Bruno Jockers
| Naissance |
Abéché (Tchad) |
|---|---|
| Nationalité | française |
| Profession |
Officier général de la Gendarmerie nationale |
| Formation |
École spéciale militaire de Saint-Cyr École des officiers de la Gendarmerie nationale École de guerre |
Bruno Jockers, né le à Abéché, au Tchad, est un officier général français de la Gendarmerie nationale. Après avoir exercé plusieurs commandements territoriaux et dirigé les gendarmes français déployés en Afghanistan, il est major général de la Gendarmerie nationale de 2019 à 2022, puis inspecteur général des armées – Gendarmerie de 2023 à 2024, avec rang et appellation de général d'armée.
Biographie
Formation et premiers commandements
Bruno Jockers intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1984, au sein de la promotion Général Monclar (1984-1987), puis poursuit sa formation à l'École des officiers de la Gendarmerie nationale, à Melun, en 1987-1988. Il est également breveté de l'École de guerre[1],[2].
En 1988, il reçoit son premier commandement à la tête d'un peloton de l'escadron de gendarmerie mobile 3/18 de Sélestat. Il revient à Saint-Cyr comme instructeur de 1991 à 1994, avant de commander la compagnie de gendarmerie départementale de Caen. Sa carrière se poursuit en administration centrale : il est notamment aide de camp du ministre de la Défense, puis exerce à la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN) des fonctions liées à la gestion et à la mobilité des officiers[3].
Promu colonel à la fin de 2005, il prend en 2006 le commandement du groupement de gendarmerie départementale du Bas-Rhin. Il regagne ensuite la DGGN, où il devient chef du bureau du personnel officier, puis adjoint au directeur des personnels militaires[4],[3].
Engagement en Afghanistan et commandements régionaux
De 2011 à 2012, Bruno Jockers commande les forces de gendarmerie françaises déployées en Afghanistan, où les unités placées sous son autorité sont engagées dans plusieurs combats. Cette mission lui vaut une citation avec attribution de la croix de la Valeur militaire[2],[3].
Nommé général de brigade en 2013, il commande la région de gendarmerie de Champagne-Ardenne et le groupement de gendarmerie départementale de la Marne. En août 2015, il rejoint de nouveau la direction générale comme chef de cabinet du directeur général Denis Favier, fonction qu'il conserve auprès de son successeur Richard Lizurey. Il est promu général de division en décembre 2015[3],[5],[6].
Élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée en août 2017, il prend, le 1er octobre suivant, le commandement de la région de gendarmerie du Grand Est et celui de la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Est, dont l'état-major est installé à Metz[7]. À ce poste, il défend le renforcement des contacts entre les gendarmes, la population et les élus locaux, estimant que les tâches administratives et la recherche de résultats statistiques prennent trop de place dans l'activité des unités. Il souligne toutefois les limites financières d'une éventuelle réouverture des brigades rurales fermées les années précédentes[8].
Major général de la Gendarmerie nationale
En novembre 2019, Bruno Jockers succède à Christian Rodriguez comme major général de la Gendarmerie nationale, deuxième responsable de l'institution, tandis que son prédécesseur en prend la direction générale. Il seconde dès lors le directeur général dans le pilotage de la Gendarmerie nationale, après avoir alterné des fonctions opérationnelles et des responsabilités en état-major, notamment dans la gestion des personnels[3],[9].
Il quitte ces fonctions à la fin de 2022, lorsqu'il est appelé à l'Inspection générale des armées.
Inspecteur général des armées et fin de carrière
Par décret du 22 décembre 2022, Bruno Jockers est nommé inspecteur général des armées – Gendarmerie à compter du , en remplacement du général d'armée François Gieré. Il est élevé à la même date aux rang et appellation de général d'armée. Placé directement auprès du ministre des Armées, l'inspecteur général conduit des missions d'inspection, d'étude et d'enquête ; il peut également être saisi par les militaires et remplit une fonction de médiation[10],[11].
Au printemps 2024, il participe, avec les inspectrices générales Monique Legrand-Larroche et Sylvie Pérez, à une enquête demandée par le ministère des Armées sur les violences sexuelles et sexistes au sein de l'institution militaire, à la suite de témoignages de victimes publiés dans la presse. Rendu public en juin, leur rapport relève notamment la difficulté à signaler ces violences, les disparités de sanctions et les insuffisances dans l'accompagnement des victimes. Il formule cinquante recommandations portant sur la prévention, la transparence, la réponse disciplinaire et la prise en charge des victimes. Bruno Jockers présente les conclusions de la mission lors d'une audition au Sénat le 9 juillet 2024 ; une instruction ministérielle adoptée le 28 juin reprend les recommandations du rapport[12],[13].
