Continents et pays d'Amos Daragon

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Les continents et pays d’Amos Daragon constituent le cadre géographique et cosmologique de la série de romans de fantasy de Bryan Perro. La série principale compte douze tomes publiés au Québec de 2003 à 2006 ; elle a ensuite été complétée par des ouvrages consacrés à son univers, notamment Al-Qatrum, les territoires de l’ombre (2004) et Le Guide du porteur de masques (2008), puis prolongée par la trilogie Le Sanctuaire des Braves en 2011-2012[1],[2],[3].

Le monde fictionnel mêle des sociétés d’inspiration médiévale à des mythes et légendes empruntés à plusieurs traditions. Bryan Perro a notamment puisé dans les mythologies grecque, romaine et scandinave ainsi que dans les contes et traditions orales, en les réunissant dans un même univers plutôt qu’en reproduisant une mythologie unique[4]. Sa géographie obéit en outre à la logique des quatre éléments : le dernier tome révèle quatre continents, chacun associé à un élément et à un porteur de masques[5].

Organisation du monde

Dans La Fin des dieux, la structure du monde est explicitée autour de quatre continents élémentaires. Chacun possède son propre porteur de masques : Amos pour la Terre, Éoraki pour le Feu, Fana pour l’Eau et Tserle pour l’Air. Les trois continents autres que celui d’Amos ne sont décrits en détail qu’à la fin du cycle ; les onze premiers romans se déroulent principalement sur le continent terrestre[5].

Continent Élément Porteur de masques Principales caractéristiques
Continent de la Terre Terre Amos Daragon Principal cadre de la série : royaumes chevaleresques, terres vikings, déserts, montagnes, mers intérieures et nombreux peuples.
Continent de l’Eau Eau Fana Ujé Hiss Ensemble en grande partie formé d’îles, de marais, de glaces et de zones de vapeur ; ses habitants entretiennent un lien étroit avec la faune marine.
Continent du Feu Feu Éoraki Kooc Monde volcanique marqué par la lave, les reptiles et des sociétés adaptées à un environnement brûlant.
Continent de l’Air Air Tserle Monde associé à l’altitude, aux montagnes et au vol ; les guerrières de Tserle montent des chevaux ailés.

L’éther constitue un cinquième élément dans la logique des masques, mais pas un cinquième continent. Dans Le Masque de l’éther, Amos quitte la dimension physique pour accéder au monde spirituel, où il doit trouver l’élément permettant d’unifier les pouvoirs des masques[6].

Continent de la Terre

Le continent terrestre est de loin le mieux documenté. Il réunit l’essentiel des lieux parcourus au cours des onze premiers tomes et sert de point de comparaison lorsque les autres porteurs de masques apparaissent. Le regard de Fana, venue du continent aquatique, souligne d’ailleurs l’importance que les sociétés terrestres accordent aux métaux, aux pierres précieuses, aux armures et au travail des matières minérales[5].

Les Quinze Royaumes

Les Quinze Royaumes forment le principal ensemble politique chevaleresque du continent. Leur histoire est traversée par les rivalités entre les chevaliers de la lumière, les chevaliers de l’équilibre et les armées rassemblées lors de la Grande Croisade. Plusieurs royaumes ne sont que brièvement évoqués, tandis que Bratel-la-Grande, Berrion et Grands-Vallons jouent un rôle plus important dans l’intrigue[7],[8].

Bratel-la-Grande

Bratel-la-Grande est une cité fortifiée bâtie au milieu d’une plaine cultivée et entourée de forêts. Elle est surtout connue comme siège des chevaliers de la lumière. Yaune le Purificateur y exerce d’abord son autorité avant que Barthélémy ne s’impose à la tête de cet ordre. La ville est protégée par de hautes murailles et de lourdes portes à herse ; sa fonction militaire et politique est plus importante dans le récit que les quelques auberges et quartiers qui y sont nommés.

Les environs de Bratel-la-Grande abritent aussi la demeure retirée d’Évan Bromanson, père de Béorf Bromanson. Sa bibliothèque sert de lien entre le récit principal et Al-Qatrum, les territoires de l’ombre, ouvrage présenté dans l’univers comme le traité du professeur Virak Ak Al-Qatrum consacré aux peuples et créatures du continent[2].

