailleurs pour Le Figaro le podcast hebdomadaire Le Moment des livres. L'émission alterne entretiens avec des écrivains et épisodes consacrés à des œuvres classiques ou à des figures de l'histoire littéraire[12]. À partir d’août 2025, elle participe également aux débats littéraires du Masque et la Plume, sur France Inter, en tant que critique[13],[14].
Œuvre
Écriture sur la langue
En 2020, Alice Develey cosigne avec le lexicologue Jean Pruvost Les mots qui ont totalement changé de sens : un mou énervé !, publié par Le Figaro Éditions. Conçu comme un lexique historique, l'ouvrage retrace les transformations sémantiques de mots courants dont l'acception moderne s'est éloignée de l'usage ancien. Parmi les exemples étudiés figure « énerver », autrefois lié à l'idée de priver de nerfs ou d'affaiblir avant de prendre son sens moderne lié à l'irritation[15]. Le livre prolonge sous forme imprimée le travail de vulgarisation linguistique qu'elle mène dans sa rubrique du Figaro.
Tombée du ciel
Alice Develey entreprend en 2022 d'écrire sur son expérience de l'anorexie et de l'hospitalisation[1]. Après avoir tenté de restituer cette période sous la forme d'un témoignage, elle choisit la fiction, qui lui permet, selon ses explications, de prendre de la distance avec les faits. Une première version est écrite à la troisième personne avant d'être remaniée à la première personne à la demande de l'un de ses éditeurs[7]. Elle précise avoir modifié des noms, des situations et la chronologie : le livre s'appuie sur son vécu sans prétendre en constituer une transcription documentaire[1].
Publié le 22 août 2024 par L'Iconoclaste, Tombée du ciel met en scène une narratrice de quatorze ans, Alice, hospitalisée pour anorexie. Elle consigne dans un cahier son quotidien, ses relations avec les autres jeunes patientes et son expérience de l'enfermement, alors qu'elle envisage de mettre fin à ses jours. La maladie est personnifiée par « Sissi », une voix intérieure qui accompagne et tourmente la narratrice[7]. L'écriture y apparaît à la fois comme un moyen de conserver la mémoire des personnes rencontrées et comme une forme de résistance. Le roman traite également des préjugés associés à l'anorexie, de l'ambivalence de la malade envers son entourage et des rapports difficiles entre patientes, familles et soignants[16].
L'ouvrage est généralement présenté comme un roman d'inspiration autobiographique plutôt que comme un récit strictement testimonial[2],[7]. Dans En attendant Nadeau, Willy Persello souligne la maîtrise du premier roman et estime qu'il évite une lecture manichéenne de l'hospitalisation, en faisant apparaître aussi bien la souffrance et l'incompréhension des patientes que l'impuissance des soignants[16]. L'Académie française, qui lui attribue l'année suivante le prix François-Mauriac, met pour sa part en avant la densité de l'écriture et la manière dont le texte restitue les frustrations et la colère adolescentes[17].
Tombée du ciel reçoit le prix Première Plume du Furet du Nord et de Decitre en septembre 2024[3]. Le mois suivant, le prix du public de la Page 111 lui est décerné, tandis que le prix principal revient à Alice Zeniter pour Frapper l'épopée[18]. Le roman figure également dans la première sélection du prix de Flore 2024[19]. En mai 2025, il obtient le prix Jean-Jacques-Rousseau de l'autobiographie ; à cette date, plus de 6 500 exemplaires ont été vendus selon les données GfK citées par Livres Hebdo[4]. L'Académie française lui décerne ensuite son prix François-Mauriac 2025, assorti d'une médaille d'argent[5].
Omerta
En mai 2025, Alice Develey publie Omerta, seizième numéro de la collection du média littéraire Lettre Zola[6]. Le texte prend la forme d'une enquête mêlant son propre parcours à quatre témoignages. Il s'intéresse à la persistance du tabou autour des troubles psychiques, aux difficultés à mettre des mots sur l'expérience de la maladie, à l'obtention d'un diagnostic et aux parcours médicaux parfois longs ou incertains[6]. Cette publication déplace ainsi le propos du cas individuel raconté dans Tombée du ciel vers une interrogation plus large sur le langage et la prise en charge de la santé mentale.