Bruno Jockers quitte l'inspection générale le 30 novembre 2024 et est admis dans la deuxième section des officiers généraux le . Le général d'armée Samuel Dubuis lui succède. Une cérémonie d'adieu aux armes se tient le 10 décembre suivant au ministère des Armées, à l'issue d'une carrière militaire de quarante ans[14],[15].
Décorations
Commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur (2021), après avoir été nommé officier en 2015 et chevalier en 2005[16],[17].
Grand officier de l'ordre national du Mérite (2023), après avoir été commandeur en 2018, officier en 2012 et chevalier en 2000[18],[19],[20].- Croix de la Valeur militaire, avec citation, pour son commandement en Afghanistan[3].
- Croix du combattant[3].
- Médaille de la Gendarmerie nationale, décernée en 2023[21].
- Médaille de la Défense nationale, échelon or[3].
- Médaille de la sécurité intérieure :
Notes et références
- ↑ « Composition de la promotion », sur Site de la promotion Général Monclar (1984-1987)
- ↑ 2,0 et 2,1 « Le major général Bruno Jockers, nommé inspecteur général des armées-Gendarmerie », sur Gendinfo,
- ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 3,6 et 3,7 « Le général Bruno Jockers nommé major général », La Voix du Gendarme, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 16 décembre 2005 portant nomination et promotion dans l'armée active », sur Légifrance,
- ↑ « Décret du 16 juin 2015 portant affectations d'officiers généraux », sur Légifrance,
- ↑ « Décret du 18 juin 2015 portant promotions, nominations et affectations dans la 1re et 2e section des officiers généraux », sur Légifrance,
- ↑ « Décret du 12 juillet 2017 portant élévation, promotions, nominations et affectations dans la 1re et la 2e section des officiers généraux », sur Légifrance,
- ↑ Thierry Fedrigo, « Gendarmerie : « Je n’ai qu’une seule priorité, le contact avec la population » », L'Est Républicain, (lire en ligne)
- ↑ « Le général de corps d'armée Bruno Jockers nommé major général de la Gendarmerie », sur Gendinfo,
- ↑ « Décret du 22 décembre 2022 portant nomination d'un officier général », sur Légifrance,
- ↑ « Prise de fonctions du nouvel IGAG, le général d'armée Samuel Dubuis », sur Gendinfo,
- ↑ « Audition de Monique Legrand-Larroche, Bruno Jockers et Sylvie Perez, inspecteurs généraux des armées », sur Sénat,
- ↑ Camille Gasnier, « Violences sexistes et sexuelles dans l'armée : « 48 % des auteurs sont des hommes militaires du rang, alors qu'ils représentent 28 % de l'effectif » », Public Sénat, (lire en ligne)
- ↑ « Prise de fonctions du nouvel IGAG, le général d'armée Samuel Dubuis », sur Gendinfo,
- ↑
- ↑ Décret du 7 juillet 2021 portant promotion dans l'ordre national de la Légion d'honneur en faveur des militaires appartenant à l'armée active
- ↑ Décret du 25 juin 2015 portant promotion et nomination
- ↑ Décret du 1er juin 2023 portant élévation dans l'ordre national du Mérite en faveur des militaires appartenant à l'armée active
- ↑ Décret du 30 octobre 2018 portant promotion et nomination en faveur des militaires appartenant à l'armée active
- ↑ Décret du 8 novembre 2012 portant promotion et nomination
- ↑ Pierre-Marie Giraud, « Quelque 600 gendarmes réservistes et d'active décorés », L'Essor de la Gendarmerie nationale, (lire en ligne)
- ↑ « Arrêté du 30 juillet 2015 portant attribution de la médaille de la sécurité intérieure, article 6 (NOR INTK1518701A) » [PDF], sur Bulletin officiel du ministère de l'Intérieur,
- ↑ « Arrêté du 8 décembre 2019 portant attribution de la médaille de la sécurité intérieure (NOR INTK1934442A) » [PDF], sur Bulletin officiel du ministère de l'Intérieur,
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