Berrion

Berrion devient l’un des centres politiques majeurs de la série. La ville est ravagée au début du cycle, puis retrouve une importance croissante autour de Junos, qui y constitue les chevaliers de l’équilibre. Après la Grande Croisade, Junos accède à la direction des Quinze Royaumes et Berrion devient le cœur de son pouvoir[9],[8].

La ville reste importante dans la trilogie romanesque Le Sanctuaire des Braves. Le troisième volume y situe notamment une crise politique, la « Révolution des Justes », que Junos tente de contenir pendant que les compagnons d’Amos sont confrontés au désordre des Enfers[10].

Grands-Vallons et autres royaumes

Grands-Vallons est associé à Gamon « le Hardi » Stark, l’un des seigneurs des Quinze. D’autres royaumes sont surtout connus par un dirigeant, une production ou leur situation géographique : Lavanière est gouverné par Hubert Diagol ; Myon se trouve à la lisière des contrées vikings et est réputé pour ses artisans ainsi que pour un fromage affiné dans le foin ; Tom-Sur-Mer est un royaume côtier proche du territoire des faunes et commerce notamment avec Delatawan. Les royaumes de Lys-Sur-Rives, Olilie et Kergozou sont moins développés dans le récit. Les seigneurs de Kergozou sont mentionnés parmi les bienfaiteurs de l’abbaye de Portbo[3].

À l’ouest se trouve l’île d’Izanbred, où est établie l’abbaye de Portbo. Cette île, parfois rattachée politiquement à l’ensemble des Quinze, est marquée par la présence de démons et par l’influence de Yaune le Purificateur[3].

Royaumes vikings et terres béorites

Au nord du continent s’étendent trois royaumes vikings. Cette région prend une place centrale dans Le Crépuscule des dieux puis dans La Malédiction de Freyja, qui développe les liens entre les Vikings, les Béorites et la mythologie scandinave[11].

  • Le royaume d’Harald aux Dents bleues est gouverné par Harald aux Dents bleues. Sa capitale, Gonnor, se trouve au sud du mont Ramusberget. Il comprend notamment Upsgran, village des Béorites, et l’île de Burgman.
  • Le royaume d’Ourm le Serpent rouge s’étend vers l’est. Volfstan est installé près du delta du Volf et dirigé par Nérée Goule ; Krakov constitue la principale ville viking orientale.
  • Le royaume de Wassali de la Terre verte a pour capitale Wassolia. Le village de Stuberg appartient à ce territoire.

Upsgran

Upsgran est la principale communauté béorite décrite dans les romans. Ses habitants, êtres mi-hommes mi-ours, vivent dans des maisons de bois couvertes de gazon et décorées de motifs liés aux monstres marins et aux démons. Le village est le lieu de naissance d’Évan et Hanna Bromanson, les parents de Béorf, et la famille Bromanson y occupe traditionnellement une place de premier plan[9].

Le quatrième tome fait d’Upsgran le point de départ d’une expédition vers l’île de Freyja. La malédiction qui frappe les Béorites pousse Béorf et ses compagnons à rechercher la déesse ; cette traversée élargit la géographie connue au-delà des côtes vikings et introduit les Luricans[12].

Royaume d’Omain et Grenime

Le royaume d’Omain se situe dans une région montagneuse. Grenime, ville natale d’Amos, occupe une vallée entourée de sommets enneigés et traversée par une rivière. Au début de la série, la cité est dominée par le seigneur Édonf, dont l’autoritarisme constitue l’un des premiers conflits auxquels Amos est confronté[7].

La baie des Cavernes se trouve sur le même territoire. L’érosion y a creusé grottes, bassins et formations rocheuses ; c’est là que se trouve la Porte de l’Eau, l’un des lieux associés à la quête des masques. Le royaume d’Omain ne doit pas être confondu avec le continent aquatique : il appartient au continent de la Terre malgré le rôle qu’y joue l’élément eau.

Bois de Tarkasis

Le bois de Tarkasis est le domaine de Gwenfadrille, reine des fées. C’est dans cette forêt qu’Amos reçoit son premier masque et apprend qu’il a été choisi comme porteur de masques, ce qui en fait l’un des lieux fondateurs de la série[7]. La forêt possède ses propres espaces enchantés, dont la clairière des Campanules, couverte de « Clochettes de la mort », fleurs auxquelles le récit attribue un pouvoir de guérison.