Publications
- Avec Jean Pruvost, Les mots qui ont totalement changé de sens : un mou énervé !, Paris, Le Figaro Éditions, coll. « Mots & Cætera », 2020, (ISBN 978-2-8105-0888-4).
- Le Sang des fleurs sauvages, nouvelle, Le Figaro Magazine, 16 août 2024[20].
- Tombée du ciel, Paris, L'Iconoclaste, 2024, (ISBN 978-2-37880-453-4).
- Omerta, Lettre Zola, n° 16, mai 2025.
Distinctions
- 2024 : prix Première Plume du Furet du Nord et de Decitre pour Tombée du ciel[3].
- 2024 : prix Révélation de La Forêt des Livres pour Tombée du ciel[7].
- 2024 : prix du public de la Page 111 pour Tombée du ciel[18].
- 2025 : prix Jean-Jacques-Rousseau de l'autobiographie pour Tombée du ciel[4].
- 2025 : prix François-Mauriac de l'Académie française, médaille d'argent, pour Tombée du ciel[5].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 « « Les aliments étaient des chiffres » : Alice Develey, 31 ans, raconte son combat contre l'anorexie », sur Le Parisien, (consulté le )
- ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 « Alice Develey », sur Villa Gillet (consulté le )
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Léon Cattan, « Le prix Première plume 2024 revient à Alice Develey », sur Livres Hebdo, (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 Antoine Masset, « Alice Develey, lauréate 2025 du prix Jean-Jacques Rousseau de l'autobiographie », sur Livres Hebdo, (consulté le )
- ↑ 5,0 5,1 et 5,2 « Prix François Mauriac », sur Académie française (consulté le )
- ↑ 6,0 6,1 et 6,2 « Omerta », sur Lettre Zola, (consulté le )
- ↑ 7,0 7,1 7,2 7,3 et 7,4 Estelle Normand, « Alice Develey : « L'anorexie, c'est le chaos qui entre dans un corps mais c'est aussi un chaos qui entre dans une famille » », sur Zone Critique, (consulté le )
- ↑ « Develey Alice », sur Faites lire ! (consulté le )
- ↑ « Rapport annuel 2021 de la Commission d'enrichissement de la langue française » [PDF], sur Ministère de la Culture, (consulté le )
- ↑ « Rapport d'activité 2023 » [PDF], sur Ministère de la Culture (consulté le )
- ↑ « Rapport annuel d’activité en 2024 de la Commission d’enrichissement de la langue française » [PDF], sur Ministère de la Culture, (consulté le )
- ↑ « Le Moment des Livres », sur Apple Podcasts (consulté le )
- ↑ « Les nouveaux livres de Simon Chevrier, Sylvain Tesson, Gaël Octavia, Liz Moore, Thibault Vermot et Alex W. Inker », sur Médiathèque de Mâcon (émission de Radio France), (consulté le )
- ↑ « James Frey, Mathilde Beaussault, Jean-Christophe Rufin, Alexandra Matine, Gary Shteyngart… Que lire cette semaine ? », sur Apple Podcasts, (consulté le )
- ↑ Muriel Gilbert, « Quand « énerver » signifiait « ramollir » », sur RTL, (consulté le )
- ↑ 16,0 et 16,1 Willy Persello, « Un enfer haut comme trois pommes », sur En attendant Nadeau, (consulté le )
- ↑ « Discours sur les prix littéraires 2025 », sur Académie française, (consulté le )
- ↑ 18,0 et 18,1 Antoine Masset, « Alice Zeniter, lauréate de l'édition 2024 du prix de la Page 111 », sur Livres Hebdo, (consulté le )
- ↑ « La première sélection du prix de Flore 2024 », sur Livres Hebdo, (consulté le )
- ↑ Alice Develey, « Découvrez Le sang des fleurs sauvages, la nouvelle inédite d’Alice Develey », sur Le Figaro, (consulté le )
Article publié sur Wikimonde Plus