Tarkasis redevient un enjeu majeur dans La Grande Croisade, lorsque l’expansion militaire de Barthélémy menace les fées et les autres peuples du continent. L’intrigue montre alors que le bois n’est pas seulement un refuge magique, mais aussi un territoire pris dans les conflits politiques des royaumes humains[8].

Royaume des eaux

Le royaume des eaux est le domaine des sirènes. Il est d’abord gouverné par Crivannia, puis par sa sœur Firinne. Malgré son nom, il s’agit d’un royaume du monde principalement exploré par Amos et non du « continent de l’Eau » associé à Fana dans le dernier tome. Cette distinction est importante, car la série emploie le vocabulaire de l’eau à la fois pour des royaumes marins du continent terrestre et pour l’un des quatre continents élémentaires.

Mahikui et Braha

Mahikui est une ancienne contrée fertile transformée en désert. Sa capitale, Braha, aurait été engloutie par une tempête de sable provoquée par les dieux ; elle devient ensuite un lieu de passage et de jugement des morts. La ville donne son titre au deuxième tome, La Clé de Braha[13].

Braha occupe ainsi une position intermédiaire entre géographie terrestre et cosmologie. Les âmes y sont conduites vers le jugement avant d’être orientées vers le paradis ou les Enfers. Le palais de justice, de plan octogonal et surmonté d’un dôme, est relié symboliquement au ciel par un escalier monumental. La ville abrite également un monastère et une guilde de voleurs dirigée par Arkillon. Les bouleversements des Enfers modifient par la suite les voies empruntées par les morts, notamment lorsque le Styx quitte son cours habituel dans Voyage aux enfers[14].

Sumérie, Dur-Sarrukin et bassin du Volf

Les contrées de Sumérie sont le principal cadre de La Tour d’El-Bab. Le récit met en scène Enmerkar, grand prêtre de Sumérie, et Aratta, roi de Dur-Sarrukin, qui unissent leurs forces autour d’un monument consacré à Enki[15]. La tour d’El-Bab reprend ainsi librement le motif de la tour de Babel, tandis que les noms d’Enki, d’Aratta et de l’Euphrate renvoient à la Mésopotamie antique.

Dur-Sarrukin est un vaste territoire traversé par l’Euphrate et soumis à Aratta. Un temple minotaure consacré aux Titans se trouve dans ses montagnes. Les catastrophes provoquées dans La Colère d’Enki déstabilisent profondément cette région et poussent une partie des habitants à l’errance[16].

Le Volf structure plusieurs territoires du nord et de l’est. Les Salines se trouvent entre sa source et son delta ; les Grissauniers y exploitent le sel. Plus loin, la mer Sombre forme une grande mer intérieure très salée. Elle abrite une cité sous-marine de gorgones et les vestiges d’un navire de guerre minotaure, tandis que la ville d’Arnakech s’élève sur ses rives. La première des plaies déclenchées par Enki empoisonne cette mer[16].

Cité de Pégase

La cité de Pégase est construite au sommet de la plus haute montagne des massifs centraux. Habitée par les Icariens, elle constitue le principal cadre du huitième tome[17]. La cité est gouvernée par Aélig lors des événements du roman.

Son organisation spatiale traduit une hiérarchie sociale. La ville impériale, au sud, accueille la majorité de la population ; la ville royale, au nord, réunit nobles et familles privilégiées ; la ville pourpre, surélevée au centre, concentre les lieux du pouvoir, notamment le palais du trône, le temple consacré à Pégase et les résidences royales. Le découpage de la ville joue un rôle dans l’intrigue en matérialisant les divisions internes de la société icarienne.

Terre des Minotaures

La Terre des Minotaures se situe dans la partie méridionale du continent. Sa population est organisée autour d’une capitale mobile formée de milliers de yourtes, ce qui la distingue des royaumes fortifiés du nord. Minho finit par occuper une place dirigeante dans cette société. Les Minotaures apparaissent dans plusieurs régions du monde et entretiennent également des sanctuaires hors de leur territoire d’origine[3].

Îles et contrées de la Toison d’or

La Toison d’or conduit les personnages dans plusieurs territoires inspirés de la mythologie grecque[18] :

  • l’île des Arkhous, dans la mer Tourmentée, est une île volcanique occupée par des harpies conduites par Anx la Noire. Elle est liée à l’alchimiste qui a divisé la Toison d’or en plusieurs parties ;
  • l’Arcadie est le territoire des centaures ;
  • la contrée d’Ixion comprend la jungle de Kouroum, peuplée de manticores, et le grand lac d’Ixion ;
  • l’île sacrée de Bimini est associée à la Fontaine de Jouvence. Sa localisation exacte n’est pas établie dans le récit avec la même précision que celle des autres territoires.

Ces lieux montrent la manière dont la série juxtapose des références d’origines diverses : l’Arcadie et Ixion renvoient directement à l’imaginaire grec, tandis que Bimini vient de traditions liées à la fontaine de Jouvence.

Hyperborée

L’Hyperborée est une région de hautes montagnes située au nord-est du continent et explorée dans la dernière partie du cycle. Elle abrite Bhogavati, cité des Nagas gouvernée par une dynastie de souverains-serpents. Le pouvoir y est associé au grand Serpent XIV, après Cobra IV et Aspic XI[6].

La région compte plusieurs temples consacrés à Seth, nommés Seth Wat, Seth Sayon, Seth Prohm, Seth Srei et Seth Preah. Ces dénominations mêlent le nom du dieu égyptien à des formes évoquant des temples d’Asie du Sud-Est, dans la logique de réemploi de traditions mythologiques diverses qui caractérise la série[4]. L’Hyperborée est aussi peuplée de Kannerezed-Noz et abrite Borth et Tywyn, géant à deux têtes[3].

Chû et autres régions

Chû désigne des contrées orientales lointaines qui ne figurent pas sur toutes les cartes utilisées par les personnages. Sartigan en est originaire et le village de Hoyanne y est mentionné. D’autres toponymes apparaissent plus brièvement : la Terre des Cent Vignobles, les Plateaux arides, Petrogrid, le pays des Dogons, la mer Centrale et la mer du Nord. Leur rôle est généralement ponctuel et ils sont moins précisément décrits que les grands royaumes ou les territoires auxquels un tome entier est consacré[3].

Le temple de Manannan Mac Lir, situé dans la Forêt des Pins Gris, est lié à un druide condamné à hanter les lieux après avoir manqué une cérémonie religieuse. Amos met fin à sa malédiction. Le château du duc Augure de Verbouc est également cité parmi les lieux singuliers du continent, mais son importance reste secondaire par rapport aux grandes étapes de la quête.

Île de Freyja

L’île de Freyja est atteinte depuis les terres vikings dans le quatrième tome. Entourée de falaises et couverte de hautes herbes, elle sert de refuge aux Luricans, qui se sont installés dans un réseau souterrain après l’arrivée d’un griffon. L’entrée de leur habitat est dissimulée dans la végétation et la lumière y est distribuée par un système de miroirs[12].

L’île est surtout importante comme domaine de la déesse Freyja, auprès de laquelle Béorf cherche la levée de la malédiction qui frappe les Béorites. Le voyage révèle aussi la technologie des Luricans, notamment la flagolfière. Dans le récit, Freyja est atteinte depuis les terres vikings et n’est pas explicitement identifiée au continent aquatique de Fana, qui n’est présenté comme tel que dans le dernier tome[11],[5].

Continent de l’Eau

Le continent de l’Eau est le domaine de Fana Ujé Hiss, porteuse de masques associée à l’élément aquatique. Il est révélé tardivement, dans La Fin des dieux. Contrairement au continent terrestre, il ne s’organise pas autour de grands royaumes longuement décrits : il est majoritairement composé d’îles, de marais, de glaces et de régions de vapeur[19],[5].

Ses habitants sont adaptés à un environnement maritime et certains peuvent communiquer mentalement avec les animaux de la mer. Fana se nourrit principalement de produits marins et porte des éléments vestimentaires issus de cet environnement. Cette caractérisation ne sert pas seulement de décor : elle oppose sa culture à celle du continent terrestre, où elle découvre une économie fondée sur la valeur des métaux et des pierres précieuses[5].

Continent du Feu

Le continent du Feu est associé à Éoraki Kooc. Le dernier tome le présente comme un monde de volcans, de reptiles et de lave, dont les habitants sont culturellement liés à l’élément qu’ils représentent[19],[5]. Éoraki lui-même supporte la chaleur et la lave d’une manière impossible pour les habitants ordinaires du continent terrestre.

Les Montagnes de feu comptent parmi les lieux nommés de ce continent. Elles sont liées au peuple d’Éoraki et à une tribu décrite comme celle des « porcs-épics ». Les informations sur les villes et frontières y sont cependant beaucoup moins abondantes que pour les royaumes d’Amos, le continent n’entrant dans le récit qu’au moment où les quatre porteurs de masques doivent se réunir.

Continent de l’Air

Le continent de l’Air est celui de Tserle. Il est caractérisé par l’altitude et le vol : Tserle reste longtemps prisonnière d’une haute montagne et les guerrières de sa société disposent de chevaux ailés, appelés « pégases » dans le roman[5].

L’une des constructions les plus remarquables est une gigantesque tour cylindrique de pierre qui s’élève depuis l’océan. Ses fondations sont immergées, de vastes portes et balcons ponctuent ses parois, et une grande hélice de moulin tourne à son sommet. Cette architecture verticale donne une forme concrète à l’association symbolique entre le continent et l’air[19],[5].

Parmi les lieux associés à cette partie du monde figurent aussi l’île Inhospitalière, peuplée de cyclopes, et le mont Hypérion, montagne enneigée liée aux Korrigans. Ces lieux restent beaucoup moins développés que les principaux territoires du continent terrestre[3].

Autres plans et espaces surnaturels

Les Enfers

Les Enfers constituent un espace distinct du monde des vivants et deviennent le cadre principal du septième tome, Voyage aux enfers. Leur géographie reprend celle de l’au-delà grec en la réorganisant en cinq fleuves et une succession de niveaux que les personnages doivent traverser[14]. Le catalogue de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec présente également le voyage d’Amos comme une traversée de l’Achéron, du Styx, du Phlégéthon et du Cocyte[20].

Fleuves

Fleuve Fonction dans l’univers
Achéron Fleuve du chagrin.
Styx Cours d’eau associé à la haine et emprunté par Charon.
Phlégéthon Rivière de flammes.
Cocyte Torrent des lamentations, lié aux âmes maudites.
Léthé Ruisseau de l’oubli.

Niveaux

Le Guide du porteur de masques répertorie les « niveaux » de cet univers parmi les éléments permettant de comprendre sa géographie fictive[3]. Les Enfers sont organisés en niveaux successifs :

Niveau Lieu ou fonction
0 Le grand hall de l’angoisse, point d’entrée.
1 Les chemins de Cerbère.
2 Le Vent noir, désert associé à Baal, où s’ouvre une porte menant au monde des vivants et gardée par Yaune.
3 Le Tartare, prison des dieux surveillée par les Érinyes.
4 L’enfer de glace, placé sous l’autorité du prince Orobas.
5 Le Marais de la colère.
6 Une forêt d’épines.
7 Le champ de ruine.
8 Le niveau où se trouvent les cataclysmes dont se servent les divinités contre le monde des vivants.
Dernier niveau La cité infernale, capitale des Enfers.

La cité infernale concentre temples démoniaques, criminels et créatures infernales. La trilogie Le Sanctuaire des Braves réutilise cet espace : Béhémoth et Léviathan y jouent un rôle, et les compagnons d’Amos y sont de nouveau confrontés au désordre des Enfers[21],[10].

Monde spirituel et Éther

Le monde de l’Éther n’est pas présenté comme un territoire ordinaire. Le Masque de l’éther oblige Amos à quitter la dimension physique pour accéder à un plan spirituel où se trouve l’élément nécessaire à l’unification de ses masques[6]. Cet espace joue donc un rôle cosmologique comparable à celui des quatre continents sans se confondre avec eux.

L’Éther relie la quête géographique des quatre éléments à la dimension métaphysique de la série. Dans les derniers volumes, la réunion des quatre porteurs et la combinaison de leurs éléments deviennent le moyen de rétablir l’équilibre du monde, thème qui structure la conclusion du cycle[5].

Valhalla

Le Valhalla reprend l’au-delà guerrier de la mythologie nordique. Il accueille les héros vikings morts au combat sous l’autorité d’Odin, tandis qu’une salle particulière est réservée aux Béorites. Sa présence prolonge dans l’univers d’Amos Daragon la place importante accordée aux traditions scandinaves dans les aventures d’Upsgran et de Freyja[11].

Construction et prolongements de l’univers

Deux ouvrages complètent directement la géographie des romans. Al-Qatrum, les territoires de l’ombre adopte la forme d’un traité interne à l’univers : le professeur Virak Ak Al-Qatrum y rassemble, après soixante-douze années de voyage, des observations sur les humanoïdes, monstres, peuples et cultures du continent à l’époque d’Amos[2]. Le Guide du porteur de masques est quant à lui présenté comme un répertoire des personnages, créatures, lieux, villes et « niveaux » du monde fictionnel[3]. Ces deux livres servent de compléments aux descriptions parfois très brèves des romans.

La trilogie romanesque Le Sanctuaire des Braves, publiée initialement en 2011-2012, reprend directement Amos, Béorf, Lolya et Médousa. Amos y doit notamment bâtir un sanctuaire destiné aux héros morts pour l’équilibre du monde ; les volumes suivants réintroduisent les Enfers et Berrion[21],[22].

Il existe parallèlement un Sanctuaire des Braves sous forme de séjour immersif et de jeu de rôle grandeur nature, créé à partir de 2008 en collaboration avec Bryan Perro. Son scénario est explicitement situé soixante ans après les aventures d’Amos et développe sa propre histoire des clans et des territoires[23]. Cette chronologie ne doit donc pas être confondue avec celle de la trilogie romanesque portant le même nom, qui met encore en scène Amos et Junos. Les changements politiques attribués à une époque située plusieurs générations après les romans relèvent de cette extension immersive lorsqu’ils ne sont pas repris dans les livres publiés.

Notes et références

  1. ↑ « Amos Daragon », sur Bibliographie du Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (consulté le ).
  2. ↑ 2,0 2,1 et 2,2 « Al-Qatrum, les territoires de l'ombre », sur Éole, Médiathèque Valentin Haüy (consulté le ).
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 3,6 3,7 et 3,8 « Le guide du porteur de masques », sur Communication Jeunesse (consulté le ).
  4. ↑ 4,0 et 4,1 Monique Noël-Gaudreault, « Bryan Perro et la série Amos Daragon », Québec français, no 139,‎ , p. 109-110 (lire en ligne).
  5. ↑ 5,00 5,01 5,02 5,03 5,04 5,05 5,06 5,07 5,08 et 5,09 La subversion du manichéisme dans la série Amos Daragon de Bryan Perro, Université du Québec à Trois-Rivières, [lire en ligne], p. 48-51 .
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 Le Masque de l'éther, Les Intouchables,  .
  7. ↑ 7,0 7,1 et 7,2 Porteur de masques, Les Intouchables,  .
  8. ↑ 8,0 8,1 et 8,2 « La grande croisade », sur Communication Jeunesse (consulté le ).
  9. ↑ 9,0 et 9,1 Le Crépuscule des dieux, Les Intouchables,  .
  10. ↑ 10,0 et 10,1 « Amos Daragon - Le sanctuaire des Braves - III », sur Prêt numérique, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (consulté le ).
  11. ↑ 11,0 11,1 et 11,2 « La malédiction de Freyja », sur Communication Jeunesse (consulté le ).
  12. ↑ 12,0 et 12,1 « La malédiction de Freyja », sur Prêt numérique, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (consulté le ).
  13. ↑ La Clé de Braha, Les Intouchables,  .
  14. ↑ 14,0 et 14,1 Voyage aux enfers, Les Intouchables,  .
  15. ↑ « La tour d'El-Bab », sur Prêt numérique, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (consulté le ).
  16. ↑ 16,0 et 16,1 La Colère d'Enki, Les Intouchables,  .
  17. ↑ « La cité de Pégase », sur Communication Jeunesse (consulté le ).
  18. ↑ La Toison d'or, Les Intouchables,  .
  19. ↑ 19,0 19,1 et 19,2 La Fin des dieux, Les Intouchables,  .
  20. ↑ « Catalogue — Voyage aux enfers », sur Prêt numérique, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (consulté le ).
  21. ↑ 21,0 et 21,1 « Amos Daragon, le Sanctuaire des Braves », sur Communication Jeunesse (consulté le ).
  22. ↑ « Amos Daragon, le sanctuaire des braves », sur Bibliographie du Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (consulté le ).
  23. ↑ Isabelle Gauthier, « Le Sanctuaire des Braves : Dans une époque près de chez vous », Voir,‎ (lire en ligne, consulté le ).

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